Disclaimer : Ni Severus, ni aucun des personnages de cette histoire ne sont à moi, sauf Ioann, Milo, Ivanna, Sergueï, Henrique, Elidjah, Owen et Connors.
Béta : BettyMars
Zarakinel, merci pour ta grande fidélité et tes commentaires, semaines après semaines.
Jayce : oui Warrington joue à un jeu très dangereux là lol. Pour Pucey, je n'ai pas encore statué sur son sort … mais il va faire quelques apparitions régulièrement en attendant lol. En tout cas, merci pour d'avoir laissé une review, ça m'a fait très plaisir )
Lady Arlequin : aha ! je me suis demandé si quelqu'un m'en ferait la remarque : comment Ioann se retrouve en possession du carnet de Lucius … Et ce n'était pas un oubli, la réponse est dans ce chapitre ). En tout cas je suis ravie de te retrouver sur ce deuxième tome. Merci de ta fidélité.
Et bien, on peut dire que Warrington déchaine les foules lol. Et il n'a pas fini de se prendre des menaces de mort mdr. Bon sinon comme dirait ma bêta avec ce chapitre j'ai osé ! Et oui j'ai récidivé lol vous comprendrez bien assez tôt... en attendant si vous voulez perturber des Gryffondors, demandez à Severus, il prouve qu'il est très doué … Quant à la fin … et bien, fallait bien que ça arrive à un moment ou à un autre… tout ceci est énigmatique hein ? Il ne vous reste plus qu'à lire pour en savoir plus lol
Petite Info : j'ai pas mal d'avance (si si j'ai commencé l'écriture du chapitre 11 il y a peu) ainsi qu'en correction (correction faites jusqu'au chapitre 7) du coup j'ai pensé que je pouvais être une gentille auteure … le prochain chapitre arrivera ... Dimanche :) et ne vous inquiétez pas, la publication de mercredi prochain ne sera pas modifiée. C'est juste un cadeau que j'ai envie de vous faire pour tous vos gentils messages.
Bonne journée, bonne lecture et rendez-vous dimanche pour le chapitre 4.
Chapitre 3 : Maudit lapin.
Mercredi 23 Septembre 1992.
Comme souvent depuis quelques jours, Ioann quittait seul la Grande Salle après avoir mangé seul sur le bout de la table de Serpentard. Il se précipita vers sa prochaine heure de cours. Sur son passage des reniflements dédaigneux et des ricanements se faisaient entendre. Il accéléra le pas pour arriver dans la salle de sortilèges et prendre place dans un coin à l'arrière de la salle. Les larmes lui brulaient les yeux mais il respira fortement pour ne pas les laisser couler. Ce serait donner de l'eau à leur moulin. En peu de temps, tout avait basculé. Tous étaient contre lui. Ses camarades de dortoir se moquaient de lui et de sa sensiblerie en permanence. Vincent et Gregory s'étaient finalement ralliés à l'avis de Pansy. Dès le départ, elle ne l'avait pas aimé. Maintenant elle se faisait une joie de l'enfoncer. Quant à Draco, il le regardait avec un regard désolé mais ne faisait rien dans son sens. Il était abandonné et seul. Warrington avait gagné. Il avait exécuté sa menace. Non, en fait, c'était même pire. Son père l'avait pris la main dans le sac à voler dans ses affaires. La déception qu'il avait vue dans ses yeux lui avait fait tant de mal. Ioann n'osait plus le regarder. Lors des cours de Potions, Severus l'ignorait simplement et lorsque Ioann allait à l'appartement, ce regard déçu ne le quittait pas. Le garçon avait l'impression d'étouffer. Les élèves commencèrent à entrer dans la classe et les moqueries reprirent. Filius arriva et monta sur une pile de livres pour mieux asseoir son autorité. Il demanda le silence et fit un tour de classe du regard. Il arriva sur le jeune Snape qu'il regarda d'un air désolé et rempli de déception avant d'attaquer son cours.
Le cours passa affreusement lentement. Mais dès qu'il fut fini, Ioann se jeta hors de la salle. C'était son dernier de la journée, aussi il se précipita dans le parc pour s'isoler. Là, assis à l'abri des regards, il laissa éclater son chagrin dans de longs sanglots. Cette fois, il était seul. Complètement seul. Désespérément seul. Et il avait toujours terriblement peur quand il était seul. C'était comme s'il revenait de nombreuses années en arrière. Comme s'il était toujours dans une certaine cave sombre ou un hangar inhospitalier. Il n'avait plus de souvenirs précis de ces moments là, juste des sensations, des ressentis, des sons, des odeurs, le noir et le froid. Ce froid intense que même les rayons du soleil, à travers les planches du hangar, n'arrivaient pas à faire partir. Il y avait la faim aussi, la douleur et la solitude. Et maintenant, six ans plus tard, le froid revenait. La douleur aussi, même si cette fois elle était mentale et non physique. Tout revenait rapidement. Il était déjà seul. Bientôt il aurait sûrement envie de ne plus rien être.
Le jour baissa et Ioann pensa qu'il était temps d'aller manger. Mais il n'avait pas faim. Comment aurait-il pu manger alors que son estomac était définitivement noué ? Il ne savait même pas ce qu'il préférait : affronter son père ou ses camarades de chambrée ? Finalement il se dirigea vers les quartiers des Serpentard. Ses quartiers. Et pourtant il était tout autant pestiféré que s'il avait décidé de loger chez les Gryffondors. Le moral dans les chaussettes, il se décida à attendre Draco sur son lit. Malgré tout ce qu'il se passait, son grand frère était tout ce qui lui apportait un peu de réconfort. Il espérait qu'il ne se lasserait pas mais il en avait besoin. Il n'attendit pas longtemps avant que le blond et ses amis n'arrivent. En le voyant, le jeune Malfoy demanda aux autres de l'attendre dans la Salle Commune. Ainsi les deux garçons se retrouvèrent seuls et le plus jeune se leva précipitamment pour se jeter dans les bras du plus vieux. Rapidement celui-ci le repoussa pour le regarder dans les yeux en soupirant.
