Chapitre 2 – Rencontre avec la mort
Ils se levèrent tous très tôt ce matin-là, la journée allait être chargée. Malgré l'heure matinale, Feitan dû quand même réveiller Tian. Quasiment toute la brigade devait être sur place aujourd'hui, et il était évident que Tian, lui, ne devait pas s'y trouver. Restait à trouver quelqu'un pour le garder. Heureusement pour Feitan, Sharnalk (une des seules personnes de confiance selon l'asiatique) était parmi ceux qui restaient au repère. Quand il lui demanda s'il pouvait garder un œil sur son fils, la réponse de Sharnalk fut immédiate.
- Je ne te demanderai qu'une chose, lui dit Feitan, ne le touche surtout pas. Ne crois pas que ce soit à cause d'une affaire de possession, mais si jamais vous deviez rentrer en contact, tu mourrais aussitôt. C'est une histoire de confiance. S'il a confiance en toi un jour, cet effet s'annulera.
Le concerné acquiesça. « Ne t'en fait pas, je ferai attention. »
C'est ainsi qu'ils partirent tous en direction de leur « lieu de travail », Feitan, la conscience tranquille.
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Comme d'habitude (même si cela faisait plusieurs années), ils étaient en paires. Chacun à leur poste. Une équipe de trois serait chargée de dérober les trésors. Une autre de deux (Feitan et Phinks) assurerait son passage à travers le bâtiment, et deux équipes de deux ferait de la place dehors pour qu'ils puissent s'enfuir plus rapidement.
Tout se déroula comme prévu. Kuroro, accompagné de Machi et de Bonorenof, utilisa son pouvoir pour capturer tous les biens des enchères. Dehors, comme on pouvait s'y attendre, toutes les mafias des différents pays concernés étaient là pour accueillir la fameuse Brigade Fantôme. Les quelques membres de cette dernière, présents sur place, s'en débarrassaient aisément. Le seul point faible qu'ils avaient, c'était le nombre. Il y avait beaucoup d'hommes armés et il en affluait de tous les côtés. Il fallait juste qu'ils les empêchent d'entrer dans le bâtiment. C'était une situation plutôt banale.
De leur côté, Phinks et Feitan n'avait pas croisé autant de personnes qu'ils ne pensaient. Cependant, cela avait suffi. Parmi les personnes rencontrées, Feitan eut la chance de reconnaître une personne qui ne lui était pas inconnue. Il était persuadé qu'elle était impliquée dans l'enlèvement de celle qu'il aimait. Cet homme faisait partie de la mafia. Il réussit à le coincer dans un coin et le fit parler comme il savait si bien le faire. L'homme avoua tout aussitôt, pas très tenace. Il put apprendre qu'il la retenait dans leur planque sur les quais. Il lui donna même une adresse. Pour toute réponse, Feitan lui trancha la tête d'un coup sec et rapide de la main. Il sourit. Maintenant, il allait pouvoir la retrouver.
Les trois chargés du trésor ne tardèrent pas à se présenter devant eux, ils acquiescèrent mutuellement. Maintenant, ils allaient devoir les escorter jusqu'au van qu'ils avaient prévu pour s'échapper. Aucun homme ne devait se présenter devant eux. C'était le plan. C'était bien pour ça qu'ils avaient posté les deux équipes sentinelles dehors, pour empêcher quiconque d'entrer et de les ralentir.
Sauf qu'il y avait un détail auquel ils n'avaient pas pensé, et qui allait faire prendre une tournure dramatique aux évènements le nombre de leurs opposants était bien trop important. Ils avaient réussi à les gérer au début, mais là, il en venait de tous les côtés. Et, plus ils en tuaient, plus il en venait. Certains réussirent à pénétrer dans le bâtiment. Ce ne fut pas un problème pour Phinks et son compagnon, qui les éliminèrent tout en permettant le passage à Kuroro, Machi et Bono. Ces trois étaient en sécurité grâce à un plan stratégique pré-réfléchit. Il fallait s'attendre à l'éventualité que des hommes pénètrent dans le bâtiment. Il était donc impératif que Kuroro soit protégé. Feitan et Phinks assuraient ses arrières, Nobunaga et les autres s'occupaient de dégager le passage dehors. Quand à Bono et Machi, ils formaient la garde rapprochée de leur chef.
