Voici le chapitre 2 que j'ai pu finir avant de partir ! Bonne lecture !
Olivia et Suna : Au départ Hermione devait voyager seule, mais il m'est vite apparut que se serait compliqué... Neville s'est imposé comme accompagnateur tout naturellement. Un héros avec des faiblesses, c'était parfait. De plus, c'est l'un de mes personnages préférés !
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La prairie était paisible, ce matin-là. Des lapins de garenne mangeaient l'herbe verte qui ondulait sous le vent frais qui faisait frémir les feuilles des arbres bordant le pré. Un peu plus loin broutaient des vaches, observant paisiblement les lapins, et des oiseaux volaient dans le ciel bleu voilé de quelques nuages. Oui, tout était tranquille. Jusqu'à ce que deux jeunes gens tombent des nuages blancs, effrayant les oiseaux. Ils tournoyèrent dans les airs, agitant les bras pour tenter de ralentir leur chute, qui était pourtant inévitable. Ils avaient tous deux un bâton à la main, ce qui intrigua profondément les volatiles qui jugèrent plus prudent de s'éloigner, ne voulant pas perdre quelques plumes dans ce phénomène pour le moins étrange. L'un des oiseaux décida de se poser sur un arbre voisin pour profiter du spectacle. Ce n'était pas tous les jours que l'on voyait des humains s'écraser dans le pré. À vrai dire, celui-ci était généralement paisible, hormis pendant la saison des naissances, quand les veaux vagabondaient jusqu'aux marécages et s'y noyaient lentement. L'oiseau sadique reporta son attention sur les humains. Ils étaient presque arrivés sur le sol quand l'un deux, une fille, d'après ce qu'il pouvait en juger, fit tournoyer son bâton et hurla :
- Aresto Momentum !
Et les humains ne s'écrasèrent pas. Ils restèrent suspendus quelques instants à plusieurs centimètres du sol, puis tombèrent lourdement. Le lapin qui se trouvait là auparavant avait eu le temps de s'enfuir. Pourvu qu'une vache les écrase, pensa l'oiseau vicieux qui, déçu, s'envola à tire-d'aile.
Neville se leva et tendit sa main à Hermione pour l'aider à se relever à son tour. Ils regardèrent autour d'eux d'un air un peu ébahi et inquiet.
- Nous ne sommes plus au Ministère...
Hermione se tourna vers Neville.
- Et nous ne sommes plus chez nous…
Sa voix se brisa.
- Ton visage, Hermione…, remarqua Neville.
- Qu'est-ce qu'il y a ? s'affola cette dernière. Oh, Merlin, les potions de rajeunissement !
- Non, Hermione, tu ne rajeunis plus à présent...
- Quel âge me donnes-tu ?
- Et bien, disons… une quinzaine d'années, peut-être un peu plus. Oui, c'est ça, seize ans, je dirais. Tu sembles avoir approximativement l'âge que tu avais en cinquième année.
Hermione rumina l'informa quelques instants en silence puis demanda :
- Neville, qu'est-ce qu'on va devenir ? Ces sabliers… Je suis certaine que nous avons remonté le temps…
- Nous n'en sommes pas sûrs, Hermione.
Mais il était certain qu'ils avaient changé d'époque. Le sablier fracassé lui avait montré des images qui ne laissaient aucun doute là-dessus. Les combats de l'AD, son arrivée à Poudlard, la première fois qu'il avait fait de la magie, ses parents penchés au-dessus de son berceau, encore eux-mêmes, si parfaits, si jeunes, si heureux pour encore quelque temps… Tout cela était parti en même temps qu'eux. Neville avait l'impression qu'on lui avait retiré tout ce en quoi il croyait. Tout ce pour quoi il s'était battu. De plus, s'ils étaient réellement dans le passé… Neville frissonna et, ne voulant pas montrer à Hermione à quel point il était perturbé, déclara :
- Il faut d'abord vérifier quel jour nous sommes. Donne-moi la main, on va transplaner.
