Loony, loopy Lupin

Au programme: rencontre avec Snape, le trajet dans le train, et rentrée à Hogwarts...Merci à tous les reviewers ! Ca me fait très plaisir, et me donne envie d'écrire !

Disclamer : Les personnages ne m'appartiennent évidemment pas... Et même l'histoire est à JK Rowling...(je ne vous apprends rien si je vous dis que ce n'est pas moi qui ai écrit le tome trois d'Harry Potter...) Mais quand même, il y a un peu de mon imagination !

Vous reconnaîtrez, dans ce chapitre, la conversation issue directement du livre.

Traduc : voir prologue

Chapitre 1 : Retour à Hogwarts

La robe trouée de Rémus traînait par terre alors qu'il marchait dans les longs couloirs de Hogwarts. L'école était cependant vide. Aucun élève, heureusement d'ailleurs, ne se trouvait à l'Ecole des Sorciers en ce jour du 30 août.

Le professeur Dumbledore avait organisé une réunion avec certains membres du corps enseignant pour leur annoncer la nomination du loup garou en tant que professeur de Défense Contre les Forces du Mal, au dam de celui-ci.

Remus appréhendait cet instant, comme il appréhendait sa rencontre avec Harry. Il avait eu du mal à revenir à un style de vie correct, à des pensées saines, et se sentait encore chancelant dans ses habits mités. Il savait qu'il ne pourrait y échapper, mais il n'avait aucune envie de faire face aux regards compatissants et aux discussions dissimulées. Il se sentait vieux, sale, et étranger dans ce lieu où il avait pourtant passé les plus belles années de sa vie.

" Fizwizbiz !" déclara-il en arrivant devant la gargouille qui gardait l'entrée du bureau du directeur. Celle-ci se poussa et laissa place à un escalier en colimaçon. Remus ressentit, au fond de son ventre, comme un noeud si serré qu'il lui tordait les entrailles. Il essaya de l'ignorer, en vain. Il était venu un si grand nombre de fois dans ce bureau avec les Maraudeurs! Finalement, il se fit violence pour reprendre ses esprits avant d'être arrivé en haut des escaliers. Il était encore trop tôt pour craquer.

Il frappa d'une main hésitante à la porte.

« Entrez ! Lui répondit la voix du professeur Dumbledore.

Si Rémus n'avait pas su, il aurait pu croire être retourné à l'époque où il avait 17 ans. Mais malheureusement, ce n'était pas le cas. Il ravala la bile qui lui montait dans la gorge. Il devait se montrer fort. C'était lui qui avait choisi de retourner à Hogwarts. Il devait avant tout s'en tenir à son but et à ses convictions.

Il rentra dans la pièce.

Il lui semblait qu'aucun des divers objets de Dumbledore n'avait bougé, figés dans le temps et l'espace. Fawkes, la Pensine, le grand bureau...

Remarquant l'absence des autres professeurs, il fronça les sourcils. Dumbledore, qui s'était levé pour l'accueillir, lui lança un regard clair.

« Effectivement, ils ne sont pas encore arrivés. Je désirais te laisser un petit temps d'adaptation, et il y a quelques petites choses dont j'aimerais m'entretenir avec toi. »

Remus hocha la tête lentement, encore trop embourbé dans sa carapace pour ressentir ne serait-ce que la moindre trace de gratitude.

Dumbledore ne s'en formalisa pas et agita sa baguette ,faisant apparaître un fauteuil en chintz dans la pièce ronde. Il lui intima l'ordre de s'asseoir. Le lycanthrope obéit sans commenter. Un flot de souvenirs aussi joyeux que douloureux l'assaillait. Le jeune homme ferma les yeux, décidé à ne rien laisser paraître de ses émotions.

Un léger coup à la porte le tira de sa rêverie.

Le professeur Dumbledore, qui, à la grande surprise du loup garou, ne l'avait pas quitter des yeux, ordonna à la personne derrière la porte de pénétrer dans la salle.

Lupin retint une exclamation de dégoût. Un homme aux cheveux gras, noirs et au nez crochu se tenait dans l'embrasure de la porte.

Les deux hommes se fusillèrent du regard.

« Snape, murmura Rémus.

-Lupin! rétorqua le professeur de Potions.

-Messieurs ! Intervint Dumbledore »

Les deux jeunes hommes se turent, mais ils ne se lâchèrent pas du regard.

« Que fait il ici ? Cracha finalement Snape.

-Hum... Dumbledore s'éclaircit la gorge et hésita un court instant, mais devant la détermination de Snape, il commença d'un ton neutre: étant donné que Gilderoy sera dans l'incapacité d'enseigner cette année ... »

Severus eut un mouvement de recul, commençant à comprendre.

