Hey, coucou, vous !

Déjà, merci de me lire, c'est cool ça :)

J'espère que ce premier chapitre vous plaira, donc.

C'est marrant, malgré tout, on s'attache aux personnages peu à peu. J'espère que ce chapitre n'est pas trop décousu, je me suis relue bien trop souvent, je ne suis plus très sure de ce que ça va donner m'enfin.

Réponses aux guest :

Jellyfish : Ahah, merci c'est très gentil à toi ! J'espère que la suite de cette histoire ne te décevra pas et j'espère te recroiser plus loin :)

Guest : Eh bien, voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira !

Bonne lecture, les copains !

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Chapitre 1 : Where Is My Mind

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Il n'avait jamais su commencer les histoires. Il ne savait pas non plus les terminer, il était un peu comme aspiré dans un tourbillon de faits, un tourbillon de vie qui le recrachait à chaque fois au bord de l'épuisement. Quelques fois, il se rebellait parce que c'était trop, c'était impossible, c'était infecté. Et il se rebellait, tremblant et suffoquant, parfois même, asphyxié. À bout de souffle et au bord des crises... Hélas comme il ne savait pas dire non, comme il n'avait jamais su résister, Draco revenait et lui brûlait la peau, lui volait son souffle. Encore et encore.

Il n'avait jamais su pourquoi. Il ne comprenait même pas comment tout ce bordel s'était installé dans sa vie, comment il l'avait mit à genoux, le coeur au bord des lèvres et les clameurs rauques qui tonnaient dans ses poumons. C'était arrivé trop vite, trop n'importe comment, presque par inadvertance. Et ça lui avait coupé la voix, ça lui avait coupé les jambes et ça lui avait coupé le coeur aussi, forcément.

Pas par amour. Surtout pas, pas par amour. Surement pas, ça ne pouvait pas naitre d'une telle relation, d'un rapport de force constant, de cette haine bafouillante. Ça ne serait pas acceptable, putain, surement pas. Pas par amour mais alors, pourquoi ? Pour rien, clamaient leurs têtes. Pour tout, tonnaient leurs corps. Et puis même, qu'est ce qu'on s'en fiche ! On ne demande pas à un alcoolique ce qu'il recherche. Ça ne sert à rien de toute façon, le précipice est déjà là, sous leurs pas. Dans tous les cas, c'est déjà trop tard.

Il s'était déjà engagé dans une guerre qui le dépassait de bien des façons. Il s'était déjà compromis, déjà sali, il était déjà au bord du gouffre. Et malheur à lui, Draco le savait. Et il en profitait, encore et encore. Comme un putain de charognard. Comme un corbeau, un vautour, à se repaitre de sa chair et de ses cris. C'était pitoyable, idiot, à en chialer. C'était cruel aussi. Mais hey ! C'était déjà ça. C'était putride, peut être. Révoltant, sûrement. Mais eh ! C'était déjà ça !

Et Ron encaissait. Ses assaults, ses insultes et son dégoût. Mais au fond, peut être que tout ça, ça le sauvait, quelque part. Sûr, ça lui convenait, ça l'amusait presque parfois ! Parce que Ron était un gars bien, un gryffondor, parce qu'il était simple et qu'il aimait des choses évidentes. Parce qu'il était prévisible, tout son être se tordait et étouffait. Plein d'aigreur, de rage et d'amertume. Parce qu'il était bon dernier, parce qu'il était écrasé par son meilleur ami, par sa fratrie aussi, parce qu'il était passable et non pas notable, il n'en pouvait plus. Et Draco était sa délivrance.

Sa peau, ses muscles, ses yeux, c'était son défouloir. Ses cris, c'était sa récompense. Et pis, ça lui allait. Il n'avait pas besoin de plus. Parce que pour Draco, il était unique, que ce soit de haine ou d'amour, ça lui convenait. Alors il le baisait. Encore. Et parfois, il lui souriait. Parce que ouais, c'était bon. Et surtout, c'était ce qu'il lui fallait.

