TOKYO ANIMAL – CHAPITRE 3

Bonjour à tous, ici Pep-chan ! Je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau chapitre de Tokyo Animal ! Je sais qu'il a beaucoup de retard mais j'ai eu une petite phase de « je ne sais plus quoi faire, dois-je continuer ? » mais je me suis remis dans cette histoire et j'ai eu pleins d'idées qui je pense vont vous plaire ! J'espère dans tous les cas… Comme je suis en vacances, je pense pouvoir poster deux chapitres en plus et en préparer un troisième… De plus, ce sera légèrement plus calme au niveau des cours pour le mois de Mars donc je vais peut être pouvoir plus écrire.

Je ne répondrais pas à toutes les reviews précisément mais je tenais à remercier Ciel Saynen, Rin-BlackRabbit, akane et DarkAlchemist pour leurs compliments et leurs encouragements, je vous embrasse ! Vos reviews m'ont vraiment donné envie de continuer et je vais tenter de m'améliorer. En effet, l'un(e) de vous m'a fait remarquer que ma formulation était quelque peu maladroite (merci beaucoup, DarkAlchemist, ta review m'a vraiment reboostée ! Et évidement qu'il va y avoir du yaoi, ah, ah !) et je suis tout à fait d'accord. J'ai essayé d'améliorer ce point, j'espère que ça vous plaira.

Pour finir, j'essayerai d'être plus précise dans mes explications sur toutes les institutions, etcetera, mais n'hésitez pas à m'envoyer un MP si vous avez des questions.

Résumé :

Les batailles de clans font rage à Tokyo, et des innocents commencent à être ajoutés à l'équation. Yui Michimiya, une journaliste humaine, commence à s'intéresser à ces histoires mais ne se rend pas compte du danger qu'elle court. Au même moment, Daichi Sawamura, chef de Karasuno, envoie ses Oiseaux à la recherche de nouveaux membres pour se lancer dans une grande croisade contre les Félins, ses pires ennemis. Les rouages commencent à s'imbriquer : le chef du Conseil réagit et demande de l'aide au Recrutement les Félins réagissent également et le danger plane de plus en plus sur certaines personnes…

Je rappelle que j'ai désormais Twitter ( xPepchan) et que si vous avez besoin d'une bêta-lectrice, je suis complètement partante !

Bonne lecture !

PS : le correcteur ne m'insulte pas quand j'utilise des accents circonflexes alors j'acquiesce de les utiliser encore (je suis une thug, moi.)


« Au fait, Kageyama-sama, avez-vous vu le mot au sujet du couvre-feu ? Votre mère m'a demandé de vous en informer si ce n'était pas le cas… »

La blondinette était en train de plier du linge et le disposait dans l'armoire de son jeune maître. Elle ne le vit donc pas se figer à ses mots. Un couvre-feu…

« Dans combien temps ? Demanda-t-il en évitant de faire trembler sa voix.

-Dans trois jours, me semble t-il… Il y aura des policiers et des recruteurs partout ! Expliqua-t-elle avec un sourire. C'est plutôt rassurant, non ? »

Elle se retourna vers le brun mais celui-ci la regarda à peine en répondant dans sa barbe. La jeune femme haussa un sourcil mais ne dit rien et sortit de la chambre. Elle trouvait le jeune homme bizarre ces derniers temps… C'est les hormones, lui avait chuchoté Kaori. Bon, Yachi se souvint également avoir rougit comme une tomate à cette phrase.

Du côté de Tobio, il avait frappé son poing sur le bois de son bureau dés que la blondinette était partie. Rapidement, il sortit son petit carnet et l'ouvrit à la dernière page remplie d'écritures. Grimaçant, il prit un stylo à la va-vite, renversa le pot au passage, et ratura quelques lignes. Il écrivit de nouvelles données puis se stoppa en fixant un point invisible par sa fenêtre. C'était maintenant ou jamais…

Son plan initial avait complètement été réduit en bouillie. Initialement, il ne devait partir que dans cinq-six jours mais, en prenant en compte l'incertitude du nombre de jours donnés par Yachi, il devait le faire ce soir.

