Ami du jour, bonjour ! Voici le chapitre suivant de cette fiction (avec un peu de retard, je sais) en espérant qu'il vous plaise. Je n'ai rien d'autres à dire je pense, donc je vous laisse lire ce chapitre.

Hurricane

Far Away

Le bateau glissait doucement sur l'eau en direction d'une autre terre. Les deux hommes à bord surveillaient passivement l'horizon, affaiblis par la faim. Leur départ précipité ne leur avait pas permis de prendre assez de provisions et ils avaient dû se rationner pour tenir jusqu'à la prochaine île. Mais les deux étaient rodés pour ce genre de situation et jeûner ne leur faisait pas peur. Après tout ce qu'ils avaient subi, il était difficile de vivre pire.

Puis, l'un des deux hommes aperçut une île au loin. Il n'hésita pas à partager cette information avec celui à côté de lui.

-Hey Sanji ! On arrive...

Le concerné leva paresseusement la tête vers son interlocuteur, puis vers l'horizon avant de se river de nouveau vers le sol. Il lâcha alors :

-Ouais...

-Qu'est ce qu'il y a ? Ça ne va pas ?

-Si si, mais une fois là-bas, qu'est ce qu'on y fera ? La même chose ? Sincèrement, tu n'y pense pas, si ?

-Pas la même chose mais se reconstruire une vie et essayer d'être heureux avant que la guerre nous rattrape.

-Pour quoi faire ? Pourquoi autant d'efforts qui seront balayés une fois les batailles revenues ? Et surtout, à chaque fois, nous avons perdu l'un des nôtres ! Tu tiens vraiment à revivre ça ?

-Non, et c'est pour ça que je te protègerai

-Et moi alors ? Je ne veux pas te voir mourir non plus ! Je ne veux pas prendre le risque... J'ai tant perdu...Trop...

Le soldat regardait Sanji sangloter légèrement. Quoi de plus normal ? L'espoir l'avait quitté et le sabreur se demandait aussi à quoi tout cela servait. Mais il essayait de garder espoir malgré tout. C'était dur mais il le fallait bien.

-Je ne pourrais plus jamais être heureux...

Cette fois-ci, Zoro s'assit à côté de son compagnon et le prit doucement dans ses bras. Le blond laissa alors libre cours à ses sanglots et évacua toutes mes émotions accumulées jusqu'à maintenant. Cette phrase, il l'avait déjà dit il y a bien longtemps. Précisément lors de la mort de leur premier nakama, Nami. La navigatrice avait été tué froidement lors d'une bataille et le reste du groupe avait dû s'enfuir sans son corps pour éviter de périr dans l'explosion qui causa la destruction de l'île. L'escrimeur se souvenait parfaitement de ce moment et de la détresse de son ami. Pour lui, c'était comme si le monde s'écroulait autour de lui. Il l'adorait, et il avait eu du mal à s'en remettre. Le vert l'avait aidé à se reprendre et son soutien inattendu avait crée des liens solides entre les deux rivaux.

Puis, à chaque île, la guerre finissait par les rattraper et le destin du groupe était de se faire tuer. Bien sur, le capitaine avait voulu stopper la bataille mais lorsqu'ils avaient essayé de lutter contre cette folie meurtrière, deux des leurs étaient tombés. Ils avaient alors su à quel point ils étaient impuissants face à une telle menace. Et chacun allait périr, tour à tour, par ce même phénomène destructeur.

Et maintenant, ils n'étaient plus que deux. Deux hommes rivaux dont la situation les avait obligés à se rapprocher d'une façon surprenante. L'un ne pouvait vivre sans l'autre et ils cherchaient mutuellement à se protéger. Deux imbéciles prêts à mettre leur vie en jeu pour leurs êtres chers qui avaient dû voir leur monde tout doucement s'écrouler devant leurs yeux. La douleur était elle que l'un d'eux avait complètement perdu espoir et l'autre tentait vainement de lui en redonner. Ils étaient tous les deux brisés, mais ils continuaient quand même d'avancer, mus par cette étrange force invisible qu'on appelle rêve.

L'embarcation était maintenant proche du rivage. Les deux hommes descendirent donc et amarrèrent la barque, qu'ils s'en resservent ou non. Puis, ils observèrent les alentours. L'île était principalement montagneuse, bordée de forêts denses. Pas de plaine, la vie devait y être difficile. Sanji eut envie de repartir aussitôt mais son compagnon l'en empêcha et l'entraîna dans une direction quelconque, histoire de visiter un peu. Mais le chanteur prit assez vite la tête du groupe, puisque le soldat n'avait aucun sens de l'orientation.

