Disclaimer: Les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, mais l'histoire, si!

Couple: Pansy / Hermione.

Rating: T.

En espérant que cette suite vous plaira :)

Bonne lecture !


Chapitre 3

Quelque chose clochait. Dans le fond, ce n'était pas nouveau : tout dans sa vie clochait, elle n'était pas à une bizarrerie près. Mais en l'occurrence, le fait que Hermione Granger soit entrée dans sa vie de cette manière était, vraiment, quelque chose qui clochait.

Assise près de Draco, qui notait le cours de sa petite écriture nerveuse, Pansy avait une vue panoramique sur la salle de classe. Ils étaient en cours de Sortilège et le professeur Flitwick était parti dans des explications théoriques ponctuées de démonstrations. Les élèves tout devant, les plus assidus, avaient la tête penchées vers l'avant, écrivant peut-être mot à mot ce que racontait leur professeur, ceux du fond suivant avec moins d'assiduité. Si Pansy s'était installée au dernier rang avec Draco, c'était parce que tous deux voulaient garder un œil sur les objets de leurs pensées respectives, et tous deux se trouvaient quasiment au même endroit.

Au deuxième rang, Hermione avait la tête baissée vers sa feuille, ses boucles châtain pointant vers le plafond, révélant à certains petits endroits la blancheur de sa nuque. Contrairement à Draco, Pansy avait beaucoup de mal à détacher les yeux de la jeune fille, il fallait parfois que son ami lui donne un coup de coude pour qu'elle repose les yeux sur son parchemin. D'où leur position stratégique, aussi, au fond de la classe…

Une semaine. Une putain de semaine qu'elles sortaient ensemble. Il n'y avait rien eu d'explicite, après leur baiser. Elles s'étaient séparées en entendant une toilette glouglouter, puis Mimi émerger de l'eau en hurlant. Les deux jeunes filles avaient préféré sortir plutôt que de supporter ses jérémiades et, au détour d'un couloir, voyant au loin des Serpentards, elles s'étaient quittées, d'un commun accord.

Depuis, elles s'étaient revues. Elles n'allaient plus dans les toilettes, par peur de se faire chopper et pour ne pas s'attirer les commentaires de Mimi. Elles se retrouvaient plutôt dans la Salle sur demande, voire dans la salle de bain des préfets. Hermione avait rougi en lui disant qu'elles se feraient forcément attraper, mais Pansy lui rappela que les préfets avaient des heures, de façon à ce qu'ils ne se rencontrent pas tous au même moment dans la salle d'eau. Elle connaissait celles de Draco, et elle savait aussi qu'il fraudait : il ne se lavait jamais le soir, comme c'était écrit sur le papier, mais le matin, avant le lever de ses camarades. Tel un chat, tous les cheveux de Hermione s'étaient hérissés : mais il n'avait pas le droit ! Si tout le monde faisait comme lui…

Il suffisait d'un baiser pour la faire taire, et Merlin savait comme elle était bavarde, surtout quand elle était énervée. Elle avait pourtant fraudé, elle aussi, et plus d'une fois avec ses deux amis. Son sens de la justice et du respect des règles étaient impressionnant, quand on pensait à toutes ces fois où elle avait violé les règles… Et une fois encore, dans l'intimité de la salle sur demande ou dans la salle de bains des préfets, verrouillée d'un sort pour plus de sécurité même si c'était interdit, Hermione Granger violait encore les règles.

Dans chacun de ses gestes, il était visible que Hermione n'était pas lesbienne, mais il était aussi visible qu'elle ne connaissait pas grand-chose aux choses de l'amour. De façon un peu trop franche, Pansy lui avait demandé en fronçant les sourcils si Blaise l'avait vraiment initiée aux plaisirs de la chair, pour qu'elle soit aussi pudique, que ce soit dans les baisers qu'elle peinait à rendre, les caresses trop timides ou encore cette répugnance à se mettre nue. Ecarlate, la Gryffondor s'était énervée : d'une, cela ne la regardait pas, et de deux, oui elle était nulle, Blaise avait été son premier copain.

Loin de s'offusquer, Pansy se demanda intérieurement si ce n'était pas une des raisons qui avaient poussé Blaise à la quitter, cette pudicité qu'il avait sans doute essayé d'atténuer mais sans grand succès. Evidemment, la jeune fille était à mille lieues de penser que cette réserve était somme toute assez naturelle chez les moldues, les filles ne prenaient pas de bains collectifs. Et Hermione n'avait pas envie de lui expliquer cela : elle lui avait déjà raconté comment les moldus circulaient et Pansy avait été tellement hallucinée par ces moyens terriblement lents, peu agréables et stupides que Hermione avait décidé de ne plus évoquer les… « défauts » des moldus.

Elles parlaient beaucoup. Depuis une semaine, elles se voyaient de plus en plus, et se parlaient beaucoup. C'était un peu comme si la situation s'était débloquée, comme s'il n'y avait plus de réelles retenues entre elles. Peut-être parce qu'elles savaient toutes les deux qu'elles prenaient des risques, si jamais elles étaient découvertes. Elles seraient toutes les deux coupables.

Ou peut-être était-ce simplement parce qu'elles avaient envie de parler, envie de communiquer avec l'autre. Parce que Pansy était, malgré, l'oreille la plus attentive qu'elle n'avait jamais eu, et parce que Hermione ne la jugerait jamais. Et puis, c'était si simple… Assises l'une contre l'autre, parler, se regarder, se jauger du regard… Se demander si on doit aller plus loin, et puis bof, c'est bien comme ça…

Un début de relation. Voilà ce que c'était : un début de relation. Elles sortaient ensemble. De façon plus ou moins officielle, plus ou moins consenties… plus ou moins sérieuse… mais le fait était qu'elles étaient ensemble.

