Titre : Le combat (chapitre 3)

Persos principaux : Tenten, Lee, Neji, Gai.

Rating : M à cause d'un lemon (ou plusieurs...) et de scènes de violence.

Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto, excepté Kalamata, Mei Ting, le prêtre et les gens de la famille/ville d'origine de Tenten.

Playlist : Le duel (pour Neji vs Lee) de la comédie musicale Roméo & Juliette, On dit dans la rue du même album pour les sentiments de Tenten (alias Roméo) envers ses deux amis.

P'tit mot de l'auteur : Merde, le temps que j'ai mis à écrire un misérable chapitre ! J'avance pas ! Je m'excuse maintenant et d'avance pour les prochains chapitres à tous mes lecteurs !

Le dernier chapitre a du vous laisser sur votre faim, non ? Mais les révélations y étaient néanmoins assez nombreuses. D'autres viendront à chaque chapitre... retenez bien tout ! Car tout à son importance.

Mention spéciale à Liliblue que j'adore (Fanfic-fr) et à Gagaman (Won) que j'adore aussi ! Quant à toi, Hinaru (toujours sur Won), tu as dis « compliquée » ? Ah ben ça ! Le scénario est tout sauf simple, tu as raison ! Mais c'est un pur régal à écrire... j'ai même mis une dose d'humour...


- Si tu fais une connerie, Lee, je te préviens, moi aussi je vais faire des conneries ! maugréa sombrement Tenten en tentant de le rattraper par les toits.

Peine perdue. Ce n'était pas pour rien qu'il se nommait le Fauve de Jade de Konoha ! Rapidité éclair... et ennuis longues durées !

Non pas que ses intentions ne soient pas honorables, non. Au contraire, il se comportait en parfait gentleman ; qui ne rêverait pas de voir son meilleur ami se faire défoncer la tête par son autre meilleur ami, accessoirement l'ami du premier ami ? Tenten, peut-être...

- Tourne à gauche, signala Kalamata. Il est sur l'espèce de grande montagne... le... heu...

- Le mont Hokage, siffla la kunoichi avec agacement.

Si l'un de ses deux amis amochait l'autre, elle casserait la figure à celui qui serait resté intact, pas de doute. Simplement pour le stress que Lee lui aurait causé. Même si le gagnant très probable, au final, serait Neji ! Mais elle avait aussi quelque chose à régler avec lui, bien sûr... même si elle ne s'en sentait pas du tout le courage.

- Accélère, fille du feu ! Le temps nous est compté !

En vérité, l'égoïste Kalamata ne s'intéressait qu'au sort de Lee.


- Tu vas le payer ! Tu vas le payer !

Le jeune homme vêtu de vert ne cessait de marmonner cela dans sa barbe – même si il n'en possédait pas. Il tournait en rond, ou en carré, ou en ce-que-vous-voulez, mais il faisait les cent pas – ou plus, sans doute – sur le mont Hokage.

Bientôt, cette montagne serait souillée du sang du plus abominable des criminels que Konoha ait jamais nourri en son sein... Neji Hyuga !

D'ailleurs, il devait bientôt arriver ; le rendez-vous était fixé pour le coucher du soleil.

Un bruit de pas quasi imperceptible le fit soudain sursauter.

- Parle sans détour. Que me veux-tu ?

Lee cessa brusquement de marcher et, l'air furibond, se tourna vers son rival de toujours – et aujourd'hui plus que jamais.

- Tu oses me demander ça à moi ? cracha-t-il avec mépris.

Il entama une sorte de périple autour de Neji, lui tournant autour, semblable à une bête fauve qui attend l'instant propice pour mieux se jeter sur sa proie et la dévorer. De son côté, même si il pensait pouvoir tenir tête à ce redoutable adversaire de nombreuses fois vaincu, le Hyuga était inquiet. Jamais Lee n'avait eu un tel regard de braise ardente, et jamais il n'avait autant exhalé la fureur, de par tous les pores de sa peau.

- Demande plutôt ça à Tenten !