- Ioann, ça ne peut plus durer. Tu as fait une grosse bêtise. Maintenant il faut l'assumer. Je ne peux pas toujours m'occuper de toi. Mes amis ne comprennent pas pourquoi je tiens tant à te rassurer. Et ça ne me met pas dans une bonne position. Que tu viennes me voir de temps en temps, d'accord, mais là tu te colles à moi comme une sangsue. Ça n'est plus possible.
Ioann le regarda aussi effrayé que s'il l'avait frappé. Cette fois c'était fini. Même son grand frère lui tournait le dos. Sa respiration devint difficile et saccadée. Les larmes gonflaient dans ses yeux, et son cœur lui faisait mal. Il avait du mal à respirer. Il n'arrivait plus à aspirer l'air malgré sa bouche ouverte. Sa tête lui faisait mal et il tremblait de tous ses membres. Draco le regarda bizarrement.
- Ioann ?
Ses oreilles sifflaient. Il avait tout perdu. Il avait juste envie de disparaitre. Que la terre s'ouvre et l'engloutisse. Que la foudre s'abatte sur lui. N'importe quoi, mais que tout cela s'arrête.
- Ioann ?
La voix de Draco était tendue, étrange, inquiète. Ioann le regarda s'avancer vers lui, cette fois complètement inquiet. Ioann avait maintenant réellement mal dans sa poitrine. Il regarda Draco sans vraiment le voir. Il lui parlait, il en était sûr. Il l'appelait. Mais sa voix était déformée.
- Ioann ! Bon sang, réveille-toi !
Ioann ouvrit les yeux en grand. Devant lui, s'étendait le voile vert foncé du dessus de son baldaquin. Il avait le souffle court, le cœur serré et il sentait que ses joues étaient humides de larmes.
- Hey, mon pote, ça va ? Tu gigotais et tu gémissais. J'ai eu du mal à te réveiller tellement tu cauchemardais.
Il tourna la tête pour tomber sur le visage inquiet d'Elidjah et celui un peu en retrait de Julian. De son lit, Connors le scrutait également. Un cauchemar. C'était juste un cauchemar. Ses amis étaient là, à ses côtés et ils s'inquiétaient pour lui. Ils ne riaient pas. Ils ne se moquaient pas. Ils ne l'avaient pas rejeté. C'était juste un cauchemar. Un sanglot lui échappa, puis un autre. La porte s'ouvrit en grand, laissant passer Owen qui fut propulsé sur le côté alors que Draco se précipitait dans la pièce. Il s'installa sur le lit de Ioann, le força à s'asseoir et le serra dans ses bras. Le Russe s'agrippa à son cou, pleurant abondamment contre son frère. Celui-ci lui murmurait des paroles qu'aucun des autres garçons ne comprirent. Pour la bonne raison qu'elles étaient en Russe. Cela dura un certain temps avant que finalement les premières années se recouchent, estimant qu'ils ne pouvaient rien faire de plus et que le blond savait ce qu'il faisait. Quand Ioann fut un peu calmé, Draco s'installa un peu mieux dans le lit et se coucha, son petit frère serré dans ses bras comme tant d'autres nuits. C'était ainsi qu'ils finirent la nuit, sans qu'aucun autre cauchemar ne s'invite.
o0o
Quelques heures plus tard, Ron Weasley et Harry Potter étaient en train de travailler sur la potion du jour tout en se demandant s'ils n'étaient pas victime d'une hallucination collective. Depuis le début de l'heure, leur détestable professeur de potions n'avait pas encore sorti la moindre de ses piques venimeuses à l'encontre du Garçon-Qui-Avait-Survécu. Et pourtant il était de notoriété publique que c'était un sport verbal auquel il s'adonnait avec le plus grand des plaisirs. Mais l'ébahissement des deux garçons ne s'arrêtait pas là. Le professeur Snape avait donné la parole à Hermione alors qu'une fois n'est pas coutume, elle avait la main vissée au plafond et la réponse au bord des lèvres. Celle-ci en avait d'ailleurs été tellement perturbée qu'elle en avait bafouillé sa réponse. Mais le professeur n'était décidément pas dans son état normal vu qu'il lui avait accordé cinq points. Ses deux camarades de tout moment avaient cru qu'elle allait en faire une crise cardiaque. Ce cours de potions avait également de surréaliste le fait que Draco Malfoy n'avait pas encore tenté de saboter la potion de Harry, ni lancé aucune remarque méprisante ni même tenté de le faire punir de n'importe quelle façon. Il y avait là de quoi perturber tout un contingent de Gryffondors, à commencer par ceux présents dans la salle de classe.
Severus ne se fit même pas la réflexion qu'il n'avait pas hurlé alors que la potion de Londubat avait menacé d'exploser et que Granger avait tout simplement transgressé son interdit en l'aidant à stabiliser la mixture. Non, il était lui-même bien trop perturbé pour s'apercevoir que son rôle d'horrible professeur des cachots était en train d'en prendre un coup. Mais il n'arrivait pas à s'enlever le teint presque blafard et les cernes noirs que son fils avait arborés aux deux premiers repas de la journée. Il n'avait pu mettre de côté qu'il n'avait quasiment pas mangé, et son air maniaco-dépressif l'avait hanté pendant des heures. Il se passait quelque chose avec Ioann et cela ne lui plaisait pas du tout. Sans compter qu'il ne l'avait pas en cours de toute la journée et qu'il lui faudrait donc attendre le soir pour lui parler.
