Erreur de jeunesse
A quarante-cinq ans, Dean Thomas s'estimait trop vieux pour les histoires sordides. Depuis quelques temps, il envisageait de quitter la section criminelle des aurors du ministère pour finir sa carrière dans un emploi un peu plus calme. Dans les bureaux peut-être. Il en avait discuté pas mal avec Jessica, son épouse, et bien qu'elle fut une moldue, elle avait adhéré entièrement à son idée. Elle lui avait déjà confié une fois qu'elle s'inquiétait quand il rentrait tard et que tous les soirs elle se couchait en priant pour qu'il revienne sain et sauf. Et puis avec l'intégration récente de Scorpius et Sarah dans l'équipe, Dean savait qu'il était devenu le plus vieux, sans compter Ness, leur chef, qui n'était pas souvent sur le terrain.
Ce matin, assis à son bureau devant sa pile de parchemins, il se demanda s'il n'était pas temps de prendre sa décision. Il avait trois enfants et, pour eux, il ne pouvait pas se permettre de se faire tuer. L'arrestation récente d'Antonin Dolohov avait fait comme un déclic en lui. Ils avaient failli perdre Scorpius et lorsqu'ils lui en avaient fait la réflexion, celui-ci avait juste haussé les épaules. Dean, lui, n'était plus sûr d'avoir encore cette nonchalance et cette impertinence. A une époque, lui aussi s'était moqué et ce qui pouvait lui arrivé, lui aussi avait ri à la face du danger et il y avait perdu beaucoup.
Notamment son amitié avec Seamus.
Pendant longtemps il s'était dit qu'il n'aurait jamais dû le laisser s'éloigner et qu'il ne tenait qu'à lui de lui envoyer un hibou. Et il avait toujours remis au lendemain. En conclusion, vingt ans était passé et il avait appris que son meilleur ami s'était marié, qu'il n'avait pas été invité au mariage. Il lui en avait d'abord beaucoup voulu avant de se dire que c'était entièrement sa faute et que ce n'était pas Seamus qu'il fallait incriminer. Il avait probablement hésité.
Un jour, il reprendrait contact et ils rattraperaient le temps perdu, un jour proche, Dean s'en faisait la promesse cette fois.
Il saisit son premier parchemin de rapport et sa plume. Il dictait tout sur plume à papote mais le problème avec ces bidules c'était que, justement, ça n'écrivait pas toujours ce qu'il disait. D'ailleurs là, sur le rapport sur le pot de fleur dévoreur de doigts, il était écrit « la plante n'a pas plaidé coupable » et Dean était sûr de ne jamais avoir dicté une absurdité pareille. Il raya proprement la ligne, il lui faudrait de toute façon tout recopier une fois la correction terminée, Ness n'acceptant pas les rapports écrits à la plume à papote. Ce qu'il pouvait être pénible lui aussi avec ses idées rétro !
Il fut dérangé par un hibou qui se posa sur le rebord de la fenêtre. Il soupira. Sarah était en arrêt maladie pour une mauvaise grippe et Scorpius avait pris sa journée. Il espérait donc qu'il n'y ait pas trop de meurtres. Bon généralement les grands crimes étaient rares et ils avaient à faire à de petites affaires. C'était Londres quand même, pas New York ou n'importe quelle autre ville des Etats-Unis où tout le monde rêvait d'assassiner tout le monde.
Il posa donc sa plume et alla ouvrir, intrigué. Ce hibou, il le connaissait. Il l'avait déjà vu plusieurs fois mais il ne parvenait pas à le remettre. Il ouvrit la fenêtre, prit le message attaché à la patte de l'oiseau et fut surpris de voir ce dernier s'envoler immédiatement sans attendre la moindre friandise. C'était rare un hibou qui n'était pas gourmand. Celui-ci devait probablement faire des envieux.
Il referma rapidement. Le printemps arrivait à grand pas et dehors ça sentait bon les boutons de fleurs prêts à éclore mais il faisait encore frais et s'il ne voulait pas finir au fond de son lit avec une mauvaise grippe comme Sarah, il valait mieux ne pas prendre froid.
Il ouvrit l'enveloppe et déplia le parchemin. Il reconnut immédiatement l'écriture. Elle avait un peu changé depuis ses années à Poudlard, mais globalement elle restait la même. Harry Potter. Pour qu'il lui écrive, il fallait que ce soit important.