Que dans le secret d'une salle mystérieuse, elles s'embrassaient.

Que dans les couloirs bondés, elles se jetaient des regards.

Que dans les salles de classe, elles se surveillaient du coin de l'œil, constamment.

Et c'était bizarre.

Bizarre que Hermione Granger, sentant son regard brûler sa nuque, finisse par tourner la tête vers elle pour lui lancer un regard agacé, alors que Pansy savait très bien que dans le fond, elle s'en trouvait flattée. Et c'était mignon à voir, ses joues un peu rosées, ses yeux noisettes ourlés de cils noircis par du mascara lui ordonnant silencieusement de cesser son manège.

Et pendant tout le cours, Pansy ne la lâcherait pas des yeux, tout au fond de la salle.

OoO

Elles étaient dans la salle sur demande et Hermione avait étalé ses bouquins autour d'elle, par terre. Pansy avait du mal à gérer son temps, entre ses devoirs et ses rendez-vous secrets, donc elles avaient décidé d'allier les deux : elles se voyaient pour travailler, ou plutôt, Hermione lui expliquait ce qu'elle ne comprenait pas. Hermione était bien plus patiente et pédagogue que Draco, en partie parce qu'elle était trop habituée à ce qu'on lui pique ses devoirs sans vraiment écouter à fond ses explications, cela lui faisait donc plaisir que Pansy préfère l'écouter parler plutôt que de se contenter de ses travaux.

A vrai dire, leur relation était vraiment basée sur la discussion et l'écoute mutuelle. Hermione n'avait sans doute jamais été aussi bavarde depuis qu'elle la connaissait : il fallait dire aussi que peu de personnes l'écoutaient, d'habitude, que ce soit ses meilleurs amis ou ses camarades de dortoir. On se fichait pas mal de sa science… cependant, quand elle avait vraiment besoin de parler, elle savait qu'elle pouvait bénéficier d'une oreille attentive. Surtout venant de Harry. Ron était plus de venu une sorte de grand frère qui sortait les dents quand on lui cassait les pieds.

Parler avec Pansy était complètement différent, car elle, elle avait l'habitude de discuter avec ses copines et son attirance pour les femmes la rendait plus sensible à ce qu'elles lui racontaient. Elle savait ce que c'était que de ne pas être attentif à ce que l'on disait et à ne pas être comprise. Avant tout, Pansy était une fille, et Hermione réalisait à quel point c'était facile de lui parler, comparé à Blaise, qui ne comprenait pas la moitié de ce qu'elle ressentait. C'était un mec, lui disait Pansy. Les mecs ne peuvent pas comprendre ce que c'est qu'avoir ses règles, une migraine affreuse ou des réticences à faire l'amour. Avec une fille, c'est plus facile.

Et elle en fit l'expérience…

« Putain je suis crevée, on peut pas finir demain ?

- On termine le devoir de McGonagall avant. Allez, il te reste trente centimètres de parchemin à faire !

- Ca me soule…

- Ca te soulera encore plus demain. Allez, finis ! »

De mauvaise grâce, Pansy continua à rédiger son argumentation tandis que Hermione finissait son devoir de Runes. Elle termina sa transcription avant la Serpentard qui lutta pour parvenir à la fin de sa feuille sans être tentée d'écrire plus gros pour aller plus vite. Elle détestait faire ça, parce que les profs connaissaient leurs écritures et le voyait tout de suite, mais aussi parce qu'après elle devait subir un sermon de Hermione qui le supportait encore moins. Quand elle eut terminé, Pansy poussa son parchemin par terre et croisa les bras sur la table basse où elles travaillaient, posant sa tête dessus et lâchant un soupir de soulagement.

« J'en pouvais plus !

- Je suis fière de toi. »

Et la Gryffondor se pencha vers elle pour l'embrasser sur la joue. Elle se retint de rougir en voyant la légère surprise sur le visage de Pansy, qui esquissa ensuite un sourire provoquant.

« J'aurais préféré sur la bouche.

- Je fais des progrès.

- C'est vrai. Tu te débrouilles bien, pour une hétéro.

- Je suis bi.

- On n'a pas encore fait l'amour, donc tu n'es pas bi.

- Je le deviendrais si on le faisait ?

- Non. Mais tu aurais une raison valable de le penser. »

Pansy ferma les yeux. Elle paraissait fatiguée. Hermione ne savait quoi penser de ce qu'elle lui disait, ni même de ce qu'elle ressentait. Elle se mordilla la lèvre, puis se leva pour s'agenouiller juste derrière son amie qui émit un petit bruit interrogatif, avant de pousser un soupir de soulagement en sentant ses bras enlacer sa taille, sa poitrine se presser contre son dos et sa tête contre la sienne.

« C'est confortable ?

- Pas vraiment. Quand est-ce que tu me prendras au sérieux ?

- Aucune idée. Peut-être quand tu arrêteras de te pavaner devant Blaise.

- Je ne me pavane pas devant lui !

- Ouais ouais, c'est c'qu'on dit… »

Pansy se redressa en arrière et leva les bras pour s'étirer comme un chat, puis ils retombèrent et une de ses mains s'avantura dans la chevelure indomptable de Hermione. La jeune fille tourna un peu la tête et lui embrassa la joue, de façon plus tendre, plus profonde.

« Je vais pas tarder à y aller.

- Tes gardes du corps te posent encore des questions ?

- Ron s'inquiète, c'est normal…

- Tu veux pas qu'on dorme ensemble ?