Le cours se finit sans qu'il ne l'ait vu passer. Il ordonna aux élèves de lui remettre un échantillon de leur travail et leur donna un long parchemin à rédiger sur les fonctions de chacun des ingrédients de la potion. Puis avant qu'ils ne sortent, il apostropha Draco, lui demandant de rester quelques minutes. Lorsque tous les autres furent sortis, Severus referma la porte afin de garder un minimum d'intimité pour leur conversation.
- Draco, est-ce que tu sais ce qu'il se passe avec Ioann ?
- Il a fait un cauchemar cette nuit. Et violent. Un de ses copains est venu me chercher dans mon dortoir car ils n'arrivaient ni à le calmer ni à le réveiller.
- Tu aurais dû me faire appeler.
- Ne t'inquiète pas, parrain. Quand je suis arrivé, il s'était réveillé. Je suis resté avec lui le reste de la nuit pour le rassurer. Mais du coup ce matin, il n'était pas très en forme.
- Ce qui est normal. Quand il cauchemarde, la journée qui suit est toujours difficile pour lui.
- La nuit aussi. Je pense que ce soir j'irai dans son dortoir pour parler avec lui comme avant et pour qu'il s'endorme mieux. Après, je reviendrais dans le mien.
- C'est une bonne chose que ses camarades de dortoir aient eu le réflexe de venir te chercher. J'en suis d'ailleurs rassuré.
- Tu sais, on n'est pas bête à Serpentard. Enfin sauf Vincent et Grégory qui sont relativement longs à la réflexion, Montague qui est un abruti de première et quelques autres qui mériteraient d'être à Poufsouffle. Mais dans l'ensemble, on est intelligent. Et ça marche aussi pour les nouveaux. Ils ont bien compris la place que j'occupe auprès de Io. Et tant mieux. Ça m'évite de sans arrêt le répéter.
- Ne va pas croire que je dénigre ma propre maison, Jeune Homme. Quant aux exceptions intellectuelles, il y en a eu de tout temps. Et pour avoir côtoyé une partie des parents de tes camarades, crois-moi que j'en ai vu des idiots. Bien, je ne vais pas te retenir plus longtemps, je t'ai déjà mis en retard. Je vais te faire un mot pour ton cours suivant.
- Merci. Et pour Ioann, je serais avec lui ce soir et cette nuit s'il faut.
- Merci Draco. Je suis content qu'il t'ait à ses côtés dans ces moments là. Si jamais il refait un cauchemar, viens me le dire, je lui donnerais une potion d'énergie demain pour qu'il tienne la journée et une de sommeil sans rêve pour la nuit suivante. Je ne veux pas lui en donner trop souvent mais je ne veux pas non plus qu'il prenne du retard dans son repos dès le début de l'année.
- Oui oui, ne t'inquiète pas, s'écria Draco en se précipitant hors de la salle. Je m'occupe de lui !
Severus entendit à peine la fin de la phrase mais il était tout de même rassuré. Certes, c'était toujours un peu inquiétant de savoir que Ioann avait eu un violent cauchemar et qu'il n'avait pas été là pour lui. Mais au moins il savait que son fils n'était pas seul pour surmonter ça. Il respira profondément avant de s'avancer vers le couloir. Il avait, mine de rien, un peu de retard pour son cours suivant. Il fit rentrer les élèves de cinquième année de Serdaigle et de Poufsouffle en les fusillant de son regard noir si caractéristique.
o0o
Ce qu'il ne sut pas, c'était qu'à peine quelques minutes après, Ioann arrivait devant son bureau, quelques salles plus loin. Après son cauchemar de la nuit, il avait passé une très mauvaise journée. Il venait de finir les cours de la journée avec Sortilèges et avant de rejoindre ses amis à la bibliothèque, il s'était éclipsé pour achever sa mission le plus rapidement possible. Une fois qu'il aurait donné les corrigés à Warrington, alors il pourrait à nouveau être tranquille ainsi que récupérer le carnet de Lucius. Parce que mine de rien, son oncle n'était pas au courant qu'il était en sa possession. C'était C'était arrivé d'un coup pendant l'été et il n'avait pu rien faire d'autre que de le garder. Du moins c'était ce qu'ils avaient pensé sur le coup, Draco et lui.
Flashback
Les deux garçons avaient passé l'après midi sur leurs balais à se dépenser comme des fous. C'était la dernière fois de l'été que Ioann pourrait venir au Manoir car dès le soir même, son père et lui réintégraient leurs appartements à l'école. Quand ils étaient enfin redescendus sur terre et qu'ils étaient rentrés dans le manoir, ils avaient croisé le regard sévère de Narcissa. Ils prirent directement la direction de la salle de bain non sans avoir tiré la langue à la jolie blonde avant de laisser leurs rires résonner contre tous les murs du couloir. Narcissa les regarda faire avec un regard attendri.