La phrase claqua comme un coup de fouet chauffé à blanc dans le cerveau de Neji.

- De quoi oses-tu m'accuser exactement ?

A son tour, le jeune homme accusé se mit à se déplacer, comme une prisonnier innocent qui cherche, par une joute verbale, à délier ses chaînes pour redevenir libre.

A présent, c'était deux bêtes féroces qui se tournaient autour. A présent, c'était à la première qui attaquerait et porterait le coup fatal... le premier et le dernier.

- Répète un peu, insista Neji avec colère cette fois-ci. Qu'est-ce que tu crois ? Que je l'ai violée ?

Ce fut comme un signal, le départ pour le combat. Lee se jeta sur Neji, kunai aiguisé au poing, et, transformé par le désir de vengeance – tel Sasuke - lui lacéra la peau du bras droit.

Stupéfaction stupéfaite des deux côtés. Auparavant, jamais, au grand dam du Fauve de Jade, ce dernier n'avait réussi à ne serait-ce qu'effleurer son coéquipier. Mais apparemment, la chance tournait... et la vengeance aussi.

Durant ce bref instant de répit, Neji, ébahi, avait retiré son bras pour éviter son massacre et Lee avait, de son côté, retrouvé la lueur meurtrière au fond de ses prunelles.

Et le combat continua.

Corps à corps.

A mort !


- On arrive trop tard, petite humaine ! Regarde ça !

Kalamata observa la scène un moment à travers les yeux de son hôte, puis satisfaite de s'être enfin repue d'un spectacle de carnage et de sang, tout à son plaisir si rare, elle murmura :

- Les deux idiots sont déjà en train de jouer à la boucherie ! Si tu restes jusqu'à la fin, tu auras peut-être un morceau de choix... un bon barbecue, miam...

Dans ces moments-là, le démon savait faire preuve d'un humour noir parfois très déplacé - car, elle qui se nourrissait exclusivement de sang frais, n'y avait droit qu'extrêmement rarement. Heureusement, un démon n'avait pas obligatoirement besoin de se nourrir. Ce qui faisait que son hôte, que ce soit Tenten ou une plus ancienne, lui refusait son unique petit plaisir.

Seule sa première hôte, la douce et charitable Mei Ting, prise de pitié, se sacrifiait parfois et lui offrait son propre sang - ce qui ne convenait guère à Tenten, plus sensible que jamais ces derniers temps.

- Idiote ! s'énerva-t-elle intérieurement. Je vais te...

Le reste de la phrase se perdit dans le bruit des armes et des cris lancés par ses deux coéquipiers. La jeune fille perdit patience, ses hormones – même si elle n'entamait que son second mois de grossesse, en cette belle soirée d'août – lui faisaient péter les plombs, un boulon, un câble, tout quoi !

Elle commit l'impensable.

Mais après tout, les deux sentiments que sont l'amour et l'amitié sont aveuglants...

Neji, désemparé par les reproches que lui adressait son coéquipier, accablé par la honte d'une semi-faute, avait pratiquement cessé de combattre. Tout juste si il parait les coups mortels ; il ruisselait de sang, une plaie au bras droit, une entaille au ventre, et, le plus inquiétant de tout, une blessure assez profonde à la cuisse.

Lee, lui aussi, était couvert de sang, et ses blessures n'étaient pas moindres ; mais bien sûr, le Jyuken des Hyuga étant un donneur de lésions internes, on ne voyait quasiment rien.

Elle, la voie de la raison de son équipe, si calme et si joyeuse à la fois, désespérée de ce combat qu'elle n'avait pas demandé, elle, la maîtresse des armes de Konoha... se jeta entre les combattants pour faire cesser leur bataille insensée.

- NON !

Le cri avait jailli de leurs trois bouches. Le refus de la mort ; le refus de la vengeance. Jamais, les garçons en avaient maintenant conscience, la jeune fille ne se serait jetée entre eux si ils n'avaient pas été aussi stupides. Jamais, Tenten en était absolument certaine, Lee et Neji ne se seraient battus pour elle auparavant si elle n'était pas tombée enceinte ; tout était donc de sa faute.

