Note : Voici la suite… un peu plus courte.
Bon, suite à un petit quiproquo, je précise que toute ressemblance avec les fics de Lilie654 est purement fortuite. J'en profite pour vous conseiller fortement d'aller lire ses fics qui sont magnifiques (mes petites favorites sont « feu follet » et « du temps perdu »). Allez ! Courez, volez !
Enjoy !
Agony
"La douleur est un siècle et la mort, un moment.", Jean-Baptiste-Louis Gresset
"Adieu ! Je crois qu'en cette vie
Je ne te reverrai jamais.
Dieu passe, il t'appelle et m'oublie ;
En te perdant je sens que je t'aimais."
Alfred de Musset, Poésies.
Le docteur House entra dans l'hôpital et tout le monde essaya de ne pas le regarder. Cela faisait trois mois environ que le Dr Cuddy était décédée mais tous les employés étaient encore sous le choc. Surtout quand ils apercevaient House au détour d'un couloir. Il devait avoir perdu au moins 6 kilos, son regard était éteint et ses remarques cinglantes qui avaient disparues venaient à leur manquer. Un bruit courrait comme quoi il aurait même perdu le goût du mystère médical.
House entra dans la salle de conférence sans dire un mot, sans même un regard à ses employés. Il passa directement dans son bureau. Il laissa tomber son sac sur son fauteuil et s'assit à son bureau. Un dossier était posé en évidence sur les papiers qui jonchaient déjà celui-ci. Il ferma les yeux. Penser que quelqu'un d'autre que Cuddy décidait quels cas lui donner lui était insupportable. Il se demandait d'ailleurs pourquoi il n'avait pas encore démissionné. Diagnostiquer lui demandait à présent un effort considérable, les énigmes médicales ne lui procurant plus la même distraction qu'avant. Son esprit était constamment occupé à ressasser combien Lisa lui manquait et il lui était pratiquement incapable de rester concentré plus de quelques minutes. Dieu merci ses « apprentis » étaient maintenant capables de se débrouiller sans lui. Et Foreman le remplaçait très bien.
« On a du travail » dit-il en entrant dans la salle de conférence et en lançant le dossier sur la table
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Taub
« Aucune idée. A vous de me le dire »
Les trois médecins se regardèrent un instant. Telle était leur routine depuis quelques mois. House entrerait sans leur dire bonjour, s'isolerait dans son bureau quelques minutes et reviendrait en leur lançant le nouveau dossier sans avoir pris la peine de l'ouvrir. Puis il s'assiérait à la table avec eux et ferait simplement acte de présence. Il lancerait parfois des idées dont il était le seul à avoir le secret, mais c'était rare. Ils ne disaient rien aux grands pontes par sympathie pour lui. Depuis que Cuddy n'était plus, ils avaient découvert une nouvelle facette de leur boss et ça leur faisait de la peine de le voir ainsi. Ils ne pouvaient se résoudre à le faire virer même si l'idée leur était venue souvent lors de leurs conversations.
House les écouta commencer le diagnostic, hochant la tête dès qu'une idée lui paraissait judicieuse. Ses employés ne se donnaient plus la peine de lui demander son avis et attendaient plutôt cet éclair de génie qui lui venait de temps en temps. Mais House se désintéressa vite de la conversation et laissa son esprit vagabonder au gré du vent de ses pensées.
****
Ce soir là, il faisait plutôt frais pour une soirée d'été mais il ne portait qu'une chemise et une veste. La lune était déjà très haute dans le ciel et les étoiles brillaient de tout leur éclat. Il traversa la rue qui le séparait de cette porte qu'il souhaitait traverser depuis des années. Une unique lampe était allumée dans le salon et il supposa qu'elle devait regarder la télévision. Il leva sa canne pour frapper puis se ravisa. Mais qu'est-ce qu'il faisait ?! Se pointer comme ça chez elle pour lui déclarer sa flamme ?! A croire que Gregory House était soudainement devenu fleur bleue. Il aurait du acheter une mandoline et lui chanter une sérénade sous sa fenêtre tant qu'il y était ! Il baissa la tête et passa une main dans ses cheveux encore humides. Il n'avait même pas pris le temps de se les sécher, l'idée de venir chez elle l'ayant pris comme un coup de folie. Il fit demi-tour et descendit les quelques marches qui menaient à sa porte. Il ne pouvait pas faire ça. Il avait peur. Et si elle le rejetait ? Et si depuis toutes ces années, il s'était fait des illusions sur les sentiments de sa patronne ? Et si… Il n'avait jamais été doué pour avouer ses sentiments et depuis Stacy, il préférait les cacher pour se protéger. S'il les gardait pour lui, il aurait moins de chances de souffrir lorsque les gens le décevaient.
