Claude ne comprenait pas pourquoi il supervisait lui-même l'heure de colle d'Alois. Le pire c'est qu'il s'était porté volontaire pour le faire. Il aurait pu réquisitionner un surveillant pour s'en charger. Ou alors ne pas coller Alois du tout et se contenter de l'exclure de son cours. Seulement voilà il n'avait pas réfléchi comme souvent lorsqu'il s'agissait d'Alois.
La première fois qu'il l'avait remarqué, c'était pendant l'un de ses cours, il venait tout juste d'arriver dans ce lycée, Alois aussi mais ça il ne le savait pas. Il avait commencé par faire l'appel, les autres élèves le regardaient avant qu'il ne les appelle, détournaient les yeux dès qu'il les regardait et lorsqu'il se tournait pour faire face au prochain nom de la liste, il sentait de nouveau leurs regards sur lui. Mais avec alois ça avait été différent, il ne le regardait pas du tout, comme si Claude ainsi que tout ce qui l'entourait lui était indifférent. Cela agaça ce dernier prodigieusement, cet air apathique qu'il affichait perpétuellement le frustrait énormément. Claude avait su reconnaitre les signes, il avait compris qu'Alois avait été maltraité avant même que ses collègues le lui disent, il était lui aussi passé par là à cause de cette femme, mais lui ne s'était pas laissé abattre, il s'était battu et s'en était sorti sans l'aide de personne. Il s'était tout de même renseigné, s'il avait découvert qu'Alois était encore abusé, il serait intervenu mais il n'en eu pas besoin. Alois était déjà pris en charge par les services sociaux et sa famille d'accueil semblait prendre soin de lui comme il fallait. Alois aurait pu se battre comme Claude mais il préférait gâcher sa vie en ne faisant rien et en se laissant sombrer dans son propre désespoir. Plus qu'autre chose, c'est cette attitude d'auto-apitoiement que Claude ne supportait pas. Il aurait voulu qu'il réagisse, qu'il se batte, mais il aurait aussi voulu qu'il le regarde lui.
Claude savait que physiquement il était au-dessus de la moyenne mais il n'en éprouvait aucune fierté, il ne cherchait pas à plaire, seulement il ne comprenait pas qu'Alois ne le regarde pas du tout. Pourtant ses cheveux noir de jais impossibles à dompter attiraient toujours les regards, tout comme ses yeux de couleur ambre presque jaunes, cachés derrière ses lunettes qui lui données un être à la fois sérieux et sexy, de plus même à travers son costume on pouvait deviner que son corps était bien sculpté. Apparemment tout cela laissait Alois totalement froid. D'accord c'était un garçon mais en général ça n'empêchait pas les autres de le regarder.
Pourquoi pensait-il à ça tout à coup ? Alois était un élève et lui un enseignant, et il devait agir en tant que tel.
« Installe toi devant mon bureau et sors tes devoirs. » lui ordonna-t-il.
« Ok, j'ai des math et de la littérature. »
« Par lequel tu veux commencer ? »
« Ça m'est égale. »
« Tu dois bien avoir une préférence ? »
« Je préférerais rentrer chez moi. » Répondit Alois d'un air narquois.
« Ça suffit ! Être insolent ne te mènera à rien. Puisque tu t'en fiche, tu n'as qu'à sortir les mathématiques. Apparemment tu as des difficultés dans cette matière. »
« Comment vous le savez ? Vous vous intéressez à vos élèves maintenant. »
« Pardon !? Comment oses-tu ? »
« Vous êtes sévère mais je vois bien qu'en fait vous vous en fichez qu'on réussisse ou pas. »
« C'est faux, voyons ! » C'était vrai évidement mais il était hors de question qu'il l'admette, surtout à Alois.