Dean,
Je sais que ça fait longtemps qu'on n'a plus eu de contact et j'en suis désolé mais tu sais comment ça se passe au travail, ce n'est pas évident. Bref, je te passe les détails. Je sais que ce n'est pas très poli mais je t'écris pour te demander un service en urgence. Ma nièce, Molly, la fille aînée de Percy, a lancé un Imperium et s'en est servi. Je te demande, s'il te plaît, de te rendre sur place avant l'arrivée des langues de plomb, de voir ce qui s'est passé et de régler cette affaire au mieux. Je sais que je te demande beaucoup mais tu comprendras que si je m'en occupe moi-même, l'enquête sera irrecevable à cause de notre lien de parenté.
Avec toute mon affection,
Harry.
Ça, c'était la demande du mardi matin qui mettait de mauvaise humeur. Dean avait bien envie de lui dire d'aller se faire voir et de laisser la justice régler cette histoire dans la procédure normale. Mais c'était Harry. C'était son ancien compagnon de dortoir, il avait passé sept ans à discuter avec lui, à rire, à s'inquiéter. Ils avaient fait des devoirs ensemble, avaient joué au Quidditch. Dean était allé à son mariage !
Il ne pouvait pas refuser. Ce ne serait pas correct et, surtout, ce ne serait pas lui.
Il soupira, attrapa son manteau et quitta le bureau.
Percy Weasley était l'adjoint personnel du ministre Shackelbolt. Beaucoup disaient de lui qu'il serait probablement le prochain à occuper la plus haute fonction. Il était engagé en politique depuis tellement longtemps que l'ancien Gryffondor devait s'avouer qu'il ne serait pas étonné de le voir diriger le pays, magiquement parlant évidemment. Et même plus, il était sûr de voter pour lui. Et puis il avait tout pour plaire au public, outre ses airs stricts : il était marié à une moldue. Ce serait une grande première, Dean devait s'avouer que l'idée lui plaisait. Ce serait une nouvelle porte ouverte sur une union entre les mondes avec et sans magie. Ce serait une nouvelle perspective, un avenir qu'il fallait évidemment envisager même si les grandes familles de sangs-purs levaient les bras au ciel en hurlant au sacrilège.
La maison qu'habitait Percy se trouvait un peu à l'écart de la ville, dans une zone résidentielle très huppée. C'était une bâtisse très propre, probablement régulièrement remise à neuf par des professionnels, comprenant deux étages, un perron, un jardin devant et certainement un autre plus grand derrière. L'endroit était agréable et avec l'arrivée imminente du printemps, sentait bon les fleurs et la verdure, le tout généreusement arrosé de la lumière dorée d'un soleil encore un peu timide cependant.
Dean avait choisi la carte de la discrétion. Audrey, l'épouse de Percy, était moldue et le quartier était réputé pour abriter autant de sorciers que de moldus. Il avait donc préféré ne pas attirer l'attention en débarquant en balai ou en transplanant. Il avait pris la voiture de service que le ministère avait mis à disposition de leur équipe. C'était une petite Vauxhall d'un bleu roi passé et qui, sans la magie, serait certainement déjà tombée en morceaux, mais pour l'utilisation qu'ils en faisaient, elle était parfaite.
Il se gara sur le trottoir juste devant la maison et jeta un dernier coup d'œil à cette dernière avant de descendre. Il n'aimait pas ce genre d'histoire. Et il pressentait que la petite Weasley avait fait la grosse bêtise de sa vie.
Allez, il était temps d'y aller. Il fallait bien se confronter à la vérité à un moment donné. Mais il n'avait pas encore entamé la deuxième marche du perron que la porte d'entrée s'ouvrait, à sa grande surprise sur Harry Potter. Ce dernier commençait à accuser son âge, lui aussi et déjà des fils argentés parsemaient la masse jadis d'un noir d'encre de ses cheveux. Il avait l'air fatigué, en étaient témoins les cernes sombres sous ses yeux. Il descendit rapidement les marches et tendit une main que Dean serra.
« Je ne sais pas comment te dire merci…
_ Laisse tomber, Harry. Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu peux m'en toucher un mot avant que j'entre ? »
Harry acquiesça, l'air encore plus fatigué et plus mal à l'aise encore, lui, le survivant, le héros de la grande guerre qui avait vaincu le Seigneur des Ténèbres dans un combat singulier, lui qui était célèbre depuis qu'il n'était qu'un tout petit enfant. Aujourd'hui, il avait juste l'air d'un homme qui en avait déjà trop vu et qui n'aspirait qu'à quelques moments de repos paisible avec sa famille. Il avait l'air de quelqu'un qui avait terriblement envie de toute foutre en l'air et de tout plaquer là.