Le paysage ne changeait pas quelque soit les distances. Ils se demandèrent même s'il y avait de la vie sur cette contrée mais bientôt, sur l'autre versant de la montagne, une ville apparut, dominée par une immense tour blindée qui semblait être le château. Ils rejoignirent l'endroit et commencèrent à circuler parmi les passants. Puis ils observèrent de plus près l'activité de la ville.

-Dynamique et assez ouverte sur le monde... C'est plutôt pas mal non ?

-Ouais, enfin avec ça, tu as plus de chance que la guerre retrouve l'île...

-Elle nous retrouvera toujours... Bon, on s'installe ou pas ?

-J'imagine que je n'ai pas le choix...

Le blond soupira et dut se résoudre à rechercher une agence immobilière afin de pouvoir s'installer. Il en trouva une assez vite et ils purent choisir un logement pas très loin du centre-ville. Par chance, la maison était meublée et les deux hommes n'avaient pas besoin d'acheter plus de meubles. Par contre, le vendeur fut étonné de les voir arriver de nulle part pour venir habiter ici. Une fois le logement payé , ils allèrent le visiter, histoire de voir si les photos disaient vraies.

-Ben ça va comme endroit !

-Mouais, temporairement. Je ne tiens pas à rester là longtemps, j'ai un mauvais pressentiment. Et puis, les photos ne devaient pas être récentes !

-Exigeant, hein ?

-Très...

Zoro alla s'allonger sur l'un des lits. Son compagnon hésita à en faire de même mais plus que la fatigue, il avait faim. Il soupira et se dirigea vers la sortie pour acheter de quoi manger pour lui et le soldat.

-Je vais faire un tour au marché. J'imagine que tu as faim, non ? Je te laisse une clé et reste bien sage.

-Eh ! Tu me prends pour qui ?

-Pour quelqu'un d'étourdi qui a tendance à partir se balader en oubliant son absence de sens de l'orientation...

Le concerné fit la moue. Le chanteur avait raison et il ne pouvait le nier. Néanmoins, il se reprit et se releva pour le rattraper et lui demander :

-Je peux t'accompagner ?

-Euh, si tu veux mais tu reste avec moi, d'accord ? Je n'ai pas envie de te rechercher dans toute la ville ensuite.

Le soldat acquiesça et lui emboîta le pas. Ensemble, ils descendirent jusqu'au marché. Le blond choisissait méticuleusement les produits tandis que le second servait de porteur. Ils y passèrent un moment, tout en récoltant des informations sur l'île. Puis, ils étaient rentrés car les deux mourraient de faim. Le joueur de guitare s'installa donc aux fourneaux. Il était de loin le meilleur dans cette discipline, vu qu'il était maître-coq. Mais il avait plus ou moins renié cette vocation, complètement anéanti par les événements.

Depuis, ils s'était relevé et reprenait peu à peu ses fonctions de cuisinier, comme maintenant pour clamer son estomac affamé, et celui de son compagnon. Une fois le repas prêt, ils mangèrent dans un silence pesant jusqu'à ce qu'un grand bruit vienne les perturber, comme une grande détonation. Sanji sortit de la maison en courant, talonné par Zoro. Ils montèrent un peu plus haut en ville, vers un endroit d'où ils pouvaient voir l'horizon. Au loin, ils pouvaient voir de la fumée. Devant cette vision prometteuse d'affreuses situations, le blond se figea. Le soldat vint poser une main rassurante sur son épaule, sans pour autant quitter le large des yeux.

Far away

Ils restèrent un moment sans bouger et l'escrimeur dut forcer son compagnon, toujours pétrifié parce qu'il venait de voir, à rentrer. Ils ne gagnèrent la maison qu'à la tombée de la nuit. Ensuite, Zoro força le blond à se coucher et dormir. Il s'occupa donc de ranger la cuisine avant de le rejoindre dans le sommeil, mais comme il s'en doutait, Sanji ne dormait pas. Il semblait perdu dans ses pensés, ou simplement dans ses souvenirs, personne ne saurait dire. L'explosion était un signe précurseur à une nouvelle ère noire et le bretteur savait que trop bien à quel point son ami avait souffert. Ils avaient presque tout perdu.

Alors que le bretteur commençait à s'endormir, le chanteur l'interpela.

-Dis Zoro...

-Hum...? Qu'est ce qu'il y a ?

-Tu penses vraiment rester ici ? Elle est déjà sur nos traces... Tu ne pense pas qu'il faudrait...

-Ecoute, quoi qu'on fasse, elle sera toujours là. Cesse de te tracasser autant, il ne nous arrivera rien.

-...

-N'y pense plus et dors ! Demain, tout le monde aura déjà oublié ce qu'il s'est passé, y compris toi.

Il y eut un long silence. Chacun croyait que l'autre dormait alors que ce n'était pas le cas. Le blond murmura un faible « merci » avant de s'endormir. L'escrimeur sourit doucement avant de lui aussi sombrer dans le sommeil.

Far away