Thème: #17, kHz.
TITRE: Une histoire de fréquence.
FANDOM: Harry Potter.
PAIRING: Hermione Granger & Théodore Nott.
RATING: K. C'est tout mignon, tout gentil.
DISCLAIMER: L'univers d'Harry Potter est la propriété de JK Rowling, je ne fais que martyriser les personnages pour les besoins de cette série de OS.
NOTE: Et voilà le troisième OS pour cette série chroniques de deux rats de bibliothèque, qui, j'espère, vous plaira autant que les autres. Je sais qu'Hermione a abandonné le cours d'étude des Moldus, donc elle n'apparaîtra qu'en fin de l'histoire, le chapitre étant surtout centré sur Théodore. Merci à tous pour vos reviews sur les précédents OS, je suis ravie qu'ils vous plaisent. Je n'avais jamais vraiment osé en faire auparavant, mais apparemment ça se passe bien donc je vais persister dans ce sens, surtout que je m'investis dans plusieurs communautés sur Livejournal donc vous aurez encore le droit à de nombreux OS…notamment sur Théodore (encore lui!) , ou sur Lavande vu que ça faisait un bout que j'avais envie sur elle. Bisous, et à bientôt pour le prochain OS, qui portera sur le thème n°24, bonne nuit, et qui sera beaucoup plus sombre que les précédents.
Théodore Nott, ce matin là, était sans doute plus réveillé que tous ses camarades réunis. À dire vrai, le Serpentard était toujours le dernier couché, et le premier levé. Non pas qu'il était particulièrement masochiste, mais il était simplement insomniaque. En fait, il préférait étudier jusqu'à des heures carrément indécentes plutôt que dormir, ce qui représentait une perte de temps considérable pour lui. Somme toute, Théodore n'avait pas besoin davantage que cinq petites heures de sommeil. Et encore. Ses songes étaient entrecoupés de réveils intempestifs, et il mettait toujours un temps fou pour se rendormir. Théodore était ainsi. Son cerveau fonctionnait toujours, tout le temps. Il avait toujours un sujet sur lequel réfléchir, et des idées qui se bousculaient dans sa tête: plans de dissertations, solutions à un devoir complexes, ou même quelques vers de poésie.
Car, non content d'être un intellectuel notoire, le seul élève susceptible de faire concurrence à Hermione Granger de par son esprit remarquable et sa réflexion à toute épreuve, Théodore s'improvisait poète à ses heures perdues, et couchait quelques vers sur son parchemin au gré de ses inspirations. Théodore Nott était l'individu le plus mystérieux qu'il soit. Il avait toujours cet éclat mélancolique dans le regard, et l'air absent, perdu dans ses songes. Il parlait peu, beaucoup trop peu. Mais quand il le faisait, ses mots pesaient leur poids. Théodore était avare de paroles, mais toujours de bon conseil. Encore fallait-il le mériter.
N'approchait pas Théodore Nott qui veut. Le Serpentard avait parfaitement compris comment fonctionnaient les relations humaines. Il avait pour credo de ne jamais s'attacher, sous aucun prétexte. À aucun moment de sa scolarité, Théodore n'avait ressenti le besoin de se lier à quelqu'un. Il n'avait pas d'amis, et il s'en fichait. Il avait même refusé de rejoindre le groupe qui gravitait autour de Malefoy d'une part, par fierté, et d'autre part, pour garantir son indépendance. Théodore était un électron libre, une entité qui ne se réclamait d'aucun groupe. Malefoy l'avait pris en grippe depuis qu'il avait refusé de se joindre à sa précieuse bande, prenant son refus pour une déclaration de guerre. Théodore était bien au dessus de ces histoires, il n'avait que faire des petits caprices de celui qui se revendiquait comme le Prince des Serpentard. Théodore s'en moquait, purement et simplement. Il ne voulait pas entrer dans le système, les autres n'avaient qu'à respecter sa volonté.
