Lorsque Ron redescendit au salon, Fleur et Charlie étaient occupés à ensorceler de minuscules anges afin de les faire voler. Ils devaient provenir de l'ancien bureau de Mr Weasley, car parfois ils crachaient de petites flammes.
- Enfin levé! dit Molly en le voyant arriver. Si tu veux manger, va voir s'il reste du gratin de chou-fleur.
Desespéré à l'idée de manger du gratin, Ron se rendit dans la cuisine et y trouva Bill, George et Ginny assis autour de la table et dégustant un grand plat de friandises.
- Où sont les autres? demanda-t-il en prenant un Chocogrenouille.
- Papa est au ministère, répondit Bill. Derniers réglages avant Noel. Harry et Fred sont partis à la boutique des gars.
- Et Hermione, questionna Ron d'un ton qu'il voulait détaché.
George le regarda, un grand sourire aux lèvres. Il s'apprêta à répondre mais Ginny le devança.
- Dans sa chambre. Elle a dit qu'elle avait du courrier à rattraper.
- Ok, dit Ron en machant un Patacitrouille.
Les mains dans les poches, il regarda par la fenêtre. Il avait encore neigé, mais il n'y avait aucune trace de gnomes, heureusement. Comme il n'avait rien de spécial à faire, il décida de sortir.
Il marcha longtemps, et en se demandant à qui Hermione pouvait bien écrire, il fit plusieurs fois le tour du propriétaire. Il avait très froid, mais cela lui faisait du bien. Soudain, il ressentit le besoin de se confier, de se confier à Harry. Etait-il rentré?
Dès qu'il eut poussé la porte d'entrée, il se retrouva nez à nez avec Hermione.
- Tiens, salut! dit-il.
- Salut Ron, répondit-elle en souriant. Oh mais tu es gelé!
Elle posa une de ses mains sur la joue du rouquin qui ferma brièvement les yeux à ce contact. Il n'avait plus vraiment froid à présent. Mais en regardant derrière elle, il vit que Charlie ne s'occupait plus des anges, il les regardait attentivement.
- Hum, oui bon, balbutia Ron. Je vais me changer.
Et il bouscula presque Hermione, lançant un regard noir à Charlie qui lui fit un clin d'oeil.
- J'espère que t'as mal! lâcha-t-il en montrant la main de son frère.
En arrivant devant la chambre de Ginny, il tendit l'oreille. Harry et elle discutaient.
- Elle m'en parle tout le temps, disait Ginny. Elle est folle de lui et trouve qu'il a un véritable corps d'athlète.
- Ca c'est le Quidditch, répondit Harry. Moi aussi je suis musclé, non?
Préférant s'arrêter là, Ron frappa à la porte et entra. Harry et Ginny étaient assis par terre, regardant de vieilles photos. Ron vit avec horreur qu'il y en avait une de lui bébé et tout nu, en train de courir dans le jardin.
- Harry, dit-il en ignorant la photo, j'aimerais te parler.
- Je vous laisse, dit Ginny en déposant ses lèvres sur le front de Harry.
Ron attendit qu'elle eut fermé la porte et qu'elle se soit éloignée, puis s'avança vers la fenêtre. Il voyait Hermione en train de jouer avec Pattenrond. Harry s'avança aussi, et remarquant le regard vague de Ron, il devina pourquoi il était venu. Sentant qu'Harry l'observait, il détourna son regard à contre-coeur et le posa sur les photos.
- Vous vous amusez bien apparemment?
- Oui, répondit Harry. Il y en a trop mais elle tient à toutes me les montrer.
- Mon pauvre.
Ron ne savait par où commencer. Il ne voulait pas parler des paroles de sa soeur à propos d'Hermione et du corps d'athlète de Krum. D'une part parce qu'Harry croirait qu'il les écoutait, et d'autre par parce que cela lui faisait mal.
- Tout va bien entre vous?
- Franchement, oui, dit Harry. Et toi tu vas bien? Tu as l'air préoccupé.
Préoccupé? Complètement obsédé, oui!