Alors, quand Draco s'écartait de ses amis et s'enfonçait dans les couloirs, Ron suivait. Parce qu'il était là pour ça.

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Mais peu à peu, l'urgence se faisait plus violente, plus difficile à supporter. Ron était souvent comme affamé, à la recherche de ce corps étranger, de ce corps autre qui le ravageait peu à peu. Il ne se l'avouait pas, non. Mais il savait que parfois, les mains tremblaient et que son rire se cassait. Et il savait alors qu'il lui fallait sa dose. Pour palier au manque. Mon dieu, Ron... Qu'étais-tu devenu... Draco t'apportait une sensation trop nouvelle, trop étrange pour que tu t'en passes. Comme une faim qui te taraudait les côtes et te brûlait la langue. Tu t'accrochais à ça, tu riais de lui mais tu savais tout aussi parfaitement que le laisser partir n'était même plus envisageable. Le refus n'était plus envisageable.

Ce jour là pourtant, ce fut différent. Vous étiez dans l'alcôve, celle qui vous abrita la première fois, prête à vous protéger encore de ce monde trop invasif. Tu es venu à lui, déjà impérieux, déjà féroce, bête sanglante et brûlante, prédateur, la bouche pleine de crocs et l'oeil rougeoyant. Parce que le soleil avait été trop incisif, la voix d'Harry trop entêtante, le vent trop fort, Hermione trop présente. Alors tu t'es présenté à lui, fier et fou, ordonnant plus que demandant.

Mais lui, il t'a arrêté d'un regard. Clairement et nettement, comme une coupure au scalpel. Tu as halluciné. Pour qui se prenait-il ! Croyait-il donc qu'il avait le choix ? C'était si facile pour toi. Il aurait suffit que tu le forces à te redresser, que tu lui arraches un baiser, que tu le mordes, que tu le possèdes, comme on possède un jouet. Mais pourtant, cette fois ci, y a eut quelque chose. Quelque chose que tu as trouvé dans ses yeux et qui t'a stoppé net, sonné. Tu t'es assis à ses cotés, sans un mot, bien plus troublé que tu ne devrais l'être : Dans son iris, il y avait comme une étincelle de désespoir, celle que tu connais bien parce que tu la vois dans chaque miroir que tu croises. Et c'est cette petite étincelle qui t'as retenu, pas vrai ? Parce que d'un coup, vous étiez semblables et ça t'a atteint jusque dans l'os.

Tu n'es pas bête Ron et tu savais parfaitement dans quoi tu t'engageais. Même à l'époque. Avec Voldemort qui revenait, avec Harry qui s'éteignait, avec Dumbledore qui fuyait, tu n'avais pas douté une seconde de l'identité de celui que tu faisais plier sous toi. Même, tu l'avais déjà vue sa marque. Fugacement et jamais entièrement mais tu l'avais déjà effleurée du regard, juste avant de te concentrer sur autre chose. Alors quand il te la montra, quand il retroussa sa manche et te la tendit, tu savais qu'elle était déjà là.

Tu as fixé le tatouage affreux, sans un mot. Quelque part, ça te confirmait tout ce que tu savais et ça faisait un peu mal. Ça faisait un peu mal parce que votre temps à deux était compté. Et ça, c'était inéluctable. Vous étiez, vous êtes et vous serez ennemi, quand bien même tout ce que vous pourriez vous dire et vous mentir. Mais ce n'était pas grave. Ce n'était pas grave parce qu'ici, dans cette alcôve, hors du temps, hors du monde, il n'y avait personne. Personne pour vous rappeler qu'un jour, vous vous déchirerez, battrez et vous vous tuerez.