Comme Théodore ne faisait jamais rien comme tout le monde, il s'intéressait également aux personnes les plus improbables. Aussi avait-il eu l'occasion de deviser à plusieurs reprises avec Ginny Weasley, et il s'entendait plutôt bien avec Terry Boot, son camarade préfet chez les Serdaigle. Théodore n'avait pas pu obtenir ce titre, la faute à Malefoy, qui avait toujours eu plus de chance que lui dans la vie. Mais pour se consoler, Théodore se disait que la chance finirait bien par tourner un jour. Bien plus que Terry ou Ginny, Théodore s'était lié d'amitié avec Hermione Granger, à sa grande surprise d'ailleurs. Jamais il n'aurait pensé qu'il puisse s'entendre aussi bien avec une Gryffondor, et une née-moldus qui plus est.
Pourtant, à l'instar des autres Serpentard, Théodore avait reçu une éducation très stricte, dans l'optique de le préparer à servir le Seigneur des Ténèbres. Nott senior tenait vraiment à ce que son fils intègre le cercle très fermé des Mangemorts, mais ce n'était pas vraiment ce que le principal concerné voulait. Ce qu'il désirait, c'était une vie normal, un minimum heureuse, où il pourrait s'épanouir dans le travail qui lui plaisait, et surtout, où il serait libre. La liberté était le principal combat du jeune Nott et ce dernier n'était pas désespéré à l'idée d'en sortir victorieux un jour. Cette émancipation commençait, en toute logique, par le choix de ses options, puis, des matières qu'il allait conserver pour les ASPIC, et, éventuellement, le parcours qu'il ferait s'il avait des velléités de faire des études supérieurs.
Pour l'instant, Théodore projetait de se lancer dans la médicomagie. La médecine le passionnait littéralement, et il comptait bien l'étudier…plus tard. Avant, il allait devoir décrocher ses ASPIC, et cela n'allait pas être une mince affaire. Bien qu'il était le deuxième meilleur élève de Poudlard, Théodore, comme tout le monde, connaissait ses moments de doutes, et à l'approche des examens, il était toujours animé par cette appréhension, celle de tout échouer. Lorsqu'il en parlait, les autres le prenaient pour un fou. Un névrosé du travail qui ne faisait rien d'autre à part peut-être étudier pour obtenir des bonnes notes. Certains prétendaient même qu'il se moquait bien de réussir, tout ce qu'il voulait, c'était être le meilleur, point. Pour autant, Théodore ne nourrissait pas de telles ambitions. Il voulait simplement se faire la meilleure place possible dans le monde magique, et surtout, ne pas se servir de son nom autant que possible. Il ne savait que trop bien que Malefoy n'allait pas hésiter à se prévaloir de son héritage pour réussir, d'ailleurs, c'était bien ainsi qu'il avait obtenu son poste de préfet. Mais Théodore voulait y arriver par lui-même, en toute indépendance, à la sueur de son front.
L'adolescent de dix-sept ans s'installa à la table des Serpentard, dans la grande salle, afin de prendre son petit déjeuner tranquillement. Comme d'habitude, il relisait ses notes, et avait un manuel ouvert sur les genoux. Il passa une main anxieuse dans ses cheveux ébouriffés, puis, il tourna la page de son livre tout en fourrant un morceau de tartine à la confiture de fraises dans sa bouche. D'une main distraite, il tournait le contenu de sa tasse à l'aide d'une petite cuillère. Il ignora royalement Pansy Parkinson qui tentait une fois de plus de l'aguicher. Elle avait bien essayé de l'attirer dans ses filets, comme tous les autres garçons de Serpentard, d'ailleurs. Mais Théodore avait toujours été insensible à ses avances. Elle avait beau caresser sa cuisse d'un geste éloquent, le Serpentard restait de marbre, simplement parce que Pansy ne lui plaisait pas. En fait, il avait une toute autre personne en tête.