Le jeune homme se précipita vers son armoire et sortit un sac à dos de sport et quelques changes basiques. Il prépara de quoi se changer le soir même et revint vers son bureau pour mettre le strict minimum : bouteille d'eau, lampe torche, barre protéinée, quelques bricoles, et surtout son carnet. Alors qu'il bouclait son sac, il entendit le clic familier de sa porte. Se figeant, il jeta son sac sous son bureau et s'y assit précipitamment en ouvrant ses cahiers de mathématiques.

« Tobio ? » Demanda une voix douce.

Alors qu'il allait se lever pour se jeter dans ses bras, il se souvint qu'il devait cacher son sac sous ses pieds. Il resta donc assit, faisant mine de se concentrer sur ses exercices. Kaori s'approcha de lui, posa ses mains sur ses épaules et l'embrassa sur la joue :

« Que fais-tu, mon grand ? »

Il lui montra ses cahiers et sa chère mère prit un tabouret pour s'asseoir à ses côtés. Etonné, il se tourna vers elle et la regarda dans les yeux. Kaori poussa un peu les cahiers puis prit les mains de son fils :

« Mon chéri… Je voulais te dire quelque chose… »

Elle semblait gênée mais Tobio vit également un peu de tristesse dans ses yeux. La boule au ventre, il s'approcha d'elle pour l'inciter à continuer.

« Je sais que tu es assez grand pour comprendre ça… On m'a proposé un contrat de six mois en Chine, j'en ai parlé avec ton père, il pense que c'est une bonne opportunité mais je voulais savoir si-

-Je trouve aussi que c'est une bonne idée, Maman… Tu devrais tenter. »

Le noireaud répondit en regardant sa mère droit dans les yeux. Celle-ci, bien qu'étonnée, lui sourit et le remercia. Elle le rassura encore, lui promit de l'appeler aussi souvent que possible et d'être de retour avant qu'il ait pu souffler. Pourtant, du côté de Tobio, c'était l'occasion parfaite ! Il n'aurait pas à supporter le regard blessé de sa mère s'il se faisait ramener par la police (ne pas y penser, ne pas y penser) et ça lui laissait six mois pour accomplir son objectif. Ce qui était court mais plutôt raisonnable. Après ça, même en fugueur, il pourrait se présenter rempli de fierté devant ses parents.

Sa mère se leva donc pour partir mais il l'arrêta par le poignet.

« Je t'aime, Maman.

-Oh, moi aussi mon Amour, je t'aime plus que tout. Nous t'aimons plus que tout. » Répondit-elle avec un sourire comblé.

Il sentit son cœur se gonfler, malgré qu'il doute des derniers mots de sa mère. Son père, l'aimer sincèrement ? Il en doutait… Dés que Kaori s'en alla, il resta pensif quelques instants, à fixer le ciel déjà sombre.

Evidement, il avait hésité. Beaucoup au début. Mais désormais, il se sentait de plus en plus prêt et pas découragé pour un sou par ses échecs ! Pourtant, il savait qu'il fallait qu'il garde la tête froide et qu'il ne se laisse pas aller à la peur facilement. Se relevant vivement, il se claqua les joues. C'était le moment, le jour qu'il avait attendu : il ne devait pas reculer, jamais, et surtout pas maintenant !

Finissant ses préparatifs, il alla dans la salle de bain de son étage et se brossa rapidement les dents, devant le regard ahuri de Yachi qui ne l'avait jamais vu se les laver aussi rapidement. Peut être l'annonce du départ de sa mère, avec qui il était si proche, le dérangeait quelque peu…

Elle haussa les épaules en lui souhaitant une bonne nuit. Pourtant, son jeune maître s'arrêta devant elle et la prit par les épaules.

« Merci beaucoup, Yachi-san, pour tout. Bonne nuit.»

Etonnée de nouveau, elle le remercia à son tour d'une petite voix et le regarda partir d'un pas décidé vers sa chambre. Elle espérait qu'il ne ferait pas de nouvelle tentative de fugue… Ou peut être avait-il abandonné définitivement l'idée ? Souriant, elle préféra cette option et partit rejoindre la laverie.