Je dois te parler d'un truc, Harry. J'en ai besoin.
- Je t'écoute, assura Harry en se retenant de sourire.
- Je...commença Ron. Je suis...
- Fou amoureux d'Hermione, l'aida Harry.
Le rouquin le regarda avec de grands yeux exorbités. Harry éclata de rire puis se reprit.
- Ca crève les yeux, Ron! Tout le monde le sait!
- Génial. Elle aussi?
- Je n'en sais rien du tout. Je ne lui ai pas vraiment parlé depuis les vacances, il faut demander à Ginny.
- Ca va pas non? Autant faire un sondage!
Ron s'affala sur le lit, Harry également. Le sujet était lancé, il fallait continuer et dire tout ce dont il voulait parler avec son meilleur ami.
- Harry, je pense tout le temps à elle. Je ne suis même pas tranquille la nuit, tu as bien vu ce matin! Elle est toujours dans ma tête.
Harry écoutait attentivement, Ron ne se confiant pas souvent.
- J'aimerais vivre avec elle tout ce que tu vis avec Ginny. Vivre un truc fou. Seulement je ne vois pas comment lui dire, d'autant plus qu'elle n'a surement rien à faire de moi.
- Même si ce n'est que de l'amitié, coupa Harry, Hermione tient beaucoup à toi. Elle ne t'enverra jamais paître.
Harry avait raison. Mais pourquoi Hermione voudrait-elle d'un type comme lui, boudeur et contestataire? Elle qui était si douce, si cultivée n'avait pas besoin d'un gros rustre.
- Ecoute Ron, reprit Harry. Je pense que le plus simple c'est de lui en parler au bon moment.
- Je ne suis pas doué pour ces choses-là. Elle l'a toujours dit, je manque de tact.
Harry sourit.
- Elle a raison en plus, continua Ron. A cause de ca, elle est allée voir Krum.
- C'est lui qui l'a abordée, rectifia Harry. Et justement, ne lui parle pas de Krum. Mais dis-moi, ca fait combien de temps que tu l'aimes?
- Des années. Mais je ne m'en suis rendu compte qu'il y a 1 an environ. Harry, j'ai peur de regretter, de gâcher notre amitié.
- Il n'y a vraiment pas de quoi.
Ron se tourna vers Harry. Savait-il quelque chose? Mais ils furent interrompus par la voix de Mme Weasley:
- Il est 19h, tout le monde descend dans une heure! Propre et habillé, bien sûr!
- Bon, soupira Ron. J'y vais.
Harry lui fit un signe de la main, et Ron sortit. Sa chambre était deux étages plus haut, et il devait traverser le couloir pour reprendre l'escalier. Quand il passa devant la porte d'Hermione, quelque chose attira son regard. C'était une lettre, par terre. Il la prit et lut:
" Hermione,
A présent, je parle bien ta langue. Je peux te dire ce que je veux en étant sûr d'être compris. Sache que je pense beaucoup à toi en cette période de fêtes, ta présence me manque. Cela fait 3 ans que nous avons dansé ensemble, et avec notre 1er baiser, c'est le meilleur souvenir que j'ai de nous deux. J'espère te revoir bientôt. Joyeuses fêtes.
Viktor Krum.
Ps: J'espère que tu apprécieras ma photo."
Ron retourna la lettre et faillit s'étrangler: c'était une photo de Krum en train d'exhiber fièrement ses biceps. A vomir. C'est à cet instant qu'Hermione ouvrit la porte et sursauta en le voyant. Il lui tendit la lettre, une lueur démente dans les yeux.
- Merci, dit Hermione d'une petite voix. Je croyais l'avoir perdue...
- C'est à lui que tu écrivais?
Elle le regarda sans comprendre.
- Tu lui répondais, c'est ca? Tu nous as pourtant toujours assuré n'avoir aucune nouvelle de lui!
- C'est la 1ere lettre que je recois de lui, Ron, expliqua Hermione confuse.
Mais Ron ne voulait plus l'entendre, ne voulait plus voir ses yeux implorants. Il partit, en la laissant complètement déconcertée.