- Non, Neville, s'opposa doucement Hermione. On ne peut pas transplaner, on ne sait même pas où nous sommes ! Et si nous avons bel et bien changé d'époque, on ne sait pas à quoi ressemblent les lieux que nous connaissions !
- Tu as raison, reconnu Neville, penaud. Marchons.
Bien malgré lui, Neville s'était retrouvé à la tête du mouvement clandestin de la Résistance de Poudlard. Lui qui n'était connu que par sa maladresse légendaire avait su gagner l'estime des autres élèves. Il était bon en botanique, et se débrouillait plutôt bien en sortilèges. Mais il ne savait pas s'exprimer en public, avait toujours d'énormes trous de mémoire, et surtout, ne se sentait pas digne de ses parents. Toute son enfance, sa grand-mère avait placé en lui l'espoir qu'il devienne un jour Auror, comme son défunt fils. Le reste de la famille espérait de même, bien qu'ils n'en montrent rien. Cependant, les pouvoirs de Neville ne s'étaient révélés que tardivement, et il n'avait pas les capacités des chasseurs de mages noirs.
Néanmoins sa septième année à Poudlard avait réveillé en lui le véritable Gryffondor qui sommeillait en lui. Cela avait commencé sur le quai de la gare, quand il s'était aperçu que ni Harry, ni Ron, ni Hermione, ni Dean, ni tant d'autres n'étaient là. Ils n'étaient que quatre Gryffondors de la dernière année. Naturellement, il avait rejoint Ginny et Luna. L'AD, la bataille au département des mystères puis celle contre les Mangemorts dans Poudlard le soir de la mort de Dumbledore avaient définitivement scellé leur amitié. Ils étaient rentrés dans un compartiment vide, et c'était d'ailleurs la première année que Neville parvenait à en trouver un sans peine. Tandis que les filles s'asseyaient, Neville, après avoir hissé les valises dans le filet à bagages, s'était aperçu que Ginny pleurait. Or, Ginny Weasley ne pleurait jamais. On ne peut pas se permettre de passer pour une geignarde quand on a eu six frères, avait songé Neville. Il admirait énormément la jeune fille, et était également profondément intimidé par elle. Elle était douée, courageuse, ne se plaignait jamais, même si, selon Neville, elle aurait eu toutes les raisons de le faire.
Au fil de l'année, il avait appris à mieux la connaître, et son admiration n'en avait été que plus forte. Elle avait un frère passé à l'ennemi. Elle avait un autre frère défiguré à vie, demi-loup-garou. Elle et sa famille était surveillés sans cesse, et leur maison était souvent fouillée. Elle devait mentir constamment pour protéger son frère partit en cavale. Mentir pour protéger sa Née Moldu de meilleure amie. Mentir pour espérer revoir un jour Harry Potter. Aussi, c'était presque naturellement qu'ils avaient remis en place l'Armée de Dumbledore, avec Luna. Mais Luna avait été enlevée à Noël et Ginny avait dû rester en sûreté chez sa tante à partir des vacances de Pâques. Tous les trois étaient les leaders du groupe reformé, et Neville s'était senti très seul le mois qui avait précédé la Grande Bataille. Il n'avait pu s'empêcher d'en vouloir à Ginny. Il était resté, lui, bien qu'il fût activement recherché par les Carrow, bien que sa grand-mère ait failli être envoyée à Azkaban. En réalité, il était jaloux de son amie. Elle avait ses parents pour prendre soin d'elle, et ses frères, Fred et George qui la faisait participer à Potterveille quand ils étaient certains que leurs parents ne pourraient écouter l'émission. Neville, quant à lui, ne manquait jamais une occasion d'écouter celle qui était désormais une sœur pour lui.