Enfermés dans la salle d'eau, Ioann avait mis exactement dix secondes pour se dévêtir et investir la douche. Il s'était écrié pour sa défense que Draco mettait toujours trois heures sous l'eau chaude et qu'il ne voulait pas avoir à attendre son tour, tout collant de sueur. Mais le blond eut un sourire qui ne lui disait rien qui vaille. Et alors qu'il laissait l'eau dégouliner sur lui, il l'entendit renifler dédaigneusement tout en lui demandant comment il se vêtirait en sortant de la cabine vu qu'il n'avait pas pris le temps de prendre des habits de rechange. Une nouvelle fois, le plus jeune fit preuve de grande maturité en lui tirant la langue tout en continuant de se mouiller. Rapidement, Draco attrapa son peignoir qu'il accrocha à la patère avant de se déshabiller et d'entrer lui aussi sous la douche. Depuis très longtemps ils ne faisaient aucun cas de leur nudité. Après tout, ils étaient deux garçons, ils avaient presque le même âge, et à Poudlard, certaines douches étaient communes alors autant ne pas jouer les pudibonds. Après s'être chamaillés pour avoir le savon, ce fût Draco qui gagna, après s'être battus en faisant jaillir du shampoing l'un sur l'autre, nouvelle victoire du blond, ils tentèrent de noyer l'autre, mais ce fut un nouveau succès Malfoyen. Mauvais perdant, Ioann manqua de se fracasser le crâne sur le lavabo en glissant sur le carrelage à la sortie de la douche. Décidant que la roue devait tourner, il attrapa le peignoir de Draco, s'emmitoufla dedans et sortit précipitamment de la pièce se dirigeant rapidement vers la chambre de son ami.
Quand Draco arriva à sa suite, enroulé dans la serviette avec laquelle il s'était essuyé, il le trouva la tête perdue quelque part dans son armoire, ses mains laissant tomber au sol quelques uns de ses vêtements. Il le regarda faire en roulant des yeux avant de pouffer de rire à le voir ressortir, encore plus ébouriffé qu'à l'habitude, le bras levé bien haut, tendant avec fierté quelques vieux vêtements. Le blond secoua la tête en riant. Il avait planqué d'anciens habits qu'il ne mettait plus dans l'armoire afin que Ioann ait de quoi se changer en cas de besoin sans avoir l'air d'un asticot maigrichon dans ses habits actuels. Mais bien sûr, il ne les avait pas laissés à portée de main, il les avait bien cachés au fond du placard, pour lui donner du fil à retordre... mais visiblement pas assez car Ioann les avait dégotés relativement rapidement. Draco s'habillait avec élégance avant d'entendre son frère pousser une exclamation.
- Dray ! Pompon s'est fait la malle !
- Quoi, encore ? Mais tu devais fermer la porte !
- Hey, c'est pas moi ! C'était toi qui devais le faire ! J'y ai pas touché, tu sais bien que je les aiment bien, tes lapins, mais que ça s'arrête là.
- C'est mignon un lapin, je ne comprends pas que tu n'aimes pas.
- Si, j'les aime bien, mais je n'ai pas envie que Pompon me morde encore, alors j'y touche pas.
- C'était un accident, tu lui avais tiré la queue ! Bon faut le retrouver avant papa sinon cette fois il va finir en civet !
- Oncle Lus ne ferait jamais ça.
- Tu paries ? La dernière fois qu'il s'est sauvé, Pompon avait grignoté une partie de ses dossiers importants dans son bureau, je te dis pas la crise à la maison. Oh flûte ! Il a dû y retourner ce petit idiot ! Vite avant que papa rentre !
Si Narcissa n'avait pas gagné la tonnelle, elle aurait pu se demander si un troupeau d'hippogriffes n'était pas en train de dévaler les escaliers. Mais elle était à l'extérieur et ne vit donc pas les deux garçons se précipiter dans les couloirs, manquant de se tuer en sautant plusieurs marches d'un coup et louper leur arrivée dans le bureau de Lucius pour finir écrasés contre la porte qui, même en étant entrouverte, était bloquée de l'intérieur. Quand ils remirent leurs esprits en place, ils se rendirent compte, par l'entrebâillement, que le bureau était complètement ravagé. Ils poussèrent fortement sur la porte pour l'ouvrir tout en décalant l'objet lourd qui était tombé derrière. Ceci fait, Draco gémit de dépit en voyant l'état de la pièce. Un feulement attira son attention. Dans le coin, devant une commode, un chat sauvage tentait d'attraper quelque chose sous le meuble en y passant sa patte avec énergie. Alors que Ioann reculait d'un pas, Draco se précipita vers l'animal en criant. Celui-ci, surpris de l'attaque se retourna, gronda sourdement, avant de finalement prendre la poudre d'escampette par la fenêtre ouverte. Le blond la referma d'un mouvement sec avant de s'agenouiller devant la commode et d'en ressortir un Pompon tremblotant.
- C'était quoi ce chat ? Demanda Ioann d'une petite voix.
- Je sais pas. Mais en tout cas, il avait l'air de vouloir se faire un lapin pour son repas.
- Oncle Lus va être fâché, son bureau est tout en bordel.
- On va ranger, assura le blond.