« Il nous faut donc un professeur de Défense Contre les Forces du Mal . »

L'homme aux cheveux gras pâlit, si c'était possible avec un visage aussi cireux que le sien.

« J'ai trouvé judicieux d'engager Rémus à ce poste.

-Vous n'y pensez pas !S'exclama-t-il.

-Il est le plus qualifié pour ce poste. Qui proposerais-tu d'autre?

-Moi ! Je peux le faire ! »

Remus assista à l'étrange échange muet entre le directeur et le professeur de Potions sans dire un mot, intrigué.

« Non, Severus. Je ne désire pas que tu occupes cette place. »

Snape lança un regard hargneux envers Lupin. Il y avait quelque chose d'autre, mais Remus ne pouvait dire quoi.

« Mais c'est un loup garou !

-Crois tu m'apprendre quelque chose ? Lâcha le directeur, une note de colère dans la voix."

Snape parut perdre sa contenance. Il continua cependant faiblement:

-C'était son ami ! Black et lui pourrait... Il pourrait bien ...

Remus incendia Snape du regard. Ne dit rien. S'emmura dans son silence.

« Je crois que du côté de ce que pourrait faire Remus ou non, tu n'as pas ton mot à dire, surtout vu tes antécédents personnels, répliqua froidement le directeur, ce qui eut l'effet de faire taire le professeur de Potions et ramener le lycanthrope à la réalité. J'aimerais...Non, je veux! Que vous laissiez vos petits différents d'adolescents de côté ! Ordonna le vieil homme.

Remus esquissa un sourire sans humour. Abîmé par le temps.

Snape, au contraire, restait froid. Il avait remit en place son masque d'indifférence et sa contenance.

« J'exige même plus ! continua le professeur Dumbledore. Je veux que toi, Severus, tu concoctes une potion Tue-loup pour Remus.

Le loup-garou ouvrit des yeux ronds, alors que le Maître des Potions reniflait dédaigneusement. Il avait rarement entendu parler de cette potion, par des spécialistes, des chercheurs... Il n'avait pas compris, pas cherché. Quelque chose qui permettrait d'apaiser ses pleines lunes? Foutaises. Rien ne pouvait améliorer les conditions des loups garou.

"Je ne sais même pas si j'en suis capable, rétorqua Snape, plus sérieusement.

-Eh bien, c'est une occasion de t'améliorer, tu ne crois pas, Severus?"

Remus ne trouvait rien à dire. Il était en colère et ému. Surpris et contrarié. Il savait que Dumbledore était obligé de faire quelque chose pour sa lycanthropie. La Cabane Hurlante était sûrement fermée, et sans la Carte, c'était de toute façon infaisable. Mais de là à faire appel à Snape... De plus, il avait passé l'âge des rêves désespérés. Il n'y croyait plus. Mais après tout, que risquait-il? Mon humanité. Mes idéaux. Le peu qu'il me reste... Il refoula ses idées sombres et releva les yeux.

"Je n'ai aucune raison valable de m'y opposer, finit-il par lâcher du bout des lèvres.

Le Slytherin lui envoya un regard assassin.

"Je n'ai pas le choix, n'est-ce pas?"

Dumbledore l'ignora et joignit ses mains.

"Bien. mainteant que ces petits détails sont réglés, je vais appeler les autres professeurs."

ooo

Il franchit la grille de Hogwarts sans un regard en arrière. Serra les dents. Renonça à transplaner. Trop de pensées parasites...

Il leva les yeux vers le ciel orageux. Essaya, encore une fois, de contenir ses émotions.

Il était trop bien élevé pour crier, trop timide pour leur dire ce qu'il pensait, trop tourmenté pour tout oublier, trop sage pour noyer ses soucis dans l'alcool. Il se contenta de marcher doucement vers Hogsmeade.

Tout s'était déroulé aussi mal qu'il aurait pu s'y attendre. Il ne savait pas s'il devait s'en vouloir pour s'être coupé de tout contact humain pendant si longtemps, ou pour être revenu à un style de vie correct. Les deux sûrement.

Minerva McGonagall, Filius Flitwick, Pomona Sprout, Binns et Rubeus Hagrid... Et encore, ce n'était qu'une partie du corps enseignant! Finalement, seul Snape lui donnait l'envie de revenir. Pour lui prouver qu'il pouvait le faire. Encore fallait-il qu'il puisse réellement le faire...

Plongé dans ses pensées, il ne vit pas le gros chien noir à l'orée de la forêt interdite, le regarder, puis se détourner et s'en retourner sous le couvert des arbres. Dans l'obscurité.