Cette fille avait de beaux cheveux frisés, qui partaient dans tous les sens, un joli visage en cœur et des lèvres pulpeuses. Elle ne se maquillait jamais, elle s'habillait comme sa grand-mère, mais Théodore trouvait qu'elle avait un charme fou. Il pouvait deviner la rondeur de ses seins sous sa chemise blanche. Maintes fois il s'était perdu dans la contemplation de sa chevelure désordonnée, et maintes fois, son estomac s'était douloureusement contracté lorsqu'elle riait. Théodore était fou de son rire, ce rire qui le prenait aux tripes et qui créait un délicieux frisson en son for intérieur. Parfois, le Serpentard se plaisait à imaginer que c'était lui qui la faisait rire de la sorte, et non pas ces crétins de Potter et de Weasley qu'il détestait à mort d'être aussi proches d'elle. Alors, Théodore eut une idée. Le garçon sortit un parchemin, une plume, et une bouteille d'encre. Le message était court, concis, et tenait en peu de mots, mais l'essentiel s'y trouvait. Avec un peu de chance…
Un rire. Des dizaines de clochettes qui résonnent. Un frisson sur ma peau. Passe une bonne journée.
Puis, minutieusement, le Serpentard avait plié son parchemin, et d'un coup de baguette magique, il l'avait envoyé à sa destinataire. Il n'avait même pas pris la peine de signer, il espérait qu'Hermione sache reconnaître son écriture en pattes de mouches. Sans même finir son petit déjeuner, après avoir soigneusement rangé son matériel, l'adolescent se leva, et partit de la Grande Salle, son manuel d'étude des Moldus sous le bras, son sac étant trop rempli pour pouvoir accueillir un manuel de plus. Déjà que l'adolescent craignait que les coutures ne se rompent au beau milieu d'un couloir…En sortant de la pièce, Théodore sentit un frisson familier sur sa nuque, comme lorsque quelqu'un l'observait avec intensité. Un grand sourire fleurit sur ses lèvres rosées. Il savait qu'elle était en train de le suivre du regard, et rien ne pouvait davantage lui remonter le moral.
Théodore ne savait plus vraiment comment il s'en était retrouvé à étudier les Moldus. Il avait pourtant subi l'endoctrinement de son père, qui lui avait répété en long, en large, et en travers que les Moldus étaient des êtres malfaisants et qu'ils étaient un danger pour le monde magique. Théodore n'en avait eu cure. Le monde moldu avait quelque chose de fascinant, probablement parce qu'il lui était interdit. En effet, Théodore, avant d'aller à Poudlard, n'avait jamais mis les pieds hors de son manoir, son père le lui avait formellement interdit. C'était toujours l'elfe de maison qui allait acheter ses fournitures scolaires. Théodore n'avait jamais vu le Londres sorcier, ni même le monde moldu, et il avait souffert de cet enfermement. C'était une chance que Nott senior ait accepté de laisser partir son fils à Poudlard, nonobstant la présence des Sang-mêlés, traîtres à son sang, et autres sang-de-bourbe.
Si Théodore voulait s'émanciper, c'était aussi en partie parce qu'il voulait quitter son manoir, voir du pays, découvrir le monde, ailleurs que dans les livres. Voilà pourquoi il aimait autant lire et écrire. Cela lui permettait de s'éloigner de son existence pitoyable, et de s'évader en l'espace de quelques pages. Théodore avait voulu cacher son ignorance du monde extérieur en alimentant sa culture, en l'entendant parler et exposer ses théories toutes aussi fascinantes les unes que les autres, jamais on n'aurait pu croire que Théodore Nott n'avait jamais mis les pieds hors de chez lui. Sa seule distraction, pendant son enfance, avaient été les parties d'échec version sorcier, et Ronald Weasley était particulièrement ravi d'avoir trouvé un adversaire à sa taille. Aussi les deux garçons se retrouvaient régulièrement pour disputer d'interminables parties d'échec, qui pouvaient parfois durer une nuit entière. Si Nott senior venait à savoir que son fils venait à fréquenter les sang-de-bourbe et les traitres à leur sang, il en ferait une crise cardiaque.