Là, il se glissa dans un jean abimé, mit un t-shirt noir et une veste de survêt grise. Puis, cachant son sac sous ses couvertures, il s'y glissa également, masquant le fait qu'il soit habillé en remontant la couette jusqu'à son cou. Kaori vint lui faire la bise et vérifier qu'il avait bien éteint sa lumière.

Tobio attendit plusieurs minutes avant de bouger, veillant à ne plus rien entendre. Il perçut les pas de sa mère s'éloigner et vit la lumière du couloir s'éteindre, par les soins de Yachi. Puis, il entendit des bruits de pas à côté de sa chambre, signifiant que la jeune femme rejoignait ses appartements. Et puis plus rien. Se redressant, le jeune homme attendit encore une minute ou deux puis il se leva enfin.

Vacillant légèrement, il enfila son plus vieux blouson et mit son sac sur ses épaules. Une casquette sur la tête, et le tour était joué. Le plus dur était encore à faire…

Il ouvrit délicatement la porte, regarda des deux côtés, et se dirigea à pas feutrés vers la laverie et la fameuse fenêtre qu'il avait raté il y plusieurs jours de cela. Vérifiant de nouveau qu'il n'y avait personne dans la pièce, il posa sa main sur la poignée mais déchanta bien vite en voyant qu'elle était complètement fermée à clé. En effet, la fenêtre ayant des poignées à l'intérieur et à l'extérieur, elle était souvent fermée. Il avait oublié ce détail, prenant en compte la poignée extérieure comme une échappatoire si jamais les gardes le repéraient.

Grimaçant, il sentit la sueur couler sur son front mais se reprit et sortit de la laverie pour se diriger vers les cuisines. Là, il savait qu'il y avait des fenêtres simples et qu'elles ne faisaient pas de bruit. Arrivé à destination, il réussit à ouvrir une des fenêtres et apprécia le courant d'air de la nuit. Passant une jambe par-dessus, le garçon s'arrêta un instant. Plus de retour possible, donc… S'empêchant de regarder en arrière, il sauta définitivement. Un sentiment qu'il ne connaissait que trop bien lui prit à l'estomac. L'adrénaline.

Souriant, Tobio savait que ce n'était pas terminé. Il se dirigea à tâtons vers l'arrière de la maison et rejoint un de ses arbres sans se faire repérer. Bien, dernière partie du plan en marche : grimper sur cet arbre et passer par-dessus le mur qui protégeait sa maison. En effet, cet arbre avait une branche assez grande pour toucher le mur et lui permettre d'y accéder. Il y était souvent monté plus jeune, ça ne devrait pas être compliqué.

Pourtant, alors qu'il allait entamer sa montée, des bruits l'alertèrent. Des gardes. Il entendait parfaitement leur voix. S'agenouillant dans l'ombre, derrière l'arbre, il essaya de calmer sa respiration.

« Et là, tu vois, il lui donne la montre et il la fait glisser jusqu'au méchant qui se prend une vilaine explosion !

-Hm, pas mal… Mais t'as vu la scène dans l'eau, me dit pas qu'il n'est pas super fort ? »

Ses oreilles bourdonnaient et son cœur battait à tout rompre. La main sur la bouche, il ne faisait pas attention à leur discussion et attendit qu'ils passent de l'autre côté de la maison. Dés qu'ils furent partit, le brun put souffler enfin. Il avait été trop confiant… Veillant à ce qu'il n'y en ait pas d'autres, il commença son ascension. Ce fut plus difficile que prévu mais il y parvint.

Au niveau de la branche en question, Tobio prit quelques instants pour souffler et avança à quatre pattes sur la branche puis posa enfin pied sur l'épais mur en pierre grise. Bien maintenant, descendre.

Le mur était fait en brique et il y avait quelques interstices pour qu'il puisse descendre. Pourtant, dés qu'il posa un premier pied sur une brique, sa semelle glissa et il se sentit tomber en arrière.