Il s'assit dans sa voiture et posa son front sur le volant.
« Tu ne vas pas partir comme ça quand même ? » lui dit une voix qui ressemblait étrangement à celle de Wilson.
Il se sentit idiot lorsqu'il regarda sur la banquette arrière pour voir si l'oncologue ne s'y trouvait pas.
« Ne soit pas bête Greg ! Il est temps de mettre un terme à ta vie misérable »
Il fronça les sourcils. Wilson…non, il pensait ça ? Il soupira en baissant la tête.
« Lève tes fesses de là et ramène ton cul boiteux jusqu'à chez elle ! »
Il hocha la tête et sortit de la voiture.
Il prit une grande inspiration et frappa à la porte. Quelques instants plus tard, Cuddy lui ouvrait vêtue d'un pantalon de sport noir et d'un débardeur bleu ciel laissant les jumelles prendre l'air avec élégance. Lorsqu'elle réalisa quelle était la personne qui venait la déranger à une telle heure, ses sourcils se froncèrent.
« Qu'est-ce que vous voulez ? Je ne vous laisserai pas couper le cerveau de votre patient en tranches ! »
Il ri doucement.
« Je… »
« Et non, je ne vous dispenserai pas de consultations ! »
Il soupira bruyamment. Cette femme n'allait donc jamais le laisser parler ? Si elle continuait comme ça il allait finir par abandonner et rentrer chez lui. Il fallait qu'il prenne les choses en main et qu'il les fasse à sa manière.
« Je me demandais si vous accepteriez de partager les jumelles avec moi. »
Elle eu un mouvement de recul et posa ses poings sur ses hanches délicieusement dessinées.
« House… »
Il fit un pas vers elle et la toisa de toute sa taille, l'obligeant à lever la tête pour le regarder. Il se pencha doucement vers elle et effleura ses lèvres des siennes. Il se redressa et sa joue gauche entra violemment en contact avec une main qui sembla sortir de nulle part. Il porta immédiatement ne main à son visage meurtri et se massa doucement.
« Wow Cuddy ! Mais qu'est-ce qu'il vous prend ?! » maugréa t-il
Elle regarda se frotter la joue, une lueur de regret dans les yeux mais elle ne fit aucun geste pour l'apaiser.
Il baissa la tête et prit une grande inspiration. « Greg, c'est le moment. » se dit-il.
« Je me demandais si…si…si ça vous disais de faire un bout de chemin avec moi. » dit-il doucement, se maudissant en même temps pour être si nul à ce genre de chose.
Elle fronça les sourcils.
« House, il est tard, il n'est pas question que j'aille faire une ballade avec vous. »
Il laissa échapper un soupir plein d'agacement et passa sa main dans ses cheveux avant de se masser le cou. Elle ne lui faciliterait donc pas la tâche, préférant le laisser galérer toute la nuit.
« Cuddy… » dit-il d'une voix pleine de lassitude
Elle resta un moment silencieuse avant que son visage ne s'éclaire, comprenant enfin ce qu'il venait de lui demander. Sa bouche s'étira dans le plus beau sourire qu'il ait jamais vu et elle se jeta à son cou, manquant de lui faire perdre l'équilibre.
Leurs lèvres finirent par se rencontrer dans un lent et doux baiser qui dégénéra rapidement en quelque chose de plus fougueux. Sans se détacher l'un de l'autre, ils titubèrent à l'intérieur et claquèrent la porte, laissant leur ancienne vie sur le perron.
****
Cette nuit là avait était fantastique. Leur « première » nuit. Il sentit un fin sourire étirer ses lèvres et ses yeux s'embuèrent. Elle n'était plus là et il ne lui restait que ses souvenirs. Il reporta à contre cœur son attention sur la conversation qui se déroulait devant lui. Kutner lançait des théories farfelues, Thirteen et Foreman lui répondaient avec sarcasme et Taub les regardait faire. Ils n'avaient pas besoin de lui pour ça. Il se leva d'un bond et se dirigea vers la sortie.
« Vous m'appelez si y'a besoin. » dit-il sans se retourner
Les trois autres médecins ne prirent même pas la peine de répondre. Même si le patient se retrouvait aux portes de la mort, ils savaient très bien qu'ils ne le préviendraient pas. La routine.
