Bien le bonsoir !
Merci à SkyA pour sa review !
Merci à Past-Hell, SkyA et el0diiii3 d'avoir ajouté cette histoire dans leurs favoris !
Merci à Eluj Fch d'avoir ajouté cette histoire dans ses suivis !
Merci aux anonymes d'avoir cliqué sur le lien de cette fanfiction !
Mille mercis !
Sans tarder, je vous livre la suite de "La quête de l'impossible".
Ou l'art de rajouter deux personnages complètement décalés à l'histoire du "Seigneur des Anneaux"
Accueillez chaleureusement Krisna et Folety !
Bonne lecture !
PS: Pour la musique, 'Le Hobbit, un voyage inattendu" est plutôt pas mal !
II
" Nazgûl ! Ton univers impitoyable !"
x-x-x-x-x
— Courir ?! Mais c'est ce que je suis en train de faire !
Les grandes enjambées de Krisna vinrent rapidement à bout du Hobbit.
Hobbit qui se fatiguait peu à peu.
Lentement. Sûrement.
Eh... attendez... un Hobbit ne faisait pas de la course à pieds tous les jours !
Follety la regarda.
Et il comprit.
Et il comprit que les elfes avaient beaucoup plus d'endurance que ses pairs.
Et il comprit qu'il était foutu.
Complètement.
Du coin de l'oeil, il vit le Nazgûl s'approcher de lui.
Il vit le Nazgûl tendre sa main...
Sauf que...
Son bras était trop court ! Son bras était vachement trop court pour pouvoir l'attraper !
Ah !
Un petit sourire triomphant apparut alors sur son visage. Un petit sourir qui signifiait clairement "Pleure pas, petit naz...gûl... tu la reverras ta maman !"
Sauf que...
Il n'avait pas prévu que le serviteur de Sauron se pencherait légèrement sur le côté.
Et que ses doigts se refermeraient tranquillement autour du col de son manteau, provoquant chez lui un vent de panique.
— KRISNA ! KRISNA ! AIDE-MOI!
L'intéressée se retourna subitement.
"Punaise ! Et je fais quoi maintenant ?!"
Il était évident que l'on apprenait pas ce genre de choses à Fondcombe.
Oui, on apprenait à se battre. Oui, on apprenait qui était l'ennemi..
Mais pas cet ennemi...
Les nains, oui... les orques, oui... les humains, éventuellement...
Mais sûrement pas les Nazgûl !
Sa poigne se renforça autour de la dague. Sa si belle dague forgée au coeur de la... montagne... de...euh... comment dire...
Elle se fichait de savoir où elle provenait. L'essentiel était de l'avoir en mains à cet instant précis.
Et de la balancer à la tronche de cette immonde créature !
Sans perdre une seconde de plus, son bras armé se tendit vers l'arrière.
Ok... allez... on respire...
Après tout, ce n'était qu'un petit Nazgûl de rien du tout. Et non le Roi-Sorcier d'Angmar !
Donc, ce n'était pas la mer à boire...
Donc, c'était facile à réaliser...
Sans perdre une minute de plus, elle projeta violemment la dague sur le serviteur de l'Ombre.
Comme de bien entendu, elle passa un peu à côté de sa cible. Un tout petit peu à côté...
Un mètre environ...
Et pourtant, elle était parvenue à atteindre son objectif.
Surpris par la folle initiative de l'elfe, le Nazgûl avait lâché le Hobbit. En un petit concert de cris assourdissants.
Profitant de l'occasion, Folety décampa. Très vite.
— COURS ! MAIS COURS ! fit-il en la dépassant à la vitesse de la lumière.
La sombre monture du Nazgûl se cabra.
Houlà... cela sentait vraiment le sapin...
— ATTENDS-MOI !
A contrecœur, elle abandonna son arme fétiche. La faute à son instinct qui lui disait clairement qu'il n'était pas conseillé de défier à nouveau le spectre.
Tournant volontairement le dos à la créature, Krisna s'élança à la poursuite de son compagnon de route qui avait pris une bonne longueur d'avance. Enfin... du point de vue d'un Hobbit...