Ecarquillant les yeux, il battit inconsciemment des bras en fermant les yeux. Il vit sa vie défiler devant ses yeux et tous ses efforts détruits pour rien, par une chute idiote. Pourtant, la chute ne vint pas et, lorsqu'il rouvrit les yeux, sa vision semblait différente et il était à quelques centimètres du sol dans les airs.

Reprenant ses esprits, il arrêta de battre des bras –pas vraiment en réalité- et découvrit qu'il était posé sur des pattes et non plus des pieds. Il-il s'était transformé ?

Cela faisait si longtemps –depuis son enfance- qu'il n'avait revêtit sa forme animale et il se sentait…étrangement bien. Se concentrant de nouveau, il retrouva sa forme humaine et se cacha rapidement à l'angle d'un bâtiment, le cœur battant.

C'était ses émotions qui lui avaient permis de se transformer : sa peur de mourir et l'adrénaline de sa fuite. Il faudrait qu'il fasse attention à l'avenir. Le jeune homme calma du mieux qu'il put les battements effrénés dans sa poitrine puis se détourna du mur.

Comme dans la cuisine, il ne devait pas regarder en arrière, il y était maintenant. Deux arrondissements à traverser et il attendrait le Sud de la capitale… La liberté est enfin à moi, je vais pourrait accomplir mon rêve, se dit-il en commençant sa marche à travers les ruelles.


Un bruit de papier froissé le fit instinctivement se retourner, malgré le fait qu'il fasse parfaitement jour et qu'il soit dans une rue marchande. Des séquelles qu'il avait gardées d'Amérique… Le jeune homme resserra l'écharpe en laine rouge cousue par ses soins autour de son cou, s'adaptant toujours difficilement à l'air bien plus frais du Japon. Rester concentré sur sa route, tout en ne paraissant pas suspect et en veillant à ne pas être suivi. Un jeu d'enfant…

S'approchant du stand de livres d'un marchand itinérant, le châtain s'attarda sur les reliures alors que le vieil homme lui disait avec un sourire :

« Nous avons des livres allemands si cela vous intéresse.

-Je préfère le russe.»

Le jeune homme salua le vendeur d'un signe de tête puis s'en retourna sur son chemin, vérifiant une énième fois qu'il n'était pas suivi. Il marcha quelques mètres de plus et rentra finalement dans un café. Frottant ses mains, il s'avança vers une fenêtre donnant sur la rue et attendit un serveur. Après avoir commandé un café noir –Kuroo n'arrêtait pas de se moquer de lui en disant qu'il faisait ça pour paraître plus adulte-, sa boisson arriva plutôt rapidement et il resta ici pendant une bonne partie de l'après-midi, à griffonner sur son calepin. Deux autres cafés plus tard, il sentait une migraine arriver et décida de sortir, d'autant plus que son rendez-vous n'allait pas tarder. Dés qu'il sortit, un vent frais s'engouffra dans son blouson et il maudit son chef de l'avoir envoyé dans le 14ème pour ce fichu rendez-vous. Si l'allé s'était déroulé au chaud dans le train, il devait maintenant subir l'assaut du vent –qui n'était pourtant constitué que de légères brises passagères- en marchant vers un entrepôt prêt du parc. Le jeune homme sortit un papier sur lequel était gribouillé un plan rapide de l'arrondissement et suivit les indications inscrites.

Grommelant encore pour la forme du peu de précisions données par le plan, il dû pourtant se débrouiller seul, ne pouvant risquer de parler de trop prêt à un piaf –malgré qu'il soit en territoire neutre et que Bokuto soit ami avec Kuroo (ou du moins c'est ce qu'il avait compris). Enfin, il trouva ce qui semblait être l'entrepôt en question : délabré et un toit plat en tuiles rouges. Enfonçant sa tête dans son cou, il s'avança, les mains dans les poches, vers l'entrée du bâtiment.

Après avoir ouvert une porte en fer, il découvrit l'entrepôt tout d'abord vide, seulement des piles de bois couvertes par des bâches, puis vit rapidement son contact assis sur le rebord d'une caisse. Celui-ci se releva prestement, secoua son jean puis le rejoint, stressé:

« Bonjour, Yaku-san, le voyage s'est bien passé ?

