Helloo-o !

Je vous vénère, c'est officiel ! Voilà, c'est à peu près tout ce que j'ai à déclarer. =)
(Je vous épargne les détails impliquant une danse de la victoire seule dans mon appartement...)

Une infinité de mercis à Ju-lit, Sweetylove30, LAurore, solealuna, Karyanawel, janeandteresa, paffi, leelou09, NewM00n, Totallyfan et Naftali ! *\o/*

JulietS: Je t'avouerai avoir fait plus long en matière de prologue, désolée ! ^^' Ravie que les retrouvailles t'aient plu, et surtout que tu ais aimé que l'équipe réagisse enfin. Quant au ton joyeux du début, il ne sera pas totalement perdu, promis. =) Merci beaucoup beaucoup de ta review ! =D

Enjoy: Ravie de te savoir toujours au poste ! :) C'est amusant que tu dises "trois jours au lit" parce que les pensées de Lisbon dans ce chapitre devrait te confirmer ça, lol. J'espère que ce chapitre 1 te plaira... Merci ! =) (Ah le season finale... ^^)

FewTime: Je crois que j'ai un peu la même attitude que toi vis-à-vis de Jane. Je peux l'aimer et le détester dans la même minute. C'est ce qui rend ce personnage si magique. =) Je suis contente que la présence de l'équipe t'ait plu, ils font vraiment partie de cette sphère 3. Et j'espère ne pas avoir à te décevoir bien sûr. =) Merci surtout !


Chapitre 1 : Légèreté :

Le soleil avait passé la barrière des rideaux fermés sous forme de petits rayons fragiles. Ils se dispersaient dans la pièce, créant des tâches de lumière jaune un peu partout. Lisbon observa longuement les effets dans sa chambre, appuyée contre la tête de lit.

Elle avait ouvert les yeux vers six heures et demie, il lui restait un moment avant le réveil mais elle n'avait pas pu retrouver le sommeil. Elle se lèverait bientôt pour aller vérifier son rapport, la seule chose professionnelle qu'elle ait fait de son congé de deux jours. Et encore, songea-t-elle avec un léger sourire aux lèvres, elle avait dû se battre longuement pour que Jane la laisse faire.

Elle se tourna vers la silhouette endormie à côté d'elle et soupira. Un nouveau sourire, plus discret, moins certain, se dessina sur ses lèvres. Elle laissa sa main glisser sur son front puis la retira presque aussitôt.

Elle aurait aimé que leur relation se résume à ça, des moments de douceur dans cette atmosphère calme, feutrée. Elle aurait tant aimé être juste une femme qui aime un homme, elle aurait aimé ne pas avoir d'arrière-pensées dès lors que les rideaux s'ouvraient.

En plusieurs mois de relation, elle avait senti des murs s'élever entre eux. Il l'aimait, elle l'aurait juré, et elle l'aimait, elle n'en douterait jamais. Mais il était devenu plus silencieux, plus fermé. Oh bien sûr, il s'était ouvert sur certaines choses, ils avaient parlé de leurs passés avec prudence, sans jamais trop en dire. Il avait choisi la forme anecdotique pour lui permettre d'entrevoir qui Angela et Charlotte Ann Jane avaient été, mais elle réalisait avec le recul qu'au fond, elle ne savait rien. Elle savait qu'il les avait aimées, qu'il les aimerait jusqu'à son dernier souffle, elle savait que quoi qu'il arrive, elle ne serait jamais que la troisième femme de sa vie, et elle s'accommodait de la situation… Mais il lui échappait.

Il pouvait rester des heures entières sans rien dire, et elle s'en accommodait… Mais à quoi pensait-il ? Quel démon le torturait lorsqu'en pleine nuit il se levait et disparaissait quelques heures ? Qu'écrivait-il dans ce stupide carnet rouge qu'il s'obstinait à ranger dès qu'elle arrivait dans son champ de vision ? Quelle sombre pensée l'envahissait lorsque, sans rien dire, il laissait tomber tout ce qu'il était en train de faire pour venir la prendre dans ses bras et la serrer contre lui comme si elle allait disparaître en un coup de vent ? D'où venait ce désespoir lorsqu'il manquait de l'étouffer ? Quelle raison pour toutes les heures qu'il avait passé à l'observer dormir ? Que regardait-il par la fenêtre de la chambre pendant des heures silencieuses ? Que voyait-il lorsque ses yeux se perdaient dans le vide ?

