Chose promise, chose due, le chapitre 1 en avant-première vu la petite taille du prologue. La suite arrivera dans un mois. J'espère qu'il vous plaira.
Bonne Lecture
Chapitre 1 :" Le père est un miroir dans lequel la petite fille puis l'adolescente, peut discerner les prémices de la femme qu'elle deviendra." Geneviève Bersihand
* Journal de Cybèle Carrow, le 6 aout 1995 : La racine d'Asphodèle ne se marie pas du tout avec l'aconit ... Le goüt est une horreur. Le Professeur Rogue avait raison.*
Il avait eu cours avec les Pouffsoufle, mais il n'avait croisé aucune Cybèle Black. D'ailleurs, il n'y avait pas l'ombre d'une Black sur la liste que lui avait donné Dumbledore. Remus avait ensuite enseigné aux Serdaigle, des élèves étonnants qu'il n'avait pas beaucoup côtoyés durant ses années d'étudiant, mais là non plus, pas de copie conforme de Sirius, pas de petite effrontée au regard flamboyant. Il n'était pas si étonné que cela, la fille de Sirius Black était faite pour aller à Gryffondor, cela paraissait logique.
Puis lesdits Gryffons étaient arrivés, apportant à la fois espoir et déception. Il retrouvait le fils de James, entouré de ses deux meilleurs amis. Mais toujours pas de Cybèle. Pourtant, Remus l'avait vu naitre, il l'avait pris dans ses bras. Aujourd'hui, c'était comme si elle n'avait jamais existé. Dans chaque visage féminin qu'il croisait dans les couloirs, il cherchait sa filleule. Mais la déception était toujours au rendez-vous, amère.
Le loup-garou se retira dans son bureau en attendant l'arrivée des Serpentard. Alors qu'il envisageait la possibilité que Cybèle ait été envoyé à Beauxbâtons ou Salem par ses parents adoptifs, Remus fut interrompu par le bruit des nouveaux arrivants. Il rejoignit donc la salle de cours et commença l'appel.
- Bullstrode ?
- Ici !
Il leva la tête pour voir la jeune fille et continua sans enthousiasme.
- Crabbe ?
Il ne prit plus la peine de relever la tête et finit d'énoncer les noms de famille de manière automatique. Arrivé à la fin, il demanda par acquis de conscience s'il n'avait oublié personne. C'est alors qu'il entendit sa voix, rauque mais assurément féminine. Remus se redressa, adressant une prière à Merlin, et croisa le regard d'une petite blonde qu'il n'avait encore jamais vu. La jeune fille était assise au premier rang et, armée de sa frange qui bordait une paire d'yeux gris provocateurs, elle le fixait. Toute son attitude évoquait la nonchalance insolente typiquement Siriusienne.
- Votre nom ?
- Carrow. Cybèle Carrow.
Lupin avait sourit devant sa présentation à la James Bond mais son sourire s'était vite fané. « Carrow », ce nom de famille signifiait tellement de choses. Non seulement elle avait été envoyée à Serpentard mais elle était élevé par une famille de Mangemort. Si Sirius l'avait appris, il n'aurait surement pas apprécié, mais ce changement d'identité ne pouvait qu'être bénéfique à la jeune fille depuis qu'il s'était échappé.
- Dites, loin de moi l'idée de vous déranger dans une réflexion qui semble aussi intense que passionnante, dit-elle sur un ton ironique au loup-garou perdu dans ses pensées, mais nous sommes ici pour étudier la Défense Contre Les Forces du Mal et non pas le Silence des Agneaux.
Remus arqua un sourcil inquisiteur devant la référence moldue, et l'explication qu'il allait demander lui fut fournie par celui qu'il identifia comme Théodore Nott.
- Séquelle du premier cours d'étude des Moldus.
- La ferme, Nott.
- Ouais, la ferme Nott.
Alors que Remus allait punir Cybèle et Goyle pour insolence, et ramener le silence dans la salle, il fut interrompu par ses élèves qui se tournèrent vers le garçon qui avait renchéri comme un seul homme pour l'envoyer paitre à l'unisson.
- La ferme, Goyle.