-Très bien, Fukunaga, malgré le froid… Eh, calme-toi, je n'ais pas été suivi.

Le brun sembla rassurer et regarda machinalement de droite à gauche avant de reprendre en s'excusant :

-Je suis désolé, mais vous savez que c'est compliqué là-bas…

-Je sais bien. Bon, qu'as-tu à m'apprendre ?

Le siamois en face de lui se reprit et sourit :

-Nishinoya Yû est fini !

-Tu en es certain ?

-Il a été gravement blessé et m'est avis qu'il ne s'en sortira pas.

-Donc il n'est pas encore mort… Fit remarquer Yaku.

-Ça ne saurait tarder. »

Malgré que le brun soit fier de son info, cela n'eut pas l'air d'avoir le même effet sur le châtain qui le lui fit savoir par un regard glacial. Malgré sa petite taille, il ne fallait pas prendre l'un des bras droits du Grand Tigre à légère. Celui demanda sombrement :

« Tu crois vraiment que Kuroo va se contenter de ça ?

-N-non, non ! Bien sûr que non ! S'excusa Shôhei avant de reprendre en déglutissant. J'ai une autre nouvelle mais cela ne va pas vous plaire…

-Dis toujours… Soupira l'émissaire.

-Sawamura a lancé un plan pour gonfler ses troupes, il veut se venger définitivement de nous… Il rassemble également ses plus proches bras-droits pour une réunion importante au sujet de ses objectifs plus…précis…

-Hm, intéressant, sourit Yaku, quand a lieu cette réunion ?

-Samedi soir… Sourit le brun, rassuré, mais Yaku se reprit rapidement :

-Bien, tu vas évidement t'y rendre et nous envoyer un message dés que tu en auras appris plus. Pour info, Kuroo prépare déjà la riposte, on n'a pas attendu tes infos de merde pour se renseigner… »

Mort de peur, pour sa mission et en comprenant qu'il avait déçu ses employeurs, il voulu répliquer mais le regard froid de l'autre Félin l'en dissuada rapidement et il baissa les yeux. Yaku soupira et commença à se détourner. Arrivé prêt de la porte, il se tourna finalement vers le brun :

« Bon et bien… Adieu ! »

La porte claqua et Shôhei Fukunaga sût qu'il avait signé son arrêt de mort. En temps normal, son patron n'aurait pas accepté qu'il soit envoyé directement dans le bec du Grand-Corbeau mais on ne décevait pas Kuroo. Après tout, il fallait que le sang s'écoule sans encombre et fasse circuler l'oxygène pour que le cerveau puisse bien fonctionner.


L'un des deux corps donna un dernier coup de reins puissant alors que le second étouffait un long gémissement dans le cou de son amant. Les deux amoureux s'écroulèrent, pantelants, sur le futon, toujours entrelacés. Une brise traversa la chambre alors qu'ils retrouvaient un souffle normal. Le plus grand se décolla le premier et, dégageant une mèche de cheveux grise du front de son partenaire, il l'embrassa. Puis, il s'allongea de façon à ce que l'autre puisse se blottir contre lui. Ils restèrent là quelques minutes, en silence, à apprécier les rayons orangés du soleil couchant sur leurs peaux mouillées. C'est de nouveau le dominant qui parla le premier :

« Pars avec moi, Kôshi.

-Tu sais bien que c'est impossible. » Rit doucement le plus jeune, habitué à cette phrase de son amant après avoir fait l'amour.

Le jeune héritier décrivait des cercles sur le haut du torse du brun du bout de son doigt et s'étonna de ne pas l'entendre réagir. Il releva donc le menton et le vit en pleine contemplation du ciel. Il demanda donc en chuchotant :

« Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »

Voyant que le brun ne réagissait toujours pas, il se redressa franchement. Celui-ci sembla enfin reprendre conscience de sa présence et lui fit un sourire d'excuse. Il reprit en lui caressant la joue :

« Sérieusement, viens avec moi, je te préfères à mes côtés, en sécurité…

-Tu ne continue jamais cette conversation d'habitude… S'étonna le jeune homme.