° xXx°XxX°xXx°XxX°xXx °

Le Hogwarts Express sifflait et soufflait de partout, évacuant des jets de vapeur bruyamment. Les cris des enfants impatients retentissaient sans cesse, s'ajoutant à la cacophonie. Remus était installé, depuis une demie heure déjà, près de la fenêtre dans le dernier compartiment. Il avait placé sa grosse valise dans le filet à bagages et tentait de dormir, la tête appuyée contre la vitre temblante. Il asprait, encore une fois à oublier sa nuit. A oublier que cela recommencerait vingt-huit jours plus tard...

De plus, la transformation n'avait pas été de tout repos. Cela faisait presque dix ans que le loup n'avait pas été enfermé, puisque la vieille maison de Remus étant si isolée que personne ne risquait de tomber sous ses griffes. Mais à Londres, la vieille cave que Dumbledore avait dénichée avait du suffire.

Avec tout cela se rajoutait son manque d'argent qui l'obligeait à porter des robes rapiécées et, sinon, trouées...Et à prendre le train normalement réservé aux étudiants, ce qui le mettait mal à l'aise.

Mais à présent, il voulait simplement dormir...

La porte du wagon s'ouvrit.

"C'est qui, à votre avis ?"Demanda une voix en un murmure.

Remus fit semblant d'être plongé dans un profond sommeil. Mais ses sens surdéveloppées par la lycanthropie l'empêchait de ne pas écouter la conversation, les paroles du jeune homme résonnaient à ses oreilles comme s'il avait parlé à haute voix.

"Le professeur R. J. Lupin, répondit une autre personne, vraisemblablement une fille. Remus eut du mal à dissimuler son sourire: enfin une qui savait lire et trouver les informations !

Mais apparemment, son camarade n'avait pas compris.

"Je me demande se qu'il enseigne!

-Ca me parait pourtant évident ! Le seul poste vacant, c'est la Défense contre les forces du Mal..." Encore une fois, la jeune écolière faisait preuve de perspicacité, sous l'oreille approbatrice de son futur professeur.

"J'espère au moins qu'il sera à la hauteur.

Remus resta impassible. Au fond de lui, il sentait qu'il violait un peu l'intimité de ces adolescents, mais il aurait préféré demander Snape en mariage que d'avouer à présent qu'il était réveillé. Enfin, peut-être pas...

"On a l'impression qu'il suffirait de lui jeter un sort pour qu'il rende son dernier soupir."

Il garda obstinément les yeux fermés. La pleine Lune avait fait son effet, bien sûr qu'il paraissait fragile. Il refusa de voir la possibilité que c'était peut-être les années d'isolement qui l'avaient rendu ainsi.

"Alors, qu'est ce que tu voulais nous dire ?

Lupin devina qu'il s'était tourné vers la troisième personne présente dans le compartiment. Un frisson étrange le parcourut, comme s'il savait à l'avance qui allait répondre.

"Eh bien... Tu sais, quand je suis allé chercher le médicament pour Scabbers, j'ai surpris...

Si la situation n'avait pas été aussi précaire, il en aurait éclaté de rire. Ou peut-être éclaté en sanglots. Il avala sa salive et tenta de retrouver son calme. Harry Potter... Le fils de Lily et James avait comme par hasard choisi de s'installer dans le même wagon que lui. James, là-haut, tu dois bien te marrer... Il tenta de relativiser les choses. C'était le dernier wagon, Harry devait sûrement être souvent en retard, le seul endroit libre qui restait était n'y avait là aucun signe du destin! Juste une malchance incroyable...

Il en aurait pleuré.

Pourtant, c'était plutôt stupide. Il savait qu'il allait le revoir. Et il avait de bonnes chances de le croiser dans le train... Si je m'effondre dès que j'entends sa voix, je ferais un bien piètre professeur.

"Sirius Black ..."

Comme une décharge électrique, ce nom le ramena à la conversation qu'Harry entretenait avec ses amis. Ils parlaient de Black ? Savait-il déjà quelque chose ?

"Ils ...Alors ils ont dit qu'il en avait après toi ? Que ce fou veut te tuer ? s'étrangla le jeune homme qui était sûrement le meilleur ami de Harry.

-C'est ce que j'ai compris, et ton père, Ron, me l'a confirmé à l'instant. Mais il n'est pas si fou qu'il n'y parait: s'il a réussi à s'échapper, c'est qu'il est vraisemblablement assez intelligent. Il murmurait "Il est à Hogwarts...Il est à Hogwarts..."Le ministre de la magie en a déduit qu'il voulait me tuer..."

Heureusement que le visage de Remus était déjà le plus blanc possible, car sinon, il aurait tellement pâlit qu'il aurait été impossible de ne pas le remarquer. Mais sa curiosité avait été piquée au vif. Piquer était bien le mot. Il en avait réellement mal... Pourquoi fallait-il que le nom de Sirius Black le poursuive où qu'il aille ?