Car, en vérité, il n'avait parcouru qu'une cinquantaine de mètres.
— KRISNA !
— PAS DE PANIQUE, J'ARRIVE !
"Pas de panique"
Plus facile à dire qu'à faire.
Les iris résolument fixés devant lui, le jeune Hobbit continua de courir encore et encore. Essayant vainement d'oublier le danger qui semblait leur coller aux basques. Quoi que... les Hobbits ne portaient pas de chaussures... donc, qui collait aux basques de cette très chère Krisna.
" Allez... allez... il doit forcément y avoir une solution... réfléchis..."
Le souffle court, l'elfe ne tarda pas à rattraper son ami.
Sapins, chênes, bouleaux et autres arbres plus ou moins gigantesques défilaient dans sa vision périphérique...
Tout se ressemblait dans la Vieille Forêt... cela en était presque effrayant...
— Folety...
— Il est encore derrière nous ?!
Elle se hissa à sa hauteur en l'espace de quelques secondes.
— A ton avis ?! toussa-t-elle.
Il jeta un coup d'oeil en arrière. Et faillit fondre en larmes...
Cette bestiole ne cessait de s'acharner sur eux. Et à tort !
Quand allait-elle s'apercevoir qu'elle traquait les mauvaises personnes ?! Hein ?! Quand allait-elle...
Le fil de ses pensées fut interrompu par un malheureux coup du sort...
Sa cheville droite se tordit et l'entraîna dans une chute.
Point de branche pour l'aider à se rattraper. Folety Touque s'étala de tout son long sur le sol terreux de la Vieille Forêt.
Son menton heurta assez violemment le sol, l'assommant à moitié.
Aussitôt, elle se stoppa et rebroussa chemin. Pour le sauver, lui, son frère de coeur.
Sortant une énième dague de sa manche, Krisna se précipita vers le petit Hobbit à moitié conscient.
— FOLETY !
Son sang ne fit qu'un tour quand elle constata à quel point le Nazgûl était près d'eux.
Une quinzaine de mètres les séparait désormais.
— ALLEZ, DEBOUT !
Face à la soudaine panique de l'elfe, Folety tenta de se remettre sur pieds. Cependant, les étoiles dansaient encore dans son champ de vision.
Ses mains glissèrent sur les quelques petits gravillons se trouvant là.
— PUNAISE !
Ils n'avaient plus le choix, elle le savait.
Le Nazgûl allait leur faire la peau s'ils ne bougeaient pas leurs popotins dans la minute.
Et ça, il en était hors de question !
Face à l'urgence de la situation, Krisna fit le choix de se débarasser de son sac à dos.
— J'espère pour toi que tu es riche, Folety... parce que tu vas devoir me rembourser le matos...
Afin d'illustrer ses propos, elle lança avec force son bagage sur la monture du serviteur de Sauron.
— Donne-moi ta main !
Du coin de l'oeil, elle vit le cavalier pourfendre de sa lame son magnifique sac de voyage. Ce magnifique sac de voyage elfique que... en résumé, saleté de Nazgûl !
— Bon, Folety ! On va pas y passer la nuit !
Son attaque surprise leur avait permis de gagner quelques secondes...
Quelques secondes qu'ils ne devaient perdre stupidement...
— Tu peux...
— Ok...
Sans attendre la fin de la phrase, la jeune femme attrapa son compagnon par le col de son manteau et le hissa sur son dos.
Heureusement que les Hobbits étaient petits et légers...
— Accroche-toi, mon pote !
Retrouvant peu à peu ses esprits, Folety entoura son cou de ses frêles bras.
— C'est parti !
— Des champignons !
Oubliant rapidement la chute dont il avait été un des instigateurs, Peregrin Touque se jeta sur les champignons situés non loin de lui. Du moins, tenta...
Sans ménagement, Sam et Merry l'applatirent sur le sol et filèrent tout droit vers le précieux sésame. Relayant ainsi le pauvre Pippin au rang de lanterne rouge de la cueillette.
Le jeune Hobbit adorait les champignons. Autant que les choux, les pommes de terre et les carottes ...