Ce matin là, donc, Théodore avait attendu patiemment devant la salle de classe de Charity Burbage, la professeure d'Etude des Moldus. Le jeune homme lisait tranquillement son bouquin, sous les regards moqueurs de ses camarades de classe. Théodore se faisait toujours charrier sur son côté rat de bibliothèque, et le pire, c'était sans doute qu'il s'en foutait comme de sa première chemise. Bien que son père ait fait un scandale lorsqu'il avait su que son fils étudiait cette matière à Poudlard, Théodore n'avait jamais voulu renoncer à ce cours. Il trouvait les petites babioles inventées par les Moldus littéralement fascinantes, et il comprenait la lubie d'Arthur Weasley pour ces artefacts -Ron, au cours de leurs discussions, lui en avait vaguement parlé.
Bientôt, les élèves entrèrent dans la salle de classe, et Théodore put refermer son livre, non sans glisser un marque-pages à l'endroit où il s'était arrêté, pour reprendre sa lecture au même point ultérieurement. Théodore s'installa à sa place habituelle, au premier rang, à droite. À côté de lui, il n'y avait personne. Théodore s'en moquait. Il n'avait pas besoin d'un voisin qui lui casserait les pieds pendant une heure à bavarder ou à lui demander conseil. En classe, Théodore faisait toujours cavalier seul, même lorsque la matière requérait qu'ils se mettent en binôme. Dans de telles conditions, il devenait rapidement directif et prenait les choses en main sans laisser aucune latitude à son partenaire. Théodore était un adepte du principe selon lequel on n'était jamais mieux servis que par soi-même. Et jamais, au grand jamais, il ne tolérerait que quelqu'un d'autre puisse participer à un éventuel échec.
Théodore était jaloux de Londubat. Probablement parce qu'Hermione se mettait souvent en binôme avec lui, pour que ses résultats ne soient pas trop catastrophiques. Parfois, Théodore aurait aimé que la Gryffondor s'installe à ses côtés pour travailler avec lui. Mais Hermione ne venait jamais, et préférait la compagnie de cet idiot à la sienne. Pourtant, Théodore s'estimait être bien plus intéressant que ce grand benêt de Neville. Il en avait conscience, mais peut-être pas Hermione. Alors, pendant les cours de potions, Théodore essayait de maîtriser sa jalousie autant que faire se peut, admirant la patience d'Hermione dans une telle situation. Le reste du temps, Théodore ne souhaitait pas de binôme. De toute manière, les Serpentard n'avaient qu'un cours en commun avec les Gryffondor, et c'était les potions. Pas étude des Moldus. Par ailleurs, Théodore était le seul Serpentard de son année à avoir choisi cette matière, plus par curiosité intellectuelle que par conviction cependant.
-Bonjour à tous! Les salua Charity Burbage, de sa voix aimable. Aujourd'hui, nous allons étudier un objet très prisé par les Moldus, qui est la radio. Quelqu'un peut-il m'expliquer brièvement ce qu'est une radio?
Comme il fallait s'y attendre, pas un ne leva la main, trop occupés à dormir pour ce faire. De toute manière, personne ne participait jamais, à part peut-être les têtes de classe, dont Théodore faisait partie. D'ailleurs, Théodore agaçait tout le monde en levant tout le temps la main, mais qu'y pouvait-il si personne d'autre ne se dévouait? Il n'était quand même pas le seul élève dans ce cours, si? Sans surprise, le grand brun leva la main, tentative dérisoire d'attirer l'attention du professeur Burbage. Ce fut peine perdue, elle préféra interroger Seamus Finnigan.
-Eh bien, dit Seamus, en s'éclaircissant légèrement la gorge. Une radio est un appareil qui permet, si on choisit la bonne fréquence, de capter des ondes sonores. Cela permet aux Moldus d'écouter de la musique, ou les informations, par exemple.
-Excellente réponse. Se réjouit la femme replète, passant une main dans ses cheveux blonds permanentés. Dois-je répéter la définition, ou tout le monde a eu le temps de noter? Personne? Très bien. Question suivante. Mr Finnigan a parlé d'ondes et de fréquences, quelqu'un peut-il m'expliquer ce que signifient ces deux termes. Théodore?