Il fronça les sourcils, non seulement il ne pensait pas avoir à punir Cybèle dès le premier soir, mais ce qui l'étonnait vraiment, c'était le sourire qu'arborait chacun des Serpentard, Gregory Goyle excepté. Ils avaient presque l'air amicaux. Remus savait qu'il devait se départir de ses idées reçues s'il voulait enseigner dans de bonnes conditions mais il se demandait tout de même si les Serpents n'avaient pas perdu de leur venin. Sa théorie fut bonne à jeter lorsque, trois heures plus tard, il tomba sur une bataille rangée entre les Verts et les Rouges. Il lui avait d'abord semblé que Cybèle et Malefoy s'en étaient pris au trio mais il fut bientôt impossible de savoir qui avait commencé.
- Voilà, ce jour-là, j'ai rencontré Cybèle. Une fille plutôt amusante, tant qu'il n'y a aucun Rouge et Or dans le secteur.
Remus regardait Sirius qui semblait parti dans un lieu que le loup-garou ne pouvait pas atteindre. L'ancien prisonnier avait du mal à se faire à l'idée que Cybèle et Carrow, comme l'appelait Harry, étaient une seule et même personne. Il avait toujours imaginé que sa fille et l'enfant de James ne pourraient être qu'amis. Pourtant, s'il écoutait les propos du trio, ils étaient plus qu'ennemis. Et puis, fille des Carrow. Qu'est-ce-que cela voulait dire ? Avait-elle la vie tranquille ? Est-ce qu'ils prônaient l'éducation par les Sortilèges comme ses parents à lui ? Était-elle une Mangemort en devenir ? Il y avait tant de questions qu'il aurait voulu poser, et pourtant, la première de toutes fut la plus stupide.
- Elle est belle ?
Remus lui adressa un sourire, lui aussi semblait amusé par la première question qui avait fusé.
- Je dirais mignonne, à défaut d'autres mots.
- Comment cela ?
- Eh bien, elle est plutôt chétive. Petite, maigrelette. Harry a une bonne raison de la surnommer «Sac d'os». En plus, sa pâleur est accentuée par la couleur de ses cheveux.
- Blonde… comme sa mère… Je me souviens avoir espéré que ses cheveux changent de couleur en grandissant.
- Mais elle a tes yeux…
- Les yeux gris ne sont pas rares.
- Non, elle a vraiment tes yeux ! Ils sont gris souris, pas simplement gris, ils sont profonds et puis il y a cette lueur, la même étincelle qu'il y avait dans les tiens à son âge. Insolence, provocation…
- Je n'étais pas provocateur !
Par automatisme, Sirius fixa Remus avec défi puis éclata de rire lorsqu'il s'en rendit compte. Le loup-garou se joignit à lui, évacuant la tension accumulée depuis qu'il avait commencé à parler de Cybèle avec Sirius. Il avait mis un an à trouver les mots. Depuis la fin de la troisième année, il cherchait le bon moment. Et puis, il avait compris qu'il n'y aurait jamais de bons moments pour annoncer une chose pareille alors, avant d'aller chercher Harry au 4, Privet Drive, Remus avait décidé de crever l'abcès. Et, maintenant qu'il voyait la nouvelle lueur qui habitait les yeux de son ami, remplaçant les ombres d'Azkaban, il ne le regrettait pas.
- Et qu'est-ce que tu…
- ...sais de plus ? Rien. Pas grand-chose. Il y a eu tellement de tapage autour d'Harry cette année-là que je n'ai pas pu me rapprocher de Cybèle. Elle était méfiante.
- J'aimerais bien la voir…
- C'est impossible, tu le sais n'est-ce pas ?
- Impossible n'est pas Patmol.
- Qu'est-ce que tu entends par là ?
- Tu verras Remus…
Lunard le regarda, essayant de percer le mystère mais il y renonça bien vite. Il n'avait jamais su découvrir les plans de Sirius avant qu'il ne les exécute et ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait commencer.
- Si quelque chose te revient, tu me le diras ?
- Bien sûr.
Les deux amis furent interrompus par la grosse voix d'Alastor Maugrey.
- Les volontaires pour aller chercher Harry, rendez-vous dans le hall. Vous avez deux minutes !
- Je te ramène ton filleul Patmol.