Toutes sortes de légumes que Meriadoc Brandebouc, son cousin, et lui-même avaient récemment acquis dans les cultures du Père Magotte. De façon illégale, bien sûr...
Tel un chien fou, il sauta à la suite de ses compagnons de chute et s'empressa d'aller déraciner les champignons.
Une petite cueillette matinale à laquelle Frodon Sacquet refusa de participer.
— Nous devrions quitter la route, leur fit-il remarquer.
Ses iris azurs firent des allers-retours entre les arbres de la Vieille Forêt.
Et si on les avait suivis ? Et si quelqu'un était au courant pour l'anneau ? Et si...
Son regard se dirigea instinctivement devant lui.
La Vieille Forêt était d'ordinaire chaleureuse... oui... d'ordinaire...
Parce que là... les arbres semblaient être en proie aux ténèbres...
Frodon était attiré par ces ténèbres... étrangement...
Car les Hobbits n'étaient pas des créatures attirés par le Mal... non... ce n'était pas dans leur nature...
Alors, de quoi s'agissait-il ? Pourquoi un tel engouement pour...
De funestes cris attirèrent son attention. Des cris qui ne dérangeaient point ses compagnons de voyage, toujours absorbés par leur petite cueillette matinale.
Sauf que...
Le porteur de l'Anneau distingua une silhouette accourant dans leur direction. Une silhouette qui mit tous ses sens en alerte.
Les feuilles mortes volèrent en un ballet annonciateur de malheur.
— Vite ! Quittez la route !
Ils ne se firent pas priés deux fois.
Prenant soin d'embarquer leurs précieux champignons, les Hobbits levèrent le camp et se dissimulèrent rapidement sous les racines d'un énorme arbre.
Serrés les uns contre les autres, ils attendirent. Attendirent que le danger passe.
Sauf que...
La silhouette sauta juste au-dessus des racines, provoquant un vent de panique silencieuse chez les Hobbits. Ils étaient finis, cuits, morts. L'ennemi les avait trouvés...
C'était la fin...
Sauf que...
La silhouette heurta brusquement le sol. Une gerbe de feuilles déséchées s'éleva aussitôt vers le ciel.
Un retournement de situation qui donna immédiatement le sourire à Pippin et Merry.
Franchement, cette chose qui les poursuivait ne semblait connaître le mot "classe".
Sauf que...
Les apparences étaient parfois trompeuses.
— Retire tes fesses de mon visage, Folety... ce contact physique ne me ravit guère...
— Minute, papillon...
S'extirpant de la masse végétale qui les avait recouverts, le jeune Hobbit se frotta le cuir chevelu. De la terre s'était infiltrée dans ses cheveux et ça, c'était pire qu'inadmissible.
— J'ai bien failli étouffer sous ton popotin ! Alors, la prochaine fois que l'on se vautre la tronche, évite de m'écraser le visage avec ton derrière !
— Euh, Krisna...
Délaissant la saleté qui maculait sa sublime tunique, Krisna leva le nez. Et quelle ne fut pas la surprise de constater qu'il n'était pas les seuls à fuire le cavalier noir.
Face à elle, quatre Hobbits qui tentaient de se planquer.
Les cheveux ébène et frisés, les iris azurs, les traits fins, Frodon Sacquet était le portrait craché de ses parents, Drogon Sacquet et Primula Brandebouc.
Héritier de deux illustres familles de Hobbits.
Héritier orphelin.
En effet, Frodon perdit son père et sa mère à l'âge de douze ans. Elevé jusqu'à l'âge de vingt et un par la branche familiale Brandebouc. Eduqué jusqu'à sa majorité (c'est-à-dire trente-trois ans) par son oncle (euh... pas tout à fait son oncle... bref... c'est compliqué) Bilbon Sacquet.
Chemise blanche surmontée d'un gilet sans manches en velours marron, pantalon de velours marron (bon... pantacourt du point de vue humain), cape grise couvrant ses frêles épaules, Frodon Sacquet était un Hobbit riche.
Point de chaussures à ses pieds, Frodon faisait partie des Pieds Velus. Pas besoin d'expliquer...
A ses côtés, Samsagace Gamegie le couvrait du regard.