Il attrapa une boite qui avait été renversée et y emprisonna son lapin fugueur. Puis avec Ioann, ils se mirent en action pour rendre à la pièce un aspect le plus proche possible de celui dans lequel Lucius l'avait laissé. Ce qui ne fut pas aisé car un tas de parchemins volants avaient au final été mélangés. En se baissant pour ramasser un porte plume qui avait roulé au pied de la bibliothèque, Ioann posa le pied sur un ouvre-lettre qu'il n'avait pas vu, trébucha et se cogna contre le meuble, faisant tomber quelques livres dans l'action. Il grommela un grand coup contre les affaires de Lucius qui étaient contre lui. Il ramassa les ouvrages et tenta de les remettre à leur place sur les étagères alors que Draco venait de finir de ranger le reste. Quand il ne lui resta plus qu'un bouquin dans la main, il le regarda perplexe. Il était plus petit que les autres ouvrages de la bibliothèque, plus fin, et il ne voyait pas trop de quel endroit il était tombé. Il l'ouvrit, décidant que le contenu aiderait sûrement à lui indiquer dans quelle section il devait le remettre. Mais il était entièrement vide à l'exception d'un nom sur la première page, T E Jedusor et d'une date vieille de cinquante ans sur la couverture. Derrière lui, Draco avait récupéré son lapin et remis la boite à sa place. Il s'approcha en gratouillant la fourrure de l'animal, tout en lui demandant où il en était. Ioann lui montra le carnet en lui disant qu'il ne savait pas où le mettre. Mais alors que le blond allait lui répondre, la poignée de la porte s'abaissa, faisant sursauter les garçons. Instinctivement, le plus jeune rangea le calepin dans sa poche. Lucius se figea sur le pas de la porte en les voyant. Il les regarda avec stupeur, prêt à leur demander la raison de leur présence quand il remarqua la boule de poils dans les bras de son fils. Il serra ses lèvres dans une moue crispée.
- Que fait cet animal dans mon bureau ?
- Et bien… c'est que …
- En fait, c'est qu'on s'amusait avec lui dans les couloirs, oncle Lus et qu'un chat est rentré dans le manoir et qu'il a fait peur à Pompon et Pompon il s'est mis à courir très vite comme il fait d'habitude et il s'est réfugié ici car la porte était pas crochetée. Alors on les a suivis, on a fait partir le chat et on vient d'attraper Pompon. Regarde comme il tremble et qu'il a eu peur !
Lucius leva un sourcil de manière sarcastique en voyant le lapin se prélasser sur son maître dans un bien-être très contradictoire. Ioann rougit en voyant qu'effectivement, Pompon n'avait plus peur du tout et que cela le desservait grandement. Lucius sentait sa migraine revenir et ses parchemins rangés d'une façon anarchique et dépassant de leurs dossiers lui disaient que ce maudit animal avait encore fait des siennes. Décidant qu'il ferait un civet dès que Draco aurait regagné Poudlard, il renvoya les enfants à leurs activités, leur disant qu'il était occupé.
Ravis d'échapper à une quelconque punition, ils se dépêchèrent de repartir dans la chambre pour remettre le fugueur dans sa cage. Puis ils s'installèrent sur le lit avant que Ioann ne sorte le fruit de son larcin inconscient, de sa poche. Ils le regardèrent dans tous les sens, ne comprenant définitivement pas pourquoi Lucius avait cela dans sa bibliothèque. Finalement Draco décida que ce carnet allait devenir le leur. Il se leva pour attraper une plume et une fiole d'encre avant de revenir sur le lit pour noter leurs deux noms dessus. Il commença par rayer le nom de l'ancien propriétaire. Mais sous leurs yeux ébahis, l'encre brilla puis fut absorbée dans les pages. Ils se regardèrent avec stupéfaction. Puis Ioann attrapa la plume précipitamment, lui faisant échapper de l'encre sur les pages vierges. Une nouvelle fois le papier redevint immaculé. Déterminé, le garçon commença à écrire : « Ce carnet appartient à Draco et Ioann ». Comme précédemment, l'encre disparue. Mais cette fois de nouvelles écritures apparurent à la place : « Erreur, ce carnet appartient à Tom Elvis Jedusor ».
- Oui et ben ce carnet il me fait un peu peur finalement. Si Oncle Lus l'avait dans sa bibliothèque et non dans celle du salon c'était pour une bonne raison sûrement.
- T'es qu'un trouillard !
- Non, mais moi je ne fais pas confiance dans les objets qui pensent tous seuls. Papa m'a toujours dit de faire très attention. Et puis ton père, il fait des trucs dangereux des fois alors si ça ce trouve, c'est dangereux. Alors moi je…
- Respire ! Ricana Draco. Bon d'accord, on ira le remettre tout à l'heure dans le bureau. T'es rassuré ?
- Oui, grogna Ioann qui n'appréciait pas trop le ton.
- N'empêche que t'es qu'une fillette et que t'as peur d'un petit carnet sans défense.
- J'suis pas une fille et j'ai pas peur !
Le Russe se jeta sur lui pour lui faire ravaler ses mots. Mais très rapidement il perdit son avantage et se retrouva à moitié étouffé sous un oreiller, un blond fier comme tout, à califourchon sur son ventre.
- Avoue que je suis le plus fort et que tu n'es qu'une fillette et tu auras la vie sauve.
- Même pas en rêve ! C'est toi la nouille !
- Répète un peu ça ?
- T'es qu'une nouillette ! S'écria Ioann en manquant de s'étouffer de rire en voyant la tête scandalisée de son frère avant de se tortiller sous une attaque de chatouilles.
Ils se bagarrèrent ainsi pendant de longues minutes avant de s'effondrer, essoufflés sur le dessus de lit élégant. Quand ils furent calmés, leurs visages revenus à la couleur normale, la voix de Narcissa retendit dans le couloir. Trop fatigués pour répondre, ils se contentèrent de sourire en l'entendant râler après leur silence. Mais rapidement, Ioann se souvint du journal de Jedusor posé quelque part à leurs côtés. Il ne fallait pas que la mère de Draco le voit. Il se redressa et se mit à le chercher avec autant d'attention qu'un chien reniflerait la piste d'un gibier alléchant. Il finit par le retrouver, sous la cuisse de Draco. Il l'agrippa rapidement, tira fortement, s'attirant un grognement du blond qui n'appréciait pas d'être ainsi dérangé, avant de regarder tout autour de lui un endroit pour le cacher. Mais déjà Narcissa entrait dans la chambre. Aussi, comme précédemment, il enfouit la preuve de leur délit dans sa poche.