« Ma nièce a vingt-quatre ans. C'est… (il se racla la gorge.) Elle n'a rien à voir avec son père, Dean, quand elle était à Poudlard tout ce qui l'intéressait c'était les garçons et comment elle pouvait s'habiller pour être la plus belle.
_ Ok, je vois le genre. Pas très intéressée par ses études.
_ Pas vraiment non. C'est le moins qu'on puisse dire. »
Harry croisa les bras sur sa poitrine et planta son regard sur une touffe d'herbe un peu trop haute qui dansait dans le vent.
« Elle est sortie en boîte avec des amis hier, ils ont eu envie de sortir du côté moldu. »
Dean réprima à grand peine une grimace. Définitivement, ce genre d'histoire ne sentait pas bon. La gamine allait avoir de gros problèmes et il n'avait aucune idée de comment dépatouiller tout ça. Sans compter qu'avec des problèmes avec la justice, elle compromettait de beaucoup la candidature de son père au poste de ministre de la magie. Il comprenait pourquoi Harry avait fait appel à lui, c'était ce qu'on appelait dans le jargon une belle grosse merde.
« Ils étaient cinq ou six, elle n'a pas su me dire le nombre exact mais si on la bouscule un peu je crois qu'elle pourra donner les noms avec précisions, et ils ont beaucoup bu. Quand ils sont sortis il était presque six heures ce matin. Et Molly a voulu… (il hésita.) Enfin elle s'est disputée avec un garçon et pour se venger elle lui a lancé un Imperium.
_ Et personne n'est arrivé sur place immédiatement ? »
Harry eut un petit rire autant nerveux que d'amusement.
« C'est mon service qui est appelé quand de la magie noire est détectée et la chance a voulu que je sois celui qui a été mandaté pour me rendre sur place. Je suis arrivé moins de dix minutes après l'incident. »
Evidemment. Qui mieux que le grand Harry Potter était habilité à enquêter sur la magie noire ? Quelle surprise il avait dû avoir en constatant que c'était sa propre nièce qui était incriminée. La panique avait dû s'installer immédiatement et il avait ramené la gamine chez son père puis il avait attendu l'heure d'ouverture de la section criminelle pour envoyer un hibou à Dean et le prier de lui donner un coup de main. Il avait certainement trouvé un moyen d'éloigner sa propre équipe.
« Harry, tu sais que ce n'est pas de mon ressort, n'est-ce pas ? »
Le survivant, le garçon pour qui il avait jadis eu tant d'admiration et même un peu de jalousie, acquiesça et leva vers lui un regard désespéré.
« J'en suis conscient mais… c'est une gamine, si je laisse mon équipe se charger de ça, Nott se fera une joie de l'envoyer à Azkaban. »
C'était une évidence. Theodore Nott était l'un des meilleurs éléments de l'équipe d'aurors dirigée par Harry mais il avait aussi des choses à prouver, étant lui-même fils de Mangemort et il faisait souvent un peu trop de zèle. Avec lui, la loi était toujours respectée à la virgule près.
« Ok, je vais entrer et je vais interroger ta nièce. Mais elle est majeure Harry, elle sait parfaitement qu'on ne doit pas lancer les sorts interdits. Je ne suis pas sûr de pouvoir faire grand-chose pour elle. Je vais essayer, je ne promets rien. »
Harry acquiesça encore, la gorge probablement nouée par l'angoisse. D'un geste las, il lui fit signe de le suivre. Evidemment, avec tout ce qui se passait en ce moment, tous ces dingues qui pensaient que la guerre était loin et qu'ils pouvaient désormais faire ce qu'ils voulaient, il n'avait certainement pas besoin d'une affaire comme celle-là, une tache sur son tableau de famille.
Ils entrèrent dans la maison. C'était la demeure digne d'un futur ministre avec des bibelots autant de sorciers que de moldus, des photos montrant deux fillettes puis deux adolescentes et finalement deux jeunes femmes. L'une était blonde comme les blés et l'autre rousse comme le feu, deux belles filles, vraiment. Dean se demanda laquelle était Molly mais lorsqu'il entra dans le salon et qu'il découvrit la rousse assise sur le canapé, les mains sur les genoux et les yeux gonflés de larmes, il ne se posa plus la question.