Le petit groupe partit pour la maison des Dursley sous les yeux de Sirius. Celui-ci rejoignit la salle à la tapisserie. Il fixa l'arbre généalogique. C'était la première fois, depuis que sa mère avait effacé son nom, qu'il regrettait de ne plus être lié à cette famille, du moins à une famille… A cause de lui, son existence et celle de Cybèle semblaient fragiles, ils étaient sans naissance, sans attaches. Sirius aurait voulu une autre existence pour sa fille. Quelque chose de plus, la possibilité de se référer à une grande famille qui recouvrirait tous les murs d'une salle. Finalement, si Cybèle et lui disparaissaient avoir d'avoir vécu, si sa fille n'avait pas le temps de se marier, d'avoir des enfants, de vivre quoi, alors il n'y aurait pour seul trace de leurs existence que le témoignage de ceux qu'ils auraient croisé.
A plus de cent kilomètres de là et bien loin des états d'âme de l'Animagus, Cybèle Carrow était plongée dans son manuel de potions. Elle apprenait par cœur des centaines de mixture, travaillant la souplesse de son poignet en coupant des ingrédients imaginaires. Une semaine auparavant, elle s'était obligée à découper de la main, pour être parée à toute éventualité. Son livre de métamorphoses, lui, avait été abandonné dans un coin de la chambre depuis le début des vacances. Cette matière l'insupportait plus qu'elle n'aurait su le dire. Ses cure-dents devenaient des aiguilles en bois, sa plume se transformait en plumeau quand elle voulait un balai. Non, décidément, Cybèle n'était pas faite pour cette matière honnie.
Elle fut interrompue par le bruit caractéristique d'une arrivée par la poudre de Cheminette. La jeune blonde se leva lentement, posa le manuel de potions sur sa petite bibliothèque et alla se poster devant le miroir. Une Sang-pur se devait d'être présentable en toute circonstance et c'était surement l'une des règles préférées de Cybèle parmi toutes celles qui régissait cette société si particulière. Elle dévala les premières marches mais se calma avant d'arriver en bas des escaliers.
Le cottage des Carrow se situait dans le Wiltshire à un demi-mile d'Avebury Stone Circle. Ce lieu légendaire respirait la magie et le mystère, mais Alecto n'avait pas choisi cet endroit pour bâtir la maison pour cette raison. Celle qui l'avait attiré ici, c'était l'hexagramme que l'on pouvait voir lorsqu'on survolait les champs d'Avebury Stone Circle en balai ; y voyant un signe, elle avait ordonné à son frère de jeter les principaux sorts de dissimulation. Ainsi, au creux de l'étoile à six branches reposait désormais un petit cottage qui se dressait sur 2 étages. La maison n'était pas grande, elle était simple, sans prétention mais suffisamment riche pour abriter des Sang-purs.
Cybèle arriva finalement dans le salon, dépassant la porte qui menait à la cave en frissonnant. Elle s'éclaircit la gorge, attirant l'attention des personnes présentes dans la pièce. Alecto l'invita à entrer alors qu'Amycus suivait des yeux les moindres de ses mouvements. La petite Carrow s'inclina face au maitre de la famille Malefoy, Lucius, puis elle alla se placer devant la cousine de son père, la saluant avant de l'embrasser sur les deux joues. Enfin, elle adressa un signe de tête discret à Drago qui avait accompagné ses parents. Cybèle connaissait le jeune homme depuis plus de 10 ans. Ensemble, ils avaient partagé leurs enfances, leurs joies, leurs peines. Chacun connaissait l'autre sur le bout des doigts.
Elle connaissait ce genre de visite impromptue, les adultes allaient parler autour d'un thé pendant plus d'une heure, heure durant laquelle elle resterait assise et les écouterait sans bouger et sans pouvoir adresser la parole à Drago. Puis, les Carrow et les Malefoy se retireraient dans le bureau d'Amycus. A ce moment-là, et seulement lorsqu'elle serait certaine qu'ils ne reviendraient pas à l'improviste, elle pourrait se lever et saluer son ami comme il se devait.
- Quelles nouvelles au Ministère, Lucius ?
- Il prend l'eau.