Il lui échappait et pourtant, il l'emprisonnait.

Elle était toujours entre la sûreté du bord et le précipice, toujours entre le jour et la nuit. Ne pouvaient-ils s'aimer qu'au crépuscule ?

Lisbon soupira, décidée à quitter son lit pour s'occuper l'esprit. Elle embrassa le front de Jane qui dormait toujours puis sortit du lit et attrapa ses affaires pour aller se doucher.

Elle déjeuna en silence, caressant distraitement Bouh assis à côté d'elle. Il n'avait pas encore atteint sa taille adulte et c'était un soulagement. Elle se doutait que dès qu'il atteindrait la hauteur suffisante pour poser son museau sur la table, les repas deviendraient bien plus compliqués.

Elle vérifia son rapport tout en surveillant l'heure. Le réveil n'allait pas tarder à faire sortir Jane du lit. Elle songea que c'était bien la seule chose qui ait évolué positivement : il dormait plus normalement.

Elle ne le blâmait pas pour tout, elle-même s'était fermée. Elle avait laissé les silences s'installer au lieu de lutter contre. Elle s'était tue sur les éléments qu'il pensait toujours lui cacher. Elle n'avait rien fait pour leur éviter la distance. C'était tellement plus facile de l'aimer sans rien faire, sans rien dire.

Bouh vint pousser sa jambe d'un coup de museau et elle sourit en le caressant. Elle dramatisait. Tout n'était pas si sombre entre eux, il y avait des moments si lumineux qu'ils éclairaient sa vie entière.

Elle se souvenait de chaque dispute enfantine, chaque folie, chaque sortie, chaque baiser, chaque danse, chaque sourire, chaque nuit… Tels des flashs de lumière contre l'obscurité, ils pouvaient rayonner. Ils étaient capables de lumière et c'est ce qui les ramenait toujours l'un vers l'autre à la fin.

Elle rangea son dossier dans sa sacoche et la déposa à côté de la porte d'entrée. Elle rassembla ce dont elle avait besoin pour retourner travailler mais fut interrompue par une étreinte inattendue. Elle sourit en sentant une odeur familière l'envelopper.

-Je ne t'ai pas entendu te lever, souffla-t-elle.

-Bouh a fait diversion, argua-t-il en embrassant son cou.

Il la relâcha et se dirigea vers la cuisine. Elle l'observa avec un sourire amusé et croisa les bras.

-Et tu comptes aller travailler comme ça ? s'enquit-elle en désignant d'un coup d'œil moqueur son boxer.

-Tu ne serais pas la première à te plaindre, rétorqua-t-il distraitement en attrapant la tasse de thé qu'elle avait préparée.

-Tu as cinq minutes pour me rejoindre dans la voiture. Passé ce délai, je pars sans toi.

-Cruelle, marmotta-t-il en emportant sa tasse à l'étage.

Elle secoua la tête et fit sortir Bouh pendant qu'elle mettait ses affaires dans la voiture. Lorsqu'elle ouvrit la portière côté passager quelques instants plus tard, elle découvrit une grenouille de papier.

Et ses doutes et peurs s'envolèrent.


Lisbon avait enchaîné une semaine de réunions exceptionnellement ennuyeuses sur les contrôles d'efficacité des polices des grandes villes de Californie. Elle avait été chargée de la ville de Los Angeles par Bertram sur la recommandation d'Hightower. Le gouverneur de Californie manquait de moyens pour payer des inspecteurs hors de prix et avait donc chargé quelques uns de ses meilleurs investissements dans la lutte contre le crime pour s'assurer du système judiciaire.

Lisbon accueillait la prise des responsabilités importantes avec joie, c'était une chance de faire une carrière plus ambitieuse, mais si elle devait être honnête, elle abhorrait tous ces politiciens avec leurs manières mielleuses. C'étaient dans de tels cas que le franc-parler de Cho lui manquait. Et elle priait pour qu'une enquête survienne et qu'elle soit obligée de reprendre son poste d'agent senior.