- Bon les garçons, si vous ne voulez pas que je me fâche, vous vous dépêchez de descendre. Ton père est là, Ioann et il te rappelle que ce soir vous êtes attendus. Draco, tu m'apporteras tes devoirs de vacances, que je vérifie que tu les as correctement faits.
- Oui maman, grommela le blond.
- Oui Tatie Cissa, j'arrive. A plus tard Dray.
Ioann lui colla un bisou sur la joue avant de sauter du lit et de descendre dans le salon en courant dans les escaliers, malgré les réprimandes de sa tante. Il dérapa sur le tapis, attirant un soupir d'exaspération de Severus. Puis ils partirent tous les deux, faisant oublier au garçon qu'il était encore en possession du carnet, que la rentrée se rapprochait rapidement et qu'il ne pourrait pas revenir au Manoir avant de longs mois pour le rapporter.
Fin du Flashback
Ioann était entré précautionneusement dans le bureau de son père, vérifiant que personne ne le regardait. Puis il s'approcha en silence de la table de travail où de nombreux parchemins attendaient d'être rendus aux élèves. D'un coup, il prit peur. Il venait de se souvenir que son père ne s'occupait pas de tout ce qui était correction. C'était Remus, un monsieur qu'il avait croisé quelques fois qui se chargeait de tout ce qui ne se passait pas dans la salle de potions. Et si Remus avait gardé les corrections avec lui ? Et s'il ne pouvait pas les prendre ? Il n'avait pas le droit de dire que son père partageait son poste avec quelqu'un d'autre. Alors il ne pourrait pas s'expliquer avec Warrington s'il ne pouvait pas lui apporter ce qu'il voulait. Il sentit une goute de sueur glisser le long de sa tempe avant qu'elle ne continue sur sa joue et ne disparaisse dans son cou. Il ne devait pas penser à ça. Il devait rester positif. Alors il se mit à fouiller discrètement mais méthodiquement dans les dossiers sur le bureau, puis dans les tiroirs tout en faisant bien attention de ne pas déranger de trop les affaires. Un bruit dans le couloir le fit sursauter et il se figea, terrifié à l'idée que son père pourrait arriver et le surprendre. Mais le silence revint. Ioann se dépêcha donc de passer au crible tous les endroits susceptibles de contenir ce qu'il cherchait.
Il avait l'impression que des heures étaient passées quand il tomba d'un coup sur le parchemin qui l'intéressait. Il regarda tout autour de lui avant de sortir un parchemin vierge de son sac. Puis il attrapa sa baguette et lança un sort pour dupliquer les écritures sur son propre document. Puis il rangea l'original précieusement à l'endroit où il l'avait trouvé avant de fourrer le sien dans sa poche. Ensuite il sortit précipitamment avant de courir dans l'ombre des couloirs jusqu'à son dortoir, oubliant que ses amis l'attendaient à la bibliothèque. Dans la soirée, il pourrait se débarrasser totalement de cette corvée et il pourrait à nouveau se sentir mieux. Pour l'instant, il avait toujours l'impression que des yeux étaient fixés sur lui et que n'importe qui allait lui tomber dessus en criant qu'il était un voleur. Aussi il resta dans son dortoir à travailler sur son devoir de Botanique qu'il n'avait pas encore eu le temps d'effectuer.
o0o
Quelques heures plus tard, alors que la plupart des Serpentards étaient partis manger, Ioann resta un moment seul dans la Salle Commune. Il avait le regard qui basculait régulièrement au fond de la salle où Warrington et ses amis étaient en train de discuter. Le quatrième année finit par remarquer ses coups d'œil répétés. Il incita son groupe à se lever pour gagner la Grande Salle tout en leur disant qu'il devait récupérer quelque chose dans son dortoir avant de les rejoindre. Puis, une fois seul, il fit un signe de tête au jeune Snape, l'incitant à le rejoindre dans le couloir. Ioann respira profondément avant d'y aller. Son cauchemar vivant allait bientôt se terminer et il pourrait à nouveau apprécier la vie au château. Quand il arriva dans le couloir, il se sentit attrapé par le col et entrainé dans un dortoir qu'il ne connaissait pas. Celui de son maître chanteur. Quand la porte fut refermée sur eux, il déglutit difficilement avant de sortir de son sac le parchemin tant désiré.
- Tiens, c'est les corrections de papa pour ton devoir.
- Fais voir ça… oui c'est bon. T'es un brave garçon. Et apparemment on peut compter sur toi. C'est une copie ou l'original ?
- Une copie. Je ne voulais pas que papa sache que ça avait disparu.
- Et en plus tu es intelligent. Je pense qu'on devrait pouvoir s'entendre tous les deux.
- Alors rends-moi mon journal.
- Non.
- Mais tu avais dit …
- Peu importe ce que j'ai dit. De toute façon, je ne l'ai plus.
- Quoi ?
- En quoi ça peut te gêner ? Il n'y avait rien dans ce journal. T'auras qu'à t'en acheter un autre et puis c'est tout.
- Mais non, c'est celui là que je veux !
- Sauf que tu n'es pas en position de vouloir quoi que ce soit. Je m'en suis débarrassé il y a deux jours.
- Mais tu avais promis !