Molly Weasley, deuxième du nom, était une fille grande et mince bien qu'affichant quelques rondeurs très attrayantes. Elle avait de longs cheveux d'un roux flamboyant qu'elle maintenait en une queue de cheval lâche dans son dos. Elle avait des yeux d'un blond profond qui invitaient à venir s'amuser avec elle. Elle portait un débardeur rose pâle en-dessous d'un gilet blanc cassé en laine et un pantalon écru et des chaussures noires avec les talons les plus hauts que Dean ait jamais vu de sa vie. Et pourtant, lui aussi avait deux filles.
Elle se leva à son entrée, agita un peu les mains comme elle ne savait pas ce qu'il convenait de faire, murmura un « bonjour » timide et se rassit. Dean s'installa sur le canapé auprès d'elle et Harry choisit un fauteuil dont le cuir craqua sous son poids.
« Molly, dit-il, je te présente Dean Thomas. Il travaille pour le ministère lui aussi et il va nous aider. »
Dean lui renvoya un froncement de sourcils. Il n'avait jamais promis son aide. Il avait même insisté sur le fait qu'il ne pourrait probablement rien faire mais qu'il acceptait d'écouter la version des faits de la gamine et s'il lui venait une idée alors il leur en ferait part. Il voulait bien admettre que Harry soit perturbé mais tout de même, il prenait un peu trop de liberté à son goût sur ce coup.
« Je suis du ministère oui et Harry m'a demandé de donner un coup de main si c'est possible (il insista tout particulièrement sur les derniers mots.) Est-ce que tu veux bien me raconter ce qui s'est passé ? »
La jeune femme acquiesça en se tordant les mains. Pendant un moment, elle joua en silence avec une bague passée à son index. La pierre, un lapis-lazuli, faisait écho à l'intensité de son regard.
« On est allé avec des amis en boîte cette nuit.
_ Laquelle ?
_ Le Colonel. C'est dans le côté moldu.
_ Qui était avec toi ?
_ Des amis de Poudlard. On voulait faire une sortie pour s'amuser c'est tout. On a beaucoup bu.
_ Tu as fait des rencontres dans la boîte ? »
Molly hésita. Elle pinça les lèvres.
« Deux garçons. »
Dans son fauteuil, Harry soupira et passa ses mains sur son visage. Lui aussi devait pressentir les aveux pas très reluisants.
« Tu connais leurs noms ? »
Elle secoua la tête, faisant danser ses longs cheveux autour d'elle.
« Juste leur prénom : John et Virgil. On a beaucoup parlé. (elle releva subitement la tête.) Mais je ne leur ai pas dit que j'étais une sorcière !
_ Tu crois que ce sont des moldus ?
_ Virgil ne parlait que de voitures et de motos, pour lui j'en suis sûre. John je ne sais pas.
_ Tu as… je veux dire tu t'es sentie proche d'eux ?
_ On s'est embrassés plusieurs fois oui et ils sont sortis avec nous quand on a quitté la boîte. John est vite parti et j'ai proposé à Virgil de me raccompagner chez moi pour prendre un dernier verre. »
Définitivement, ça sentait le coup fourré. Dean n'était même pas sûr d'avoir besoin qu'elle lui raconte la fin de l'histoire, il la devinait. C'était cousu de fil blanc. Pourtant, il ne prononça pas un mot et attendit la suite. Celle-ci ne le surprit nullement :
« Il m'a dit qu'il n'était pas sûr que ce soit une bonne idée. Mais moi j'avais envie. »
Consciemment, elle évita le regard de son oncle qui, dans son fauteuil, était en train de se liquéfier de déception et d'angoisse. Dean comprenait, il était en train de découvrir que sa nièce, en plus d'être une irresponsable, était une fille facile prête à accueillir n'importe quel garçon chez elle pourvu qu'il lui donne du plaisir.
« Il n'a pas voulu venir c'est ça ?
_ Non et là Emmy m'a dit que je n'avais qu'à le forcer avec la magie. »
Le silence tomba tel un couperet. Dean toussa dans sa main.
« Tu sais que pour une chose pareille la sanction c'est Azkaban ? »
Il tenta d'ignorer au mieux Harry qui enfouissait son visage dans ses paumes en se lamentant tout bas. Molly, elle, avait un air piteux.
« J'étais ivre, je ne savais pas ce que je faisais et je ne pensais même pas que je serais capable de lancer un impardonnable. J'ai fait ça pour rigoler !