Alors, tu t'es permis de faire un geste qui, dans tout autre contexte, aurait été pure insulte, autant pour toi que pour lui. Tu as posé tes lèvres sur cette encre noire, l'effleurant de ta langue et la parcourant de ton souffle. Et là, peut être que le coeur de Draco manqua un battement. Peut être bien, de toute façon il ne l'avouera jamais et surement pas à lui même. Un Malefoy ne se laisse pas toucher ainsi, pas comme ça. Un Malefoy est fier et fort, il n'a besoin de personne. Mais ce souffle qui brûlait sa peau, ces doigts glacés qui suivaient le tracé sur son bras, qui s'égaraient sur ses veines et qui réveillaient tout son être, ah ça non, il ne s'y attendait pas. Pas du tout.

Et puis, et puis, Draco. Tu l'as laissé jouer avec ta main, délier les articulations, plier tes doigts jusqu'au point de rupture, suivre les veinures au creux de ton poignet. Sans un mot, coupé dans ton élan par cet oeil glacé qui ne frémissait pas. Et parce que cet oeil t'avait toujours sidéré et vidé, tu ne pensais même pas. Ce n'était pas plus mal, dans ce petit moment d'éternité. Dans ce silence coupé par vos souffles un peu erratiques.

Demain. Demain, tu t'énerveras. Demain, s'il te retouche ainsi, tu le frapperas, Sûr. Tu l'insulteras aussi, tu lui demanderas pour qui il se prend, ce qu'il compte faire. Tu lui casseras le nez aussi, peut-être. Oui. Demain, promis, tu le feras. Mais pas ce soir. Pas ce soir.

Parce que ce soir, il y a cet iris avide, cette prunelle scrutatrice qui brule et fait taire. Qui t'immobilise dans un monde qui n'est plus le tien, un monde où tu n'es plus vraiment Draco Malfoy et où lui n'est plus vraiment Ron Weasley. Un monde, une bouffée d'air frais.

Alors oui. Demain. Demain on s'énervera, on crachera, on frappera, on baisera aussi. Mais pas ce soir. Pas ce soir.

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Ensuite... Ensuite, ce fut étrange. Parce que ce moment avait soulevé des questions auxquelles ils n'avaient aucune réponse. Des questions qui flottaient près d'eux, qui les harcelaient le soir, dans la pénombre. Des questions qui forçaient Ron à rester les yeux ouverts, à fixer le plafond de son dortoir, la nuit et qui envahissaient l'esprit de Draco avant qu'il ne s'endorme.

Mais ils faisaient bien attention à ne pas apporter de réponses; aucune. Il ne fallait pas, ils ne devaient pas. Ils les laissaient en suspension entre eux, comme un futur hypothétique qu'ils savaient déjà impossible. Alors pour contrer toute tentation, ils laissaient la place à la haine encore vivace, la rancoeur et la cruauté. Ils ne se laissèrent rien passer. Rien. Le moindre faux pas était cruellement puni, la moindre hésitation sauvagement découragée.

Bien sûr, c'était douloureux. Bien sûr, la tension, vive et féconde, les épuisait. Bien sûr. Mais ils n'avaient pas le choix. Mais ça faisait trop peur, sinon. S'ils abandonnaient leur identité, s'ils n'étaient plus ennemis, qu'étaient-ils ? Autre chose. Et ils ne voulaient pas découvrir quoi.

Mais pourtant, on ne peut pas continuer ainsi indéfiniment. Un jour, l'armure se fissure et le retour au sol coupe le souffle et met à genoux. Et ça, c'est sûr, ça arrivera ! Demain peut être. Ou dans un an. Peut être même dans dix ans. Ça arrivera, ils le savent tous les deux et ils n'y pourront rien. Ça arrivera oui.

Mais pas ce soir, pas ce soir.

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Bon, voilà le premier chapitre.

Je ne vais pas mentir, il a été long à écrire, tout simplement qu'il a été difficile. Je n'en suis pas pleinement satisfaite mais je pense surtout que c'est parce que ça fait trois jours que je suis à me lire et à me relire, je n'en peux plus.

Je regarderai tout ça à tête reposée.

Bref, merci de lire, merci de m'avoir lue et merci pour les (hypothétiques) reviews !

Bonne continuation !

Sta'Grad