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Je choisis de situer mes histoires en cours en saison 4 parce que les saisons suivantes m'ont un peu déçue. Trop de violations des lois, d'invraisemblances au niveau du comportement des personnages et celui de Ziva ne m'a jamais plu. Trop prétentieuse, trop d'influence sur l'équipe, ses scènes de séduction sur Tony… brrr…

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Et que dire de voir un officier du Mossad dans une agence fédérale américaine, même en tant que liaison ! Un assassin et une espionne qui ne connait rien aux lois, les brave allégrement et qui travaille en tant qu'enquêtrice alors qu'elle n'en a aucune notion. J'ai toujours trouvé que ce personnage en particulier ne cadrait pas avec le thème de la série.

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La voir aller venger son père en participant à une chasse à l'homme pour finalement tuer de sang-froid est totalement inimaginable. Entraîner dans son sillage Tony qui était contre le principe même, l'obliger à la seconder sans tenir compte de son avis, je ne comprends pas que les scénaristes aient pu aller aussi loin.

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C'est pourquoi Ziva sera certainement toujours malmenée dans mes fics ainsi que McGee et dans une certaine mesure, Abby. Je ne leur pardonne pas leur attitude envers Tony dans certains épisodes : Boxed in (3x12) et surtout Dead Air (8x05).

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Ceci dit, mise au point personnelle.

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Bonne lecture et continuez à donner votre suggestion concernant le cross. Je donnerais le résultat des gagnantes au chapitre 5 qui introduit la 2éme série.

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Chapitre 2 : Préparatifs minutieux

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Trois semaines plus tôt, la Directrice Shepard avait appelé Gibbs dans son bureau pour lui parler de la conférence inter-agences, organisée par Interpol, qui allait se tenir à Miami et qu'il était de grande importance que le NCIS y participe. Elle avait décidé d'y envoyer quelques agents parmi le bureau de Washington et comptait sur son meilleur élément, c'est-à-dire Gibbs, pour choisir ceux qui représenteraient l'agence navale.

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Ce qu'il n'avait pas prévu était que la directrice avait déjà fait un premier choix sélectif des agents qu'elle souhaitait voir y participer. Réaliser qu'elle entendait laisser un membre de son équipe à l'écart de cet évènement important l'avait conduit à engager une bataille à sa manière avec Shepard.

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Au final, il avait obtenu ce qu'il voulait sans avoir eu à élever la voix une seule fois. Comme bien souvent, il avait eu gain de cause parce que ses arguments avaient eu du poids et qu'elle ne voulait pas se mettre à dos son ancien amant. Elle pensait sans doute que le contenter lui permettrait de gagner des points… Illusion quand tu nous tiens !

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Il se souvenait parfaitement de la teneur de leur conversation.

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Flash

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Tôt ce matin-là, le téléphone du bureau de Gibbs sonna et il décrocha sous le regard curieux de son équipe. Il sourit intérieurement avant de grogner plus que répondre à l'appel, raccrocha et contourna son bureau pour se diriger vers l'escalier.

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Comme souvent, deux de ses agents se levèrent comme pour lui emboîter le pas, seul DiNozzo ne bougea pas et continua ce qu'il faisait. D'un geste, il indiqua qu'il allait seul à l'étage et poursuivit sa route.

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Avant de pénétrer dans le bureau de la directrice, il eut le temps d'entendre McGee spéculer sur la teneur de l'appel et David lui répondre mais ne distingua pas la voix de son second, ce qui signifiait qu'il ne participait pas à la conversation.

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« Elle vous attend, Agent Gibbs » signala simplement la secrétaire qui remplaçait temporairement l'assistante de Jenny, Cynthia, qui poursuivait son congé maternité.

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Il lui fit un signe de tête, empoigna fermement la poignée et poussa la porte sans même frapper comme à son habitude. Il referma le battant et s'avança jusqu'au bureau devant lequel il resta debout attendant qu'elle consente à remarquer sa présence.

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Il ne fallut pas plus de quelques secondes pour qu'elle lui accorde son attention sachant qu'au-delà, son agent repartirait aussi sec. Elle lui fit signe de s'asseoir et l'observa quelques secondes. Les traits tirés de son ancien amant attestait du dur travail que son équipe et lui avaient accompli dernièrement.

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« Vous vouliez me voir, Directrice ? » demanda-t-il formellement.