Le visage plus arrondi que Maître Sacquet, les yeux bleux, les cheveux frisés et blonds vénitien, Sam était le jardinier de Frodon Sacquet. Fils de Hamefast Gamegie et de Bell Bonenfant.
Tout le monde à Hobbitebourg n'était censé ignorer l'attirance qu'il avait pour Rosie Chaumine, une jeune femme serveuse dans une taverne. Une jeune femme qui arborait de longs rubans dans sa chevelure.
Chemise blanche à col surmontée d'un gilet strié gris, pantalon de la même couleur maintenu par des bretelles, cape grise couvrant ses larges épaules, Sam était un Hobbit plutôt modeste.
Non loin de là, Meriadoc Brandebouc, fils de Saradoc Brandebouc et d'Esméralda Touque.
Cheveux frisés (bon... ils ont tous les cheveux frisés) et roux, un visage taillé à la serpe, des yeux bleus pétillants de malice, Merry était le petit-cousin de Frodon Scaquet et le cousin du légendaire Peregrin Touque, frère de l'irremplaçable Folety Touque.
D'après ses semblables, il était un Hobbit très cultivé et très farceur.
Chemise blanche à col surmontée d'un gilet sans manches jaune, veste et pantalon oscillant entre le gris et le vert, cape grise, Merry était un Hobbit de bonne famille.
Les bras enserrés autour de Merry, Peregrin Touque toisait sans retenue les nouveaux débarquants.µ
Cheveux frisés dont la couleur oscillait entre le roux et le doré, un visage plus arrondi que Merry, des yeux d'un vert émeraude.
Deuxième garçon de Paladin II Touque et d'Eglantine Talus, petit frère de Folety Touque et petit-cousin de Frodon Sacquet (enfin... on n'est pas sûr...). Contrairement à ses compagnons de voyage, Pippin est le seul mineur...
— Pippin ! Es-tu devenu fou ? Maman va te décapiter si tu pars de la Comté !
Bref... Pippin était un adolescent qui ne vivait que pour faire des bêtises. La preuve avec l'anniversaire de Bilbon... les feux d'artifice...
Chemise blanche surmontée d'une veste bleue, pantalon marron, cape marron, Pippin était issu d'une grande et noble famille de Hobbits.
— Folety ! S'il te plaît, ne me ramène pas chez les parents...
— Fermez-la ! leur ordonna précipitamment Krisna.
Ils ne comprenaient la raison de cette soudaine agressivité. Du moins, pas dans l'immédiat...
Du moins, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent tous les six tassés les uns contre les autres sous les racines de l'arbre.
Des bruits de sabots parvinrent à leurs oreilles.
Des bruits de sabots si familiers pour Krisna et Folety. Des bruits de sabots si inconnus pour le reste de l'équipe.
Tous sans exception fixaient le haut des racines. Tentant vainement d'apercevoir le cheval et son cavalier.
Sauf que...
Le Nazgûl mit pied à terre.
Pippin et Merry se jetèrent quelques regards en coin. Inquiets.
Les doigts acérés de la créature se refermèrent sur la plus grosse des racines.
Les mâchoires serrées, elle attendait le moment où il les découvrirait.
Le serviteur de l'Anneau se mit à humer l'air. Comme un chien de chasse en quête de gibier.
En quête de plusieurs petits gibiers en cavale.
Frodon se sentait submerger de toute part. Par une sorte d'esprit invisible... qui lui susurrait des paroles empruntes de noirceur. Enfin, qui provenait de...
Ses paupières se fermèrent subitement, l'isolant définitivement du monde réel.
Cette réaction ne laissa pas Krisna indifférente. Coincée entre Sam et Folety, elle ne put se détacher de l'anneau détenu par le jeune Maître Sacquet.
" Non, c'est impossible"
A cette constatation, sa bouche se tordit en un rictus d'angoisse.
Non, pas possible... elle devait rêver...
Cela ne pouvait être lui... non... il avait été détruit !
Et pourtant...
Cette magie. Noire. Aussi noire que l'étaient les Nazgûls.
Porteuse de malheur pour la Terre du Milieu. Porteuse d'espoir pour les créatures de l'Ombre.