"Ce n'est pas tout! Sur le quai de la gare... voulait me faire promettre ...C'est étrange ! Il voulait que je lui jure de ne pas retrouver Black ! Mais pourquoi voudrais-je trouver quelqu'un qui veut ma mort ? Ca n'a pas de sens..."

Remus songea tristement à l'innocence du garçon. Un peu de Lily, un peu de James.

Il finirait bien par apprendre un jour la triste vérité. S'il avait pu le faire sans que personne ne le vît, le lycanthrope aurait croisé les doigts pour ne pas être celui qui lui avouerait tout. Le professeur remarqua alors qu'un grand silence avait fait place à la conversation.

-Sirius Black s'est évadé pour te tuer ? dit enfin la jeune fille, effarée. Harry, cette fois, il faut vraiment que tu sois prudent . Ne cherche pas les ennuis...

Cette fois? Remus dut se faire violence pour ne pas hausser un sourcil interrogatif, et afficher un sourire. Harry était-il le digne fils d'un Maraudeur?

La discussion avait continué, et à présent, même si Lupin n'avait pas été un lycanthrope, il aurait tout fait pour l'écouter. Mais rien n'avait changé dans son obstination à ne pas ouvrir les yeux, de peur de se retrouver face à ceux verts en amandes de Lily, et maintenant, de Harry.

Un sifflement métallique retentit soudain, faisait sursauter les jeunes gens.

-Qu'est ce que c'est que ce bruit ?"

L'étrange son provenait apparemment de la valise de celui ci, d'après les dires du fils de Prongs . Et, après avoir entendu ce qu'ils se disaient ensuite, c'était un Strutoscope. Pourquoi s'était-il mit à siffler ? Le loup-garou retint un tremblement. Et si il tournait à cause de lui ? Il était dangereux. Remus déglutit.

La discussion des jeunes gens se détournait de Black et du Strutoscope pour se diriger vers Hogsmeade. Hogsmeade... Là où il avait la plupart de son temps avec les Maraudeurs. Cette histoire lui torturait vraiment l'esprit. Il allait devenir fou, vraiment ! S'il ne l'était pas déjà...

-...Et la "Cabane hurlante" est une des plus impressionnantes maisons hantées du pays !"

Remus faillit sourire à cette annonce.

"-Sûrement, soupira Harry. Vous me raconterez quand vous en reviendrez... Moi, je ne pourrai pas y aller. Les Dursley n'ont pas signé mon autorisation et Fudge a également refusé de le faire."

Il ne se souvenait que très peu de Pétunia, la soeur de Lily, qu'il n'avait rencontré qu'une seule fois; des impressions, des images. Toutes mauvaises. Il serra les dents.

La conversation reprit son court, comme le bruit d'une rivière. Etrangement, la fatigue nerveuse et physique de Remus refit surface à cette instant, alors qu'il était bercé par le roulis du train, les voix tranquilles des adolescents... Il eut seulement le temps de se dire qu'au moins, il n'aurait plus besoin de jouer la comédie s'il dormait, avant de tomber proprement dans un sommeil léger et guère réparateur.

"Heu...Professeur? Excusez-moi, professeur ?

La voix de la jeune fille le réveilla. Il faillit ouvrir les yeux, mais se retint in extremis. Il ne voulait toujours pas montrer qu'il ne dormait plus. Attitude puérile, il le savait, mais ne pouvait s'en empêcher. Il songea distraitement qu'après avoir dit tant de fois à Sirius et James qu'ils n'étaient que des gamins dans un corps d'adulte, c'était lui qui faisait l'enfant.

Il mit quelques secondes avant de se rendre compte qu'on l'avait tiré de son somme à cause de l'arrivée du chariot de bonbons. Remus resta de marbre et espéra silencieusement que son ventre ne prendrait pas d' initiatives bruyantes qui révèlerait son envie de manger. La sorcière replète quitta le compartiment avec ses friandises.

-J'imagine qu'il est simplement endormi, dit Ron à voix basse. J'espère qu'il n'est pas mort?

Le lycanthrope réprima un sourire triste. Non, il n'était pas mort... Pas encore...


-Non, non, il respire... déclara son amie pour clore la discussion à son sujet."

Vers le milieu de l'après-midi,un groupe de jeunes gens fit irruption dans le compartiment. A les entendre, ils étaient trois.

-Tiens, regardez qui voila, Potter et son poteau, dit l'un des adolescents d'une voix traînante.