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Il avait pris l'habitude de s'adresser à elle sans plus l'appeler par son prénom mais juste son titre, une manière de mettre quelque distance entre eux après sa tentative ratée de rétablir des liens disparus depuis bien des années.

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« Oui, Agent Gibbs » confirma-t-elle. « Je viens de recevoir une invitation d'Interpol pour assister à la conférence internationale qui va se dérouler chez nous dans quelques semaines. Ceci est une véritable opportunité pour notre agence de se faire connaître mieux et j'ai donc décidé d'envoyer quelques-uns de nos meilleurs éléments pour nous représenter. »

« Je suppose que vous avez déjà quelques candidats en tête pour cette réunion ? » questionna-t-il presque indifférent.

« Oui, une partie de votre équipe ainsi que quelques autres agents de divers bureaux » avoua-t-elle, sachant qu'il était inutile de le lui cacher.

« Qui laissez-vous derrière ? » s'enquit-il mais connaissant parfaitement la réponse.

« Vous emmenez McGee et David avec vous, deux spécialistes qui auront parfaitement leur place à cette conférence » déclara-t-elle presque avec… jubilation.

« Oh ! Je vois » dit-il simplement.

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Puis il attendit qu'elle développe son idée avant de la contrer. Ce qui ne tarda pas lorsqu'elle ne reçut aucune autre remarque.

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« McGee peut participer à tous les ateliers concernant les nouvelles technologies tandis que Ziva peut se joindre à ceux concernant l'anti-terrorisme » plaida-t-elle presque.

« Et moi ? »

« Les armes, Jethro » tenta-t-elle pour le convaincre. « En tant qu'ancien sniper et Marine, c'est un domaine qui devrait vous intéresser, Agent Gibbs » se reprit-elle.

« Mon équipe est composée de 4 membres » la défia-t-il. « Que fera mon second durant cette semaine ? »

« Ce qu'il fait habituellement lorsque vous êtes absent, j'imagine » minauda-t-elle du bout des lèvres, incertaine de la réponse appropriée à fournir.

« Il lui sera difficile de mener les enquêtes sans équipe » nota-t-il simplement.

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A cette réponse, elle fronça les sourcils. Faisait-il de l'humour ou était-il sérieux ?

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Puis, elle se souvint que DiNozzo avait joué le rôle de chef d'équipe temporaire durant le 'congé' de l'ancien Marine et que l'excellence de son travail – qu'elle ne mentionnerait plus – avait attiré son attention pour son projet particulier.

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« Il n'aura qu'à se joindre à une autre équipe, je suis certaine qu'il y aura son utilité » dit-elle négligemment en secouant la main d'un geste vague comme si elle n'était pas concernée.

« Je dirige l'équipe première de l'agence, Directrice » rappela-t-il. « En tant que tel, je décide quels sont les agents qui m'accompagnent. Si DiNozzo reste ici, toute l'équipe reste ici. »

« Gibbs, ne jouez pas les rabat-joie » soupira-t-elle. « Vous dirigez votre équipe et je dirige cette agence. Je choisis qui part et qui reste. »

« Dans ce cas, Madame, nous allons avoir un problème » statua-t-il simplement.

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Il se cala dans son siège et attendit qu'elle capitule pour exposer sa propre idée. Il avait bien sûr entendu parler de la conférence par l'Agent Fornell bien avant que Shepard l'en informe et avait déjà entrepris quelques réflexions à ce sujet. Il aurait bien des arguments à lui présenter mais moins il aurait à parler et mieux il se porterait.

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« Pourquoi devez-vous toujours tout compliquer, Gibbs ? » grommela-t-elle presque avec colère mais aussi résignation.

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Sa remarque signifiait qu'elle était prête à entendre ce qu'il avait à dire et il se réjouit intérieurement d'être toujours en mesure de la faire capituler sans trop batailler. Elle ne se rendait certainement pas compte qu'à la fin, c'était toujours elle qui pliait face à lui et non l'inverse surtout lorsque la cause tenait beaucoup à Gibbs.

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« Je ne suis pas compliqué, vous êtes celle qui rend les choses compliquées, Madame » stipula-t-il doucement. « DiNozzo est mon second, il occupe cette place parce qu'il possède des compétences qui m'intéressent et non des moindres. Depuis son intégration dans mon équipe, j'ai mesuré tout son potentiel et je l'ai aidé à l'utiliser au mieux pour notre bénéfice sans grand effort. Il est le meilleur agent que cette agence compte parmi ses rangs depuis deux décennies et vous voulez l'écarter d'une telle conférence pour quoi ? Par orgueil ? Pour ne pas offenser votre protégée ? »

« Je n'ai aucun motif caché, Agent Gibbs » se rebella-t-elle sans succès.