L'instant des certitudes s'écroula, et pour eux il ne resta que la réalité atroce.


Tenten sentit juste vaguement la lame d'un kunai qui s'enfonçait dans sa poitrine avec force.

Elle n'en eut conscience qu'un instant, un seul. Etait-ce la douleur physique ou psychologique – la certitude de mourir ? Quoi qu'il en soit, elle s'évanouit - avant même sa chute totale sur le sol détrempé de la pluie de la veille.

Les deux coéquipiers demeurèrent immobiles, figés de surprise devant cette forme aimée qui s'étendait par terre, à leurs pieds, au milieu d'une mare de sang...


Une petite main blanche se tend vers elle... Heureuse, la jeune maman la prend dans la sienne..

Soudain, l'enfant pousse un cri... Il s'éloigne ! Quelqu'un l'éloigne de sa mère ! Tenten tente de le rattraper, mais elle est trop faible. Elle tombe à terre et pousse un cri de rage inarticulé...


Les larmes roulaient sur ses joues, et elle hurlait de détresse dans son sommeil.

- Vite, vite, vite ! Injectez-lui ça !

Tenten détestait les piqûres, et, de plus, étant presque sûre de s'être réveillée d'un horrible cauchemar – prémonitoire, elle en était persuadée - elle n'avait qu'une hâte, c'était d'ouvrir les yeux pour vérifier ce qui se passait.

Heureusement pour elle, l'infirmier qui s'occupait d'elle vit qu'elle était réveillée et éloigna la seringue remplie d'un on-ne-savait-quoi très clair – au grand soulagement soulagé de la jeune fille, qui n'appréciait guère les hôpitaux et tout ce qui allait avec !

- Mademoiselle Haruno-sama ! Elle est réveillée !

- Pour l'amour du ciel, Kazumo, faites donc comme tout le monde et appelez-moi Sakura ! Est-ce que je vous appelle « Monsieur Tzuye-sama » ? questionna la kunoichi rose dans un froncement de sourcils tout en s'affairant autour de son amie. Tenten, ça va ? Tu n'as pas mal ? reprit-elle plus gentiment.

La jeune kunoichi eut une moue étonnée.

- Pourquoi est-ce que j'aurais mal ?

Tout à coup, tout lui revint en mémoire avec la force d'un coup de marteau sur une enclume. Paniquée, elle posa la main sur son ventre.

- Sakura, mon bébé ? Il va bien ? Et Lee ? Et Neji ? Comment ils vont ?

Sakura prit un air grave extrêmement maternel.

- Neji a perdu pas mal de sang, tout comme toi d'ailleurs. Mais il va vite s'en remettre, plus vite que toi en tout cas. Lee a beaucoup de dommages internes, mais il s'en remettra assez vite lui aussi.

- Mon bébé ? insista Tenten, les larmes aux yeux.

La disciple de Tsunade lui prit tendrement les mains entre les siennes.

- Tenten, sois forte. Ton fils est vivant. Mais ton autre enfant est mort. Il était malformé.

- Je ne comprends pas ! s'étonna la jeune maîtresse des armes, tellement décontenancée par le propos qu'elle en oublia d'être triste.

Sakura, qui s'était retournée un instant pour cacher ses larmes en faisant mine de chercher quelque chose, fit de nouveau face à Tenten, vivement inquiète.

- Tu portais des jumeaux. Tu as... – elle émit un sanglot étouffé - ...perdu l'un d'eux.

- ...

La jeune fille demeura silencieuse, tentant d'analyser le propos et la monstrueuse explication de sa meilleure amie. Puis, vaincue par le chagrin, elle poussa un cri surhumain qui résonna dans tout l'hôpital.


Comment Tenten avait-elle été sauvée ?

Sakura et Tsunade – qui avait cette fois pris son courage à deux mains pour parler à sa patiente – s'étaient rendues compte de la « fuite » de cette dernière. Avec tact et sang-froid, la Godaime avait réuni trois de ses meilleurs ANBU et leur avait confié la délicate mission de « retrouver la jeune fille, vivante et saine et sauve ». Sakura serait le quatrième membre de la mission.