Une voix que Remus reconnut, car il avait entendu celle de son père lorsqu'il était à Poudlard, une voix qu'il identifia sous le nom de Malfoy, à qui appartenait sûrement une chevelure blonde et lisse plaquée sur le haut du crâne, et un caractère arrogant, insolent, et tout à fait désagréable.

-Alors, Weasley, j'ai entendu dire que ton père avait enfin réussi à se procurer un peu d'or, cet été, dit Malfoy. J'espère que ta mère n'est pas morte sous le choc?

Ron était vraisemblablement un Weasley. Et les Weasley, bien que connus pour avoir une chevelure rousse flamboyante, n'étaient pas réputés pour leur argent.

Remus se rappelait avoir entendu quelques échos de son père, vu qu'il avait déjà quitté Hogwarts lorsque les Maraudeurs étaient entrés en première année; il savait également que Malfoy était un Mangemort, ou en tout cas avait fourni des fonds et du soutien à Voldemort du temps de sa puissance. Il ne put s'empêcher de ressentir une bouffée d'antipathie pour le fils, bien qu'il sache qu'une attitude impartiale était attendue du professeur qu'il allait bientôt devenir.

Lupin entendit le jeune homme qui avait été insulté se lever brusquement. Il s'apprêtait apparemment à faire quelque chose contre le blond.

Remus grogna, après une brève hésitation. Oui, grogner, ça n'éveillerait pas l'attention, mais rappellerait juste sa présence, et pourrait empêcher Ron de faire quelque chose qu'il pourrait regretter...Et avec un peu de chance, faire fuir les trois idiots qui avaient infesté le compartiment.

-Qui c'est ? demanda Malfoy.

-Un nouveau professeur, répondit Harry. Qu'est ce que tu disais, Malfoy?

-Venez, marmonna le jeune homme blond à ses amis d'un ton hargneux, rappelant étrangement Rogue à Remus. Il rit intérieurement en entendant les jeunes gens quitter le compartiment: bingo!

Lupin entendit au dehors la pluie s'intensifier.

"On doit être presque arrivés, dit Ron.

A peine avait-il fini de parler que le train commença à ralentir. Remus s'interdit de froncer les sourcils. Il avait fait sept fois ce voyage en train, avec les Maraudeurs, et même s'il en avait passé trois dans le wagon des préfets, il était certain qu'ils avaient tous duré plus longtemps que celui-ci.

-Parfait, je meurs de faim. Vivement le festin !

-Ca m'étonnerait qu'on soit déjà arrivés, dit la jeune fille, qui pensait exactement comme Remus.

-Alors pourquoi on s'arrête ?"

C'était une bonne question. Pourquoi s'arrêtaient-ils? Une idée sombre lui traversa l'esprit.

Le train s'arrêta brusquement, et Remus entendit des bagages tomber de leurs filets dans les autres wagons. Toutes les lumières s'éteignirent, et le train fut plongé dans une obscurité totale. Ce ne fut qu'à partir de cet instant que le lycanthrope s'autorisa à ouvrir les yeux. Des yeux de loup-garou.

-Qu'est ce qui se passe ?

Remus réfléchissait. Des souvenirs fugaces de hautes silhouettes encapuchonnées, de manteaux noirs, de peur et de froid lui traversèrent l'esprit. Il essaya, en vain, de les refouler. Dumbledore n'aurait jamais permis cela!

-Ouille ! Ron, tu m'as marché sur le pied.

-Tu crois que le train est en panne?

-Je n'en sais rien.

-Il y a du mouvement, commenta Ron. On dirait que des gens montent dans le train."

Un frisson parcourut Remus.

La porte du compartiment s'ouvrit soudain, et le lycanthrope vit rentrer un jeune homme brun, avec de larges joues. Il tomba lourdement sur les genoux de Harry.

-Désolé, vous savez ce qui se passe ? Ouille, pardon..

-Salut Neville !

Neville Longbottom ? Le fils de Alice et Franck ? Une fraction de seconde, il en oublia les Détraqueurs.

-Harry, c'est toi ? Que se passe-t-il ?

-Aucune idée ! Assied-toi...

Le prénommé Neville se leva et voulu s'asseoir un peu plus loin. Remus faillit pousser une exclamation de mise en garde. Le chat de la jeune fille n'allait pas apprécier...

-Je vais aller voir le machiniste pour lui demander ce qu'il arrive, annonça justement la propriétaire du félin.

Remus savait qu'il devait la retenir. S'il elle rencontrait ceux qu'il craignait qu'elle rencontre... Il y eut un bruit de porte. Une autre jeune fille se tenait dans l'encadrement. Elle avait les cheveux roux flamboyants, et devait être la jeune soeur de Ron.

-Qui est là? Demanda-t-elle.

-Ginny?

-Hermione?

-Qu'est-ce que tu fais?

-Je cherchais Ron.