« Au contraire, je pense que vous voulez démontrer que vous accordez plus d'importance à certains agents qu'à d'autres. Reléguer mon bras droit à des tâches administratives durant cette semaine-là et dès la suivante, vous aurez sa démission sur votre bureau » confirma-t-il.

« DiNozzo aime bien trop son travail ici pour oser faire une telle bêtise pour une simple petite mise à l'écart » déclara-t-elle confidente dans sa décision.

« Vous ignorez bien des choses à son sujet et notamment la raison de son départ de Peoria, on dirait » nota-t-il ironiquement. « Tentez votre chance, ce sera à vos risques et périls mais aussi à ceux de l'agence. »

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Sur ces derniers mots, il se leva et allait ressortir lorsqu'il entendit un soupir et une main s'abattre sur le bois du bureau avec force.

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« Très bien, Gibbs, vous avez gagné » cria-t-elle presque. « Trouvez-lui un atelier auquel il puisse se joindre mais je doute que vous réussissiez cet exploit. Dans le cas contraire… »

« Ce sera sans mal, DiNozzo est plein de surprises » déclara-t-il avec un petit sourire. « Après cinq ans à travailler ensemble, je ne suis toujours pas certain de le connaître comme je le devrais. »

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Et cette dernière remarque marqua la fin de l'entretien et la menace à peine voilée de Shepard.

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Après mûre réflexion et pour marquer un point contre la directrice, Gibbs avait opté de faire participer son équipe entière à la conférence. Il avait pensé que ce serait l'occasion idéale d'ouvrir les yeux de McGee et David sur les compétences de son second. DiNozzo ne cessait de se comporter en clown et ses deux collègues ne semblaient pas - ou ne voulaient pas - s'apercevoir que son comportement n'était qu'une façade.

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Il est définitivement temps que certains ouvrent les yeux et que d'autres cessent de se cacher avait-il fini par conclure.

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Il avait contacté un ami qui avait des relations à Interpol pour l'aider à parler à l'un des organisateurs de la conférence. Il avait été mis en relation avec l'Agent Scoffield, un homme charmant qui l'avait écouté exposer son idée. Il avait insisté auprès de lui pour inscrire Tony en tant qu'intervenant pour un exposé sur un sujet en particulier, un de ceux qui étaient rarement abordés entre agences. L'enthousiasme qu'il rencontra surprit l'ancien Marine mais le ravit également.

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Cependant, étant donné que son second était régulièrement sollicité pour intégrer une autre agence gouvernementale et qu'Interpol avait tenté de le recruter également, il ne fut pas difficile de convaincre son interlocuteur. Il exigea une condition sine qua none pour la participation de son second qui reçut un accord de principe avant d'être finalement adopté après quelques arguments de part et d'autre.

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C'est ainsi qu'un mois avant la date fixée, Tony reçut une invitation officielle. Et lorsque l'enveloppe estampillée « Interpol » fut déposée sur le bureau de l'italien, elle attira inévitablement l'attention de ses deux collègues qui étaient arrivés avant Tony. Elle les narguait et titillait leur curiosité à tel point que Ziva ne se gêna pas pour la prendre et l'examiner.

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« Ziva, je ne crois pas qu'il serait judicieux que tu ne tentes pas d'ouvrir ce courrier » la prévint amicalement McGee.

« Pourquoi ? » s'étonna-t-elle. « Je peux l'ouvrir, la lire et la refermer sans que quiconque ne s'aperçoive qu'elle a été ouverte. »

« Je pense que tu te fais des illusions si tu t'imagines que son destinataire ne remarquera rien » railla gentiment l'informaticien.

« Il est trop bête pour s'en rendre compte » ricana-t-elle. « Tout ce qu'il verra, c'est le tampon et il déchirera l'enveloppe sans même l'examiner. »

« A mon avis, il sera plus prudent que tu ne crois. »

« Allons, Tim, DiNozzo est bien trop imbu de sa personne et recevoir une lettre de cette agence n'éveillera aucune suspicion de sa part. Il sera trop heureux de nous l'agiter sous le nez pour songer à autre chose. Il l'ouvrira et nous lira son contenu juste pour nous narguer. »

« Fais comme tu veux, après tout, tu seras seule à en subir les conséquences » l'avertit son collègue qui n'entendait pas la suivre dans cette voie.