Elle avait beau ne pas avoir été présente lors de la Première Guerre de l'Anneau, elle savait ce qu'elle avait face à elle.
Les elfes aînés l'avaient instruite sur ce sujet, lui avaient appris à reconnaître les anneaux détenteurs de pouvoirs. Et lui avaient montré leurs souvenirs. Des souvenirs de batailles où le pouvoir de l'Unique se faisait sentir.
Donc, il n'y avait plus aucun doute.
L'Unique était là.
L'Unique n'avait pas été jeté dans le volcan. L'Unique n'avait pas fondu dans la lave.
Un jeune Hobbit l'avait en sa possession. Un jeune Hobbit qui ignorait l'étendu de son pouvoir.
Et maintenant, l'Unique appelait ses partisans.
Et Frodon s'apprêtait à... NON !
Effrayée à l'idée qu'il effectue ce geste, l'elfe administra un coup de coude à Sam. Un coup de coude qui se voulait pressant.
— Mais...
Sans lui laisser le temps de murmurer une syllabe, elle désigna Frodon.
Frodon qui était de plus en plus tenté par les douces paroles de l'Anneau. Qui était tenté d'enfiler l'Anneau à son doigt.
Les pâles iris de Krisna se levèrent vers le noir serviteur.
L'Anneau s'approchait de sa victime, la nervosité du Nazgûl augmentait... deux faits avérés et liés...
Un constat plus qu'alarmant pour l'elfe qu'elle était.
Fort heureusement, Sam avait compris le message.
D'un geste vif, il rompit l'emprise de l'Anneau. D'un geste vif, il parvint à ramener son compagnon à la réalité.
Maintenant, il ne manquait plus que...
Ah ben, non...
Pippin se lança dans le lancer de... euh... de... euh... il lança un truc dans la direction opposée. Le bruit émis par le brusque atterrissage de l'objet dans les buissons éveilla les instincts de chasseur du Nazgûl.
Tension. Soulagement.
Le cavalier noir remonta vivement en selle et s'éloigna de leur cachette.
Tension. Soulagement.
Tous les six sortirent de leur cachette. S'éloignèrent de leur cachette.
Et se posèrent dans l'herbe un instant afin de reprendre contenance.
— Qu'est-ce que c'était ? demanda Merry, le visage dégoulinant de sueur.
Folety et Pippin s'allongèrent côte à côte. Les yeux perdus quelque part dans la voûte céleste.
Krisna s'appuya contre un tronc de chêne. Les iris braqués sur le jeune Sacquet.
Le jeune Sacquet toujours hypnotisé par l'Anneau Unique.
— Peu... importe... qui ils sont... ils nous en veulent ! cracha l'elfe. Ils veulent notre peau !
Elle n'était pas décidée à dévoiler la funeste nature du cavalier noir.
Comme Frodon n'était pas décidé à révéler la véritable nature de l'anneau.
"Frodon... comment l'as-tu eu ?"
En entendant la voix de Krisna dans sa tête, il ne put s'empêcher de sursauter. Sa main se referma autour de l'Unique.
" Frodon... je ne te veux aucun mal... il faut que je sache comment tu l'as eu et ce que tu as l'intention d'en faire..."
Son regard s'arrêta sur elle.
" Mon oncle l'avait en sa possession... et Gandalf m'a demandé de l'apporter à Bree..."
Gêné, il l'était assurément. Sur ses gardes, il l'était assurément.
Car il avait beau la connaître depuis des années, il se méfiait toujours d'elle.
" Gandalf ? "
Gandalf Le Gris. Un magicien très puissant... qui avait confié un objet aussi puissant à un petit Hobbit de la Comté.
Mais pourquoi ?
— Euh... on devrait y aller, non ?
Tous acquiescèrent.
Stagner ici était vraiment la dernière chose à faire. Surtout quand on transportait l'Unique.
La nuit était tombée sur la Vieille Forêt.
Hobbits et elfes arpentaient les sentiers de long en large, couraient, sautaient par-dessus les branches. Afin d'échapper au Nazgûl qui les pourchassait encore et toujours.
— Attention ...