Devant les plus jeunes, les conversations d'ordre politique se faisaient à mots couverts. Pourtant chacun savait de quoi il retournait. Les forces du Seigneur des Ténèbres s'insinuent dans tous les recoins. Les postes décisifs seraient bientôt tous occupés par les Mangemorts et le Ministère tomberait quoi qu'il fasse. Cybèle échangea un regard lourd de sens avec Drago. Bientôt, il serait temps pour les étudiants de Poudlard de choisir leur camp... Si choix il y avait, ce qui semblait plus que compromis. Le Seigneur Noir écraserait tout sur son chemin. Au regard sombre du blond, la jeune femme comprit qu'elle ignorait quelque chose, une évolution significative.
- ...bientôt ils s'échapperont.
Cybèle se reconcentra sur la discussion en cours, en se maudissant pour son inattention qui lui avait apparemment fait rater une nouvelle non-négligeable.
- Passons dans le bureau, Lucius, dit Alecto avant de se tourner vers sa fille adoptive. Cybèle, je compte sur toi pour t'occuper correctement de notre invité.
La jeune femme acquiesça avant d'incliner la tête en direction des hommes, comme il était coutume de le faire dès que l'un d'eux sortait d'une pièce. Elle attendit cinq minutes avant de rejoindre Drago sur le sofa et de l'enlacer, voulant faire disparaître la ride d'inquiétude qui déformait ses sourcils.
- Que se passe-t-il, Drago ?
- Ah... Cybèle, tu es bien trop dissipée, tu as raté un moment-clé de la discussion. Tu serais une mauvaise espionne...
- Et qui veut-tu que j'espionne ? Dumbledore ? Rogue s'en charge pour nous que je sache.
- Passons...
- Alors ? Qu'est-ce que j'ai raté ?
- Le Lord prépare une évasion titanesque d'Azkaban.
- Impossible.
- Tu es trop naïve, est-ce que tu ne connais personne qui s'est échappé ?
- Sirius Black… mon père, mais lui il était seul. Le nombre de membres qui sont à Azkaban est énorme.
- Ce que tu ignores, Cissy, c'est que le Seigneur des Ténèbres a les Détraqueurs de son coté.
- Ne m'appelle pas Cissy ! Je ne suis pas ta mère !
Cybèle s'avança vers lui et lui pinça la côte avant de reprendre pensivement.
- Les Détraqueurs… qu'a-t-il bien pu promettre à ces créatures ?
- Je l'ignore. Les bruits de couloir sont nombreux depuis qu'il s'est installé au manoir.
-Tu l'as vu ?
- Non.
Une porte claqua et Cybèle regagna bien vite sa place. Elle venait à peine de s'asseoir que les adultes entrèrent dans le salon, l'obligeant à se relever aussitôt. Un signe de tête d'Alecto la fit se rassoir. La tension dans le salon était palpable et elle sut que sa mère adoptive avait quelque chose à lui dire. Les hommes arboraient un sourire qui mettait la blonde mal à l'aise alors qu'Alecto et Narcissa s'échangeaient des regards inquiets. La conversation se poursuivit pendant une petite demi-heure puis les Malefoy prirent congés. Cybèle regretta de ne pas pouvoir dire au revoir à son ami comme elle aurait aimé le faire mais les Sangs-pur étaient comme ça et ce n'était pas elle qui changerait cela. Alors qu'elle allait demander congé auprès d'Amycus et Alecto, cette dernière la retint.
- Il faut qu'on parle, Cybèle, sérieusement.
Une heure plus tard, la jeune femme ressortit bouleversée du bureau. Les évènements s'enchainaient et elle n'était pas sûre d'apprécier ces changements. Elle rejoignit sa chambre le plus rapidement possible. Le regard d'Amycus se fit chasseur lorsqu'elle passa devant lui et la poussa à monter les escaliers en courant. Cybèle détestait lorsqu'il la regardait de cette manière. A la fois possessive et dangereuse. Il lui faisait froid dans le dos. Si éloigné de la chaleur d'Alecto. A peine arrivée dans son antre, elle se jeta sur son lit et appela Belzébuth en quête de réconfort. La petite souris sortit de sous la couette et vint chatouiller le nez de sa maitresse. Récupérant le livre de potions, elle reprit ses exercices pour s'évader.
Il restait un mois avant la rentrée mais Poudlard ne lui jamais autant manqué.
Est-ce que ça vous a plu ?