David faisait tourner l'enveloppe dans ses mains, soupesant les propos de McGee. Elle était particulièrement tentée de passer outre son conseil, savoir ce qui motivait que DiNozzo reçoive une correspondance de la prestigieuse agence importait bien trop. Ce fut l'arrivée

impromptue de Gibbs qui l'obligea à abandonner toute velléité de savoir ce qu'elle contenait.

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« David, laissez cette enveloppe sur le bureau de DiNozzo » lâcha-t-il en faisant son chemin vers son bureau.

« Hum, Gibbs, qu'est-ce qui vous fait penser qu'elle est pour lui ? » demanda l'israélienne.

« Sans doute parce que ni vous, ni McGee n'intéressez suffisamment Interpol pour recevoir un courrier de leur part » répondit Gibbs ironiquement. « Et aussi parce qu'elle lui est adressée personnellement, sans doute ! »

« Et qu'est-ce que DiNozzo pourrait bien avoir qui les intéresserait ? Ce n'est qu'un flic qui joue à l'agent fédéral » répliqua la jeune femme pleine de morgue.

« Plus que vous ne pensez, Officier David » affirma l'ancien Marine.

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Gibbs se retenait difficilement de la remettre à sa place, chaque jour qui passait renforçait son irritation envers ses deux jeunes subordonnés. Il était agacé de devoir leur répéter sans cesse les ordres que Tony leur donnait parce qu'ils estimaient ne devoir les recevoir que de lui. Il comprenait maintenant que l'italien ait eu du mal à assumer son rôle de chef d'équipe durant son absence si McGee et Ziva avaient été aussi indisciplinés.

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Il commençait à réaliser que les rumeurs qu'il avait entendues n'étaient sans doute pas aussi fantaisistes qu'il l'avait pensé de prime abord. Certains agents avaient bien tenté de lui en toucher quelques mots dans les deux semaines qui avaient suivi son retour mais il les avait dissuadés de poursuivre d'un simple regard intimidant. Il avait souhaité se faire sa propre opinion mais avec un second qui ne lâchait pas un mot et deux agents qui, au contraire, ne les mâchaient pas, il ne savait plus qui croire.

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Ducky l'avait averti d'être prudent et d'analyser la situation dans son ensemble au lieu d'agir dans la précipitation. Mais plus les jours passaient et plus la confusion s'installait dans son esprit. Il ne pouvait croire que ses deux agents juniors soient aussi retors tout comme il ne pouvait penser que son second soit lâche au point d'avoir laissé les choses s'envenimer à ce point. Il avait un mal fou à établir un schéma cohérent de l'attitude de ses subordonnés durant ces quelques mois où DiNozzo avait été à la tête de son équipe.

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Lorsque DiNozzo se pointa enfin, les deux jeunes gens observèrent attentivement la réaction de leur collègue. Mais ils en furent pour leurs frais, l'italien se contenta de tourner une ou deux fois l'enveloppe avant de l'empocher sans l'ouvrir. Ce qui frustra grandement l'israélienne qui enrageait intérieurement d'en ignorer le contenu.

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« C'est ce que je pense que c'est » dit-il pour aiguiser la curiosité des deux autres et faire comprendre à Gibbs qu'il savait.

« Sans doute, DiNozzo » nota simplement son chef.

« Bien, va falloir que je travaille sur le sujet alors » soupira-t-il. « Et puis non ! » grommela-t-il. « Ils me prendront au naturel ou ce sera rien du tout. »

« Fais de ton mieux et je serais satisfait » affirma l'ancien Marine en venant poser une main sur l'épaule de son second.

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Ce qui étonna ce dernier fut que Tony bougea de façon que sa main n'y reste que quelques secondes et repositionna son fauteuil afin de se déplacer de quelques centimètres. Gibbs fronça les sourcils, ce n'était pas le genre de DiNozzo de réagir ainsi.

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Il avait bien remarqué, à différentes reprises, que l'italien évitait de se retrouver seul avec lui, qu'il s'écartait suffisamment pour ne pas être à portée de main ou qu'il se comportait correctement afin d'éviter qu'il ne lui prodigue les quelques tapes habituelles sur la tête. Ces quelques signes dont il quémandait le contact par le passé presque quotidiennement.