« Vous en faîtes pas tous les autres profs sont pareils. »
« Tu te trompes ! Si je ne m'intéressais pas à toi, pourquoi je prendrais la peine de te donner une heure de colle et de la superviser moi-même ? Cela va peut-être t'étonner mais j'ai une vie en dehors du lycée et il y a d'autres choses que je pourrais faire en ce moment. »
Alois ne sut pas quoi répondre à ça. (Il ne le savait pas mais Claude aussi aurait voulu avoir la réponse.) Alois ne comprenait pas du tout ce prof, il était toujours sur son dos à lui reprocher de ne faire ses leçons alors qu'il laissait les autres en faire encore moins. Les autres enseignants étaient bien contents de laisser Alois dans son coin, il voyait bien que personne ne voulait s'approcher du pauvre gamin traumatisé qu'il était. Mais Monsieur Faustus lui était différent, c'est vrai pourquoi il l'avait collé et pourquoi prendre la peine de lui faire faire ses devoir. Peut-être que c'était un de ces idéalistes débiles qui pensaient faire une bonne action en essayant de le sauver. Ridicule ! Il ne voulait pas de sa pitié, s'il le voulait, il pourrait très bien s'en sortir tout seul, c'est juste que ça n'avait pas d'intérêt, à quoi bon se débattre quand on est destiné à couler, quand on a aucun pouvoir sur sa propre vie, quand tout est décidé par des gens qui soit s'en foutent de vous, soit veulent se servir de vous. Il allait montrer à cet arrogant qu'il n'avait pas besoin de lui ou de sa compassion.
Il sorti son manuel et son cahier et commença à résoudre les problèmes que son prof de math lui avait donné, c'était tellement facile à partir du moment où il prenait le temps de s'y intéresser. Il pouvait sentir le regard de Monsieur Faustus qui se tenait derrière lui, Alois était sûr qu'il devait être sacrément surpris là. Et il avait raison.
« Je ne comprends pas, tu ne sembles pas avoir de quelconques difficultés à comprendre ses exercices bien au contraire, alors pourquoi tes notes sont-elles si basses ? »
Alois se contenta d'hausser les épaules. Il ne l'aurait jamais avoué mais ce compliment lui faisait très plaisir.
« Si tu consentais à faire des efforts en math et dans les autres matières, tu pourrais faire partie des meilleurs élèves du lycée et de grandes universités t'ouvriraient les bras. Il n'est pas trop tard, tu sais. »
« N'importe quoi, pourquoi je voudrais aller à l'université. D'abord c'est pas gratuit et ma famille d'accueil ne payera pas pour ça c'est clair, ils me mettrons dehors dès que j'aurais 18 ans. »
« Tu pourrais avoir des bourses. »
« Pourquoi ça vous intéresse autant ? C'est ma vie, ok ? »
« Justement c'est ta vie alors pourquoi ça t'intéresse si peu ? Qu'est-ce que tu comptes faire après le lycée ? »
Alois ne savait pas lui-même ce qu'il ferait après. Trouver du travail, se débrouiller tout seul surement.
« De nos jours on ne trouve pas de travail sans formation, et vu tes dispositions ce serait dommage que tu ne fasses pas d'études. » Dit Claude comme s'il avait lu dans ses pensées.
Alois ne répondit rien, s'en doute préférait-il ne pas y penser. Claude poussa un soupir et continua. « Comme tu voudras. Si tu as fini sort la littérature. »
Alois s'exécuta. Alors qu'il était penché sur un texte de Balzac, Claude était lui de nouveau perdu dans ses pensées. Alois était loin d'être un idiot, résoudre ces problèmes de math aussi facilement ce n'était pas donné à tout le monde et à en juger par ce qu'il voyait la littérature ne lui posé pas plus de difficultés. Avoir de telles capacités et ne pas s'en servir c'était très énervant. Il observa attentivement Alois. Physiquement aussi il avait un grand potentiel, il était plutôt petit et semblait assez fragile mais ça lui donnait un certain charme. Il pourrait surement se trouver un papa gâteau pour l'entretenir. Cette pensée redoubla l'énervement de Claude. Peut-être que c'était ça son projet, se trouver un vieux beau pour le faire payer en échange de son corps. C'était insupportable. L'idée qu'Alois puisse être caressait par des pervers, son cou délicat, ses cheveux blond doux et soyeux, ses lèvres roses et appétissantes, livrés à d'autres ! Non, c'était insoutenable. Si Alois voulait qu'on s'occupe de lui, alors il pouvait très bien le faire.