-Si je me retrouve à serrer une main de plus, je fais un scandale à Hightower et Bertram, grogna-t-elle en ouvrant le réfrigérateur de sa cuisine. Je suis agent senior, mon job c'est d'aller sur le terrain, pas de boire du champagne avec des fils à papas.

-J'ai entendu dire que tu leur plais, s'amusa Jane d'une voix distraite.

Lisbon posa le plat qu'elle avait dans les mains sur la table puis s'avança dans le salon pour observer ce qu'il faisait. Jane avait commencé à disposer des photos de leurs vies sur le mur en face d'elle des mois plus tôt et une fois par semaine, il trouvait une place pour de nouvelles photos ou changeait des clichés de place. Elle secoua la tête, autant exaspérée qu'amusée par cette obsession.

Il était assis en tailleur à même le sol, occupé à découper une nouvelle photo. Il avait éparpillé des clichés autour de lui, clichés qui intéressaient fortement Bouh. Mais le chien n'osait approcher, il l'avait fait une fois et son ami ne s'était pas montré très compréhensif.

-Tu comptes t'arrêter un jour avec ces photos ? s'enquit-elle en croisant les bras.

-Pas tant qu'il restera un pan de mur blanc.

Il tourna la tête vers elle pour lui sourire et elle roula des yeux avant de retourner dans la cuisine pour préparer à manger.

-Tu crois que tu auras une autre réunion demain ? demanda-t-il finalement.

-Pourquoi ? Je croyais que tu trouvais la situation amusante.

-Je ne voudrais pas que tu prennes finalement goût aux tentatives de séduction de ces bureaucrates.

-Donc tout ce qui te préoccupe c'est la préservation de tes intérêts, marmotta-t-elle. Par contre le fait que je meurs d'ennui chaque jour un peu plus, ça ne te fait rien.

Il rit et se leva pour coller quelques photos avant de la rejoindre dans la cuisine.

-Tu ranges avant de manger, ordonna-t-elle en pointant une cuillère menaçante vers lui.

-Si je réponds oui maman, tu me frappes hein ?

-A ton avis ? marmotta-t-elle, l'œil noir.

-Je vais ranger, acquiesça-t-il en souriant, amusé.

-C'est si cruel de ma part de vouloir que quelqu'un se fasse assassiner ? s'exaspéra-t-elle.

-Parfaitement cruel, confirma-t-il en mettant ses affaires dans le carton.

Elle soupira puis appuya son dos contre l'évier.

-Tu dois avoir raison, ça doit être des restes de champagne, ça me monte à la tête. Souhaiter la mort de quelqu'un c'est vraiment moche.

Jane ne fit aucun commentaire, elle connaissait son avis sur le sujet : il vivait pour la mort d'un homme.

-Je peux retirer mon souhait que quelqu'un meurt ? s'enquit-elle alors qu'il revenait.

-Je crois que tu dérailles Teresa, sourit-il en embrassant son front. Tu as pris combien de café aujourd'hui ?

-Celui de six heures ce matin compte ?

Il acquiesça en enlaçant sa taille pour l'approcher de lui. Elle fit mine de réfléchir puis arbora la tête de quelqu'un qui estime qu'il vaut mieux rebrousser chemin.

-J'en ai pas bu tant que ça.

-Cinq ? suggéra-t-il.

Son silence le fit rire et il monta les enchères. Elle nia encore et encore mais arrivé à dix et devant son air inquiet, elle fut bien obligée d'éclater de rire. Il secoua la tête, exaspéré, avant de rire avec elle.

-Idiote, souffla-t-il en l'embrassant.

-J'en ai bu six, c'est mal ?

-Très, confirma-t-il en l'embrassant à nouveau.

-Si c'est comme ça que tu me punis je vais peut-être envisager les dix cafés.

Il éclata de rire et la relâcha pour mettre le couvert. Elle haussa les épaules, un vestige de sourire toujours aux lèvres, puis s'affaira à l'aider.

-Tu te plains de ne pas avoir de meurtre, reprit Jane, mais dès qu'il y en aura un, tu replongeras dans un stress immense et c'est moi qui vais tout prendre.

-Pauvre consultant innocent, se moqua-t-elle.

-Parfaitement, c'est injuste et ça devrait être moi qui me plains de ma pauvre situation.

