hOi! la suite de ma fanfiction sur aventures et sans doute le chapitre le plus "tout publique" que j'ai écris à ce sujet. Il me plais bien car Grunlek est un personnage que j'affectionne tout particulièrement (en tout cas le seul avec qui j'accepterai de voyager) surement parce qu'il est le plus "humain" de tous et le plus arrangeant. (-Tu peux leur dire que c'est juste parce que tu sais pas cuisiner... -Même pas vrais d'abord! T^T)

Sur ce, bonne lecture. :)

Ma prochaine victime sera Shin. 3

Le nain

La nuit était tombante, les ombres : étendues. Accrochées aux arches des avenues, des lanternes ouvragés dispensaient leurs lumières à intervalles régulières. Insuffisantes pour qu'un œil humain puisse percer l'obscurité mais tout le monde sait que les semi-hommes sont nyctalopes. Dans l'ancienne citée naine de Krayn, l'activité ne faiblissait jamais. Elle était devenue au cours des siècle un passe incontournable des routes commerciales et s'était enrichit par la vente de métaux et de pierres arrachés aux entrailles des montagnes, d'armes ouvragés et de recueils de magie antique. Elle était littéralement creusée dans la roche et la terre des monts de la frontière et s'enfonçait si profondément dans l'obscurité que certain de ses habitants y étaient nés puis morts sans jamais apercevoir la lumière du Soleil. Les bâtiments en eux-même étaient un véritable chef-d'œuvre d'architecture, taillés d'un seul bloc dans la pierre d'origine de la caverne, ils s'étendaient sur des lieux et des lieux à perte de vue. Des colonne de cristaux et métaux précieux s'élevaient jusqu'à la voûte qu'ils soutenaient sans faillir depuis la naissance de la ville. S'il existait sept merveilles dans les terres du Cratère à voir avant de mourir, Krayn était de celles-là. La citée était habitée par des nains en grande majorité mais la diversité qui régnait parmi les voyageurs, commerçants et résidant occasionnels était à peine croyable du point de vue d'un observateur extérieur. Les portes de la citée étaient ouvertes à qui en payait la taxe d'entrée ici, nous étions en zone neutre afin de favoriser les échanges, aucun des conflits étrangés à la ville ne pouvaient se poursuivre entre ses murs. De ce fait, des elfes de différentes natures côtoyaient des orcs, qui eux même toléraient des hommes et des élémentaires. Les inquisiteurs se contentaient de détourner la tête en croisant un être d'essence démoniaque hors de leur juridiction, et les paladins de la Lumière et de l'Obscurité s'évitaient soigneusement. Des mages venus de tout les horizons profitaient de leur passage en ville pour échanger sur leurs savoirs, ils avaient créés avec la bénédiction de l'Éminence grise de nombreuses bibliothèques et universités dédiées à une foule de domaines, faisant de Krayn une immense capitale culturelle en plus d'économique. Les différents niveaux de la citée étaient organisés par richesse et par montant de taxe payée à l'entrée, le palais royal les surplombaient tous : merveille arachnéenne s'élevant dans l'horizon obstrué de la ville.

Dans une taverne des bas-fonds, Grunlek leva la tête l'esprit embrumé, voyant ce qui ressemblait à un elfe des bois l'invectiver de manière assez virulente. Le nain n'était pas encore saoul bien qu'il soit descendu ici en ce but, juste extrêmement lassé de son interminable journée. Le tenancier du bar : Ûl, un orc musculeux aux crocs difformes l'avait accueilli en habitué d'une bourrade amicale sur l'épaule qui avait bien faillit l'enfoncer de deux pouces dans le sol. Puis il avait rejoint l'arrière du bâtiment y apercevant des têtes connues. Il était encore jeune pour un semi-homme et son bras gauche manquant ne lui attirait ni pitié ni moquerie dans un univers où tout le monde avait déjà été plus ou moins amputé de quelque chose d'important. Ses camarades le considéraient comme un simple petit garçon ignorant du monde extérieur ce qui, étant la plus objective des réalités, ne lui déplaisait pas. En bref, tout allait pour le mieux et il n'allait pas laisser un elfe gâcher sa soirée alors qu'il emportaient tout juste son deuxième service. Il était trop tôt et il était encore loin d'être assez éméché pour un combat en règle, il posa tranquillement sa chope à ses côtés et d'un coup de poing bien placé, plia son adversaire en deux juste à sa hauteur : un mètre trente avant d'en profiter pour le sonner d'une deuxième frappe bien placée. Puis il empoigna son verre et rejoint ses camarades d'un pas assuré. Un autre elfe releva la tête en le voyant approcher, l'air désinvolte, un peu blasé :

« -Désolé pour « ça » Grunlek. Mon frère est un imbécile, il ne supporte pas les nains.