L'adolescent leva le nez de son parchemin, occupé à finir d'écrire sa phrase. L'adolescent timide et solitaire rougit en voyant que tous les regards convergeaient vers lui. S'il y a bien une chose que l'élève de Serpentard détestait, c'était bien d'être le centre de l'attention. Il passa une main embarrassée sur sa nuque brûlante, puis il osa une réponse, la plus complète possible.
-Les ondes sont des phénomènes physiques qui tout en se propageant modifient les caractéristiques du milieu dans lequel elles évoluent. Elles transportent de l'énergie sans transporter de matière.
-Excellente réponse! Le félicita Burbage, en donnant un nouveau coup de baguette sur le tableau, inscrivant la réponse du Serpentard. Dix points pour Serpentard. Monsieur Nott a tout à fait raison. Les ondes sont des perturbations qui modifient les propriétés physiques d'une zone donnée. Par exemple, prenez une surface d'eau. Au repos, cette surface est parfaitement lisse. Quelqu'un peut-il me dire ce qui se passe lorsque vous jetez une pierre dans un lac, pour faire des ricochets par exemple?
-ça éclabousse. Tenta Zacharias Smith, faisant rire l'ensemble des étudiants présents.
-Oui mais encore? Les pressa Charity, en jetant un regard circulaire à la pièce. Miss Brown?
-ça fait des sortes de petites vagues. Souligna Lavande, en arquant un sourcil.
-Tout à fait! Approuva la professeure d'Etude des Moldus. Et quel aspect revêtent ces ondes?
-Des cercles concentriques, qui deviennent de plus en plus grands à mesure que l'onde se propage? Tenta Théodore, incertain, en s'appuyant sur son coude, nonchalamment.
-Ce sont d'excellentes réponses. Une onde qui se répand à la surface de l'eau est une espèce d'ondes parmi tant d'autres. Tout à l'heure, Monsieur Finnigan évoquait les ondes sonores. Ce sont celles qui vont particulièrement nous intéresser dans le cadre de ce cours. Les ondes sonores appartiennent aux ondes dites acoustiques. Elles se traduisent par la vibration de l'air lors de la propagation de cette onde, dans le cas de notre radio. Quelqu'un peut-il me dire quelle est l'unité qui permet de mesurer la fréquence d'un son? Mr Finnigan?
Le principal intéressé hocha négativement la tête, indiquant qu'il ne connaissait pas la réponse. En tout désespoir de cause, Burbage tenta d'interroger Lavande Brown, qui se dissimula sous un voile de cheveux blonds. Zacharias Smith ricana, mais fut tout autant incapable de répondre à la question. Théodore savait parfaitement où Burbage souhaitait en venir. Elle savait que Théodore savait tout, et donc, elle préférait donner leur chance aux autres pour éviter que le jeune Nott en vienne à monopoliser le débat. Il ne s'agissait que d'un faux problème, Charity Burbage revenait toujours vers lui, faute de réponse de la part des autres jeunes sorciers.
-La mesure d'une fréquence s'exprime en Hertz. Répondit le Serpentard, en soutenant le regard insistant de son professeur. À une fréquence faible, correspond un son grave, et à une haute fréquence correspond un son aigu. Mais cependant, les ondes sonores normales sont trop faibles pour pouvoir être exploitées par la radio télécommunication, en fait, les ondes radio sont plutôt de l'ordre du kiloHertz.
-Parfait. Sourit Charity Burbage, dix points de plus pour Serpentard. Les ondes radio ont une fréquence assez élevée au regard des ondes sonores classiques, et il est important de les réglementer. La radio telle que les Moldus la connaissent utilise des ondes à très haute fréquence. Ce sont des ondes ultra courtes, qui peuvent être modulées à la convenance de l'auditeur. D'où la présence du bouton ici même, que vous devez tourner pour trouver la bonne fréquence. Je vais vous proposer un exercice pratique très simple. À l'aide du modulateur de fréquence, vous allez vous placer sur les différentes valeurs de la liste. J'attends de vous que vous notez vos observations quant à chacune des fréquences proposées, ce n'est pas bien compliqué.