- Quoi ?! »

Pansy retint un grognement quand elle sentit soudain la jeune fille s'écarter brusquement d'elle. Elle poussa un soupir en se passant une main lasse sur le visage.

« Je t'ai pas demandé si tu voulais coucher avec moi, je t'ai demandé si tu voulais dormir.

- Je… Excuse-moi…

- C'est pas grave. »

Elle se leva, énervée, et alla chercher son sac pour rassembler ses affaires. Derrière elle, Hermione ne disait rien. Qu'est-ce qu'elle aurait pu dire, de toute manière ? Qu'elle était désolée, qu'elle aurait bien voulu, mais que… Oh et puis zut…

Pansy en avait marre. Elle avait la sale impression d'être une perverse alors que ses demandes n'avaient rien d'ambiguës. Cela faisait tout de même un mois qu'elles sortaient ensemble, se voyant régulièrement et le plus souvent le soir, dans cette pièce ou dans la salle de bain des préfets, comme toujours, voire parfois dans des salles de cours désaffectées. Les choses avaient un peu avancées… mais trop peu, au goût de la Serpentard, qui aurait voulu que Hermione fasse davantage de pas en avant.

Elle ne demandait pas la lune… Elle voulait juste que sa petite amie vienne l'embrasser de façon plus spontanée et sur la bouche si possible, pas sur la joue ou dans les cheveux comme une amie proche pourrait le faire. Elle aurait voulu aussi que Hermione se laisse un peu tripoter, à défaut de vouloir le faire elle-même, mais Pansy ne pouvait pas lui pincer les fesses ou lui effleurer la poitrine sans que la gêne ne vienne bloquer la Gryffondor. De quoi refroidir ses ardeurs…

Mais elle se posait aussi beaucoup de questions. Pourquoi diable Hermione avait-elle décidé de s'engager dans une telle relation si elle n'était même pas fichue d'accepter que Pansy lui touche les seins ? Blaise devait forcément le faire, était-ce donc si étrange et désagréable qu'une autre fille le lui fasse ? Elle se contentait de baisers maladroits et d'effleurements plus ou moins volontaires. Et ça la faisait chier. Royalement…

« Pansy, je suis désolée…

- Y'a rien de pervers, Hermione. Je ne vais pas mettre ma main dans ta culotte quand tu t'y attendras le moins…

- C'est pas ça !

- C'est quoi alors ?! »

La brune se retourna vers elle et lui jeta un regard qui en disait long sur ses pensées.

« Il est où, le problème ? Hermione, ça fait un mois qu'on est ensemble, qu'on se découvre, qu'on passe du temps ensemble. C'est toujours moi qui viens chercher ton contact, et quand je le fais, tu me rejettes une fois sur deux, ou alors tu te braques. Putain, je suis une nana mais j'ai besoin de te toucher, merde ! Là, tout de suite, j'ai pas envie de m'envoyer en l'air avec toi, j'ai pas envie de te voir à poil non plus, mais j'ai besoin de te prendre dans mes bras, de te tripoter, parce que tout le monde fait ça ! Dis-moi clairement où est le problème, Hermione, on ira plus vite. »

La Gryffondor secoua la tête. Comment lui dire qu'elle avait peur de ne pas être à la hauteur, qu'elle était maladroite, qu'elle savait à peine répondre à un baiser et qu'elle ne savait pas quoi faire quand on la touchait ? Que c'était gênant, qu'elle n'aimait pas son corps, qu'elle se sentait stupide ? Alors qu'elle avait envie que Pansy la prenne dans ses bras, parce que c'était agréable, parce qu'elle savait la détendre, sans aller trop loin… et que ce qu'elle ressentait dans ses bras était si perturbant qu'elle se braquait…

Merlin, mais comment lui faire comprendre qu'elle était quasiment terrifiée à l'idée d'être plus troublée par ses baisers que par ceux de Blaise ? Qu'elle ne comprenait pas pourquoi elle avait envie d'aller plus loin, que ça lui faisait peur ?

Comment lui expliquer tout ça…

« J'arrive pas à…

- On va faire simple. T'aime être avec moi ?

- Oui.

- T'aime quand je te touche ?

- Oui.

- Pourquoi tu te braques ? Pourquoi tu as peur ?

- Parce que je suis nulle ? »

Elle ne sut comme interpréter ce soupir à fendre l'âme, ni l'air exaspéré de cette fille qu'elle avait encore du mal à considérer comme sa petite amie.

« Qui c'est qui t'as dit que t'étais nulle ?

- Je le sais.

- Blaise t'as déjà fait des remarques ? »

La rougeur de ses joues était plus que révélatrice. Pendant quelques secondes, la brune se demanda bien ce que cet abruti avait pu lui dire : quoi, elle savait pas la lui tripoter donc il lui avait fait une remarque bien placée qui l'avait complètement braquée ? Ou alors leur première fois avait été catastrophique, comme toutes les premières fois d'ailleurs, et il n'avait pas manqué de le lui dire aussi ?

« Il ne m'a pas dit que j'étais nulle. Mais… je l'ai compris. Et puis même, je suis pas faite pour ça…

- Ca s'apprend.

- Je sais même pas embrasser, et…

- Hermione, je t'en prie, ça fait un mois qu'on est ensemble et j'adore t'embrasser. C'est le seul truc que j'adore faire, vu que tu me laisses pas te peloter. Et arrête de rougir comme ça, c'est ridicule. Blague à part, ça commence à me gonfler, donc soit tu te décides à faire un bon pas en avant, soit on s'arrête là.

- Faire un bon pas en avant, c'est passer la nuit avec toi ?