-Entre et assied-toi.

-Pas ici ! dit précipitamment Harry. JE suis là !

-Ouille!

-Silence ! Lança-t-il d'une voix rauque. Il fallait qu'il arrive à se remettre les idées en place. Cela faisait très longtemps qu'il n'avait pas créé de Patronus... Lupin sortit sa baguette de la poche de sa robe. Il murmura une formule, un faible craquement retentit et une lueur éclaira le compartiment. Il tenait une poignée de flamme.

-Restez où vous êtes, ordonna-t-il finalement.

La porte s'ouvrit lentement, et il espéra de tout son cœur que se tenait derrière un autre camarade de classe de Harry, Ron et Hermione. Mais il savait cependant que ce n'était pas le cas. Un froid glacial l'engourdit, la peur et le doute l'assaillirent.

Le Détraqueur se tenait devant la porte, il atteignait presque le plafond. Remus retint sa respiration. Il fallait qu'il pense à quelque chose d'heureux, bien que cela semble impossible dans cette atmosphère confinée, entouré par les démons de son passé, Harry et la pensée de Sirius. Le gardien de la prison prit une longue et lente inspiration, le temps parut s'arrêter, et s'accélérer à la fois. La température chûta. Quelque chose d'heureux ! Vite ! Mais déjà, sa nuit précédente lui revenait en mémoire, plus vraie que nature. Il revoyait Sirius, sur les affiches, recherché pour meurtres. Il revoyait James, Lily, Peter... Il regarda autour de lui, cherchant du secours imporbable. Harry semblait dans un état second. Il se raidit, et glissa par terre. Le coeur de Remus rata un battement, il se leva d'un bond.

Rassemblant ses forces, l'homme enjamba le corps de l'adolescent qui était agité de soubresauts.

"Personne dans ce compartiment ne cache Sirius Black sous sa cape !s'entendit-il dire, comme si quelqu'un prononçait les mots à sa place. Remus pensa à James. La première fois qu'il l'avait vu. Un grand sourire s'affichait sur son visage...

"Expecto Patronum ! Marmonna-t-il. Un loup argenté sortit de sa baguette. Le Détraqueur fit volte-face et s'échappa comme de la fumée. Remus poussa un soupir de soulagement, son esprit recommençant à fonctionner normallement. Il faillit fermer les yeux et s'endormir sur place. Il avait réussi à créer un vrai Patronus... Le premier depuis 14ans.

"Harry! Harry! Ca va ?"

Ron et Hermione était accroupis auprès de Harry qui peinait à se réveiller. Lupin ne le quittait pas du regard, légèrement inquiet, ainsi que Neville.

"Qu...Quoi ?"

Quelque chose remua dans le ventre de Remus. Peut-être y avait-il quelqu'un qui souffrait autant, voir plus que lui. Il se prit à espérer que ce ne fut pas le cas.

"Comment tu te sens ? le questionna Ron.

-Ca va... Harry jeta un regard vers la porte, et Lupin se dit que c'était sûrement pour vérifier que le gardien d'Azkaban était bien parti. Qu'est ce qui s'est passé? Où est cette...cette chose?Qui a crié?"

Remus déglutit difficilement. Un hurlement? De femme ou d'homme? Et si c'était...? Lupin se força à songer à autre chose que la douleur du jeune homme. Ces adolescents n'avaient besoin que d'une chose, pour le moment.

"Personne n'a crié, dit Ron.

-Mais j'ai entendu crier..."

Lupin saisit la tablette de chocolat et la cassa en plusieurs morceaux, les faisant sursauter.

"Tenez, dit-il à Harry, en gardant obstinément les yeux vers le sol. Mangez ça, vous vous sentirez mieux.»

Le jeune homme prit le chocolat, mais ne le mangea pas.

"Qu'est ce que c'était que cette chose?

-Un Détraqueur, répondit il finalement, distribuant du chocolat aux autres membres du compartiment. C'était l'un des Détraqueurs d'Azkaban.

Pour éviter les regards qu'on lui lançait, il fourra le papier d'emballage de la tablette dans sa poche, et toujours en refusant de croiser de certains yeux verts en amandes, il continua:

"Ca vous fera du bien. Excusez-moi, il faut que j'aille dire quelque chose au machiniste...

Le professeur sortit du compartiment, et se dirigea vers l'avant du véhicule. Arrivant au wagon du machiniste, il entendit des voix. Une qu'il reconnu immédiatement pour être celle de la femme poussant le chariot à bonbons, et l'autre, il devina, devait être celle de l'homme qu'il cherchait.

"Oh, je me souviens de leurs années de collège... De vrais chapardeurs! Mais qu'est ce qu'ils étaient liés. Jamais l'un sans l'autre, et très rarement sans le reste du groupe... Comment s'appelaient-ils , déjà? Les Maulaureurs? Maladeurs?