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Et comment pouvait-il connaître le contenu de l'enveloppe sans l'avoir ouverte ? se demanda Gibbs, intrigué par ce détail.

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Et soudain, il se souvint que son second avait de nombreux contacts dans pas mal de départements de police du pays et que, par le passé, de nombreuses enveloppes comme celles-là transitaient par le bureau apportant des propositions d'embauche plus alléchantes les unes que les autres.

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DiNozzo était son second depuis moins de six mois lorsque la première d'une longue série avait fait son apparition sur son bureau. Au début, plutôt amusé, il les avait lues à Gibbs puis au fil du temps, il avait espacé ses commentaires. Pour quel motif ? Gibbs l'ignorait mais pressentait que l'italien pensait qu'il était agacé de voir que certains cherchaient à le débaucher sous son nez.

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Et un jour, les envois cessèrent. Gibbs pourtant était certain que l'italien devait recevoir des missives semblables directement chez lui si les propos tenus par Fornell un jour étaient à prendre en considération. Le FBI n'avait toujours pas perdu espoir de l'enrôler et les propositions étaient quasi biannuelles.

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Si l'agence continuait à vouloir enrôler DiNozzo, ou le voler à la barbe et au nez de Gibbs serait plus exact, l'ancien Marine ne doutait pas que d'autres agences ou services de police maintenaient leurs efforts dans ce sens. Il n'était pas facile de laisser un agent de la valeur de l'italien penser qu'il ne serait pas le bienvenu si d'aventure, il quittait le NCIS.

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Les chasseurs de tête devaient être à l'affût, tels des vautours prêts à fondre sur une proie, si une simple rumeur de départ leur parvenait aux oreilles. Dans ce genre de compétition, il fallait être le plus rapide et le plus généreux. Nul doute que son agent serait bien mieux loti ailleurs qu'ici tant au point de vue environnement que salaire.

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Peut-être serait-il même assez chanceux pour choisir son équipe !

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La semaine suivante, Gibbs finit par informer son équipe de leur participation à la conférence internationale. Aussitôt, DiNozzo produisit le programme de la réunion et les billets d'avion qu'il avait réservés, au grand étonnement de ses collègues.

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« Bonne anticipation, DiNozzo » dit Gibbs simplement pour montrer sa satisfaction.

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Il recommanda à ses agents de se tenir tranquilles durant cette semaine-là et de représenter l'agence sans faille. Cette remarque valait surtout pour McGee et David mais les deux jeunes gens la retournèrent contre DiNozzo, ce qui agaça Gibbs qui dut les remettre à leur place et les menacer de les laisser à DC. Cela les calma aussitôt.

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En prévision de leur déplacement, Gibbs et ses subordonnés se plongèrent dans la paperasse en retard. Au bout de quelques minutes, il nota que ses deux juniors échangeaient des messages instantanés mais laissa faire.

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Son second passa plusieurs coups de fils relatifs à des enquêtes en suspens et rédigea des notes dans des affaires non classées avant d'être sollicité par un collègue pour leur donner un coup de main. Il se leva et abandonna leur espace de travail au grand soulagement de Gibbs.

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« Bien » lâcha-t-il soudain. « Cessez donc vos conversations instantanées et mettez-vous au travail » ordonna-t-il brusquement.

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Il ne fallut que quelques soupirs de la part des deux autres et bientôt, les touches des claviers résonnaient. Il décida de vérifier que son ordre était obéi en se postant derrière l'informaticien puis l'israélienne. Il prit ensuite le chemin de l'ascenseur, satisfait et un sourire aux lèvres.

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Une fois les portes refermées, il laissa la cabine le déposer à l'étage inférieur et il reprit les escaliers, franchit la porte et se dirigea silencieusement vers son espace de travail. Il entendit les deux agents discuter librement de leur participation à la réunion.

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« Je me demande bien pour quelle raison DiNozzo y participe » s'étonnait McGee. « Ce n'est pas comme s'il avait quelque chose qui puisse les intéresser, ce n'est qu'un flic reconverti en agent fédéral… »

« Peut-être, Tim mais il a reçu une enveloppe estampillée 'Interpol' et ni toi, ni moi n'en avons eu une » remarqua sa collègue.