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Wilson passa une main lasse dans ses cheveux. Cette journée devenait épuisante. Dieu merci, un de ses collègues avait accepté de le délester de quelques cas. Sans lui, il aurait pu finir par tomber raide mort avant midi. Il regarda sa montre. 12h15. Son prochain rendez-vous n'était qu'à 14h00, ça lui laissait le temps de manger un morceau et peut-être qu'il aurait même la chance de pouvoir faire un petit somme dans son bureau ensuite. Il décida de faire un arrêt par le bureau de House pour voir comment il s'en sortait. Bien sûr il avait des échos (ce genre de choses va vite dans un hôpital), mais il préférait voir de lui-même et ça lui permettait de garder un œil sur lui.
Il passa la tête par l'entrebâillement de la porte et vit que la pièce n'était occupée que par les employés de House. Evidemment. Il aurait du s'en douter. Il ne prit pas la peine de dire quoi que ce soit et se dirigea immédiatement vers le toit.
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Il était appuyé contre le muret, contemplant la ville baignée de soleil. Sa canne était négligemment posée à côté de lui et sa jambe droite était légèrement fléchie dans l'espoir d'enlever un peu de la tension qui s'y trouvait.
Wilson s'approcha de lui et s'accouda à côté de lui d'un air détaché. House tourna la tête vers lui avant de retourner à sa contemplation.
« Alors ? Il parait que vous avez un cas. »
Greg grogna en guise de réponse.
« Intéressant ? »
« Aucune idée » dit-il froidement
James soupira.
« House…tu ne peux pas continuer comme ça…tu »
« Quoi ?! Que veux-tu que je fasse ? » rétorqua t-il, une pointe d'agacement dans la voix
« Humm…je ne sais pas, ton boulot par exemple ? »
House baissa la tête et examina ses mains.
« Pour quoi faire ? »
« Greg… ça te changerait les idées un peu. »
« Mais je n'y arrive plus Wilson. Je ne peux plus faire ça. Je n'ai aucune envie de me changer les idées. »
« Lisa voudrait que… »
« Mais elle est morte Wilson !! » cria t-il en se tournant vers lui, les yeux étrangement brillants.
Wilson ne dit pas un mot, se contentant d'observer son ami. Il fut soudainement choqué de son allure. Sa barbe était beaucoup plus longue que ce qu'elle était avant, ses vêtements étaient froissés. Ses épaules voutées et ses joues creuses lui donnaient l'allure d'un vieillard.
« Qu'as-tu mangé dernièrement ? » demanda t-il avec un petit sourire, se disant qu'il valait mieux changer de sujet mais son inquiétude prenant le dessus.
House haussa les épaules et tourna son regard vers l'horizon.
« Un toast et du beurre de cacahuète. »
James fronça les sourcils.
« Depuis quand n'as-tu pas mangé ? »
« J'en sais rien ! Un ou deux jours ! Tu te prends pour ma mère ?! »
L'oncologue lui saisit le bras et le força à lui faire face.
« Ne fais pas ça House. Ne te laisse pas aller. »
House le regarda droit dans les yeux et James fut choqué d'y voir un tel détachement.
« Il n'y a plus rien pour me donner envie de continuer. »
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Il entra dans son appartement et resta un moment immobile dans l'entrée. Rien n'avait bougé depuis que Lisa l'avait quitté. Son pull noir à col en V trainait encore sur une chaise de la cuisine, sa trousse de maquillage avait encore sa place dans la salle de bain, les armoires étaient encore pleines de ses vêtements. Le seul changement résidait dans l'état de l'habitation. Il ne pouvait pas prétendre être une fée du logis et sa négligence l'avait poussé à laisser trainer des canettes de bières ou des boites de pizza par-ci par-là. L'appartement ne devait pas avoir vu la lumière du jour depuis des lustres et il flottait dans l'air une odeur de renfermé à laquelle il ne prêtait même plus attention.