-Maraudeurs, ma chère, c'était les Maraudeurs...

Lorsque Remus entendit ces propos, il leva les yeux au ciel, agacé. Mais la douleur était bien présente...

-Un bon groupe de chenapans ! Mais je ne pensais pas qu'ils allaient finir comme ça. On aurait dit des frères! Black les a trahis, et il a tué Pettigrew, ainsi que douze autres Muggles. Et à présent, il est libre...

-Oui, c'est malheureux. A présent, Lupin est de retour...

-Le pauvre. Il parait qu'il a tellement été affecté par la mort de James et Lily, et Peter, et de la trahison de Black, qu'il s'était laissé mourir de faim! Mais tout de même, je ne l'aurais pas imaginé en professeur ! Un Maraudeur professeur!

-Oh, ce n'était pas celui qui avait déjà été préfet? Si je crois...

-Peut-être. Mais revenons à cette histoire avec Black. Si j'étais ce pauvre homme, je pense que je tremblerais de tout mon corps. De peur qu'il vienne en finir avec moi, maintenant qu'il est libre.

Remus frissonna de la tête aux pieds. De rage, de chagrin, de nostalgie. Indigné, il ne désirai que retourner dans sa carapace, loin de toute population. Mais n'avait pas peur. Presque pas peur. En tout cas, pas pour lui.

-On dit qu'il en voudrait à Harry Potter... Est-ce vrai?"

Ce fut à ce moment là que le lycanthrope décida qu'il valait mieux intervenir. Il frappa à la porte.

-Entrez! Ah! Mr. Lupin ! Vous voila ! Voulez vous quelque chose à manger?

-Non, je voudrais parler au machiniste, assena-t-il, faisant fi de la politesse, tentant de refouler se colère.

-Oui?

-Un Détraqueur, dans le compartiment!

-Mille Millions de gargouilles Galopantes ! Je ne pensais pas qu'ils entreraient là! Mais Black n'était pas là? Dit-il, en palissant.

-Bien sûr que non, ne soyez pas stupide ! s'écria-t-il.

-Oui, vous avez raison.

-Pourquoi sont-ils montés dans le train ? Hogwarts, c'est une chose , Le Hogwarts Express en est une autre, l'espace y est beaucoup plus restreint, il pourrait y avoir des accidents!

Le machiniste trembla.

- Oui, vous avez raison, répéta-t-il. Mais Monsieur Le Ministre avait insisté...

-Et bien vous aussi, insistez ! Il n'était pas là, il ne peut pas savoir. Demandez-lui s'il accepterait que des Détraqueurs le suivent dans tous ses déplacements. Et s'il refuse de vous répondre, assurez-lui que les parents d'élèves n'auront sûrement pas le même point de vue que lui sur cette affaire! Sur ce je m'en vais, il faut que je m'occupe des enfants...

Lupin regagna le compartiment où était Harry et ses camarade. Il respira un grand coup, essayant une nouvelle fois de se calmer et de ralentir les battements de son coeur. Il ne pouvait plus faire semblant de dormir. Il entra dans le compartiment. Harry avait l'air désorienté et perdu. Il ressemblait tant à James lorsqu'il avait appris la mort de ses parents... Remus se mordit l'intérieur des joues.

-Rassurez-vous, je n'ai pas empoisonné le chocolat, lâcha-t-il en soupirant, remarquant qu'Harry n'avait pas touché à la friandise. Nous arriverons à Hogwarts dans dix minutes, annonça-t-il alors. Ca va Harry?

-Ca va très bien, répondit celui-ci en un murmure.

Le loup garou n'insista pas.

Le reste du trajet se déroula dans un quasi silence. Lorsque le train se stoppa enfin à la Gare de Hogsmeade, Harry et ses camarades sortirent en vitesse du wagon, alors que Lupin resta immobile quelques instants encore. Puis, lentement, il se leva, attrapa la valise au dessus de sa tête et se dirigea vers la sortie.

Sur le quai, le lycanthrope sortit un parchemin et une plume de son sac. Harry était à Gryffindor, il se devait donc de prévenir la directrice de sa maison. Un hibou Express serait parfait.

Une fois ce travail achevé il se dirigea vers les diligences menant au château. Elles étaient bondées, excepté une seule. A sa grande surprise il y trouva Ginny Weasley, la jeune soeur de Ron. Elle était assise sur une banquette à côté d'un jeune homme de son âge et d'une jeune fille blonde. Celle-ci attira son attention. Elle portait étrangement des boucles d'oreilles en radis, et un collier en bouchon de bière au beurre. De plus, elle lisait un journal... A l'envers.