Sans même qu'il s'en rendre compte, il s'était penché sur Alois, sa tête arriva à la hauteur de son cou, il respira son odeur et s'en fut fini de lui et de son contrôle. Il descendit ses lèvres sur la peau douce de son cou et y déposa un baiser, puis un autre et encore un autre. Alois était surpris. Alors c'était ça qu'il voulait. Pff, c'était pas la peine de faire tout ce cirque ! Il devrait crier, rameuter du monde et l'envoyer en prison pour ça, ça lui ferait les pieds. Mais c'était quand même bizarre, il ne l'avait pas encore empoigné ou jeté au sol pour le baiser. En général on ne prenait pas le temps l'embrasser dans le cou. Claude remonta vers sa mâchoire tout en lui caressant les cheveux et lui fit pencher la tête en arrière afin de pouvoir embrasser ses lèvres. Le baiser était d'abord léger, délicat comme une caresse, puis devient plus appuyé, plus exigeant. Alois savait ce Claude voulait, il ouvrit la bouche, il avait trop l'habitude de se laisser faire pour se rebeller ou se débattre. C'était plus facile comme ça, au moins on ne le battait pas ou moins fort. Et puis pour l'instant Claude n'était pas brutal avec lui alors pourquoi pas. Peut-être qu'après avoir eu ce qu'il voulait, il arrêterait de venir l'embêter. La langue de Claude caressa celle d'Alois, le professeur était comme ensorcelé par ce garçon et par la beauté et la douceur de son corps. Le baiser pris fin et les lèvres de Claude redescendirent le long du cou d'Alois puis sur ses frêles épaules. Tout en continuant l'embrasser et à lui caresser les cheveux Claude porta son autre main sur son torse, il descendit jusqu'à sa cuisse, elle resta là quelques secondes à la masser doucement puis il la remonta et la fit passer sous son t-shirt. Le contact de sa main avec la peau d'Alois était électrisant, autant que l'avait été celui de ses lèvres sur cou ou sur sa bouche. Il désirait tout chez Alois, il voulait le posséder entièrement, il fallait qu'il le prenne, là maintenant, dans cette salle. Il avait envie de lui comme jamais il n'avait eu envie de qui que soit avant. Il n'était plus question de se voiler la face, de se mentir, Alois l'obsédait, il en était conscient à présent et il allait être à lui. Il l'enlaça un peu plus fort, sa main était sur son ventre, il l'a fit glisser jusqu'à l'un de ses tétons et commença à l'effleurer, à le pincer. Alois émit un gémissement. Est ce qu'il aimait ça ? Ça lui plaisait ? Il en avait envie lui aussi ? Il l'aurait dit s'il ne le voulait pas ? Claude commençait petit à petit à reprendre ses esprits. Il était en train d'enlacer un de ses élèves. Peut-être même qu'Alois se sentait obligé, qu'il avait peur, qu'il était dégouté. Claude arrêta net, il retira sa bouche et ses mains du corps d'Alois. Qu'est-ce qu'il venait de faire ? Comment arranger les choses maintenant ?
« Je suis désolé… Alois… » Alois semblait confus, Claude n'osait même pas le regarder dans les yeux. « Tu peux y aller… Rendre chez toi. »
« Mais monsieur… »
« Quoi ? »
« Mon bus est déjà passé et le prochain et dans une heure. »
« Oh… Bon dans ce cas, je… je vais te ramener… prends tes affaires. » Mais qu'es- ce qu'il racontait, il ne pouvait ramener Alois chez lui, tranquillement dans sa voiture après ce qu'il venait de lui faire. Il allait forcément refuser.
« Euh… D'accord » Alois rassembla ses affaires, les mis dans son sac et se dirigea vers la porte. Après une seconde Claude fit de même et emboita le pas à Alois pour le guider jusqu'au parking dans un silence gêné.
Voilà c'était le deuxième chapitre, désolé mais Alois et Claude ne concluent pas celui-là, rassurez-vous ça va venir. J'espère que ça vous a plu. S'il vous plaît, laissez-moi des reviews sinon je ne peux pas savoir si vous aimez ou pas.
