OS écrit pour la nuit du Fof pour le thème Vice.
Vice
Ou Pourquoi Demander de l'Aide A Un Loup-Garou N'Est Jamais Une Bonne Idée
Lorsqu'Harry apprit le désastre provoqué par la tentative des jumeaux sa première réaction fut de réfuter toute implication dans l'accident. Heureusement, personne ne se trouvait à côté de lui à ce moment-là, car ses exclamations auraient bien pu jeter le doute même dans l'esprit le plus convaincu de son innocence.
Sa seconde réaction, après qu'il eût fini de s'auto-convaincre que la destruction de la moitié de la Bibliothèque et par conséquent de l'endroit préféré de son amie n'avait rien à voir avec lui, fut de se frapper la tête contre le mur avec désespoir. Evidemment, le mur était dur et il se fit (très) mal à la tête. Il aurait peut-être dû frapper moins violemment.
Le seul point positif dans toute cette histoire était que maintenant Hermione ne pourrait pas retourner s'enterrer sous une pile de gros livres poussiéreux pendant quelques jours puisque la Bibliothèque serait fermée pour réparation jusqu'à la fin de la semaine. Il avait également la chance que les jumeaux ne lui en veuille absolument pas de les avoir (bien qu'il n'ait absolument rien à voir avec ce malencontreux incident) fait bannir de l'antre de Mme Pince.
Il était cependant évident que la première partie de son P.L.A.N. avait, si pas échoué, n'avait au moins pas réussi comme il le voulait. Hermione était peut-être bloquée en-dehors de sa deuxième (peut-être même première) maison, mais cela ne voulait pas dire qu'elle n'avait pas réquisitionné une table dans la Salle Commune et qu'elle ne l'avait pas couverte de livres empruntés.
Un déplacement de la Bibliothèque à la Salle Commune n'était pas du tout l'objectif, mais Fred et Georges avaient été placé sous ordonnance restrictive par nul autre qu'Hermione Granger elle-même et ne pouvaient plus l'approcher de plus de cinquante centimètres sans qu'une alarme stridente résonne jusqu'à ce qu'ils s'éloignent. Il était donc impossible aux jumeaux d'accomplir leur tâche.
Cependant Harry avait évidemment une solution de rechange. Elle demanderait un peu plus de travail et qu'il parle à ses contacts, mais normalement il n'y aurait pas de problème.
oO-Oo
Le lendemain matin, Poudlard vit (ou ne vit pas, étant donné qu'il était encore un peu tôt pour que les étudiants et même les professeurs soient réveillés) arrivé un nouvel habitant. L'homme possédait des cheveux bruns tachetés de gris, des yeux mordorés à l'air doux et une vieille mais solide mallette en cuir. Ses vêtements étaient en piteux état, donnant l'impression qu'un simple coup de vent les ferait tomber en morceaux, mais il se tenait droit et fièrement.
Ses pas étaient sûrs et ses foulées longues alors qu'il se rapprochait de Poudlard. Il avait une mission. Il avait en effet reçu le soir précédent, alors qu'il se prélassait tranquillement devant un bon feu de cheminée, une barre chocolatée de chez Zonko (les meilleures du marché) à la main, une missive pour le moins mystérieuse de son élève favori et seul descendant de ses meilleurs amis, Harry Potter.
Il semblerait que ce dernier ait du mal à communiquer avec la jeune fille avec qui il était ami, celle-ci préférant apparemment la compagnie des livres et des plannings de révision à celle de ses camarades de classes. D'après les informations qu'il avait reçues, Remus avait pu comprendre que la jeune lionne se préparait aux examens cruciaux qu'étaient les Aspics.
Cependant ceux-ci n'arriveraient pas avant de longs mois, et Remus lui-même, bien qu'il admette sans aucune honte avoir été un peu trop préoccupé par ses révisions quand il s'était retrouvé dans la même situation, n'avait commencé que deux mois à l'avance (et non pas un an à peu de choses près) et avait toujours su aménager du temps pour être avec les Maraudeurs. Evidemment, James et Sirius ne le laissait jamais en paix plus de deux ou trois heures par jour à ses révisions et le trainaient souvent de force à l'extérieur.