-Mais madame…objecta Théodore, sous le regard moqueur de ses camarades. Les appareils moldus ne sont pas censés fonctionner dans l'enceinte de Poudlard.
-Ils ne sont pas censés, Théodore. Cela ne signifie pas pour autant que leur utilisation est impossible. Il suffit simplement de connaître les bonnes formules, avec la magie, tout devient possible. Comment je pourrais dispenser mon cours, sinon?
Théodore, pour toute réponse, haussa les épaules et ignora les rires de ses camarades. En toute hypothèse, ce cours sur la radio lui avait donné une idée bien plus intéressante et bien plus originale que de s'envoyer des parchemins pour communiquer. S'il s'en sortait bien, en jouant un peu avec la modulation des fréquences de la radio indépendante à transmission magique, Théodore allait pouvoir se débrouiller pour l'utiliser en guise d'outil de communication. Après tout, c'était ainsi que les résistants pouvaient communiquer pendant la première guerre qui opposa le monde sorcier à Voldemort. Tout en esquissant un léger sourire, l'adolescent mis son casque sur ses oreilles, pour ne pas déranger ses camarades, puis, il se mit au boulot, et fut le premier à rendre sa copie.
Le soir même, Théodore rencontra Hermione devant les quatre sabliers géants. Le Serpentard constata que celui des Gryffondor avait diminué considérablement, malgré l'acharnement d'Hermione à leur faire gagner des points en donnant toutes les bonnes réponses. Lorsqu'elle le vit arriver, Hermione lui adressa un sourire crispé, puis elle s'en retourna dans la contemplation des sabliers.
-Harry et Ron sont vraiment des crétins. Siffla-t-elle, avec colère. À cause de leurs bêtises, nous sommes derniers dans le classement. Derniers!
-Et nous sommes premiers. Constata platement Théodore, en désignant le sablier des verts et argent.
-C'est complètement injuste. Souligna Hermione, avec tristesse. À quoi ça sert d'être la meilleure élève de Poudlard si notre maison ne peut même pas remporter la coupe?
-C'est l'histoire de toute ma vie. Répondit Théodore, avec amertume.
Il se retint justement d'ajouter que, si les Serpentard n'avaient jamais pu gagner la coupe, c'était bien parce que leurs ennemis jurés la leur sifflait sous le nez, systématiquement. Hermione était incontestablement la meilleure élève de Poudlard. Théodore était l'éternel second. C'était comme ça, il ne pouvait changer quoi que ce fût. Contrairement à ses camarades de classe, Théodore ne souhaitait pas la gloire. Il aspirait simplement à une vie tranquille, différente de ce qu'aura connu son père, de préférence. Et alors qu'Hermione continuait à se lamenter sur ces sabliers qui fondent, Théodore passa gentiment un bras autour de ses épaules, après une brève hésitation. La Gryffondor se raidit légèrement à son contact, mais elle finit par se laisser faire et se blottir contre le Serpentard. Les deux adolescents regardèrent les sabliers en silence, légèrement songeurs. Puis, Hermione posa son menton sur l'épaule de Théodore, pour lui demander timidement.
-Le billet, ce matin…c'était toi?
-oui. Répondit évasivement le Serpentard, toujours perdu dans ses pensées.
Imperceptiblement, le cœur du vert et argent s'était mis à battre plus fort, emballé par la soudaine proximité de la rouge et or. Jamais ils n'avaient été aussi proches. Le Serpentard aimait sentir le corps chaud d'Hermione contre le sien. C'était la première fois qu'on le voyait avec une fille dans les bras. À dire vrai, Théodore n'avait jamais ressenti le besoin d'avoir une petite-amie, il ne voyait pas vraiment l'intérêt de ce genre de relations à son âge. Il n'avait que seize ans, après tout. À cet âge, on se tenait encore par la main et on se faisait des bisous dans des cachettes sombres. Généralement, les relations de couple n'allaient jamais très loin. Théodore y tenait, il était très vieux jeu sur ce point. Cependant, Théodore était le seul garçon de Serpentard, de leur année tout du moins, à n'avoir jamais eu de copine, pas même quelques flirts. Il en avait conclu que les filles ne l'intéressaient tout simplement pas, pas pour l'instant, en tout cas.