Il n'en avait pas voulu à Luna, toutefois, de ne pas être revenue le soutenir à Poudlard une fois qu'elle avait été délivrée. Neville savait qu'elle avait beaucoup souffert et comprenait qu'elle ait besoin de calme et de repos. Lui-même en rêvait, mais à présent qu'il était le seul du trio originellement responsable de l'AD qui demeurait encore à Poudlard, les autres n'avaient pas voulu le voir partir. Ils ne le lui avaient jamais clairement dit, mais Neville avait compris qu'il ne pouvait pas les abandonner. Hannah, qui avait deviné les pensées du jeune homme, avait su trouver les mots pour le convaincre. Hannah... Une boule se forma dans la poitrine de Neville. Aurait-il seulement l'occasion de la revoir, de lui reparler ? S'ils avaient réellement remonté le temps et qu'il n'y ait pas d'espoir de retour… Si jamais il n'avait plus aucune occasion de lui dire… Hannah, la douce et loyale Hannah était bien plus qu'une amie… Et elle avait été en outre l'une des Résistantes les plus actives. Courageuse, mais pas arrogante. Une vraie Poufsouffle, la maison où Neville avait toujours voulu être.
ooooo
Ils arrivèrent dans une petite ville paisible et tranquille vers midi, quand le clocher de l'église sonna les douze coups. Ils arpentèrent les rues étroites menant au centre historique et débouchèrent sur la place du centre-ville, qui, contrairement aux autres lieux était bruyante et très fréquentée. Au centre se tenait un petit commerce vendant livres et journaux. Hermione s'avança précipitamment, bousculant les piétons. Et s'arrêta soudainement.
Vendredi 4 juillet 1975, telle était la date inscrite sur la première page du journal. Neville crut qu'il allait faire un malaise, et s'évanouir devant tous ces gens qui les dévisageaient, lui et Hermione, eux qui étaient vêtus de leur robe et leur cape, leur baguette à la main. Sa réaction, toutefois, était minime comparée à celle d'Hermione qui était tombée par terre, et sanglotait sans retenue, marmonnant des paroles dont il ne comprit pas le sens. Il lui attrapa la main, et l'entraîna loin des regards indiscrets, avant qu'ils ne se fassent plus remarquer.
- Non, non, ce n'est pas possible ! Pas après tout ça… Pas après être parvenu à détruire Voldemort, pas après avoir vaincu les Mangemorts, pas après avoir perdu tous ces gens…
Neville ne répondit rien. Il était trop abasourdi. Il avait compris ce qui leur était arrivé, tout comme Hermione, mais il réalisait seulement ce que cela signifiait. Tout avait été vain.
- Il n'existe donc pas de monde qui soit en paix ? se plaignit la jeune femme.
Tous deux restèrent silencieux un moment.
- Tu sais, commença Neville, ils ne sont pas… enfin, puisque nous sommes dans le passé, personne n'est mort…
- Neville, ils ne sont pas morts au jour d'aujourd'hui, mais d'ici vingt-trois ans, ils le seront !
Le jeune homme ne répondit rien. Hermione avait raison, bien sûr.
Ils passèrent leur après-midi à ruminer des idées noires, chacun perdu dans ses pensées, tentant de retracer les évènements. Et s'ils avaient pu éviter de se faire piéger ? Et s'ils s'étaient doutés d'une attaque imminente ? Neville, qui avait assuré le combat continu contre Rogue et les Carrow, s'en voulait de ne pas avoir deviné la suite des évènements. Après neuf mois à côtoyer des Mangemorts, il aurait dû savoir…
- Je ne pensais pas qu'ils oseraient nous attaquer, ni qu'ils seraient si nombreux, avoua Hermione, interrompant les pensées de son camarade.
- Ce ne sont plus les Mangemorts fourbes que tu connaissais, Hermione. Ils ont… avaient changé, en pire. Jamais auparavant ils n'avaient eu autant de pouvoir. Ça leur a tourné la tête, cracha-t-il.