- Nan. C'est que ce soit toi qui viennes me chercher pour faire un câlin. Et pas le contraire. »

OoO

Lavande et Parvati n'avaient jamais bavé, quand elle partait passer la nuit avec Blaise. Hermione ne l'avait jamais fait non plus, et elle était persuadée qu'elles ne diraient rien pour cette nuit. A Poudlard, les filles étaient de vraies commères… mais il fallait croire que les questions sur sexes n'étaient pas le genre de choses que les copines de dortoir révélaient facilement, à moins que la concernée soit une vraie peste. Mais c'était rare.

Elles passèrent la nuit ensemble. D'abord, elles investirent la salle de bain des préfets pour se laver, puis, elles retournèrent sans se faire chopper à la salle sur demande qui se transforma en une confortable chambre à coucher. Hermione était angoissée, comme la première fois où elle avait fait l'amour avec Blaise. Elle savait qu'il ne se passerait rien, Pansy avait toujours été respectueuse envers elle… et elle avait confiance. Ce n'était pas pour autant qu'elle était rassurée. A vrai dire, elle était même terrifiée à l'idée de passer une nuit avec cette fille qui était son ennemie, quelques mois auparavant, et qui était à présent, par un curieux concours de circonstances, devenue sa petite amie.

Et ce fut cette nuit là que ces termes prirent toute leur ampleur, toute leur signification…

La lumière était éteinte. Il n'y avait absolument plus aucune barrière pour Pansy. Elles étaient sous les draps, en chemises de nuit, fournies par la salle à leur entrée. La petite culotte blanche qu'elle portait lui paraissait être une bien mince protection aux mains de la brune… qui ne tardèrent pas à toucher sa peau…

Pansy fut extrêmement patiente, et d'une douceur incroyable. Jamais Hermione n'aurait cru que la jeune puisse offrir de tels trésors de tendresse et de compréhension, face à son appréhension et ses angoisses. Elle se contenta d'abord de la prendre dans ses bras et d'emmêler leurs jambes, et quand Hermione se détendit, elle laissa ses mains vagabonder, mais jamais trop bas, ou de façon appuyée.

Elle lui toucha la poitrine, presque de façon hésitante. Elle lui toucha les cuisses, les massant, semblant apprécier la chaire qui se trouvait autour des os. Elle lui toucha le ventre, les cheveux, le visage…

Elle l'embrassa, avec douceur, avec ferveur…

Sans ambiguïté nu vulgarité, Pansy Parkinson la câlina sous les draps, l'apaisant. Hermione ne fit quasiment rien, et quand elle tenta de lui rendre la pareille, Pansy remit gentiment ses mains là où elles se trouvaient. Avant qu'elles ne s'endorment, elle lui glissa à l'oreille que ce serait à elle de faire les premiers pas, la prochaine fois.

Etrangement, Hermione se sentit confiante.

Et étrangement…

Elle eut conscience que Pansy n'était ni une amie, ni une camarade de classe.

Mais bel et bien sa petite amie…

OoO

Pansy retint un juron et invoqua tous les mages de la terre, morts ou encore vivants, pour que l'expression de son visage de se relâche pas. Elle tourna lentement la tête et foudroya du regard Hermione qui rentra comme une fleur dans la salle de classe.

« Putain Granger, regarde où tu marches ! Mais elle se croit où cette conne, à nous bousculer comme ça ?! »

Pansy ne répondit pas à Tracey. Elle préféra rassembler ses maigres ressources pour lutter contre cette furieuse envie de rougir et ce sourire niais qui risquait d'apparaître sur son visage d'une seconde à l'autre.

Hermione lui avait pincé les fesses.

Finalement, elle parvint à lever les yeux vers sa copine et à répliquer vertement que depuis que ses cheveux avaient enfin trouvé un aspect convenable, cette bouffonne se croyait tout permis. Tracey l'approuva vivement et maugréa après cet espèce de rat de bibliothèque qui se prenait pour une belle gosse alors qu'elle était toujours aussi moche.

Pansy s'assit comme toujours au fond de la classe avec Draco. Elle passa la moitié du temps à suivre le discours ennuyant à souhait de leur nouveau professeur de défense contre les forces du mal et l'autre moitié à jeter des regards à Hermione qui ne tourna pas un seul instant la tête vers elle, prenant assidument le cours. Pansy était certaine que son regard devait lui brûler la nuque et la maudit pour sa patience. Et pour ce soudain éclat de lucidité qui avait fait basculer leur relation…

Il fallait croire que cette nuit passée ensemble avait complètement chamboulé Hermione, qui avait enfin accepté l'idée qu'elle puisse être attirée par une femme et éprouver du bien-être à son contact. C'était la seule explication, car sinon, Pansy ne voyait pas pourquoi la jeune fille se mettait à la provoquer gentiment, en public, et répondait de façon aussi honnête quand la brune lui faisait des avances. Il y avait toujours un certain embarras, chez Hermione… mais plus de gêne.

On aurait dit qu'elle avait soudainement pris confiance en elle et qu'elle avait décidé de vivre cette relation à fond.

Et Pansy ne savait si elle devait en être heureuse ou en être inquiète. Car la Hermione qui se laissait faire et qui l'embrassait volontiers la faisait carrément fondre… Et c'était étrange. C'était même… terrifiant. Jamais Pansy n'aurait imaginé que cette fille puisse un jour répondre à ses avances, tout cela demeurait du fantasme. Hermione était quasiment un être asexué : peu de poitrine, des cheveux hérissés dans tous les sens, un visage banal et un corps qui l'était tout autant… Un rat de bibliothèque en puissance qui avait fréquenté un homme dont elle était tombé amoureuse. Une fille banale vivant une histoire banale…

Pourquoi s'était-elle soudain retrouvée dans ses bras ? Parce qu'elle était perdue. Pourquoi y demeurait-elle, pourquoi cherchait-elle à aller toujours plus loin ? Parce qu'elle se cherchait, peut-être…

Oui, c'était forcément ça. Hermione se cherchait. Elle était troublée, elle se sentait mieux, et elle cherchait à comprendre, plutôt que de refouler et faire comme si de rien n'était.