Krisna se plaqua vivement contre un tronc.
Les Hobbits optèrent pour la solution b : se planquer derrière les buissons.
A une vingtaine de mètres d'eux, le cavalier noir s'était stoppé.
"Ne me dîtes pas qu'il a senti ce... ce stupide anneau..."
Folety rampa vers sa compagne de route. Fort heureusement pour la petite équipe, le Hobbit fut très discret.
— Alors, tu sais pourquoi il nous poursuit... chuchota-t-il.
— Frodon possède quelque chose qui l'attire...
Deux pairs d'yeux se tournèrent vers l'intéressé. L'intéressé qui ne pouvait se détacher du Nazgûl.
— Tu peux être plus explicite...
" L'Anneau de Sauron"
La bouche de Folety s'ouvrit. Cependant, aucun son ne s'en échappa.
Il n'en croyait pas ses petites oreilles pointues.
— Je dois quitter la Comté.
Krisna se sentit défaillir.
Pourquoi diable Frodon s'amusait-il à hurler de la sorte ?! Voulait-il qu'ils se fassent repérer ?!
— Fro...
Ses yeux embrassèrent à nouveau le Na... euh... l'emplacement où se situait le Nazgûl quelques instants plus tôt.
Rassurée, elle retourna à sa petite discussion avec Folety.
— Sam et moi devons aller à Bree...
Merry observait attentivement son petit-cousin, écoutait chacune de ses paroles sans jamais l'interrompre. La famille était sacrée pour lui... sans nul doute...
— Entendu... prenons le bac de Châteaubouc ! Suivez-moi !
Sans se poser plus de questions, les quatre Hobbits se mirent en route. Oubliant, au passage, deux de leurs équipiers...
Isolés derrière leur arbre, Krisna et Folety ne s'étaient aperçus de leur disparition. Du moins, pas de suite. Trop absorbés par leur conversation.
— L'Anneau de Sauron ? Tu me charies ?
— Est-ce que j'ai l'air de plaisanter ?! se vexa-t-elle.
— Euh... je ne – il fit une légère rotation – Krisna ! Ils ne sont plus là !
— C'est pas...
Un cri d'outre-tombe les arracha à leur contemplation du vide.
Un cri de Nazgûl qui les obligea à sortir de leur torpeur. Un cri qui leur fit comprendre que Frodon avait dû se faire prendre.
— Punaise... mais c'est pas vrai !
Les nerfs à fleur de peau, elle accourut à leur rescousse. Folety, ne souhaitant nullement rester seul dans ce coin lugubre, lui emboîta le pas.
— Par ici ! Suivez-moi !
Il reconnut sans peine le mélodieux hurlement de son cousin.
Elle reconnut sans peine leur petit Nazgûl. Nazgûl qui peinait à attraper ses petites proies. Petites proies qui s'étaient évanouies dans la nuit.
Enfin... euh... sauf Frodon... qui n'arrivait à se dépêtrer de cette situation...
" Folety, va retrouver les autres... sur le champ...
Et te laisser toute seule ? Attends, tu ne...
Cesse donc de déblatérer de telles âneries ! Cours, Folety ! Cours !"
Après lui avoir adressé un dernière parole d'encouragement, il s'élança à la vue de leur ennemi.
Etant un semi-homme, il lui fut aisé de passer entre les jambes de l'équidé.
— Eh ! Toi ! La serpillière !
Le serviteur de l'Anneau tira vigoureusement sur les rênes de son destrier.
Elle renforça sa prise sur sa dague.
— Quoi que tu cherches, je puis t'assurer que tu ne l'obtiendras jamais !
Le corps raidi par la peur, Krisna se planta devant le cheval. Ses pâles iris se posèrent brièvement sur le Porteur de l'Anneau, tombé à terre.
" Pars, Frodon ! Pars ! Va retrouver les autres !"
La main crispée sur sa poche, l'héritier Sacquet se remit sur pieds.
" Ne m'attendez pas ! Partez pour Bree !"
Frodon se mordit la lèvre inférieure.
Sam, Pippin, Merry et Folety devaient avoir atteint le bac de Châteaubouc.
Manquait plus que lui...