Mais, alors qu'ils ne s'attendaient à ne croiser que des opposants venant du devant, Feitan et Phinks furent surprit quand ils virent des balles frôler dangereusement leur tête. Ils se retournèrent et, sans réfléchir, se précipitèrent droit sur eux. En moins de trois minutes, ils furent tous morts à terre, et les deux amis purent reprendre leur route.
« Tous morts », c'est ce qu'ils croyaient. En effet, un des hommes à terre, eut le temps de reprendre son arme et de tirer en direction des deux hommes. Ils sursautèrent tous les deux, ils ne s'y attendaient pas. Feitan mit un genou à terre, pendant que Phinks alla régler son compte au dernier survivant. Il se dirigea vers son ami.
- Hey, ça va ? Il t'a touché ?
- … Ouais... je crois. Mais je vais bien, t'en fais pas. Pour le moment, le plus important, c'est retrouver les autres et se casser d'ici...
Ils ne mirent pas autant de temps qu'ils ne le pensaient à rejoindre le reste du groupe. Ils entrèrent tous dans le van et prirent la route de retour.
Les choses commencèrent à se compliquer quand Feitan se mis à cracher du sang. Une tâche pourpre s'agrandit sur ses vêtements, au niveau du cœur. Les autres se précipitèrent vers lui.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Depuis quand es-tu blessé ? Demanda Machi.
Elle regarda sa blessure de plus près. Il avait quasiment été touché au cœur. Elle s'appliqua à le soigner.
- Un des mecs de tout à l'heure nous a tiré dessus par surprise, expliqua Phinks. Tu m'as dit que ce n'était rien, Feitan ! Tu as vu tout le sang que tu perds ? Tu avais vraiment besoin de soins médicaux !
Une nouvelle fois, le concerné esquissa un sourire.
- Hé hé... C'est ce qu'on appelle les risques du métier, non ?
- Depuis quand tu fais de l'humour après une blessure ? T'es pas censé tout dévaster autour de toi dans ces moments-là ? S'énerva le blond.
- Tu ne crois tout de même pas que je n'ai fait que de fonder une famille durant ces quatre dernières années ? J'ai changé, tu sais... Maintenant... je sais me contrôler..., dit-il toujours en souriant faiblement.
Phinks sourit à son tour. « On ne sait pas à quoi s'attendre avec lui » se dit-il.
Mais le petit homme, perdait trop de sang. Et même malgré les efforts de Machi, il mourrait à vue d'œil.
- Je suis fichu de toute façon... Il faut que je meure...sinon ça...ça ne marchera pas.
- De quoi ? Dit pas n'importe quoi ! Qu'est-ce qui ne marchera pas ?
- ...Quand vous arriverez au repaire...déposez-moi...devant mon fils...vous...vous verrez...
Il rendit son dernier souffle. Phinks le secoua. Comment ça mort ? Feitan ne pouvait pas mourir ! Il avait encore une famille à s'occuper et qu'est-ce qu'ils allaient faire de son fils ? Il essaya de le réanimer, en vain.
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Il entendit des pas précipités qui provenaient de l'entrée du vieux bâtiment. Son père était rentré ! Super, il allait pouvoir lui dire qu'il s'était fait un nouvel ami. Ce dernier le laissa assis où il était et accourut dans la direction des bruits de pas. Que se passait-il ? Il avait envie de voir lui aussi !
Sharnalk revint vers lui et le prit dans ses bras. Pendant le peu de temps qu'ils avaient partagé ensemble, ils s'étaient rapprochés et Tian avait vu en lui une personne digne de confiance. Il avait approché la main de sa figure et l'avait déposé sur sa joue c'était la condition qu'il devait respecter pour qu'il puisse toucher quelqu'un sans le tuer.
Mais quand son nouvel ami l'apporta sur les lieux des faits, le cœur de Tian rata un battement. Son père était sur le sol, couvert de sang et il ne bougeait plus. Tian gardait bien sûr la même expression qu'habituellement, mais à l'intérieur, il était terrifié. Il n'avait jamais vu son père mort. Il se tourna vers Sharnalk, un regard d'incompréhension peint sur le visage.