Et pour être honnête, il était plutôt content d'avoir Hermione dans ses bras. Maintes fois, il avait voulu la serrer contre lui sans jamais oser. Maintes fois, il avait voulu l'embrasser sans jamais que leurs lèvres ne s'effleurent. De fil en aiguille, Théodore était tombé amoureux d'Hermione, mais il tergiversait encore pour savoir comment il allait lui dire. Devant elle, il perdait tous ses moyens, il se sentait bête. Il savait bien rembarrer Pansy Parkinson, mais parler à la fille qui lui plaisait vraiment, c'était une autre histoire.
-Je t'aime vraiment bien, tu sais. Glissa-t-elle à son oreille, avant de se hisser sur la pointe des pieds pour poser un bisou sur sa joue. Tu n'es pas comme les autres. Tu es…différent.
Elle l'aimait bien! Elle venait de lui dire! Le cœur de Théodore cogna davantage, alors que ses mains devenaient moites. Machinalement, il les essuya sur son pantalon, sans se faire voir. Il pouvait sentir le souffle chaud de la jolie lionne sur sa nuque, et sa délicate odeur de vanille. Pris d'une soudaine impulsion, Théodore enfouit son visage dans les boucles de la brune, et ils restèrent un instant enlacés, profitant simplement de la chaleur de l'autre, ce qui était fort appréciable lorsque les premiers frimas de l'hiver venaient à débarquer.
Hermione se redressa, forçant Théodore à faire de même. Les adolescents, à présent, se faisaient face. Le regard outremer de Théodore se troubla, alors que les prunelles ambrées d'Hermione flottaient à quelques centimètres des siennes. Leurs visages était trop proches, bien trop proches. Sans mot dire, Hermione attrapa les mains du Serpentard, pour les serrer contre elle. Le palpitant du jeune Nott manqua un battement. Hermione se mordilla doucement la lèvre inférieure, puis elle se hissa sur la pointe des pieds pour poser doucement ses lèvres sur les siennes, provoquant un mouvement de recul involontaire chez le grand brun.
Néanmoins, il ne bougea pas davantage. Au contraire, il venait de lâcher les mains d'Hermione pour les poser sur ses hanches alors qu'elle entourait son cou de ses bras. Leurs lèvres ne faisaient que s'effleurer, timidement, sans jamais oser réellement se toucher. Théodore grogna légèrement, impatient, avant d'appuyer plus franchement sa bouche contre celle de la jeune femme, emprisonnant sa lèvre inférieure entre les siennes. Hermione soupira, avant de rapprocher son visage de celui du jeune Nott. Leurs nez s'effleurèrent doucement, alors que leurs échanges s'approfondissaient, leur permettant de goûter à la langue de l'autre.
De drôles de sensations naissaient dans le ventre du Serpentard, alors qu'il donnait à Hermione son tout premier baiser. Quelque chose, au plus profond de lui, lui soufflait qu'il ne serait pas contre à en expérimenter des tas d'autres, et à réitérer l'expérience autant de fois que nécessaire. Au bout d'un moment, ils se séparèrent, à bout de souffle. Théodore souriait, le cœur battant à tout rompre, alors qu'il se noyait dans le regard ambré de la jeune femme. Hermione souriait également, et elle caressait sa joue avec douceur. Encouragé par ce simple geste, Théodore laissa de chastes baisers sur la bouche rosée de la Gryffondor, avec une application qui la laissait coite. Elle avait posé ses mains sur les épaules du Serpentard, et il avait gardé ses bras autour de sa taille voluptueuse. Ils auraient pu restés enlacés ainsi pendant des heures, prisonniers de leur bulle d'amour et de tendresse, mais ils furent rapidement interrompus, ce qui les projeta brutalement dans la réalité. La dure et cruelle réalité.