Il pouvait définitivement voir ses parents en Harry. L'idée de créer un plan pour sortir son amie de son isolement forcé était du James tout craché tandis que la réticence à confronter la jeune brune était typiquement Lily. Evidemment, dans cette situation, il n'avait pas été possible pour lui de résister à cet appel à l'aide.
Non pas qu'il en eut envie, car cela promettait d'être bien plus intéressant que ce qu'il faisait en ce moment, c'est-à-dire rien du tout. Nada. En plus, il pouvait littéralement sentir le fantôme de Sirius, malicieux comme à son habitude, lui murmurer à l'oreille que cette obsession avec Miss Granger lui rappelait fortement celle que James avait eu avec Lily… Et Sirius avait toujours eu le don de le pousser à faire des choses qu'il n'aurait pas dû.
Il était cependant encore un peu trop tôt pour commencer directement par le 'Travail' (ou Tâche Rigoureusement Ardu et Vraiment Absolument Insupportablement Longue) et se rappelant à quel point les Elfes de Maison de Poudlard étaient serviables et de fins cuisiniers, il décida de faire un premier arrêt par les cuisines.
Il retrouva le chemin facilement, de longes années d'errance dans les couloirs prouvant une nouvelle fois leur utilité. Il n'était après tout pas question de commencer sa journée sans sa tasse habituelle de chocolat au lait. Cette boisson était un véritable don de Dieu, et en être privé assombrissait considérablement son humeur et sa journée.
D'ailleurs, après les résultats de cette terrible farce en septième année où Sirius l'avait privé de sa tasse quotidienne de drogue liquide, l'ensemble de Poudlard, élèves et professeurs compris, s'étaient cotisés pour lui fournir un abonnement à vie à un fournisseur de chocolat chaud magique (toujours à la température parfaite, charmé pour que la dose de sucre soit ajustée au grain près et disponible avec plusieurs accompagnements tous plus excellents les uns que les autres).
Cependant, alors qu'il entra dans le domaine des petites créatures toujours si serviable, il remarqua qu'il n'était pas seul. En effet, installé dans un coin un peu reculé de la salle se trouvait l'objet de sa mission. Bien entendu, ce n'est pas ce qu'il remarque en premier. Ses sens aiguisés de loup-garou détectèrent au moment où il entra dans la pièce l'odeur divine du breuvage divin, et sa mission fut complètement oubliée l'espace d'un instant.
Mais instant suffit, et Hermione le saisit et en profitât pour inviter son ancien professeur à la rejoindre, et remarquant son étrange fascination pour le pot de chocolat chaud, lui en servit une tasse.
Toute idée du plan d'Harry disparut de l'esprit de Remus. Après tout, comment pouvait-il agir contre la personne qui venait de lui fournir sa dose nécessaire (mais certainement pas suffisante) de sa boisson préférée. Il remercia profusément la jeune femme et celle-ci en profita pour lui poser la question qui l'avait empêché de dormir correctement, la menant même à se lever aussi tôt.
« Professeur Lupin, je me demandait si vous pourriez m'aider. Voyez-vous, j'ai lu ce livre où l'auteur mentionnait la sixième loi de Gamp. Cependant je n'arrive pas à comprendre en quoi la Transmorphie influe sur la création d'objets en Métamorphose. J'ai compris ce qu'était le Transmorphie, bien sûr, mais je ne voie pas en quoi… »
Remus ne laissa pas à Hermione le temps de finir sa phrase, et il saisit le livre de Métamorphose que la sorcière avait (évidemment) amené avec elle. S'aidant de celui-ci il commença à lui expliquer tout ce dont il se rappelait de sa dernière année de Métamorphose.
A l'autre bout du château, aucun d'eux n'aurait se douter qu'un jeune sorcier aux yeux verts émeraudes, tout juste averti par un Elfe qui lui était fidèle mais dont le nom ne sera pas prononcé, procéda à la seconde tentative de suicide par mur interposé…
Il aurait dû se douter que la faiblesse qu'avait Remus pour le chocolat serait un jour fatale.