- Avant de mourir, il m'a demandé de le déposer auprès de toi, commença Phinks. Tu peux faire quelque chose ?
Pour toute réponse, le jeune garçon acquiesça. Bien sûr qu'il savait ce qu'il savait faire. Ce n'était pas la première fois qu'il ressuscitait un mort.
Il approcha les mains de la blessure au torse de son père. Ses yeux redevinrent orange et une aura se dégagea de ses mains. Et, après un laps de temps incroyablement court, Feitan sembla respirer de nouveau. Il ouvrit les yeux, et entreprit de s'appuyer sur ses coudes pour se relever. Et, avant qu'il ait pu réaliser où il était et ce qui se passait, Tian lui sauta au cou et le serra très fort. Il ne voulait plus le voir comme ça. Plus jamais. Kuroro s'avança et s'accroupit à la hauteur du rescapé.
- Comment te sens-tu, Feitan ?
- Je vais bien. Il n'y a aucun souci à se faire.
- C'est incroyable ce que ton fils a fait. Des pouvoirs à un si jeune âge, je n'ai jamais vu cela.
Après avoir déposé son fils au sol, Feitan se releva. Il regarda Kuroro. Ce dernier continua.
- Lui as-tu fait subir un entraînement pour qu'il arrive à de telles facultés ?
L'asiatique sembla hésiter. Puis il se décida à répondre.
- Non. Il est encore trop jeune. Ses pouvoirs, il les avait déjà à sa naissance.
Ses paroles furent brèves et claires. Tout le monde comprit qu'il n'avait pas envie de s'étendre sur le sujet. Il laissa les autres membres sur cette autre note de mystère et tous reprirent leurs occupations. Maintenant, il s'agissait de répertorier tous les objets qu'ils avaient dérobés.
Tian resta dans un coin à regarder les autres faire leur travail. Il ne s'ennuyait pas du tout. Au contraire, un de ses passe-temps favoris était d'observer les autres. Il apprenait beaucoup de leurs gestes.
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Pendant que tous s'adonnaient à la tâche qui leur avait été attribuée, le père du jeune garçon se dirigea vers le chef du groupe.
- Danchou, j'ai une requête à vous demander.
- C'est la première fois que j'entends une telle sollicitation de ta part, Feitan. Mais je t'en prie, dis-moi.
- Comme je vous l'ai dit lors de mon arrivée, ma fiancée est retenue prisonnière dans les environs de la ville. Il faut que j'aille la secourir. J'ai pu recueillir assez d'informations quant au lieu où elle est détenue. Je peux aller la chercher dès ce soir. J'ai juste besoin de votre autorisation.
- Je t'y autorise. Je comprends tout à fait ton souhait. Emmène qui tu veux avec toi, si tu as besoin.
- Je vous remercie. Elle et Tian passeront la nuit ici et repartiront dès demain matin.
- Très bien, qu'il en soit ainsi, lui sourit-il.
Il se quittèrent dès la fin de cette conversation.
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- Quoi ? Tu veux y aller tout de suite ? S'étonna le grand blond.
- Il faut que cette affaire se termine le plus rapidement possible. Je peux compter sur ton aide ?
- Tu connais déjà la réponse... Je ne vais quand même pas te laisser y aller tout seul.
- Tu n'as pas confiance en moi ?
- Je te rappelle que tu es mort ce midi ! Ce n'est pas suffisant comme raison ?
Le brun ne répondit rien. Phinks se calma et lui demanda plus doucement :
- Qu'est-ce qui se serait passé s'il n'y avait pas eu ton fils ?
- La chose qui arrive à chaque personne de cette terre : une fin sans retour.
- Tu te rend compte de ce que tu dis ? Je ne te reconnais plus Feitan. Tu n'as jamais été le genre de mec à vouloir mourir aussi facilement...
- Mais je ne suis pas mort, n'est-ce pas ? C'est vrai que j'aurai dû surveiller mes gardes... Mais je savais Tian pas loin. Je savais ce que je faisais. S'il n'avait pas été là, j'aurai été beaucoup plus attentif, bien sûr.
Phinks le regarda en faisant la moue.
- Mouais... J'espère... Mais fais quand même attention à l'avenir. Ce n'est pas comme si tu n'avais pas de famille à t'occuper maintenant.
