Enfin, Mycroft sortit en fermant la porte.
J'entendis aussitôt mon colocataire soupirer lourdement. Il se tourna vers sa chère nièce et lui fit un clin d'œil. Je ne pus m'empêcher de sourire bêtement. C'était la première fois que je voyais mon ami faire un clin d'œil à quelqu'un d'autre que moi. Il devait vraiment beaucoup aimer sa nièce. La fillette retira son manteau qu'elle accrocha au dossier d'une chaise et déposa à côté le sac qu'elle avait doucement et discrètement pris des mains du détective.
- Bon, maintenant qu'on est débarrassés du Glaçon, que veux-tu faire ?
- T'as du lait, Tonton ?
- J'en achète toujours quand je sais que tu viens. Tu veux que je t'en serve un verre ?
- Ca serait gentil, merci.
Sherlock se rua donc à la cuisine. Je décidais d'allumer la télé pour Amélie, en attendant. L'adorable petite sortit son ours en peluche de son sac et vint s'asseoir sur le sofa avec lui. L'ourson était vraiment beau et visiblement d'excellente qualité, il avait dû coûter très cher. Je zappais pour mettre des dessins-animés puis m'assis à côté d'elle.
- Il est joli, ton nounours.
- Oui ! C'est Tonton qui me l'a offert pour mes deux ans !
- Et bien, Sherlock est gentil.
- Oui. Tu sais, j'en ai plein des peluches chez Maman mais Teddy est mon préféré !
Je souris à la fillette. Décidément, plus je passais du temps avec cette petite, plus j'apprenais à quel point mon colocataire pouvait aimer sa nièce. Jamais il n'aurait offert une peluche au bébé d'Harry. Mais c'est vrai qu'Harriet ne fait pas partie de sa famille.
- Tu veux regarder les dessins-animés ou autre chose ?
- Non, j'aime bien ceux-là. Papa ne veut jamais que je les regarde, à la maison. Il dit que ça rend bête...
- Et voilà ! Un bon verre de lait pour ma chérie !
Sherlock venait d'apparaître avec le dit verre, un sourire franc aux lèvres. Il tendit le verre à Amélie en s'asseyant de l'autre côté d'elle. La fillette but presque d'une traite son lait puis elle se blottit dans les bras de son oncle. Mon célèbre ami la serra fort contre lui, passant sa main dans les petites boucles. Je me demandais qui avait prit l'apparence du Sherlock que je connaissais. La vision des deux Holmes blottis l'un contre l'autre était si belle. On aurait dit un père avec sa fille. Je pouvais voir pourquoi Mycroft était jaloux de leur relation. Mais il est vrai que l'homme était visiblement vraiment strict comme père et il donnait peu de signe d'affection à la fillette.
Mrs. Hudson entra alors dans l'appartement, le service à thé prêt sur un plateau.
- Coucou, les garçons ! Oh, bonjour Amélie !
- Mrs. Hudson ! Vous allez bien ?
- Oui, merci. Et toi ? Je ne pensais pas te voir ici.
- Ca va très bien, vu que j'suis là, merci ! Mon papa a quelque chose de très important à faire et comme Maman est partie en Suisse, il a décidé de m'emmener chez Tonton.
- D'accord. Tu restes dormir ?
- Oui ! J'suis trop contente ! Vous avez vu, Teddy est venu avec !
- C'est bien. Tu sais, je crois bien que tu manquais beaucoup à Sherlock.
La petite rit aux éclats, faisant un gros câlin au détective qui était devenu rouge comme une pivoine. Ce dernier déposa un baiser sur son front avant de se tourner vers notre logeuse.
- Mrs. Hudson, j'espère bien que vous n'avez pas dit cela à Lestrade. Merci pour le thé.
- Sherlock ! Pensez-vous ! Ce cher Greg est déjà au courant que vous appréciez tant votre petite... nièce. Il trouve cela adorable, d'ailleurs. Et pas de problème, j'ai aussi mis quelques biscuits avec. Mais je ne suis pas votre gouvernante !
Mon ami se prit la tête dans les mains puis inspira profondément. Il se détendit ensuite et me fit signe de lui verser une tasse du célèbre Earl Grey de notre logeuse. Mrs. Hudson le faisait pour chacun de nos invités, même pour Donovan et Anderson lorsqu'ils étaient obligés de se déplacer. Tout le monde s'accordait à dire que son thé était excellent. Un peu relevé en goût mais toujours très doux en bouche. Un délice.
Une tasse plus tard, je me levais et attrapais ma veste, mon portefeuille et mes gants. Deux paires d'yeux gris me fixèrent.
- Tu vas où ? demanda la fillette.
- Faire les courses pour le petit-déjeuner et le repas de demain midi.
- J'peux venir avec ? Dis, Tonton, je peux aller avec John ?
- Si ça ne le dérange pas... Je viens avec, d'ailleurs.
- Pardon ? Tu comptes sortir de l'appartement ? Alors que tu es en pleine enquête... Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait à Sherlock Holmes ?
Le détective eut un beau rire qui dura quelques minutes, ensuite les deux Holmes se levèrent. Amélie se précipita pour chercher son petit manteau tandis que Sherlock nouait déjà son écharpe autour de son cou. Nous dévalâmes tous trois les escaliers, le détective en premier. Dans la rue, il prit la main de sa nièce dans la sienne et ils se mirent à courir vers Tesco. Et une fois de plus, j'eus du mal à tenir le rythme. Amélie semblait même courir plus vite que mon ami. Ils furent rapidement au supermarché. Je pris aussitôt un caddie et laissais la fillette le pousser légèrement. Sherlock courut vers le rayon des biscuits pour le petit-déjeuner et le quatre-heures tandis qu'Amélie m'emmena au rayon des boissons.
- Alors, qu'est-ce que tu aimerais prendre ?
- Euh... Du jus d'orange. Mais sans pulpe, si possible. Celui-là par exemple. Il est bon. Maman en prend toujours quand je suis chez elle.
Je pris la bouteille qu'elle désignait et la déposais dans le caddie.
- Amélie, la plupart du temps, tu es chez ton papa ou ta maman ?
- Chez Maman. Papa a trop de travail et il dit que je risque de le déconcentrer. Je sais que tu crois qu'il est trop sévère avec moi mais Papa a du mal à montrer aux gens qu'il les aime. Maman dit que c'est comme ça pour tous les Holmes.
- Elle n'a pas tord. Et elle fait quoi comme métier ?
- Maman est styliste. C'est elle qui a fait ma robe. Elle est jolie, hein ?
- Oh que oui ! On dirait une princesse.
- Merci. Il est où, Tonton ?
- Ici, ma chérie. Je t'ai pris tes biscuits préférés, ceux avec de la cannelle dessus.
Sherlock, apparu de nulle part, posa la boîte de petits gâteaux dans le caddie et prit à nouveau la main de sa nièce dans la sienne. Nous nous dirigeâmes vers les viandes.
- Qu'est-ce que tu veux manger demain, Amélie ?
- J'aimerais bien du poulet et des frites, si possible.
- Pas de problème.
Je pris donc un sachet de frites et un poulet. Nous nous dirigeâmes vers la caisse. Sherlock déclara, à ma grande surprise, qu'il payait. Je commençais à croire qu'Amélie avait une bonne influence sur lui. Il était beaucoup plus... humain, en sa présence.
Il y a un petit cadre, là, sous ce texte... Vous pouvez écrire dedans ce que vous en pensez... :)
Je ne possède rien ! (à part mon ordi, mes DVDs et mon thé...)