Et c'était terrifiant…

Terrifiant, car incontrôlable…

Pansy avait du mal à gérer la situation, à tenir cette fille assez loin d'elle pour que son cœur ne s'emballe pas et que son esprit explose d'espoirs. C'était compliqué de maintenant sur ses distances, alors qu'elle l'avait mise au pied du mur, lui reprochant sa gêne et sa réserve. Pansy détestait fréquenter des hétéros, car il n'était pas simple de se faire comprendre avec elles. Elles étaient toujours dans l'excès : soit trop loin, soit trop proches…

« Vas-tu prendre des notes, à un moment donné ?

- Laisse-moi tranquille.

- Tu glisses, Pansy, tu glisses… »

Elle jeta un regard mauvais à Draco qui l'ignora superbement.

« Toi, tu ne glisses pas. Tu plonges.

- Au moins, je profite. Toi, tu butines. »

Que lui répondre ? Il n'avait pas tord, et elle le savait très bien. Il avait beau ne pas être heureux en couple, si on pouvait donner ce nom à la relation qu'il entretenait, au moins il y avait quelque chose entre eux : pas de timidité cachant l'embarras et de sexe pudique. Avec Hermione… Tout n'était que caresses, baisers volés et câlins. Un début de relation comme les autres… Cela ne faisait qu'un mois qu'elles étaient ensemble… Mais… rien ne lui promettait qu'elle reste avec elle, si jamais Blaise venait à se montrer plus insistant et désespéré. Hermione ne lui appartenait pas et elle n'était pas avec elle parce qu'elle voulait découvrir quelque chose. Elle avait beau commencer à apprécier, presque à assumer cette relation secrète, elle n'était pas là parce qu'elle voulait découvrir et explorer de nouvelles sensations.

Pansy n'était pas un jouet. Sa position était meilleure que celle de Draco. Mais lui, au moins, vivait une vraie relation, avec du cul, des baisers sauvages et de la passion…

« Fais attention à toi. Blaise n'a pas lâché le morceau.

- Il la laisse tranquille, en ce moment.

- Il est vexé. Mais il l'aime encore.

- A croire que tu aimes me faire du mal… »

Le blond leva enfin les yeux de sa feuille et regarda Pansy de façon très franche. Pas d'ironie, de colère, de moquerie dans ses yeux bleus… juste une sorte de tendresse.

« Je m'y prendrai autrement, si c'était le cas. »

Et elle le savait. Ce qu'il craignait, c'était qu'elle se fasse de faux espoirs et qu'il soit obligé de la ramasser à la petite cuillère. Il ne voulait pas qu'elle devienne comme lui, dépendant d'un être qui ne l'aimerait que superficiellement. Il ne voulait pas la voir détruite… Draco était comme un animal pris au piège, et tout ce qu'il voulait, c'était que son amie ne se prenne pas le pied dans le même piège à loups.

A la fin du cours, Pansy sortit précipitamment de la pièce et partit en direction des toilettes des filles, où elle fut surprise de constater l'absence de Mimi Geignarde. Elle eut beau écouter, elle ne l'entendit pas pleurnicher ou jouer avec l'eau d'une cuvette. Parfois, la jeune fille se demandait bien comment le fantôme pouvait occuper ses journées, vu qu'elle ne parlait quasiment à personne, sortant peu de ces toilettes ou alors se laissant glisser dans les canalisations, ce que les fantômes du château faisaient plutôt rarement, d'après ce qu'elle avait entendu.

La vie, ou plutôt la mort, devait être longue, dans ce château… dans ces toilettes que personne ne fréquentait.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

Pansy parvint à ne pas sursauter. Elle se retourna et fit une moue agacée à Hermione et referma la porte laissée ouverte par sa camarade.

« Je médite. Ca se voit pas ?

- Tu as l'air bien énervée pour quelqu'un qui médite. »

Pansy lui tira la langue puis s'avança vers elle pour la prendre dans ses bras tout en la plaquant contre la porte. Soudain, elle s'empara de la bouche de la Gryffondor qui émit un petit gémissement avant de lui répondre, timidement. Elles s'embrassèrent, de façon de plus en plus langoureuse, guidées par Pansy qui laissait ses mains descendre sur les hanches de sa petite amie, puis ses fesses, avant de remonter sagement un peu plus haut. Quand le baiser cessa, la brune cacha son visage dans le cou de l'autre et déposa des baisers dans son cou. Elle sentit les mains de Hermione caresser ses cheveux et son dos.

C'était bon, rassurant. Ca faisait du bien…

« Tu avais l'air toute chamboulée, au début du cours.

- Connasse.

- Ca me motive pour recommencer, tiens…

- C'est pas marrant, tu réagis plus quand je t'insulte…

- Les insultes, on les dit quand on ne sait plus quoi faire pour se défendre.

- Va chier. »

Pansy poussa un léger soupir quand Hermione lui embrassa la tête. C'était dans ces moments-là qu'elle comprenait pourquoi Potter et Weasley l'aimaient : son côté maman et rat de bibliothèque avait beau être très chiant par moment, elle n'en demeurait pas moins une fille attentionnée et tendre, à sa façon.

