"Oh merde, c'est fermé!" fit Justine en tentant d'ouvrir la porte.

Elle commença alors à tambouriner à la porte et se mit à hurler:

"Vous allez l'ouvrir cette foutue porte?"

Soudain, et alors que Tom s'apprêtait à lancer un Alohomora, Justine sembla entrer dans une sorte de transe. Son aura était si intense qu'on pouvait presque la palper, ses yeux se révulsèrent et, d'un seul coup de poing, elle envoya valser la porte à l'autre bout de la pièce. Puis, aussi soudainement qu'elle avait commencé, la transe prit fin et Justine revint à elle. Elle regarda l'encadrure de la porte, ladite porte près des fenêtres puis Tom qui la fixait d'un air incrédule et déclara:

"Wow! C'est moi qu'ait fait ça?

- Euh... De ce que j'ai pu voir, oui... répondit Tom délicatement, de peur de la voir à nouveau s'emporter.

- Wow!"

A vrai dire, c'était présentement la seule chose qu'elle était capable de dire, toujours sous le choc. Et elle n'était pas la seule. Dans la pièce, toutes les personnes encore debout la regardaient avec des yeux ronds.

Ce ne fût qu'après quelques secondes que Tom et Justine se rappelèrent pourquoi ils étaient là et cherchèrent leur amie avec précipitation.

"Sarah? appela Justine, inquiète.

- Je suis là..."

Sa voix leur parvint du fond de la salle. Elle semblait intacte elle aussi, ce qui n'était pas le cas de Fanny, qu'elle tenait dans ses bras. Un simple coup d'œil permettait de dire qu'elle avait déjà perdu beaucoup de sang.

"Oh non... fit Tom en portant la main vers se bouche. Où a-t-elle été touchée?

- A la jambe, répondit Sarah, l'air inquiète.

- Qu'est-ce qu'on peut faire? dit Justine.

- Je crois que j'ai une idée..."

Tom sorti alors son portable, déclenchant les railleries de Justine.

"Tu compte faire quoi là? Joindre les secours?

- Les joindre, non... Les rejoindre, oui!

- Tu nous explique? demanda Sarah.

- Ah oui, t'es pas au courant, répondit Tom. Bah écoute, je pense qu'une démonstration vaut mieux qu'un long discours."

Il pointa sa baguette sur la jambe de Fanny, réfléchit un instant et prononça:

"Ferula..."

Aussitôt, une attelle apparut de nulle part et vint se serrer étroitement autour de la jambe de la jeune fille, stoppant net l'hémorragie.

"Wow! s'exclama Sarah, bouche bée. Alors ça, c'est trop bizarre!

- Je sais... Mais c'est plutôt cool non?

- Si tu le dis... Et puis, tu voulais dire quoi par "les rejoindre"?

- C'est simple, répondit-il. Je transforme mon portable en Portoloin, je m'en sers pour amener Fanny à l'hôpital et j'en profite pour donner l'alerte.

- Et nous pendant ce temps-là? dit Justine. On joue le rôle de la belle princesse qui attend sagement son preux chevalier?

- Quoi? Mais non! Je sais pas moi... Vous aurez qu'à faire sortir tout le monde jusqu'à l'arrivée de... A terre!"

Deux des tireurs étaient de retour et recommençaient à faire feu à tout va. Tous plongèrent sous les tables, sauf Sarah qui entra à son tour en transe. Dans un halo de lumière blanche, elle s'éleva dans les airs, les balles rebondissant sur elle, et un objet apparu de nulle part vola droit dans ses mains. Cet objet, tout le monde ou presque le reconnu aussitôt.

"C'est...c'est... commença Tom.

- Non, c'est pas possible... dit Justine

- Après tout ce que t'as vu aujourd'hui?

- C'est pas faux..."

Avec aisance, Sarah fit un mouvement et un rayon lumineux de couleur verte sorti de l'objet qu'elle tenait dans sa main droite. Fièrement et sous le regard médusé de leurs agresseurs, elle brandit en l'air son sabre laser puis s'avança d'un air menaçant vers les deux tireurs qui s'enfuirent en courant dans les couloirs.

"Bon! Et bien finalement, vous avez pas besoin de moi." dit Tom d'un air satisfait.

Il saisit son téléphone cellulaire, le posa au sol, pointa sa baguette dessus et commença à murmurer:

"L'hôpital, l'hôpital, l'hôpital... Portus!" ajouta-t-il à voix haute.

Le téléphone brilla d'une lumière bleue durant quelques secondes avant de reprendre son aspect initial. Tom aida ensuite Fanny à se relever et lui donna ses instructions.

"Quand j'aurais compté jusqu'à trois, tu poseras ton doigt sur le téléphone... Tu es prête? Un... Deux... TROIS!"

D'un même mouvement, tous deux touchèrent le téléphone au même moment puis disparurent en tourbillonnant.