Pas de chance, pour ce qui avait été de ramener la jeune kunoichi en un seul morceau, c'était raté.

Attirés par des cris et des bruits de bataille provenant du mont Hokage, des civils les avaient prévenus, avec de la terreur dans la voix, de ce qui se passait, même si ils ignoraient totalement les protagonistes de cette folie meurtrière.

L'un des ANBU avait alors appelé à la rescousse les autres, Sakura avait soigné Tenten dont l'état était plus que critique, et ils avaient ramené tout ce beau monde dans un palace cinq étoiles nommé hôpital !


Il fallut de longues heures de patience pour convaincre Tenten de reprendre goût à la vie.

La moindre petite chose lui faisait penser à son enfant disparu. Il fallut même l'enfermer dans sa chambre un petit moment car, à chaque fois qu'une femme enceinte passait dans le couloir, exhibant fièrement son ventre arrondi, la jeune fille était prise d'une crise de larmes si violente qu'elle mettait parfois une heure entière avant de se calmer.

Tous ses amis – bien qu'aucun d'eux ne soient au courant, même si Kiba s'était méfié de quelque chose, avec son odorat surdéveloppé – lui avaient rendu visite pour lui remonter le moral. Ino apporta ses plus belles fleurs, un magnifique bouquet d'orchidées sauvages, et l'embrassa chaleureusement. Choji lui offrit un ENORME paquet de chips saveur barbecue qu'elle ne put manger - et elle en riait encore lorsqu'ils partirent, quelques temps après... bref, tout le monde lui fit un cadeau, si minime soit-il... même Akamaru insista pour faire sa part du travail ; c'est ainsi que Tenten eut droit à une grosse léchouille baveuse.

Toutefois elle ne pensait pas qu'elle était encore enceinte, que sa vie n'était pas finie et qu'il lui fallait vivre pour son autre enfant qui attendait son heure, blotti au fin fond de son ventre...

Ce fut sa première « crise de maternité » qui la réveilla de son engourdissement.

Le septième jour après son « accident» - dont elle s'était étonnamment bien remis physiquement parlant, constatait Tsunade - Sakura, un matin apparemment comme les autres, lui apporta son repas de midi.

- Au menu, je sais que tu les adores, des dangos ! annonça théâtralement la kunoichi rose. En plus, c'est Hinata qui te les a préparés ! Alors tu vas me faire le plaisir de les manger !

Tenten tourna la tête de la fenêtre d'où elle contemplait le paysage et retourna s'allonger sur son lit en grimaçant.

- Ça ne va pas ? interrogea Sakura.

- Hnn.

Là, son amie commençait sérieusement à s'inquiéter. Elle parlait très peu en ce moment, d'accord, mais si elle entamait sa « période Sasuke », alors là non ! De là à ce qu'elle déserte !

- Tu vas manger un peu, O.K ?

La malade tourna très lentement les yeux vers le plateau, puis, cette fois très rapidement, les rebaissa, comme si elle craignait de succomber à la tentation de cette nourriture succulente. Cela rendait Sakura très perplexe ; à quoi donc jouait-elle ? En tout cas, ce n'était pas très marrant...

Brusquement, Tenten se leva, et, à toute vitesse, se précipita dans la salle de bain et ferma la porte à double tour. Interloquée, la fleur de cerisier frappa à la porte :

- Tenten ? Tout va bien ?

Elle perçut un bruit étouffé à travers l'épaisse porte et frappa plus fort, dans l'espoir – vain – que la jeune fille lui ouvre.

Enfin, au bout de vingt longues minutes d'inquiétudes, la jeune kunoichi ressortit de la pièce, blanche comme un linge et malade à en mourir.

- Finalement, je suis peut-être encore enceinte... constata-t-elle simplement en retournant s'allonger – et cette fois, Sakura en pleurait de joie.


Quelques jours après ce rétablissement, Tsunade – qui, vous l'aurez compris, désirait discuter avec Tenten depuis un petit moment déjà – vint rendre visite à la jeune kunoichi.