Feitan le regarda avec un regard amusé.
- Et tu dis que c'est moi qui ait changé ? Depuis quand te préoccupes-tu des autres ?
Il répondit par un sourire complice.
- Bon, c'est pas le tout, on part quand exactement ?
- On est en route.
Juste avant de partir, l'asiatique sollicita une fois de plus l'aide de Sharnalk pour qu'il garde son fils. Il donna néanmoins une dernière règle à ce dernier.
- Tian, je te dirai juste de ne faire confiance à personne. Alors promets-moi que tu ne parleras de tes pouvoirs à aucun d'eux. Surtout pas à l'homme avec la croix sur le front avec qui je parlais tout à l'heure. S'il y a bien une personne que tu dois éviter, c'est lui, comprit ?
Le petit garçon acquiesça.
- Bien. Je vais chercher maman. Je serai bientôt de retour, ne t'en fais pas. Alors d'ici là, soit sage et reste bien avec Sharnalk.
Ils s'étaient éloignés du groupe pour que les autres n'entendent pas leur conversation. Que se passerait-il si quelqu'un apprenait que Feitan se méfiait de leur chef ? Mieux valait ne pas prendre de risques. Il embrassa Tian dans les cheveux, et se dirigea vers son compagnon.
Après cette courte discussion, les deux hommes prirent la route.
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Son cœur battait la chamade. Cela faisait huit mois qu'il ne l'avait pas vu. Elle lui manquait terriblement. Jamais il ne se serait douté qu'il puisse rencontrer l'amour un jour. En fait, la réponse avait été tellement évidente pour lui, qu'il n'y avait jamais vraiment pensé. Ça ne lui avait jamais même effleuré l'esprit. Qu'il rencontre la femme de sa vie avait été en soit une importante révélation, mais qu'il puisse avoir un enfant, une autre encore plus grande.
Ana non plus ne s'attendait pas à avoir Tian. Ils avaient tous les deux été troublés et déstabilisés lorsqu'elle lui avait appris qu'elle était enceinte. Longtemps, ils avaient pensé à l'avortement. Mais était-ce la meilleure option ? Il était vrai qu'aucun d'eux ne voulait vraiment d'enfant. En fait, ça leur était franchement égal.
C'est ainsi qu'un jour, il eut une idée. Il partit du fait que perdre ou pas l'enfant n'avait aucune importance. Il proposa à Ana qu'ils envoient tous deux une petite dose d'aura en direction du bébé. L'idée lui plût et ils s'exécutèrent. Ils collèrent leurs mains sur le ventre déjà un peu gonflé d'Ana, et y projetèrent leur pouvoir. En temps normal, une émission d'aura causait de gros dommages à la personne qui la recevait. Mais ce pouvait-il que ce soit différent cette fois ?
C'est lorsque Tian naquit qu'ils comprirent l'impact de leur geste. Un enfant doté de pouvoirs innés. Et pas n'importe lesquels. Il pouvait contrôler la vie. Du moins, c'étaient les capacités qu'il présentait pour le moment. Ils l'initièrent à la maîtrise de son pouvoir : un de cette envergure devait absolument être contrôlé.
Mais un jour, Ana fut enlevée. Et il n'avait rien pu faire. Cela faisait plus d'une demi année qu'il vivait avec Tian, seul. Jamais il n'aurait cru qu'il puisse être aussi... paternel. Il n'avait jamais eu de parents et il était confronté à en devenir un dans l'immédiat. Qui l'aurait cru ? Les autres avaient dû bien se moquer de lui quand il s'était ramené avec son fils.
Enfin bon, maintenant, les choses allaient reprendre leur cours normal. Il allait sauver Ana et en finir avec cette histoire.
Fin du chapitre 2 ! Je sais que ça fait un sacré bout de temps que j'ai écrit ! Je ne sais pas comment vous avez trouvé ce chapitre. Perso, j'ai eu du mal à l'écrire. De toute l'histoire, c'est le chapitre que j'aime le moins (gros manque d'inspiration!). Je voulais ici mettre en avant les pouvoirs de Tian. Et aussi montrer que Kuroro s'intéresse à lui. Le prochain chapitre sera centré sur la rencontre de Feitan et Ana. D'ici là, soyez patients ;) !