« Il parait que Weasley sort à nouveau avec Brown ?

- Pourquoi tu me parles de ça ?

- Comme ça. C'est sérieux entre eux ?

- J'en sais rien. C'est Ron qui lui a proposé, elle n'a pas mis longtemps à dire oui…

- Ok.

- Tu t'entends bien avec Lavande ?

- C'est une salope.

- Pansy ! »

Hermione la repoussa violemment et la darda de ses yeux noisette. Elle était furieuse. Le brune fit une moue exaspérée.

« Tu vois que ses bons côtés, Hermy.

- Et c'est quoi, ses mauvais côtés ? Quoi, juste parce qu'elle a couché avec Dean sans protection et qu'elle a failli tomber enceinte, elle doit passer pour une… Pansy, tu me déçois ! Lavande est mon amie, et…

- Elle est gouine. »

Cela lui cloua le bec. On aurait dit un poisson hors de l'eau, c'était plutôt amusant. Mais Pansy était loin d'être amusée, surtout quand elle regardait, de loin, le petit manège de cette dinde avec la belette.

« Co… Comment tu peux…

- Je le sais, c'est tout. Elle assume pas.

- Ca peut se comprendre…

- Ouais. Ca peut se comprendre. Mais ce qui ne peut pas se comprendre, c'est qu'elle se fiche de la gueule d'une de mes copines. Les Serpentards ne sont pas polygames. »

Pansy fit volte-face et alla vers les lavabos pour laver ses mains moites. Elle n'aurait pas dû lui parler de ça… mais elle revoyait encore le visage de Tracey qui essayait tant bien que mal de cacher sa souffrance derrière la colère. Elle était d'une humeur exécrable depuis deux jours et passait ses nerfs sur Pansy qui laissait couler. C'était sa copine, elles avaient un peu fricoté ensemble, et même si elles avaient souvent des différents, c'était de son devoir de la soutenir.

Elle entendit les souliers de sa petite amie claquer sur le carrelage un peu humide et ses bars entourer sa taille, son front se poser au creux de ses épaules.

« Je ne savais pas. Je pensais que… avec Ron…

- Je connais pas Brown et je m'en tape de sa vie privée. Mais elle a fait du mal à ma copine. C'est une salope, point barre.

- Elle est homosexuelle ou…

- J'en sais rien et je m'en fous.

- Tu crois que ça pourrait m'arriver ?

- De quoi ?

- Ce genre de situation.

- Si jamais tu flashes pour un mec ou que tu veux retourner vers Blaise, épargne-moi les tromperies : tu me quittes et on n'en parle plus.

- Je te prends en entier ou je ne te prends pas, c'est ça ?

- Ouais. »

Quelque chose comme ça…

Mais Hermione ne serait jamais à elle.

Même en cet instant, alors qu'elle la tenait dans ses bras, son front contre son dos et ses cheveux bouclés caressant les siens…

« J'ai besoin que tu m'aides…

- Je t'ai pas fait de reproches. Epargne-moi juste ce genre de situation. Rien n'est pire que la tromperie. Et tu le sais, ça… Ne me fais pas subir ce qu'il t'a fait. »

Les bras de la jeune fille se resserrèrent autour d'elle. Pansy se dit que ce ne serait pas difficile de la mettre dans sa poche avec de tels arguments : Blaise l'avait trompé, c'était un homme qui ne pensait qu'au sexe, il était plus facile de se comprendre entre femmes… Mais à quoi bon l'embobiner, jouer avec ses souffrances pour la faire venir de son côté pour finalement tout perdre le jour où elle ferait son deuil de sa relation avec Blaise, se rendant compte qu'elle avait souffert, mais qu'elle aimait toujours les hommes. Ce serait jeter l'opprobre sur elle, quand leur relation serait découverte, et la perdre complètement quand elle la quitterait…

Pansy la voulait en entier, ou pas du tout. Elle la voulait consentante, conscience de ce que leur relation impliquait, et non pas aveuglée par des larmes de désespoir…

Dans un sens, elle se faisait du mal pour rien. Mais au moins, elle pouvait savourer sans remords chaque moment avec sa petite amie, chaque nouveau pas qu'elle faisait dans leur relation, chaque câlin, chaque baiser…

Et c'était mieux comme ça.

OoO

Tracey lui avait proposé une partie de jambes en l'air, histoire de tirer un train sur sa relation avec Brown, qui lui pourrissait l'existence. Elle fut étonnée que Pansy refuse : elle n'était certes pas du genre à écarter les cuisses pour un oui ou pour un non, mais elle n'était pas non plus de ces gonzesses qui attendait le grand amour pour coucher, ni même de sentiments. Du moment que la fille lui plaisait… Et Tracey était son genre de fille. Et pourtant, elle essuya un refus, qui lui fit plus de mal qu'elle ne l'aurait cru.