Tenten lisait tranquillement un petit bouquin que Kakashi lui avait offert – hum ! Elle ne savait pas ce que c'était ! C'est sa seule excuse ! - étendue dans son lit, mais le regard toujours lointain. Tsunade fut saisie de pitié – à la fois pour sa lecture (!!!) et pour ses malheurs.

- Tenten !

La jeune malade sursauta violemment et laissa échapper son livre, qui tomba au sol avec un bruit mat.

- Oh ! Hokage-sama !

Elle ramassa rapidement sa lecture – trop fan pour laisser son bouquin par terre ! – et réussit à s'extraire de ses couvertures pour s'incliner savamment devant son idole idolâtrée.

- Allons, allons, dit Tsunade avec gentillesse. Tu n'as pas besoin de t'incliner devant moi, tu sais... pas aussi... protocolairement... du moins !

En effet, Tenten avait usé du salut traditionnellement usité pour saluer l'empereur ou quelqu'un de sang royal, voir impérial. Elle se redressa donc, un peu rouge. Tsunade s'assit sur le rebord du lit, tandis que la jeune fille restait debout, avec une raideur militaire inculquée depuis l'enfance dans son clan.

- Assieds-toi donc.

Ce n'était pas un ordre, mais une demande. Serrant les dents, Tenten s'assit à côté d'elle. Même si la coutume était contraire dans son pays – il fallait se mettre plus bas que la personne de rang supérieur, et non rester debout pendant que l'autre se vautre dans son siège - elle pensait bien que cela ne se faisait pas, en temps normal.

- Alors, ma petite Tenten, par quoi commencer... – Tsunade semblait réellement embarrassée ; elle cherchait ses mots sans parvenir à les trouver - ...d'abord, je te prie de bien vouloir me pardonner ce comportement que j'ai eu envers toi il y a quelques temps... tu as peut-être eu raison de paniquer.

- ...

Pas de réaction, bonne réaction, en déduisit l'Hokage.

- ...et, enchaîna-t-elle rapidement pour contrer une éventuelle réaction, également celui que Gai a eu à ton égard. Nous avons tous eu très peur pour toi, comprends-tu ? Il n'a réagi que comme un père qui veut protéger ses enfants...

- C'est la colère qui guidait vos actes...

La voix de la jeune kunoichi était pleine d'une mélancolie saisissante, contrastant avec l'image habituelle d'une Tenten pleine de vie.

- Je comprends cela. Moi aussi je suis passée par là...

A présent, c'était de la pure amertume qui s'exprimait par la bouche de la maîtresse des armes. Tsunade n'en revenait pas. Quels malheurs avaient entaché sa vie au point de... ?

- S'il vous plaît, Hokage-sama, ne me traitez pas comme une pauvre idiote qui a loupé sa vie au point de se faire mettre enceinte par le premier venu.

- Telle n'était pas mon intention, répondit-elle en fronçant les sourcils. Cela veut-il dire que...

- Oui, j'ai l'intention de garder le bébé. Non, je ne me suis pas faite violer, acheva Tenten d'un ton las.

Un fin sourire éclaira le visage de l'Hokage.

- Bien. Cela confirme ma théorie et renforce mes opinions.

Elle remit en place une mèche brune de Tenten avec la tendresse d'une mère, ce qui fit tambouriner douloureusement le cœur de la concernée. Puis elle se leva de nouveau et quitta la pièce, non sans avoir lâché au préalable un : « Au fait, Tenten, tu as rendez-vous demain matin à dix heures dans mon bureau. Sois à l'heure ! Ne joue pas les Kakashi ! ».

Demeurée seule dans la pièce, l'héritière maudite songea à son avenir – de toute évidence, un chemin de larmes et de sang, bordée de haine et pavée d'indifférence.


Le lendemain matin, Tenten s'éveilla comme une somnambule. Elle se lava, s'habilla et mangea, le tout comme un automate, si bien que Sakura s'en inquiéta.