- Tu as raison. À vrai dire, avoua la jeune femme, je n'ai pas eu beaucoup l'occasion de croiser des Mangemorts l'année dernière, en dehors du Manoir des Malefoy, et de Poudlard.
- Tu as bien eu de chance, bougonna Neville. Pendant que vous étiez dehors, à courir le monde, c'était nous qui subissions leur colère.
Ce n'était pas vraiment un pique-nique, vieux. Ces mots retentirent dans l'esprit des jeunes gens. Neville s'en voulut aussitôt, et davantage encore quand il s'aperçut qu'Hermione pleurait.
- Hermione… je ne voulais pas…
- Je sais… je sais que ç'a été dur pour vous. Je te comprends. Je pensais juste à Ron. À ce qu'il t'avait dit quand tu nous avais reproché de...
Sa voix s'étouffa.
- J'y ai pensé aussi. Excuse-moi, mes mots ont dépassé ma pensée.
Hermione soupira.
- Nous ne devons pas nous reprocher mutuellement des choses dont nous n'étions pas responsables. On doit rester unis.
- Oui, tu as raison, lui sourit Neville. Comme d'habitude.
Mais Hermione ne répondit pas à son sourire.
- Penses-tu qu'il existe un moyen de revenir où nous étions ?
- C'est à moi que tu poses la question ? Franchement, Hermione, tu as toujours été bien meilleure que moi. Tu te souviens quand tu me donnais les solutions pour les potions mais que je réussissais quand même à tout foirer ?
Ce souvenir amena des larmes aux yeux de la jeune femme, mais elle fit tout son possible pour les refouler. Neville ne voulait pas la faire pleurer. Elle devait être forte.
- Il va bientôt faire nuit. On ne peut pas rester ici.
- J'ai une tente.
- Une tante ? Mais… elle ne te connaît pas encore ! Tu comptes l'ensorceler ?
- L'ensorceler ? Que veux-tu dire ? Ah, non, comprit-elle, je parlais d'une toile de tente !
- Tu en as une ?
- Oui… dans mon sac. Je le garde toujours sur moi, c'est devenu un réflexe.
Elle plongea une main dans sa chaussette et en sorti en sac en perles minuscule, qui semblait tellement vieux que Neville n'aurait jamais osé y mettre quoi que ce soit dedans, de peur de le casser.
- Il est un peu abîmé, mais l'essentiel est encore dedans.
Elle introduisit sa main dedans, fouilla quelque temps puis en ressortit une tente qu'elle déplia. Elle en fit le tour en jetant des sortilèges.
- Que fais-tu ?
- Je la rends invisible aux yeux des Moldus. Je ne pense pas que le camping soit autorisé dans le coin, et on n'a pas le temps d'en chercher un. De plus, je n'ai pas d'argent pour payer.
Ils rentrèrent dans la tente et mangèrent les fruits que Neville avait cueillis dans un verger voisin, après avoir assuré à Hermione que c'était parfaitement moral.
Aucun d'eux ne parvint à trouver le sommeil. Neville ne cessait de se retourner, ce qui irritait profondément Hermione. Celle-ci pleurait silencieusement. Disparaître après avoir attendu pendant presque toute sa scolarité à Poudlard un simple baiser… Ron lui manquait terriblement. Cela ne faisait que quelques heures qu'elle avait remonté le temps, mais cela lui semblait des heures. Qui se transformerait en années. Ron ne naîtrait pas avant cinq longues années…
- Je sais où l'on peut chercher des renseignements pour retourner en mille neuf cent quatre-vingt-dix-huit, dit Neville, brisant le silence.
Hermione attendit qu'il poursuive.
- Il faut aller à Poudlard.
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Alors... qu'en avez-vous pensé ? J'ai beaucoup parlé de Neville, je sais, mais c'est parce que je voulais montrer l'idée que je me faisais de lui. J'espère que ça vous a plu !