De toute façon, que Pansy sorte ou non avec Hermione, il n'aurait pas été bon qu'elle couche avec sa copine car cela aurait compliqué leurs relations. Tracey se serait accroché à elle et elles auraient fini par se détruire mutuellement. Cependant, il était difficile de lui expliquer pourquoi elle refusait, l'argument de l'amitié était bien maigre, pour cette fille au cœur brisé. Et il était inconcevable qu'elle lui avoue sa relation avec la Gryffondor. Tracey n'aurait pas cafté… pas sur le moment. Mais peut-être que plus tard, elle l'aurait fait. Et c'était hors de question…

Cela dit, Pansy n'avait pas pensé une seule seconde que Tracey, en dépit de son refus, continuerait à la coller comme ça. Il devenait difficile de quitter le dortoir pour rejoindre Hermione, elle venait même à la suivre à la bibliothèque ! Son mal d'amour la bouffait de l'intérieur et bien que Pansy la soutienne de tout cœur, il arrivait un moment où elle en avait vraiment raz-le-cul. Sa manie de se glisser dans son lit le soir, de lui prendre le bras dans les couloirs et, en plus, de venir piailler dans la bibliothèque pendant qu'elle bossait, ç'allait bien cinq minutes…

Sans compter Blaise qui grognait de plus belle parce que Hermione n'en avait rien à cirer de lui, Draco qui lui cassait les pieds avec les examens qui arrivaient et Gregory qui s'était mis en tête de la séduire… Non, vraiment, elle était gâtée…

Je suis gouine, je sors avec un rat de bibliothèque, et je vous emmerde…

Mais le pire, vraiment, le pire dans cette histoire… C'était que même Hermione s'en mêlait. Et pourquoi ? Parce qu'elle venait de découvrir un sentiment jusqu'alors plus ou moins inconnu : la jalousie. Et c'était le pompon…

La jeune fille en avait plus qu'assez de voir Tracey pendu au bras de Pansy et son simple agacement vira à la colère quand Pansy essaya de lui explique, avec simplicité, que c'était une manière pour elle de pallier son manque cruel d'affection, et que comme Pansy avait refusé de coucher avec… Mais qu'est-ce qu'elle n'avait pas dit… Et elle qui avait cru que Hermione comprendrait et qu'elle ne se ferait ainsi pas de fausses idées… Elle aurait mieux fait de se la fermer, tiens !

Certes, Hermione avait tendance à se montrer plus câline et démonstrative, mais ses regards meurtriers et son ton mordant les rares fois où elles se rencontraient et se bousculaient avait quelque chose d'assez énervant. Dans ces moments-là, Pansy avait envie de hurler… Après Tracey, après Blaise, après le monde entier qui se liguait contre elle pour éloigner sa petite amie d'elle. Parce que ce salopard en profitait pour lui courir après, et Hermione avait tendance à se laisser approcher, en plus, cette garce…

Elle les haïssait. Tous autant qu'ils étaient…

Et puis un jour, la situation se calma. Hermione ne lui fit plus de reproches, lui expliquant qu'elle comprenait que son amie aille mal et qu'elle était désolée pour son comportement immature, que cela ne la dérangeait pas que Tracey soit si proche d'elle. Pile au moment où cette conne décida de la laisser tranquille… Pansy eut à nouveau envie de hurler. Mais elle se retint. Car elle pouvait à nouveau s'échapper pour rejoindre la Gryffondor qui s'était quelque peu décoincée…

Enfin, Hermione lui avait donné son accord pour la peloter. Et c'était un grand pas en avant. En dépit de ses précédentes menaces, la Gryffondor continuait à attendre sans vraiment chercher à aller vers elle, mais au moins, quand la brune commençait à lui faire des câlins, la jeune fille ne se braquait pas et se laissait faire, et répondait comme elle pouvait. C'est-à-dire timidement, comme d'habitude.

Hermione ne savait pas embrasser, ni faire de câlins, et encore moins y répondre. Pansy avait du mal à savoir si c'était Blaise qui avait manqué de le lui apprendre ou si c'était elle qui avait lâché le morceau, se jugeant trop nulle pour retenter l'expérience et s'améliorer. Car elle n'était pas plus bête qu'une autre, et Merlin savait comme elles avaient pu s'embrasser, et c'était bon. Embrasser une fille, il n'y avait rien de meilleur, et les réponses timides de Hermione étaient un vrai délice. De même que ses mains qui ne savaient pas où se poser, et comment faire…

Un soir, elles étaient dans la salle sur demande, allongées sur un lit. Leurs mains vagabondaient un peu, mais jamais de façon très osées. Hermione paraissait bien, détendue, ses cheveux bouclés encadrant son visage. Sur une impulsion, Pansy lui avait demandé si ç'avait marché sexuellement avec Blaise. S'il l'avait blessée, malmenée. Si c'était bon de faire l'amour avec lui, s'il l'avait chérie. Elle ne voulait pas de détails, juste savoir si c'était bon, ou mauvais, ou affreusement banal. Et avec honnêteté, la jeune fille lui avait avoué que ce n'était pas particulièrement agréable, ni mauvais. Juste qu'elle ne savait pas comme s'y prendre, que c'était une étape évidente et essentielle dans une relation amoureuse. Ils le faisaient, point.

Mais elle était nulle. C'était pas son truc.

Tu as déjà touché Blaise ? Lui avait-elle demandé.

Non, pas vraiment, lui avait-elle répondu.

Alors Pansy avait guidé ses mains. Elle avait soulevé sa chemise de nuit et avait guidé ses mains. Hermione, les joues écarlate, ne la quittait pas des yeux, alors que ses mains touchaient une peau que la sienne, un autre ventre, une autre poitrine. Et elle ferma les yeux quand elle sentit d'autres mains toucher la sienne…

Elles n'avaient pas fait l'amour, cette nuit-là. Ni celle-ci, ni les suivantes. Mais cette soirée qu'elles passèrent ensemble fut comme leur première fois… car elle les rapprocha comme jamais auparavant. Hermione ne fut ni choquée, ni embarrassées, alors que Pansy avait laissé ses mains se faire plus insistantes, elles avaient cherché sous sa chemise de nuit, sans jamais franchir le barrage de la culotte. Au contraire, elle paraissait, non pas décomplexée, mais moins coincée.