- C'est ta convocation qui te fait peur ? Tsunade-sama ne va pas te manger, tu sais...

- Oh, mais ce n'est pas forcément d'elle que j'ai peur ! répliqua Tenten, tremblante de stress contenu.

- Alors quoi ?

Désemparée, la jeune kunoichi cessa les réponses et, par un accord tacite, Sakura arrêta elle-même les questions, qui ne faisaient que la rendre davantage malade.

Plusieurs heures s'écoulèrent, car la maîtresse des armes s'était réveillée extrêmement tôt, de peur de rater le rendez-vous – et depuis, elle tournait en rond, semblable à un fauve en cage qui attend l'heure du spectacle et craint le féroce dompteur.

Enfin, Sakura et Tenten sortirent de l'hôpital pour se rendre chez l'Hokage – et, accessoirement, le Conseil de Konoha, mais pour cela, personne n'était au courant. Sur le trajet, négligemment, la fleur de cerisier lança :

- Au fait, tout le monde sera là pour te soutenir !

- Quoi, « tout le monde » ? s'effraya la kunoichi brune.

- Oh ! Naruto et moi, Shikamaru, Ino, Choji, Hinata, Kiba, Shino, Lee et Neji ! Voilà, c'est tout ! résuma joyeusement Sakura, ne se rendant pas compte de l'effet que ses paroles avaient eu sur sa pauvre amie – surtout à l'évocation des deux derniers noms !

Tenten ralentit le pas.

- Ça ne va pas ?

- Sakura, tu aurais quand même pu me le dire AVANT !

- Oh, ben... j'y ai pas pensé ! rit-elle.

Furieuse, la jeune maîtresse des armes – sortant de convalescence, je le rappelle – accéléra néanmoins le pas, laissant derrière elle une ninja médecin hilare. Cette dernière n'eut pas le temps de s'interroger plus longuement sur le pourquoi du comment, Tenten avait déjà filé en bondissant d'arbres en arbres et de toits en toits !

C'est donc toujours très énervée que la jeune fille arriva dans le palais de l'Hokage, en faisant un potin de tous les diables qu'on entendait depuis le dernier étage où se trouvait le bureau de la femme la plus titrée de Konoha.

Tous ses amis étaient déjà arrivés dans le couloir jouxtant cette même pièce, et, du haut de leur étage, entendirent de grands bruits furieux de meubles renversés et de courses.

- Je pense que c'est un éléphant rose à trois oreilles ! jugea Naruto avec son grand esprit critique.

- Crétin ! Pourquoi un éléphant ? s'insurgea Ino en le frappant sur la tête, lui occasionnant une magnifique bosse.

- Oui, et pourquoi rose ? interrogea Choji.

- Pff, galère... pourquoi à trois oreilles ? soupira l'intelligent Shikamaru.

Ainsi, le trio Ino Shika Chou avait posé les trois questions les plus débiles de la terre – en combinaison avec l'hypothèse la plus con du monde. Il faut de tout pour faire un monde, mes amis !

- Bon, argumenta Naruto d'un air important, je vais vous expliquer, à vous incultes ! Eléphant, parce qu'il fait beaucoup de bruit ! Rose, parce que c'est bien connu, les roses font toujours beaucoup plus de bruit que les autres ! Et à trois oreilles, parce qu'il peut faire du vent avec et ainsi, faire encore plus de bruit !

- T'en as pas marre des explications foireuses ? râla Kiba.

- Ouais, surtout que l'éléphant arrive, dit Neji d'un ton très neutre – trop neutre – en scrutant les environs avec son Byakugan.

Lee écouta un instant, et, tout à coup, hocha la tête d'un air qui en disait long.

- C'est Tenten. Je reconnaîtrais son pas à cent kilomètres à la ronde, surtout si elle est énervée...

Il se tut, un peu inquiet tout de même de la réaction qu'elle allait avoir en le voyant, et Kiba lança une blague tout aussi foireuse que celle de Naruto pour détendre l'atmosphère : une histoire de petit lapin poursuivi par un ours, puis d'une grosse grenouille qui exauçait les vœux... Hinata, cependant, cacha son visage un instant dans son manteau pour mieux rire.