"Bonsoir professeur Lupin ! Lance la plus jeune des Weasley, assez fort pour éveiller l'attention de ses camarades.

-Bonsoir Ginny, répondit l'interpelé d'une voix un peu hésitante. Je peux m'asseoir ?

-Oui oui, bien sûr! "

Le loup-garou monta sa valise dans la diligence, et s'installa à côté de l'étrange jeune fille blonde.

Celle-ci leva enfin les yeux de sa lecture pour le regarder. Elle avait les iris bleus, tellement clairs que cela en devenait gênant, et lui donnait un air de penser sans arrêt à autre chose.

"Vous êtes Remus Lupin, le nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal." annonça-t-elle. Ce n'était pas une question.

-Oui, tout à fait. Tu me rappelles quelqu'un... Ne serait tu pas la fille des Lovegood ?"

La camarade de Ginny le regardait à présent droit dans les yeux, et Remus se sentait très mal à l'aise. Il avait l'impression que cette fille lisait en lui comme dans un livre ouvert.

"Luna. Elle s'appelle Luna Lovegood, déclara la soeur de Ron, qui se sentait de trop dans la conversation entre sa camarade et son nouveau professeur, et comme Luna ne s'était pas décidée à répondre.

-Vous étiez un ami d'enfance de Sirus Black.

Luna avait lancé ça comme pour un défi. Elle le mettait à l'épreuve. Et ça faisait mal. Cette élève était vraiment extraordinairement intelligente. Ses grands yeux globuleux le fixaient toujours, il se sentait analysé. Et la meilleur façon de le faire était de le confronter à son passé. Il ne se demanda même pas comment elle avait trouvé cette information. Il répondit, sur le ton de la conversation.

-Exactement. Pour être honnête, c'était mon meilleur ami. Vous imaginez le choc que ça m'a fait ?"

Remus sentit Ginny sursauter, en face de lui. Mais il ne quittait pas le bleu des yeux de Luna. Le ton indifférent et détaché qu'il avait prit était tout à fait le contraire de ce qu'il ressentait. Et Luna le savait, mais elle hocha cependant très légèrement la tête, paraissant approuver la maîtrise de soi de Lupin.

Le reste du voyage se déroula en silence. Ginny, mal à l'aise, avait décidé de prendre un livre dans sa valise et de le parcourir, ou tout du moins faire semblant. Le garçon assis à côté d'elle était, il l'apprit plus tard, Colin Crivey, un jeune sorcier d'ascendance Muggle.

"Ah ! Remus ! Vous êtes là ! Mes salutations ! " s'exclama la directrice des Gryffindors, Minerva McGonagall, lorsqu'il entra dans le Hall d'entrée. Il dépassa rapidement les élèves pour la rejoindre.

-Bonjour, professeur ! déclara-t-il en souriant à la vieille femme.

-Oh! Pas de ça avec moi ! Vous êtes mon collègue, à présent, appelez moi Minerva!

-Très bien, pro- Minerva" Celle-ci sourit.

"Je vous laisse avec Filius, il va vous aider pour installer dans vos nouveaux appartements, je dois m'entretenir avec Harry et sa camarade, à propos de ce que vous savez...

-Très bien, à tout de suite, au festin !"

Le professeur Flitwick conduisit Remus dans une salle de classe/bureau ne contenant qu'une seule fenêtre.

"C'est ici que vous enseignerez, et vos appartements, avec votre couche, se trouvent deux portes à droite de la salle des professeurs. Je vous laisse quelques instants pour vous installer. Mais dépêchez-vous, la répartition a déjà commencé."

Le lycanthrope, exténué, posa sa valise sur le sol. Il refusa de repenser aux événements qui venaient de se dérouler.

Renonça également à s'effondrer en larmes sur son lit, ou à affronter bravement sa douleur. Lâchement, il se contenta d'une seule larme. Pour ses amis perdus, son passé merveilleux et révolu, ses souvenirs trop présents. Son unique amour. Il se mordit rageusement la lèvre. Quel idiot il avait été... Quel idiot il était! Jusqu'à quand sa vie serait régie par Sirius Orion Black? Jusqu'à ta mort, jusqu'à ta mort... lui souffla une petite voix au fin fond de sa tête.

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Le prochain chapitre est PoV Sirius . Je tiens à préciser que pour cette histoire, je me suis inspirée de deux fics que j'ai énormément appréciées: Alone et The Teacher's Pet.

A bientôt !

MAJ ( 19/02/09) : J'ai enfin réussi à faire la correction de ce chapitre (il y avait du boulot, il y en a même sûrement encore, mais bon, c'est un début!). J'espère que l'amélioration est tout de même visible!