Un peu comme si elle avait compris certaines choses, et acceptées d'autres…

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Il avait quelque chose qui avait changé dans l'attitude de Draco. Pansy lui avait récemment glissé que les choses avançaient avec Hermione, mais il avait à peine réagi. Sur le coup, elle s'était demandé si c'était du mépris ou de l'indifférence, mais voyant qu'il ne réagissait à quasiment rien de ce qu'elle pouvait lui raconter, elle se demanda s'il avait un problème. Or, Draco n'était pas du genre à parler avec son cœur et encore moins à en révéler les faiblesses.

Alors Pansy pensa qu'il allait mal. Que cet enfoiré qu'il fréquentait était en train de lui piétiner le cœur pour de bon. La fin de l'année approchait, les examens aussi. Sans doute l'autre en avait-il assez de Draco, son sale caractère et la mauvaise réputation qu'il se trainait depuis des mois. De toute façon, ils ne sortaient pas vraiment ensemble et ils ne s'étaient rien promis. Et peut-être que Draco n'allait pas bien, précisément parce qu'il ne savait pas si leur relation tiendrait après Poudlard, ou si elle se finirait avant…

Jusqu'au jour où elle comprit que le mutisme du blond cachait cet espèce d'euphorie qui ne le quittait pas depuis plusieurs jours. En fait, il était sur son petit nuage… et quand Pansy le comprit, elle en fut atterrée. Jusque là, elle n'avait jamais posé de question au blond, mais n'en pouvant plus, elle finit par le questionner, et il lui répondit le plus naturellement du monde que son amant avait accepté de sortir officiellement avec lui, même s'ils continueraient à se cacher. L'autre n'était pas capable d'assumer cette relation au grand jour, mais il ne voulait pas non plus le perdre et continuer à lui faire du mal.

Alors, ils avaient officialisé. Entre eux. Mais c'était déjà énorme pour Draco qui semblait enfin voir le bout du tunnel. Le chemin serait encore long, très long, mais au moins il pourrait travailler pour ses examens sans songer à un avenir sans lui

Et Pansy n'était pas vraiment dans le même cas de figure…

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Pansy était assise sur le bord du lit, regardant la fenêtre non loin d'elle. Allongée sous les draps, Hermione ne voyait que son dos, et ses mains qui s'échinaient à remettre son soutien-gorge. La lune éclairait faiblement la pièce, dont elle pouvait deviner les contours et la silhouette de son amante qui, la peau moite, ne la regardait pas.

Hermione, elle, sentait la transpiration refroidir sur sa peau, ce qui lui donnait des frissons, malgré le drap qui la recouvrait et la réchauffait. Et la cachait, aussi. Elle n'était pas assez impudique pour laisser son corps nu à découvert, même si elles n'étaient que toutes les deux, et qu'elles venaient de vivre quelque chose d'exceptionnel. A tous points de vue.

Jamais elle n'aurait cru que faire l'amour avec une femme puisse être bon. Ou même faire l'amour tout court. Mais le contact d'une femme était complètement différent, et pas seulement par les pratiques, mais aussi la manière d'appréhender la personne face à vous. Au cours de ces deux mois, Pansy avait réussi petit à petit à faire tomber les barrières qui la protégeaient d'elle, lui faisant accepter son attirance pour la jeune femme. Par des caresses, de plus en plus appuyées, elle avait fini par la faire céder. Et elles avaient fait l'amour…

C'était… presque plus… intime. Moins sauvage, brutal, douloureux. Moins… expéditif. Blaise n'était pas un mauvais amant et Hermione n'avait pas été profondément bouleversée par la pénétration, mais il ne s'était pas montré aussi tendre et attentif que Pansy envers elle. Il ne l'avait pas touchée, caressée, câlinée comme elle l'avait fait… Il n'avait pas cherché son plaisir à elle avant de trouver le sien… Il ne l'avait pas embrassée avec la même ferveur, émoustillée, excitée au possible avant de la posséder.

C'était un homme, lui dirait plus tard Pansy. A son âge, il ne connaissait pas assez le corps des femmes, leurs désirs, et n'en avait pas non plus la volonté car ce qui comptait, c'était le plaisir immédiat et non pas celui des sens, celui qui dure, qui vous mène vers la jouissance…

C'était un homme qui ne connaissait rien à l'amour, la pénétration résumait l'acte en lui-même.

Et c'était avilissant de laisser sa bouche traîner plus bas…

C'avait été bon. Perturbant, bouleversant, mais indéniablement bon. Car Pansy, si douce dans ces moments-là, avait su l'apaiser, lui faire du bien, sans la forcer et la pousser à bout. Avec tendresse et patience, elle avait guidé ses mains et ses gestes, sans l'inciter à faire des choses qui la répugnait peut-être et qu'elle regretterait le lendemain.

Elle l'avait voulue consentante, jusqu'au bout.

Hermione l'avait été. Jusqu'au bout.

Ce fut sans doute une des meilleures nuits de sa vie… et ce constat la terroriserait le lendemain. Elle se poserait mille et une questions, rejetterait tout en bloc, ignorerait Pansy et pleurerait dans les toilettes en se demandant ce qu'elle était.

Mais pour le moment, elle était allongée dans ce grand lit, ses yeux mi-clos fixés sur le dos nu de Pansy, qui par un geste de pudeur avait enfilé son soutien-gorge. Mais sous le drap qui cachait ses parties intimes, elle était nue, et si Hermione avait allumé la lumière, elle aurait pu suivre des yeux la ligne de ses fesses, plutôt arrondies et potelées. De jolies fesses…

Un joli corps…

Un corps de femme.

Ni beau, ni laid…

Juste le corps d'une femme…


Merci de m'avoir lue ! J'espère que ça vous a plu !