-Oh, mais qui vois-je! Caqueta Peeves, en volant autour du jeune couple. La copine du petit pote Potter et le prince déchu des vipères. NOTT ET GRANGER! NOTT ET GRANGER!
Il continua à caqueter Nott et Granger tout en tournoyant autour d'eux, forçant les deux adolescents à se séparer, comme s'ils venaient d'être pris en faute. Tant pis pour le secret, dans l'heure qui suivait, les autres allaient être immanquablement au courant de ce qui se tramait entre les deux jeunes gens. Avec fatalité, Théodore haussa les épaules, bientôt imité par Hermione. Au moins, songeait-il, ils n'auraient pas le problème d'attendre le moment adéquat pour s'afficher ensemble, Peeves leur avait mâché le travail. Hermione baissa la tête, légèrement rouge.
Théodore ignora Peeves, pour prendre le menton de la jeune femme entre ses doigts, pour posséder ses lèvres à nouveau, dans un autre baiser passionné. Puis, il prit la main de la jeune femme et l'entraîna vers les étages, fuyant les élèves qui commençaient à affluer dans le hall et qui ne purent voir que deux silhouette filer dans les grands escaliers. Théodore montait les marches quatre à quatre, et Hermione trottinait derrière lui, s'efforçant de le suivre autant que faire se peut. Puis, le jeune homme ouvrit la porte du premier placard à balais qui vint et poussa Hermione à l'intérieur, avant de s'y enfermer à son tour.
-Maudit soit Peeves. Commenta Hermione, d'une voix contrariée. Il a brisé notre moment magique.
-Ne t'en fais pas. Chuchota Théodore, tout près de ses lèvres. On a toute la soirée pour essayer de retrouver cette magie.
-En attendant, souligna la jeune femme, toute l'école est au courant.
-Ce n'est pas un problème. Assura l'adolescent avec son sempiternel sourire suffisant. Je veux que toute l'école sache que tu es à moi pour…hum…disons toute la vie?
-Toute la vie? Gloussa Hermione, en se blottissant contre lui. Tu as de l'ambition. Mais je n'ai rien contre, vraiment rien contre.
-C'est bien parce que je suis ambitieux que je suis à Serpentard. Susurra l'adolescent en capturant à nouveau les lèvres de sa dulcinée, qui répondit à son baiser avec fièvre.
Leur baiser dura longtemps. Et pendant ces longues minutes, les deux jeunes gens continuaient à se découvrir, à s'apprécier, à partager. Leurs cœurs battaient à l'unisson, ils accéléraient en même temps et leur appétit augmentait de façon exponentielle. Mais l'un comme l'autre savaient que ce soir, il n'y aurait rien de plus à part de simples baisers, qu'ils avaient tout leur temps pour construire leur relation, pour se découvrir, pour s'aimer. Et contre la bouche de la Gryffondor, Théodore souriait. Il avait eu raison de la courtiser en lui envoyant des billets doux. Certaines personnes pouvaient trouver cela ringard, mais Hermione, tout comme Théodore, étaient suffisamment romantiques pour les apprécier. D'ailleurs, la belle Hermione semblait particulièrement les apprécier, puisqu'elle lui souffla à l'oreille, avec tendresse.
-Merci pour le petit mot de ce matin. On pourra dire que grâce à toi, j'ai vraiment passé une bonne journée.
Tout contre elle, Théodore sourit. Il referma ses bras autour de la Gryffondor, blottie tout contre lui. Hermione enfouit son visage dans son cou. Théodore passa ses doigts dans ses boucles désordonnés, le menton niché au creux de son épaule. il n'avait peut-être pas beaucoup d'expérience, surtout en comparaison de ses autres camarades de Serpentard, mais pour l'heure, il s'en moquait. Théodore était prêt à parier qu'ils étaient peu à pouvoir se targuer d'aimer la fille avec qui ils passaient la soirée, et Théodore, lui, avait cette chance là. Oui, songeait-il alors que son sourire s'élargissait. La chance finissait toujours par tourner.