-On se demande bi...bien ce qu'il fout à Krayn alors. », grommela un guerrier humain en cote-de-maille.

Grattant son début de barbe brune, le semi-homme répondit :

« -Ça m'importe peu mais j'espère qu'il retiendra la leçon à l'avenir...

-T'as l'air à cran mon vieux !, ris Ygria, une naine presque aussi massive que lui., Tu t'es engueulé avec ton paternel ?

-Y a de ça...

-Encore ?!, s'étouffa l'humain, Ma parole ta famille c'est quelque chose !

-Ouais, ça devrait pas lui plaire d'apprendre que son fils traîne dans les tavernes avec des aventuriers.

-Tu m'étonnes ! Il serait furieux. Il rêve de me voir prendre sa suite, il afficha un sourire pensif et mélancolique, mais j'ai l'impression de ne pas tout à fait remplir ses attentes.

-Et il fait quoi ton père ? Tu parles trop bien pour être « d'en bas », c'est un haut-placé c'est ça ?, demanda l'elfe.

-Arrêtes Gwen., le repris la naine, Grun aime pas parler de sa famille, tu le sais bien.

-J'ai... j'ai une foutue bonne idée !, s'exclama le guerrier, le plus beurré des quatre compagnons, Et si tu partait avec nous ? On a décidé...

-Tu as décidé., appuya Ygria

-De con.. continuer notre route ensemble après, en aventuriers. Ça te dirait de nous accompagner ? »

Le nain eut une seconde d'hésitation pendant laquelle il passa en revue les visages de ses interlocuteurs, pensif :

« -Je pense que ça me plairait mais...

-Mais bien sûr que ça te plairait !, s'esclaffa la naine, Le Grun que je connais il est pas fait pour être un... « haut-placé » ou je sais pas quoi mais pour courir les route à l'air libre loin de cette ville minable !

-Prends ton temps pour y réfléchir, soupira Gwen, plus pragmatique, On sera à la grande porte demain, à la première heure. Je raisonnerai mon frangin.

-Rien ne t'empêche de nous accompagner pour un petit trajet. On passe souvent par Krayn », l'humain sourit, dévoilant ses dents gâtés.

Pensif, Grunlek acquiesça, le sourire toujours suspendu aux lèvres, il ne doutait pas de ses désirs mais craignait de leur attirer des ennuis. Finalement, il signa son engagement en trinquant avec ses amis, ses yeux bleu-verts perdus dans le vague trahissant son conflit intérieur.

Il retourna au comptoir. Derrière lui, Ûl astiquait ses verres d'un air machinal, prêt à assurer le service de n'importe quelle tournée générale intempestive.

« -Tu sembles pensif bout d'homme, renâcla-t-il avec un grognement.

-C'est que... on vient de m'offrir une occasion rêvée d'échapper à un destin qui me répugne mais... je ne suis pas sûr de prendre la bonne décision.

-Écoutes, je n'aie jamais rien choisis de ma vie et j'ai été esclave pendant la moitié de celle-ci alors laisse moi te dire..., il renifla bruyamment, Que le plus riche des individus n'est pas le Roi ou le grand marchand mais celui qui décide pour lui-même. Il est sans doute temps pour toi de voler de tes propres ailes. « Toujours plus haut », c'était ton souhait, je me trompe ?

-Ûl..., le prévient l'estropié, Tu baves sur le comptoir.

-Sacre-couille ! », grogna-t-il en réponse, constatant les dégâts.

Un orc était de par sa nature même, incapable de fermer la mâchoire, gêné à vie par la taille de sa dentition mais cet handicape n'en empêchait pas certain d'être très maniaque de l'hygiène. Le laissant rattraper le coup, le nain soupira :

« -Garde le pour toi, mais je pense que je vais partir. Je n'en peux plus de cette ville, ses murs, ses conventions m'étouffent. Plus vite je serrai loin, mieux ça sera pour moi.

-C'est ce que je pense aussi sale gosse. L'air de Krayn ne te réussi pas et la petite Ygria te bouffe littéralement des yeux, c'est une occasion à ne pas louper !

-C'est un au revoir, l'ami., il lâcha une poignée de pièces sur le bar, Mais tu me manqueras.

-Repasses à l'occasion... et sauves toi vite avant que ton père ne fasse fermer toutes les portes de la ville ! »

Avec un sourire, amusé par l'image de son géniteur virant rouge-bordeaux à la nouvelle de sa disparition, Grunlek Von Krayn adressa un rapide clin d'œil à Ûl avant de retourner s'asseoir sans précipitation parmi ses amis, prêt à partir à l'aventure.