2-Pensées de rentrée :
Cet été, je n'ai pas eu mes cadeaux d'anniversaire. Dumbledore estime que c'est trop dangereux, et il a décrété que je les aurais à la rentrée, pas avant. Il ne m'a même pas laissé aller au Chemin de Traverse. C'est Hagrid qui y est allé pour moi, et il m'a envoyé mes nouvelles affaires par hibou. C'est désespérant. Les Dursley étaient tout contents que je sois malheureux : Dudley n'a fait que ricaner pendant toutes les vacances. J'ai fait éclaté un verre, mais s'il a été effrayé, il ne l'a pas montré. Deviendrait-il courageux ? Question subtile à laquelle je n'ai absolument pas envie de répondre.
Hedwige ma fait la tête pendant deux mois, parce qu'elle n'avait pas le droit de sortir. Comme si c'était ma faute !
1er septembre. Ca y est ! L'oncle m'a jeté (pas d'autre mot correspondant aussi bien à ce qu'il a fait) à King's Cross et je me suis débrouillé pour trouver vite fait un compartiment vide, au fin fond du train. Ron et Hermione ne devraient pas tarder, après tout il est presque 11 heures. Les voilà. Mione est toute bronzée, et Ron est encore plus grand. Moi, je n'ai pas changé. Toujours aussi maigre et efflanqué, toujours les mêmes cheveux en bataille, impossibles à coiffer.
- Joyeux anniversaire, Harry !
Ils ne m'ont pas oublié. Je me jette dans leurs bras et les remercie.
- Maman voulait absolument que tu viennes au Terrier, et même Papa s'est mit à rouspéter contre Dumbledore. Il n'a quand même pas voulu. Des fois, ce type est le plus énervant du monde, quoique Rogue remporte la palme à l'unanimité.
- Ron ! Arrête de critiquer les professeurs. Ils ont simplement pensé à la sécurité de Harry avant tout.
- Tu sais Mione, j'ai été à deux doigts de m'enfuir de Privet Drive. Et c'est parti ! Même les sermons d'Hermione m'ont manqué.
Sirius a envoyé son cadeau pour moi à Ron, pour qu'il me les donne le plus vite possible. Un livre ? Waw ! "Comment devenir animagus en trois tours de main" de Lunard, Patmol et Cornedrue, alias Les Maraudeurs. Il y a un blanc juste après Lunard, ça doit être l'emplacement du nom du traître.
- Ron, Hermione, regardez ! C'est génial, Sirius m'a envoyé un livre que les Maraudeurs ont écrit ! Ca vous dirait de devenir animagus non-déclarés ?
Mes deux meilleurs amis ont la mâchoire au ras du sol.
- Evidemment ! On commence quand ?
Alors là... Hermione me bluffera toujours. Elle qui ne supporte pas de nous voir violer les règlements, c'est elle qui a sorti ça à toute vitesse.
- Dès qu'on est à Poudlard, ce soir dans la salle commune. Ok ?
- Sans problème !
Je crois que l'année qui commence s'annonce mieux que cet été. Ron m'offre un abonnement à Quidditch Magazine, et Hermione un nécessaire à baguettes. Selon elle, "ta baguette en a bien besoin, et tu pourras le prêter à Ron, la sienne aussi". Cette fille ne changera jamais.
Les robes de Poudlard mises, comme ça c'est fait, Ron et moi, on entame une partie d'échecs où je me fais battre, comme d'habitude. Ron est imbattable à ce jeu, ça non plus, ça ne changera jamais.
Le chariot à friandises passe et j'achète de tout, comme d'hab'. Pattenrond se jette sur les chocogrenouilles, et en fracassant une boîte, il libère une grenouille qu'il se met à pourchasser dans tout le compartiment. J'éclate de rire, et bientôt, on est tous les trois à se tenir les côtes devant ce spectacle tordant.
- Tiens, Potty, tu n'es pas encore mort ?
Zut ! Interruption momentanée pour cause de fouine bondissante et de gorilles débiles.
- Tiens, Malfy, tu n'es pas encore à la botte de Voldemort ?
- Espèce de...
- Expelliarmus !
Cet idiot de Serpentard s'est fait expulsé par Hermione et la porte s'est refermée.
- Merci, Mione. J'allais faire pareil.
- Pas de quoi. Et Ron allait lui envoyer son poing dans la figure, s'il continuait. Le meilleur moyen de perdre des points dès le début de l'année, avec ce rapporteur. Il serait encore allé se plaindre.
- T'as raison.
- J'ai toujours raison, tu devrais l'avoir compris, non, depuis le temps ?
Il n'y a rien à dire : je suis vraiment heureux d'être là.
A la sortie du train, Hagrid est là et dès que je descends, il m'attrape et me serre dans ses bras.
- Je suis vraiment désolé Harry, le directeur m'avait pas permit de venir te voir. Alors, bon anniversaire en retard. Tiens, ton cadeau.
- Merci, Hagrid. Et ne vous inquiétez pas, ce n'est pas votre faute.
Dans le petit paquet percé de trous qu'il me tend, il y a...
- Un serpent ? Merci, Hagrid, mais je ne sais pas si je pourrais le garder.
- Ne t'inquiètes pas. Il est tout petit, et il ne grandira plus. Il peut se rendre invisible, aussi. Et tu n'as même pas besoin de t'inquiéter pour sa nourriture, il la trouve tout seul. Et il peut sentir le danger de très loin.
- D'accord. Merci encore, Hagrid. On viendra vous voir dans pas longtemps, dès qu'on pourra.
- Bien. A bientôt, alors, et bonne rentrée !
Oui, bonne rentrée, ou plutôt bienvenue chez moi. Poudlard est ma maison.