Bon, bref, retournons à notre HEROINE ! (non, ce n'est pas une drogue illicite...)

Tenten, à quelques pas de ce qu'elle allait bientôt nommer « le couloir maudit », hésita, puis abandonna finalement sa démarche d'éléphant et son visage furieux pour arborer un air plus sérieux, mais non plus serein.

Sakura, elle aussi, était devenue une véritable bombe de fureur. Elle était ENFIN parvenait à rattraper son amie et, à son tour, commença à exécuter la « danse des éléphants avec renversement de meubles et tout le tintouin ».

- Ah ! paniqua le blond aux yeux bleus. L'éléphant arrive ! TOUS AUX ABRIS ! ON VA FINIR ECRASES ! Dis, Shikamaru, toi qui es intelligent, tu crois que si je lui donne des ramens...?

- Qui as-tu traité d'éléphant ? le menacèrent ensemble d'une seule et même voix Sakura et Tenten.

Vous l'aurez compris, ce fut une matinée remplie de Naruto volants et saignants... attention tout de même à ne pas confondre cela avec des volailles ! Quoique... si il a la même cervelle...

Un peu plus tard...

- Bon débarras ! hurla Sakura par la fenêtre à Naruto écrasé en bas.

- Et retiens la leçon ! Ne traite plus jamais une fille d'éléphant !

- Mais, mais, mais... gémit pitoyablement le porteur de Kyubi.

- Idiot ! Une fille vaut au moins dix garçons ! explosa Tenten – d'ailleurs, ça ne loupe pas ; une Tenten énervée un crétin de garçon = un sale quart d'heure (ou plus) pour le mec...

- Mais, mais, mais...

Hors d'elle, Sakura saisit un banc sur lequel étaient assis Ino, Shikamaru et Choji, et le souleva, expulsant ses occupants – je suis sévère avec la team 10, aujourd'hui, hum ? – de leurs confortables occupations – à savoir, pour Choji, manger des chips saveur foie gras saumon fumé (des chips de bourge ! Pour les fêtes !), quant à Shikamaru il était confortablement allongé, sa tête reposant sur les cuisses d'Ino qui somnolait. Il y eut des cris de protestation, mais guère d'écho.

- Tiens, je viens de me rappeler que je t'ai pas souhaité ton anniversaire ! s'exclama la fleur de cerisier. Voici ton cadeau ! Et ne me remercie pas, c'est un PLAI-SIR !

Et elle balança le banc sur le pauvre presque innocent – presque mort, aussi, mais ça tout le monde s'en fout... c'est TENTEN l'héroïne ! (je rappelle que ceci n'est pas une drogue, et que fumer est dangereux pour la santé) - Naruto.

Shikamaru aurait bien voulu faire une remarque bien sentie sur le sujet « Pff, les filles, c'est galère... », mais il préféra s'abstenir en voyant les mines de tueuses qu'arboraient Sakura et Tenten. Pas fou le gars ! Pas suicidaire en tout cas.

La porte du bureau de la célèbre kunoichi médecin s'ouvrit brutalement, dévoilant le visage sans bienveillance d'un vieil homme du Conseil. Tenten sentit sa présence et se retourna vivement, d'un mouvement raide. D'un signe, il lui ordonna de rentrer. Sakura vociférait toujours ses injures fort injurieuses sur Naruto, et Ino s'était jointe au mouvement « Insult your friends ! » en criant contre sa meilleure amie/pire ennemie. Mais maintenant elle s'en fichait, elle était terrorisée. Toutefois elle le suivit à pas de loup, sous les regards compatissants de ses amis.


Encore un p'tit mot : Il est bien, hein ? Plus long que d'habitude et avec plus d'attente que d'habitude, mais bon, j'ai pas trop le temps, c'est l'année du brevet et le brevet blanc est la semaine prochaine (jeudi et vendredi)... souhaitez-moi bonne chance...

P.S : Bon, je l'ai eu hein...