-Et bien, tu me manques vraiment et-… Essaya le brun mais il se fit rapidement arrêter par le regard de Kôshi.

-Ne me raconte pas de bêtises, Daichi, tu ne peux pas me mentir. Que prépares-tu ? »

Le chef des Corbeaux soupira en baissant les yeux. Il se redressa pour faire face à son amant qui le regardait les bras croisés sur son torse fin. Le brun posa ses mains sur les joues pâles de l'androgynus et lui dit d'un air sérieux, mais presque fou, qui fit frissonner Kôshi :

« Quelque chose de fantastique, qui va changer notre vie !

-Daichi… Tu m'inquiètes là, explique moi…

-Non (il secoua la tête) tu ne peux pas encore comprendre, Amour, mais tu n'auras plus à suivre les ordres de ton père et porter l'enfant d'un autre ! »

Baissant les yeux, le jeune homme eut un sourire triste en pensant à cette histoire et toucha inconsciemment son ventre. Il n'avait jamais voulu devenir un androgynus, et il se rappelait encore de la douleur qu'il avait ressentit, mais il avait dû suivre les ordres de son paternel, le chef du clan Ukai. Aujourd'hui, celui-ci voulait le marier à un riche héritier pour qu'il puisse lui procurer une descendance digne de ce nom. Mais, Daichi était arrivé dans sa vie et il ne comptait pas le laisser partir… Alors, Kôshi releva la tête et plongea ses yeux ambre dans ceux de son amant :

« Fais ce que tu veux, Daichi, mais par pitié fais attention à toi… »

Le brun acquiesça et l'embrassa chastement. Ils se firent interrompre par des coups donnés à la porte.

« Ukai-sama, je viens vous apporter vos habits pour le repas. »

Toujours son sourire aux lèvres, Daichi se redressa, se rhabilla et, avec une dernière caresse sur la joue de son amant qui le regarda d'un air suppliant et un dernier "je t'aime", il se transforma et s'envola dans le ciel rosé. Des plumes noires tombèrent dans la chambre et Kôshi les ramassa pour les cacher et remettre ses draps en ordre. Ensuite, il informa le serviteur qu'il ferait sa toilette seul puis l'appela dix minutes après pour qu'il aide à revêtir son kimono.

« Le repas est servi, Ukai-sama. »

Acquiesçant, le jeune homme le suivit à travers les couloirs, en pensant à la rapide discussion qu'il avait eut avec Daichi. Vraiment, il ne savait ce que prévoyait son amant et ça l'inquiétait sérieusement. Surtout avec tous ces problèmes de clans…

Attendant qu'on lui ouvre la porte pour rejoindre la salle à manger, il toucha inconsciemment son ventre et caressa la plume qu'il gardait coincé dans un pan de sa manche.

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Alors là, c'était la meilleure. La nouvelle qui embellissait sa journée. Yaku foudroyait du regard la petite affiche collée à la porte en grillage vert, faisant fi des grognements de mécontentements des personnes autour de lui. Enfonçant ses mains dans ses poches, il fit demi-tour pour rejoindre le centre-ville et se trouver un hôtel. Foutu train et problèmes de maintenances

Ne préférant pas jouer la carte de Fukurôdani trop rapidement, le jeune homme traversait les rues à la recherche d'une chambre pas trop chère pour y passer la nuit. Malheureusement, toutes celles qu'il dénichait étaient soient trop coûteuses soit complètes. Et il ne pouvait pas rentrer sous sa forme animale, la route était trop longue et c'était trop risqué. Super journée, vous dis-je.