« Gibbs non plus n'en a pas reçu et je suis certain qu'il a sa place dans cette réunion plus que DiNozzo » pointa encore le jeune informaticien.

« Oui, c'est vrai » reconnut la jeune femme. « Alors… pourquoi lui et pas nous ? »

« Je l'ignore mais j'ai hâte d'y être et de savoir » conclut-il en soupirant. « On devrait peut-être se renseigner sur la raison. Tu dois bien avoir des contacts à Interpol, non ? »

« Désolée mais je n'ai pas ce genre de relations avec cette agence et aucun de mes anciens équipiers non plus d'ailleurs » révéla-t-elle avec un brin de dérision dans la voix.

« Et tu ne connais personne qui soit susceptible de nous tuyauter sur cette conférence et qui pourrait nous renseigner sur la raison ? »

« Tu sais, mes contacts ne se préoccupent pas de ce genre de choses, ils me servent pour des sujets vraiment plus importants et qui… mais là n'est pas le problème » se ravisa-t-elle.

« On pourrait demander à Abby si elle est au courant de quelque chose » suggéra encore le jeune agent. « DiNozzo et elle discutent assez souvent, il a bien dû lui parler d'Interpol depuis le temps qu'ils se connaissent. »

« Tu penses qu'elle nous serait utile ? » s'étonna l'israélienne. « Je sais qu'elle ne sait pas garder de secret très longtemps mais tu en aurais entendu parler à un moment donné ou un autre. »

« Je peux toujours lui poser la question en prenant comme prétexte la conférence » nota Tim.

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Et là, Gibbs comprit qu'il était temps de mettre le holà à leur curiosité.

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« Vous avez terminé votre travail, McGee ? » aboya-t-il brusquement faisant sursauter l'interpellé. « J'espère pour vous que vous ne songerez pas à faire ce que vous suggériez il y a un instant. Ne me décevez pas, vous pourriez vous retrouver à travailler sur des affaires non classées plutôt que de nous accompagner. Mais si vous tenez vraiment à avoir une réponse à votre question, tenez-vous tranquille et vous saurez… peut-être. »

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Et à l'expression qui se peignit sur le visage de l'informaticien, il comprit que le message avait été reçu haut et clair. McGee ne s'aviserait pas de revenir sur le sujet, du moins pour l'instant, et il ne chercherait pas à en savoir davantage sur la raison de la présence de Tony à la conférence. C'était tout ce qu'il voulait.

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Quant à l'israélienne, puisqu'elle avait avoué ne pas avoir la possibilité d'obtenir d'information directement à la source, il ne se faisait aucune illusion quant à sa frustration de ne pas savoir. Elle n'aimait pas être tenue à l'écart et découvrir des faits alors que d'autres les connaissaient, surtout si l'italien était l'un d'eux.

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En tant qu'agent de liaison, elle ne pouvait être mise au courant de certaines informations estampillées confidentielles. Le fait qu'elle soit une espionne qui avait pour tâche essentielle la collecte d'informations vitales pour ses missions devait lui laisser penser qu'elle avait un droit de regard sur des sujets qui ne relevaient absolument pas de son degré d'autorisation.

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Sans doute Shepard lui avait-elle fait miroiter qu'elle aurait un accès à des sujets sensibles alors que son poste l'en écartait immanquablement. Il était curieux d'ailleurs que le SecNav n'ait pas mis son veto pour la création de ce poste qui n'avait normalement aucune raison valable de voir le jour.

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Les relations entre les deux pays n'étaient pas non plus vitales au niveau international pour justifier l'adjonction de l'israélienne dans l'équipe mais surtout dans la meilleure équipe même si Gibbs en était le chef. Ou c'était justement parce qu'il la dirigeait qu'elle avait été placée là ! Lui avoir sauvé la vie garantissait qu'elle ne serait pas évincée une fois intégrée !

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Mais quelle était la véritable raison de son intégration dans son équipe ? Et pour quelle raison essayait-elle de faire évincer DiNozzo ? En quoi son second la menaçait-il ?

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Des questions, toujours des questions mais pas de réponses à moins d'interroger la directrice et dans la mesure où il ne souhaitait pas lui faire croire que leur relation pouvait être ravivée, il ne voulait pas passer du temps avec elle, encore moins jouer au jeu du chat et de la souris avec elle.

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Voilà le cross est dévoilé et j'espère que vous apprécierez ce choix.

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A bientôt