- J'ai aussi promis de te défendre et je ne le ferais pas non plus. Je ne suis pas un putain de Gryffondor à cheval sur la morale et les promesses. Je ne regarde que mes propres intérêts.
- Mais … mais il n'était pas à moi !
- Et bien, tu diras à celui ou celle à qui tu l'as emprunté que tu l'as perdu.
- Il ne le sait pas, marmonna Ioann.
- Ce n'est pas mon problème. Bien, je vais pouvoir m'occuper de mon devoir rapidement. Je te dirais la prochainement fois que j'aurais besoin de tes services.
- Mais… mais non ! C'était que pour cette fois ! Je ne veux pas voler papa encore une fois !
- Mais tu n'as pas le choix gamin. Je ne t'en laisse pas le choix d'ailleurs.
- Et moi je dirais que tu me forces à le faire et que tu m'as volé mon journal intime !
- Journal intime que tu as déjà volé n'est-ce pas ? Qui te croira ? Celui à qui tu as dérobé le journal ? Ton père ? Pourtant ce serait si facile pour moi de lui montrer que tu as volé dans ses affaires. Il ne te croira pas. Au contraire.
- Si, il me croira. Toi, il sait que tu m'as déjà posé des problèmes et il comprendra que tu m'as forcé à le faire !
- Sauf qu'au fond, il pensera toujours que peut-être tu n'as pas volé que pour moi. Il pensera que peut-être tu l'as aussi fait pour toi. Et même s'il te donne raison, il n'aura plus confiance en toi. Tu n'as pas le choix, si tu ne veux pas qu'il te soupçonne, tu dois m'obéir. Et je te dirais quand je voudrais d'autres corrections. Je vais attendre un peu. Laisser passer un autre devoir et après je te redemanderais. Si j'ai tout juste trop vite, il va se douter de quelque chose. Il faut faire trainer un peu. Mais ne t'inquiète pas, je ne t'oublie pas.
Warrington quitta son dortoir, un grand sourire satisfait aux lèvres. Derrière lui Ioann était à deux doigts de pleurer. Il pensait qu'après avoir donné les réponses du devoir, il aurait enfin la tranquillité. Mais visiblement, il s'était trompé. En plus maintenant qu'il avait volé une fois et qu'il avait perdu le carnet, il était vraiment coincé. Personne ne le croirait. Il n'avait plus le choix. Il devrait faire ce que le plus âgé avait envie de le voir faire. Il se dirigea vers les lavabos pour se rafraichir le visage et effacer les traces de sa faiblesse. Une fois cela fait, il rejoignit ses camarades de classe dans la Grande Salle pour essayer de manger un petit peu. Quand Draco s'en alla avec ses amis et qu'il lui demanda s'il voulait venir avec lui, il refusa, argumentant qu'il était fatigué. Ce qui d'ailleurs n'était pas un vrai mensonge. Cette journée et plus particulièrement le pseudo dénouement de cette histoire, l'avait épuisé. Mais surtout, il ne se sentait pas le courage de regarder Draco et ses amis dans les yeux après ce qu'il avait fait et ce qu'il devrait encore faire. Il ne vit pas le regard inquiet de son frère sur lui mais il l'entendit lui murmurer qu'il viendrait le voir le temps qu'il s'endorme et qu'ils dormiraient ensemble si jamais ça n'allait pas. Une douce chaleur lui étreignit le cœur à cette phrase et il lui promit de le faire en dernier recours. Puis il se concentra sur ses amis. Il avait raté le début de la conversation et se demanda pourquoi Owen venait de souhaiter à Julian qu'il s'étouffe avec son morceau de tarte à la mélasse. Mais après tout, Owen n'était pas du genre à faire dans la dentelle. Il était le ronchon de leur petite bande alors que Julian était l'éternel optimiste qui parfois méritait des claques pour revenir sur terre.
Comme il était arrivé en retard, Ioann n'avait pas achevé son repas quand ses amis se levèrent. Il leur dit de partir devant et qu'il les rejoindrait dans la Salle Commune plus tard. Mais il ne le fit pas tout de suite. Il avait besoin d'être seul. Aussi, une fois qu'il eut fini de se restaurer, il se dirigea dans le parc pour essayer de se changer les idées et de ne pas penser à tout ce qui lui tombait sur le coin du nez. Il marcha un peu, sans avoir de réelle destination. Il regarda un instant la cabane de Hagrid avec Crockdur couché devant. Il avait beau savoir que ce chien était un gros nounours, il ne put réprimer un frisson. Il n'aimait pas les chiens depuis bien longtemps et ce n'était pas maintenant que cela changerait. Il bifurqua pour aller finalement s'asseoir au bord du lac. Un peu plus loin, un groupe de Poufsouffles faisait des ricochets dans un tourbillon de rires. Au loin, en direction du terrain de Quidditch, il pouvait voir une masse d'élèves, à prédominance bleue, hâter le pas. Entrainement des Serdaigles. Puis il ferma les yeux, la tête posée sur ses genoux. Le bruit des vaguelettes sur le bord du lac était relaxant. Par contre la main qui se posa sur son épaule le fit sursauter grandement. Il se retourna, effrayé, pour tomber sur le regard étonné de Neville. Il rougit en enfouissant son visage dans ses bras. Merlin, il venait juste de se ridiculiser une nouvelle fois.
- Désolé Ioann, je ne voulais pas te faire peur.
- C'est rien. C'est moi qui ne m'attendais pas à ce que quelqu'un vienne me voir.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Rien.