Grognant, il reprit sa route, sans trop savoir où aller. Yaku pensa rapidement à Shôhei et à la façon dont il allait rallier le 12èmearrondissement. Enfin, sa vraie forme était moins risquée que la sienne. Il y pensa, sans avoir une quelconque once de pitié pour lui. Le brun avait, à une époque, montré des signes de réelles capacités d'infiltration. En effet, il avait une faible odeur et maîtrisait bien la forme de ses pupilles : le candidat parfait en somme. Mais, il faut évidement un point sombre au tableau… Depuis l'animosité croissante entre les deux clans, les bagarres se faisaient plus nombreuses et cet imbécile commençait à…avoir peur. Et ça se voyait. Des infos de moins en moins potables, de moins en moins de messages… Il n'en fallu pas plus à Kuroo pour comprendre que son agent était devenu une mauviette. Sur le coup, Yaku avait pu le comprendre mais…les Félins de Nekoma n'avaient pas peur, point à la ligne. Leur société et leur époque était trop compliqué et dangereuse pour qu'il s'intéresse au sort d'une poule mouillée.

Plongé dans ses pensées, il passa devant un petit restaurant. Inconsciemment, le jeune homme releva la tête à cause de la devanture très lumineuse et dans les teintes orange. Pour se faire un peu rêver, il lut la carte et sentit son ventre crier. Grimaçant, il s'en écarta, reprenant son chemin initial. C'est-à-dire…aucune destination. Soupirant, il s'arrêta soudainement quelques mètres plus loin, se retrouvant au niveau d'une ruelle adjacente au restaurant. Il s'agissait en réalité d'une ruelle appartenant au restau où étaient entreposée des poubelles et des cagots vides.

Alors que le Félin allait repartir, il entendit un grand coup et des cris. Tournant la tête vers la ruelle, il vit une porte en fer s'ouvrit brusquement et un gros japonais en sortir pour jeter une autre personne dehors. Le cuisiner criait comme un charretier alors que la personne se ratatinait contre le mur en brique. Après que l'homme soit partit dans un puissant claquement de porte, Yaku se retrouva, sans s'en rendre compte, dans la ruelle. Arrivant prêt de la personne qui ne bougeait plus (il se demandait si elle n'était pas morte), il s'agenouilla sans la toucher :

« Est-ce que ça va ? »

A vrai dire, il ne savait pas du tout pourquoi il se retrouvait là. On ne l'avait jamais aidé, lui, quand il était viré aussi sec contre des poubelles… Peut-être qu'il ne voulait le laisser dans la détresse dans lequel il avait été un an plus tôt ? En effet, il avait supposé que la personne soit un homme. Quoi que recroquevillé, il avait aperçu des jambes et des bras plutôt fins et longilignes. De plus, lorsque la personne s'était soudainement relevée vers lui, Yaku avait aperçu un torse plat et des traits masculins. Mais pas seulement… Il avait aussi frissonné. Des yeux verts à la pupille très fendue qui semblaient le juger, d'un air effrayé. Le châtain, déglutissant, répéta :

« Est-ce que ça va ? »

L'autre jeune homme, aux cheveux gris, baissa les yeux et tentant de répondre mais n'y parvint pas.

« Russe… »

Quelle aubaine. Après un séjour de quelques temps en Russie avant de rejoindre le Japon (au niveau climat, Yaku ne pouvait pas supporter la Russie), il avait appris les bases et s'était passionné pour sa littérature. Dans un russe très approximatif et basique, il répondit :

« Je…parle un peu russe…

Agréablement étonné, le jeune homme en face de lui se redressa et le dépassa d'une tête. Bon, ça annonçait la couleur, pensa Yaku, pour qui sa taille était un sujet bien sensible. Avant que l'autre ne parte dans un récit interminable, le châtain le devança :

« Thérianthrope ? » Demanda t-il en pointant du doigt l'inconnu (il s'en doutait avec ses yeux).

L'autre acquiesça vivement et, contre toute attente, se transforma. Yaku se retrouva donc face d'une once adulte très, très grande. Et c'était bien un Félin en plus, c'était sa chance… Le destin les avaient réunis ou quoi ? Paniquant, il lui expliqua tant bien que mal de retrouver sa forme humaine. Intrigué, le jeune homme l'écouta pourtant et attendit une réaction de la part du châtain. Celui-ci soupira et se frotta les yeux, gêné par l'air amusé et intéressé de l'autre. Ce mec était bipolaire ou bien ?