Il laissa ses chaussures dans l'entrée et jeta sa veste sur le piano. Donnant un coup de pied dans un t-shirt qui trainait par terre, il se dirigea dans la cuisine, essayant de ne pas regarder le pull posé sur la chaise. Il ouvrit le frigo et en sortit une bière, la dernière et seule habitante de son garde-manger. Retournant dans le salon, il se laissa tomber dans le canapé sur lequel il avait passé toutes ses nuits depuis le drame. Il ne supportait plus d'entrer dans leur chambre, il avait l'impression que le lit était trop grand, trop froid et cette odeur métallique du sang ne le quittait pas. Il but une gorgée de sa bière puis se pencha en avant et saisi quelque chose qui reposait sur la table basse. Une photo de Lisa. Lui-même n'avait jamais été fan des photos mais il aimait en prendre. Surtout d'elle. Celle-ci était sa préférée. Elle était simplement vêtue d'un jean et d'un top blanc et ses cheveux bouclés cascadaient sur ses épaules. Elle riait aux éclats et un immense sourire étirait sa bouche, découvrant ses dents blanches et parfaites. Il se souvenait de cette journée comme si c'était hier. C'était une des rares fois où ils étaient partis en week-end tous les deux. House avait loué une chambre d'hôtes dans une jolie petite ville et ils avaient passé le séjour à se prélasser sur la pelouse entourant le lac en périphérie, savourant chaque minute passée en compagnie de l'autre.
Il reposa la photo sur la table basse et baissa la tête, ses épaules se voutant instinctivement. Il sentit des larmes mouiller ses joues et ne fit rien pour les arrêter. Elle lui manquait terriblement. Durant un an elle avait été sa raison de se lever le matin, de faire des efforts pour être aimable. Elle lui avait tout apporté, avec elle il s'était enfin senti complet. Et à présent il ne lui restait plus rien de tout cela. Vide. Il était vide et vivre lui portait peine. Son corps fut secoué de silencieux sanglots.
« Lise… » murmura t-il
Il essuya ses larmes du revers de la main et se leva. Il contourna la table et se plaça devant l'étagère remplie de livres se trouvant juste en face du canapé. Se grandissant le plus possible, il se saisit du petit coffre métallique reposant sur la plus haute étagère.
Il se rassit et composa la combinaison. Le couvercle grinça un peu lorsqu'il l'ouvrit. Il en contempla le contenu. Un flacon de morphine, une seringue et un garrot, prévus pour les urgences, lorsque la douleur était trop forte. Comme aujourd'hui. La douleur psychique était bien plus insupportable que la douleur physique. Ses yeux passèrent du coffre à la photo de Lisa et inversement. Sans plus réfléchir, il fit glisser le garrot autour de son bras gauche, le serrant bien avec ses dents. Puis il prit le flacon et planta la seringue dans la capsule. Il tira sur le piston et regarda le liquide transparent remplir le cylindre.
Il sentit à peine l'aiguille percer sa peau. Il jeta négligemment la seringue à présent vide sur la table basse et prit la photo de Lisa dans sa main. Il se laissa aller contre le dossier du canapé, une douce torpeur l'envahissant soudain. Son rythme cardiaque commença à ralentir et ses paupières devinrent de plus en plus lourdes mais il se força à garder les yeux ouverts pour continuer à contempler la photographie de celle qu'il aimait. Sa vue se brouilla peu à peu.
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« Greg… »
Une douce voix lui fit ouvrir les yeux.
« Greg… »
Il se leva doucement et fit quelques pas dans le couloir, se laissant guider par la voix. Elle semblait venir de sa chambre.
« Greg… » dit-elle encore
Il posa la main sur la poignée, hésitant à l'ouvrir. Il finit par s'exécuter et la porte grinça lorsqu'elle s'ouvrit. Ses yeux s'écarquillèrent d'étonnement. Il ne se trouvait pas dans sa chambre mais dans un parc dont l'allée était bordée d'acacias. Une douce brise d'été faisait bruisser les feuilles. A quelques mètres de lui se tenait Lisa, vêtue d'une ample robe blanche, pieds nus. Elle tenait par la main une petite fille aux boucles brunes et aux yeux bleus et perçants. Elles lui sourirent. Il fit quelques pas vers elles et la petite fille se précipita vers lui, entourant sa taille étroitement de ses petits bras. Il lui caressa maladroitement les cheveux, ne quittant pas Cuddy du regard qui continuait de lui sourire. L'enfant finit par le libérer et il se précipita à son tour vers Lisa. Il la serra fort contre lui, savourant son parfum, la sensation de sentir son corps pressé contre le sien. Il sentit ses bras se nouer derrière son cou et elle déposa un baiser au creux de son oreille.
« Lisa… » chuchota t-il, la gorge nouée par l'émotion.
Il embrassa ses cheveux, respirant l'odeur de son shampoing à l'amande douce.