_ Si tout le monde faisait ça pour rigoler tu imagines ce qui pourrait arriver ? répondit Dean d'un ton volontairement dur. Pour rigoler je fais semblant d'envoyer un avada kedavra et je tue Harry. Si tu n'es pas capable de te tenir quand tu bois alors soit tu ne bois pas soit tu n'utilises pas ta baguette. Tu comprends dans quelle situation tu mets ta famille ? »
Et comme pour appuyer ses dires, Percy arriva tout à coup. Lui aussi avait le visage marqué par le temps mais surtout par les soucis dus à son travail. Une grande ride lui barrait le front. Il embrassa sa fille sur la joue puis serra les mains de Dean et Harry.
« Je suis revenu aussi vite que possible. Merci d'être venus monsieur Thomas.
_ Je vous en prie. Vous avez été mis au courant de la situation ? »
Percy acquiesça. Il retira son chapeau qu'il posa délicatement sur la table du salon puis ses lunettes qu'il essuya sur un mouchoir qui avait l'air propre qu'il tira de sa poche.
« La situation est grave. Molly que dois-je faire selon toi ? »
Son ton était très autoritaire et Dean devina que les filles avaient été élevées de manière très stricte. La jeune femme baissa les yeux, se cachant derrière ses cheveux. Elle se remit à jouer avec sa baguette.
« Je ne sais pas.
_ Est-ce que je dois te laisser aller à Azkaban ? »
Elle se redressa tout à coup.
« Non !
_ Tu promets de ne jamais recommencer ?
_ Je le jure ! »
Dean sentait venir le coup, il se leva.
« Monsieur Weasley, on ne peut pas effacer ça comme ça ! »
Mais Percy se retourna subitement vers lui. Il le foudroya du regard.
« La justice est la même pour tout le monde monsieur Thomas et je ne suis pas le nouveau Bartemius Croupton. Ma fille sera punie mais elle n'a pas besoin d'aller à Azkaban.
_ Je réclame sa baguette. »
Ils se jaugèrent du regard. Dean avait des filles lui aussi et il savait qu'il suffisait de peu pour que ça dégénère. Il voulait bien se montrer indulgent et éviter la prison à Molly, malgré son crime, elle ne la méritait pas.
« Combien de temps ?
_ Jusqu'à ce que nous l'aurons décidé.
_ Je ne vais plus pouvoir faire de magie ? »
La jeune femme s'était levée elle aussi et s'était mise à trembler de tous ses membres. Elle agrippa le bras de son père qui, lui, consulta Harry du regard. Ce dernier acquiesça doucement.
« Il n'y a pas d'autre solution, Percy.
_ Mais… combien de temps ? insista Molly qui, comprenant qu'elle n'irait pas en prison, commençait maintenant à faire sa mauvaise tête.
_ Jusqu'à ce qu'on décide que tu es à nouveau prête à faire de la magie. Je vais exiger que tu suives des stages, répondit Dean, et quand on pourra à nouveau te faire confiance, on te la rendra. »
Il tendit la main. La jeune femme hésita.
« Molly, insista-t-il avec une voix radoucie, c'est un compromis pour t'éviter la prison. Si tu refuses, je n'aurais pas d'autre choix que de demander un an à Azkaban. »
Percy l'encouragea d'un mouvement du menton et, avec un soupir à fendre l'âme, elle sortit sa baguette de sa poche pour la déposer dans la paume de l'auror.
« Je promets, dit-elle, de ne plus jamais boire une seule goutte d'alcool. »
Dean acquiesça. C'était effectivement plus raisonnable.
« Il y aura un amende, ajouta-t-il, conséquente. Mais je crois pouvoir éviter les journalistes et faire taire l'incident. Si une telle chose se reproduit, je ne serais plus aussi indulgent. Je ne l'ai fait que pour Harry, parce que c'est mon ami. »
Harry posa la main sur son épaule.
« Merci pour tout, Dean. »
Il quitta la maison avec un horrible goût amer dans la bouche. Une justice pour les dirigeants et une pour le peuple et, aujourd'hui, il y avait participé. Il monta dans la voiture, jeta la baguette de la jeune fille sur le siège passager. Maintenant il allait devoir faire taire Nott et les langues de plomb. Ce n'était pas le plus dur mais ça l'embêtait. Il n'aimait pas ça. Il n'aimait pas mentir et encore moins lorsque c'était pour couvrir quelqu'un.
D'ailleurs, il regrettait déjà presque son geste.
Dans un geste furieux, il enclencha le contact et le moteur rugit. Fichues machines moldues qui faisaient toujours tant de bruit !