Yaku finit par se redresser et indiqua à l'autre de faire de même. Ne pouvant rentrer en train, il oublia toute possibilité de le faire en forme animale –surtout avec une panthère dans les pattes-. Il ne lui restait plus qu'une idée…les Chouettes.

En évitant de remarquer que le garçon le dépassait désormais de deux têtes, il lui expliqua tant bien que mal qu'ils faillaient qu'ils soient discrets car ils avaient une bonne heure de marche avant d'arriver au bar de Fukurôdani. Etant donné qu'il bégayait et trouvait ses mots avec difficulté, l'autre semblait amusé et souriait grandement en voyant l'autre bougonner.

Finalement, Yaku commença la marche en passant par les ruelles les plus discrètes. Malgré qu'il soit habillé convenablement, le russe ne passait pas inaperçu. Ah, mais au fait…

« Comment t'appelles-tu ? Je suis Yaku Morisuke… »

Le plus grand sourit, faisant pétiller ses prunelles vertes et répondit :

« Lev Haiba ! »

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Levant les yeux sur toute la longueur du bâtiment, elle déglutit malgré elle. Souffle Yui, tu n'as pas à avoir peur… Se disait-elle depuis une bonne heure maintenant. Mais une petite voix au fond d'elle n'arrêtait pas de lui dire que c'était une très mauvaise idée et qu'elle devrait rentrer chez elle pour se goinfrer de glace rhum-raisin devant une série. Soupirant, elle réajusta une mèche noire derrière son oreille –notant qu'il faudrait qu'elle retourne chez le coiffeur- et tira un peu sur sa jupe tulipe noire.

Entrant finalement dans le hall de l'immeuble, la jeune femme se dirigea vers l'accueil en faisant claquer ses talons sur le sol.

« Bonsoir, je suis Haruna Moé, j'ai rendez-vous avec Ushijima-san.

- Bien sûr, suivez-moi, Haruna-san. »

Elle suivit la jeune femme et la détailla de la tête aux pieds pour obtenir le plus d'informations possible. Beau tailleur, coupe parfaite, maquillage discret mais classe…bien représentative de l'endroit où elle travaillait. Elle se trouvait donc dans l'immeuble de Wakatoshi Ushijima, le chef du clan Shiratorizawa, un clan très riche et puissant qui trainait un peu dans tout. Commerce, finances et…politique. Et, d'après ses sources, le patron de ce clan prenait souvent son déjeuner avec le gouverneur. C'était donc lui qui devait avoir des infos quant à la situation des clans…

La secrétaire l'amena devant un ascenseur et la laissa seule, avec un sourire professionnel, rejoindre le bureau de son patron.

« Une collègue va s'occuper de vous quand vous arriverez en haut. »

La brunette acquiesça puis, dés que les portes furent fermées, elle souffla. Quel stress, bon Dieu… Son plan était pourtant parfait… Elle s'était fait passer pour une simple journaliste, s'était procuré de faux papiers d'identité et avait proposé d'écrire un article sur Ushijima. Evidement, elle parviendrait à lui poser des questions sur les clans… Pourtant, elle se sentait inquiète…

Non, il ne fallait pas. Elle était talentueuse et intelligente, il n'y avait pas de raison qu'elle échoue. Et pourtant…


J'adore être cruelle… Bon ! Un bon chapitre de fait, je suis plutôt contente –enfin, j'ai plutôt été contente de l'écrire. Pour le prochain, je vous annonce juste que j'ai commencé à l'écrire et notamment le repas entre Akaashi et Oikawa. Mon Dieu, j'adore écrire ce passage ! (je défend les cracks-pairing, donc OUI, il se passera sûrement quelque chose entre eux même s'ils ne se sont jamais parlé dans le manga.)

Bon et bien, j'espère que cela vous a plu, à très vite pour la suite !

Bien affectueusement, votre Pep-chan !

PS : Au fait, vous avez vu l'air MEGA-BADASS d'Iwaizumi dans l'épisode 19 ? Mon Dieu, je fonds, je ne me souvenais pas de ce passage dans les scans ! Mais qu'est-ce que je sur-kiffe ce personnage, c'est fou !