« Tu m'as tellement manqué… »dit-il
Elle se dégagea de son étreinte et le regarda dans les yeux, son pouce droit essuyant une larme qui s'était échappée de ses yeux bleus.
« Tout va bien maintenant. »
Il sentit un petit sourire étirer son visage. Il se pencha vers elle et l'embrassa langoureusement, appréciant le ballet amoureux que leurs langues entamaient.
Il sentit quelque chose tirer sur son pantalon. Il abandonna à regret les lèvres de Lisa et baissa le regard. La petite fille tirait sur la jambe de son pantalon pour attirer son attention. Elle lui sourit. Sans trop savoir d'où lui venait cette initiative, il s'accroupit devant elle et la prit dans ses bras, et déposa un baiser sur son front. La fillette se détacha de lui et partit en courant sur le chemin en riant.
Il se tourna vers Lisa et lui sourit.
« Je t'aime. » dit-il en lui prenant la main, se sentant étrangement bien de lui dire enfin.
« Je t'aime. » lui répondit-elle en serrant sa main un peu plus.
Ils se mirent en marche, guidés par la petite fille qui courait toujours devant eux.
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« House ? » dit-il en frappant frénétiquement à la porte.
Il avait la clef mais ses bonnes manières le poussaient toujours à s'annoncer avant de renter. Il ouvrit la porte doucement et plissa le nez lorsque l'odeur de l'appartement lui vint aux narines. La pièce était plongée dans le noir mis à part une petite lampe sur la commode de l'entrée mais il n'en fut pas surpris plus que ça. House ne se donnait même plus la peine d'allumer la lumière. Cependant, l'appartement était silencieux et il sentit le nœud au creux de son estomac se serrer un peu plus, l'appréhension ne le quittant plus depuis leur conversation dans la journée. Il avança un peu plus à l'intérieur.
« House ? »
Il aperçut enfin sa silhouette dans le canapé.
« House, ça te tuerais de répondre ? »
Il fit le tour du sofa et se prépara à planter ses poings sur ses hanches, dans sa position de faiseur de leçon mais il se figea. House était avachi sur son siège, le menton sur la poitrine, un garrot encore serré autour de son biceps gauche. Il se jeta pratiquement sur lui et plaça sa main au niveau de sa carotide. Rien. Sa peau était froide. James sentit les larmes inonder ses joues. Il se mit à secouer son ami, dans l'espoir futile de le ramener à la vie.
« House ! House ! T'as pas le droit ! Tu peux pas faire ça ! House ! »
Il finit par se laisser tomber par terre, sans lâcher la main de son meilleur ami, le corps secoué de lourds et douloureux sanglots.
Au bout d'une heure, ses sanglots s'arrêtèrent brusquement. Il releva lentement la tête et ses yeux tombèrent sur le coffre et la seringue qui trônaient encore sur la table basse. Il ne pouvait pas croire qu'il ait fait ça. Ou plutôt si. Et c'était presque ça le pire. Inconsciemment, il s'était toujours douté qu'il finirait comme ça, mais il n'avait rien fait pour l'en empêcher. Tout ce qu'il avait fait c'était proférer des conseils et le forcer à manger. A aucun moment il n'avait fait en sorte que House oublie sa douleur. S'il l'avait fait il aurait sûrement refusé son aide mais il aurait du tout faire pour le forcer à se changer les idées au lieu de le laisser broyer du noir à longueur de journée.
Il sentit à nouveau les larmes inonder ses yeux mais il se secoua et reprit contrôle de la situation. Il se leva et s'apprêta à ranger mais il se ravisa, se disant qu'il valait mieux laisser la seringue où elle était pour l'arrivée des secours.
Il se tourna et observa House. Il avait enfin l'air paisible et heureux, un petit sourire étirait même ses lèvres qui n'avaient pas ri depuis si longtemps. Son attention se porta sur son poing droit qui semblait serrer quelque chose. Il fronça les sourcils et se pencha sur lui. Il peina un peu à desserrer ses doigts mais finit par en sortir un morceau de papier glacé tout froissé. Il le déplia et son cœur se noua lorsqu'il reconnu Lisa. Il se mit à nouveau à pleurer bruyamment, se laissa tomber sur le canapé à côté de lui. Il l'attira vers lui, faisant reposer sa tête contre son épaule et se mit à caresser ses cheveux, le berçant doucement.
« Pardon, pardon… » sanglota t-il
Voilà…la suite sûrement très bientôt !
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