CHAPITRE TROIS

Epouse-moi

Après dix minutes passées dans la cuisine, le lieutenant Hawkeye revint dans le salon, une théière dans la main droite. Elle versa une partie de son contenu dans quatre tasses qu'elle avait préalablement préparées avant de poser le récipient sur un repose-plat et de s'assoir aux côtés de son amie, la jeune Rockbell qui esquissait un large sourire. C'est d'ailleurs sur un ton moqueur qu'elle s'adressa à l'autre blonde.

" - Alors comme cela, tu joues les infirmières personnelles pour le grand et ténébreux Colonel Mustang ? Demanda-t-elle, les yeux pétillants de malice.

- Je n'y ai pas réfléchi mais on peut le voir comme cela. Cependant, une fois que le Colonel aura prit ses marques, je le laisserai se débrouiller seul, répondit Riza.

- Vous étiez déjà son garde du corps et vous acceptez maintenant de lui servir de bonne à tout faire ? Questionna Edward. Vous en avez du courage.

- Qu'est-ce que tu insinues, Fullmetal ? Rétorqua Roy en se redressant légèrement.

- Simplement que vous n'êtes pas capable de vous prendre en charge. Vous ne pouvez rien faire sans la compagnie d'une femme, n'est-ce pas ?

- Je ne vais pas te cacher que j'apprécie qu'une femme soit auprès de moi mais... Je ne suis pas incapable de mener ma vie tout seul ! "

Voyant que la discussion prenait une tournure étrange, Winry décida qu'il était temps de changer de sujet.

" - Colonel ! Vous avez des nouvelles de Monsieur Havoc ? Je crois qu'aux dernières nouvelles, il travaillait dans une petite boutique ?

- Récemment, il est revenu à Central et, même si tu ne vas pas être content, Fullmetal, il a de nouveau retrouvé l'usage de ses jambes, avoua le susnommé.

- Comment est-ce possible ? Ne me dites pas que vous avez utilisé la pierre philosophale ? S'exclama soudainement l'ancien alchimiste.

- Calme-toi, Ed, fit sa désormais compagne en posant une main sur son avant-bras.

- Tu ne connais pas toute l'histoire, intervint Hawkeye. Puis-je lui expliquer, Colonel ?

- Vous parlez de ce qui s'est passé à l'hôpital, Lieutenant ? Interrogea l'interpellé.

- Oui. "

Voyant que son supérieur avait hoché la tête, elle continua.

" - Merci, Colonel. Comme vous le savez, nous étions à l'hôpital après que tu aies vaincu le monstre. Et nous avons reçu la visite du docteur Marcoh. Ce dernier nous a révélé qu'il possédait une pierre philosophale et, il voulait la donner au Colonel mais... "

Elle dû s'interrompre un moment, sa gorge s'étant nouée en pensant à l'état dans lequel se trouvait le futur Führer. Elle ferma les yeux et reprit son récit en remerciant le ciel que son supérieur ne puisse voir à quel point elle se sentait triste.

" - Il a refusé pour permettre à Havoc de récupérer sa capacité à marcher alors qu'il aurait très bien pu s'en servir pour retrouver l'usage de la vue ! "

Elle avait terminé sa phrase en haussant un minimum le ton. Bouleversée, elle laissa quelques larmes s'échapper de ses yeux. Comme s'il l'avait senti, Mustang se rapprocha de sa seconde et la prit dans ses bras, comme il l'avait fait lorsqu'elle était mourante.

" - Ne vous en faites pas, Lieutenant. Je vais bien et je ne regrette pas du tout d'y avoir renoncer... Le bonheur des autres fait mon propre bonheur même s'il me manque une chose essentielle, déclara Roy en resserrant son étreinte autour des épaules de la jeune femme.

- Nous allons vous laisser, proposa Winry en se levant. "

Elle tendit une main vers Edward qui l'accepta tandis qu'il se sentait coupable d'avoir fait pleurer l'amie de sa petite-amie. Ils se saluèrent rapidement avant de sortir de l'appartement dont ils refermèrent la porte derrière eux.

Riza continuait de sangloter dans la chaleur de son supérieur qui, quant à lui, s'était mit à lui caresser le dos comme pour consoler un enfant. Il soupira longuement avant de prendre la parole :

" - Riza... Ecoute, je suis sincèrement désolé de t'avoir fait subir autant d'épreuves et... Il n'y a qu'une chose que je peux faire pour ne pas en accumuler d'autres et c'est pour cela que je vais te demander quelque chose de très important. "

Il attendit quelques secondes avant de continuer :

" - Quitte l'armée et accepte de m'épouser ... ! Termina-t-il en posant sa tête contre celle de sa partenaire. "

Contrairement à ce qu'il avait cru, les sanglots de la jolie blonde redoublèrent et il la serra davantage contre lui. Les battements de leur coeur avaient eux aussi redoubler et il fallut un moment avant que le lieutenant puisse répondre :

" - Roy... Es-tu certain de vouloir te marier à une femme comme moi ? Contrairement à ces filles avec qui tu as couché, je n'ai pas un caractère facile et...

- Moi non plus, la coupa-t-il. N'oublie pas à quel point je peux être flemmard, prétencieux, colérique. J'ai beaucoup plus de défaut que toi, j'en suis persuadé !

- Peu importe, je le supporterai ! Lâcha soudainement la jeune femme. Sache que je suis tombée amoureuse de toi au premier instant où je t'ai vu ! Cependant... Tu étais l'élève de mon père et je me suis interdit de te dévoiler mes sentiments. "

Le Colonel s'était approché précautionneusement de sa subordonnée et déposa l'une de ses paumes contre sa joue qu'il caressa du pouce. Malgré les limites qu'elle s'était imposée, elle fit le premier pas et l'embrassa. Au départ, le baiser se fit doux et tendre mais il devint rapidement fougueux et passionné, Mustang mettant une main derrière la nuque de sa partenaire pour l'approfondir. Après de longues secondes, ils se séparèrent, à bout de souffle, leur respiration saccadée.

" - Riza... Désolé de gâcher ce si beau moment mais... Tu ne m'as pas répondu, souhaites-tu devenir mon épouse ? S'enquit-il avec une légère inquiétude.

- Oui, souffla-t-elle. Je suis d'accord pour passer le restant de ma vie auprès de toi, en tant que Madame Mustang ! "

Il sourit tout en déposant à son tour, ses lèvres contre celles de sa désormais fiancée. Puis, il enfouit son visage dans le cou de cette dernière qui soupira de contentement.

" - Répète-le encore une fois, Riza, susurra-t-il à son oreille d'une voix suave.

- Madame Riza Mustang, dit-elle lascivement. Bon... Nous devrions aller nous coucher, la journée risque d'être longue demain, les dossiers s'accumulent d'après Breda. Viens, je vais te guider. "

C'est ainsi que la soirée se termina, ils s'endormirent sagement dans la chambre du beau brun ténébreux.