— Pars ! lui cria-t-elle.
Elle bloqua de justesse la lame du Nazgûl. Une lame qui s'était trop approchée de sa carotyde.
— PARS, FRODON ! P...
Le cri de la créature suffit à couvrir ses paroles.
Seulement, le peu qu'il parvint à entendre lui donna le ton.
"Je ne puis me résoudre à l'abandonner. Pas après m'avoir sauvé la vie."
Les lames s'entrechoquaient encore et encore.
" Je ne peux pas faire..."
" PARS, BON SANG !"
Il aurait tant voulu lui venir en aide. Il aurait tant voulu ne pas porter ce foutu fardeau.
Malheureusement, il n'était qu'un petit Hobbit de Hobbitebourg.
— Je suis désolé...
A contrecœur, il fit volte-face.
A contrecœur, il entama une course folle vers le bac de Châteaubouc. Ignorant les cris de la créature. Ignorant les cris de Krisna. Ignorant le combat qui se déroulait dans son dos.
Gandalf lui avait demandé de porter l'Anneau jusqu'à Bree. Et c'était ce qu'il s'apprêtait à faire.
— Largue les amarres !
Il approchait ! Il approchait !
Le bac de Châteaubouc n'était plus loin !
— Monsieur Frodon !
Il sauta prestement la barrière, seul obstacle qui le séparait de la liberté. Liberté symbolisée par cette petite embarcation qui s'éloignait peu à peu du quai.
— Monsieur Frodon ! Encore un petit effort !
Malgré la gravité de la situation, Frodon Sacquet ne put réprimer un petit sourire.
Ils s'étaient inquiétés pour lui. Ils s'inquiétaient pour lui.
Sam. Pippin. Merry. Folety. Tous arboraient une mine défaite.
Tous, sans exception, s'inquiétaient pour sa vie.
Ses pieds foulèrent l'herbe. Ses pieds foulèrent les rondins de bois qui composaient le quai.
— Vite !
Sam tendit vivement les bras vers lui.
— Saute ! hurlèrent les deux frères.
Il fléchit les genoux et sauta. Sauta par-dessus les eaux calmes du fleuve Brandevin. Sauta vers l'embarcation.
Comme tout bon jardinier qui se respectait, Samsagace cueillit son jeune maître. L'attira contre lui.
Tension. Soulagement.
Ils retrouvèrent le sourire. Ils serrèrent Frodon dans leurs bras.
Ils fêtèrent cette spectaculaire évasion. Ils fêtèrent leur victoire.
Cependant, l'un d'entre eux n'eut le coeur de participer à cette réjouissance.
Tristesse. Culpabilité.
Les yeux émeraude rivés sur le Brandevin, Folety regrettait. Regrettait d'avoir quitté Krisna. Regrettait de l'avoir laissée affronter le Nazgûl.
Car il ne se faisait pas d'illusions.
Elle n'était pas revenue.
Elle ne reviendrait pas.
Le Nazgûl avait eu raison d'elle.
Krisna était morte.
Morte. Morte.
— Morte !
Des larmes de chagrin striant ses joues, le jeune Hobbit hurla encore et encore. Le nez levé vers les étoiles, il ne chercha à contenir sa douleur.
Frodon, Sam, Pippin et Merry demeurèrent silencieux.
Face à la douleur, ils ne pouvaient rien faire.
Paroles, gestes... rien ne pourrait venir à bout de cette souffrance.
Paroles, gestes... Pippin savait que toutes ces marques d'affection ne le sortiraient pas de ce gouffre.
— Eh, grand frère...
Timidement, il passa ses bras autour des épaules de Folety.
Rien.
Il cala sa tête contre son cou.
— Ça va aller... ça va aller...
Une à une, les larmes rejoignirent les eaux du Brandevin. Asséchant petit à petit le coeur meurtri de Folety.
— Grand frère...
— Laisse-moi, s'il te plaît...
Pippin comprenait. Comprenait sa réaction. Comprenait son rejet.
Ce n'était pas une simple amie que Folety venait de perdre.
Folety venait de perdre une sœur.
Merci d'avoir pris le temps de lire ce chapitre !
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