- Ah, répondit Neville en se demandant comment briser le silence avant d'enchainer timidement. Tu sais que ton père était bizarre tout à l'heure ?
- Bizarre ? Comment ? Demanda Ioann dans un souffle alors que sa nervosité s'était considérablement accrue.
- Et bien, il n'a rien dit de méchant à Harry, il ne m'a pas fait remarquer que j'étais nul et il a donné des points à Hermione. A croire qu'il a été touché par un sort de confusion.
- C'était quand ?
- On avait cours de Potions juste après le repas de midi.
- C'était peut-être un truc qu'il avait mangé alors, énonça Ioann soulagé de voir que ça n'avait pas de rapport avec son vol vu qu'il était en cours de Sortilèges à ce même moment.
- Alors il devrait en manger plus souvent, râla Neville avant de rougir. Désolé, je ne voulais pas dire du mal de lui. Mais tu sais, il est … enfin …
- Je sais, il te fait peur.
- Oui, et du coup je rate encore plus mes potions.
- Alors au prochain cours, imagine qu'il est comme aujourd'hui. Ou pense qu'il n'est pas là ou encore que c'est quelqu'un d'autre de plus gentil. Oublie ses paroles, concentre-toi sur ta potion. Tu verras ça ira mieux.
- C'est comme ça que tu fais ?
- Non, grimaça Ioann, moi je n'ai pas le droit d'oublier qu'il est là. Il m'a déjà appris une bonne partie des potions de cette année, alors si je me plante, je te dis pas ce que je vais entendre à la maison.
- Ça ne doit pas être facile d'être son fils.
- Tu sais Neville, moi je l'aime, c'est mon papa. Il a fait plus pour moi que n'importe qui. Et je remercie Merlin tous les jours, ou presque, d'avoir été envoyé avec lui.
- Tu n'étais pas avec lui avant ? S'interrogea Neville en fronçant les sourcils alors qu'il réfléchissait.
- Oh… euh… si bien sûr. Oh lala, il est tard, je dois y aller, on m'attend, bafouilla Ioann en se relevant, le visage plus rouge qu'une tomate.
- Tu mens aussi mal que moi. Je ne comprends pas trop ce que ça veut dire, mais je garderais ça pour moi, ne t'inquiète pas. Passe une bonne soirée.
- Merci. J'espère qu'on se parlera plus tard.
- Etre à Serpentard ne t'a pas dégouté de parler aux Gryffondors, donc je pense qu'on se reparlera.
- Je t'ai dit déjà que je trouve ça nul les guerres entre les maisons.
- Les Serpentards sont rusés, j'ai appris à ne pas toujours les croire. Mais toi, je crois que je peux t'accorder ma confiance.
Ioann rougit de ces mots, mais ses actes pour Warrington revinrent à sa mémoire. Son regard se fit plus triste et il murmura qu'il ne la méritait pas. Puis il s'enfuit en courant laissant Neville étonné de cette dernière phrase et surtout inquiet. Le comportement du plus jeune était bien trop nerveux par moment. Mais il ne s'attarda pas plus longtemps, le couvre-feu était dans très peu de temps maintenant et il devait retrouver le mot de passe de sa Salle Commune rapidement.
o0o
Alors que Ioann regagnait son dortoir en restant au maximum caché dans l'ombre des couloirs, dans le bureau du professeur de Défense Contre les Forces du Mal, Harry commençait à en avoir assez d'écrire les adresses des fans de Lockhart sur les réponses que celui-ci leur faisait. C'était sa septième soirée à faire cela et ça commençait à lui peser. En effet, le professeur McGonagall leur avait donné, à Ron et lui, un mois de retenues à raison de deux colles par semaine, soit huit soirées au total. Ron devait jouer les bonnes à tout faire pour Rusard et il avait déjà nettoyé la salle des trophées, la Grande Salle par deux fois, quelques salles de classe non utilisées depuis longtemps et bien d'autres endroits. Harry avait dû se plier aux volontés de Lockhart en l'aidant dans son courrier. Il aurait largement préféré échanger sa place avec Ron. Même si, avec son Parrain, il n'avait plus eu à faire le ménage, à part sa chambre bien sûr, il n'oubliait tout de même pas qu'il avait dû frotter bien des sols et des murs lorsqu'il était encore chez son oncle et sa tante. Et c'était avec une certaine ironie qu'il avouait que ce genre d'activités, c'était comme le vélo, ça ne s'oubliait pas. Pour l'heure, il en était à se demander s'il était préférable d'étouffer son professeur en lui faisant avaler toutes ces lettres insipides ou s'il devait lui-même s'assommer avec un tas de parchemins posés en vrac sur le bureau. Mais sa réflexion fut coupée, lorsqu'une voix à glacer le sang parvint jusqu'à ses oreilles.
- Viens … viens à moi… que je te déchire… que je te tue...
Harry sursauta et regarda tout autour de lui avec de grands yeux exorbités. Le professeur le regarda stupéfait avant de se rendre compte qu'il était tard. Aussi lui donna-t-il congé. Harry ne demanda pas son reste. Il prit ses affaires et sortit précipitamment, mais la voix s'était tue. Il ne savait pas ce qu'il avait entendu, mais après avoir affronté Quirrell possédé par Voldemort quelques mois plus tôt, il décida de ne pas prendre cette voix à la légère. Sur le chemin du retour vers sa Salle Commune, il rencontra Neville. Tous deux rentrèrent ensemble en discutant joyeusement de la journée. Mais le jeune garçon à la cicatrice ne pouvait s'enlever ces mots de la tête. Ces mots qui le faisaient encore frissonner … « que je te tue ».
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