-Tu tiens à dormir sur le canapé ?

-On parlait de quoi déjà ?

Elle rit une fois de plus et décida d'abandonner la bataille. Meurtre ou pas, tout allait bien s'ils pouvaient entretenir cette légèreté encore quelques temps.

Elle ne capta pas le regard empli de regrets que Jane lui adressa, elle le sentit juste l'enlacer brusquement, sans explication. Une façon de lui demander pardon pour tout le reste, tous les soirs où le silence les avait écrasés.


Lisbon pesta copieusement lorsque son téléphone la réveilla vers sept heures. Certes, l'heure n'était pas incommode, mais pour sa défense, son lit combiné à la présence de Patrick Jane dedans étaient vraiment irrésistibles. Elle se redressa et décrocha. Elle entendit Jane grogner à côté d'elle et il enlaça sa taille tout en se rapprochant d'elle mais sans prendre la peine d'ouvrir les yeux.

-Lisbon ? bailla la brunette.

-Désolée de vous réveiller Lisbon, s'excusa la voix de Madeleine Hightower. Je viens de recevoir un appel du procureur: à l'ouverture d'un chantier de drainage, ils ont trouvé un corps. Nous sommes en été et donc en sous-effectifs, je charge votre équipe de l'enquête.

-L'adresse ? marmotta Lisbon tout en fouillant sa table de nuit d'une main pour trouver son calepin et un crayon.

Sa patronne lui dicta l'adresse qu'elle écrivit soigneusement –bien qu'elle soit sérieusement distraite par les protestations incompréhensibles de Jane qui tenta de la ramener contre lui.

-Nous avons des infos ? s'enquit Lisbon en adressant un sourire amusé au blond toujours endormi.

-Pas encore, je dois prévenir un légiste pour qu'il vous rejoigne. Nous savons juste qu'en allumant leurs machines, ils ont trouvé un corps.

-D'accord madame, je vous tiendrai au courant dans la matinée et j'y vais tout de suite.

-Parfait. Oh, et est-ce que par hasard vous savez où est Jane ? Son portable est éteint.

-Aucune idée madame, mentit effrontément la brune.

-Dans ce cas, je vous laisse le trouver.

-Oui madame.

-Bon courage Lisbon.

-Merci madame, sourit la brunette en raccrochant.

Elle posa son portable sur la table de nuit puis se glissa à nouveau sous les couvertures.

-Patrick, souffla-t-elle en arrivant à la hauteur de son compagnon. On a une affaire.

-Je te maudis. Toi, et tes vœux de meurtre, grommela-t-il en enfouissant sa tête dans son oreiller.

-Lève-toi, rit-elle, je suis censée te chercher activement parce que tu as éteint ton portable.

-Tu n'as qu'à dire que tu ne m'as pas trouvé.

-Je te trouve toujours, s'amusa-t-elle en embrassant sa tempe.

Elle sentit sa mauvaise humeur fondre au premier contact de ses lèvres contre sa peau, elle avait acquis la tactique parfaite pour le sortir du lit avec le temps. Elle déplaça ses baisers vers sa nuque et il contracta ses muscles avant d'échapper un soupir.

-Cruelle, sourit-il, les yeux fermés. Tu es cruelle.

Elle rit et se redressa alors qu'il se mettait sur le dos. Ils se dévisagèrent un moment puis Jane soupira.

-Je suppose que les conditions stipulant que je ne t'approche pas à moins de cinquante centimètres quand on est sur le terrain s'appliquent toujours ?

-Comme si tu arrivais à les respecter, se moqua-t-elle.

-J'essaye, se défendit-il.

-Tu as la résistance d'un adolescent.

-Un adolescent ? s'offusqua-t-il. Agent Lisbon je suis scandalisé.

Elle savait exactement ce qui allait suivre mais n'eut pas le temps de s'échapper avant qu'il ne l'attrape pour en faire sa prisonnière. Elle eut beau le supplier, se mettre en colère, arguer qu'ils n'étaient plus des gamins, la lutte fut vaine et elle finit par éclater de rire et lui accorder l'étreinte qu'il voulait.

-Tu dois me laisser aller travailler Patrick, soupira-t-elle peu après.

-Je sais.

Il embrassa sa tempe et resserra ses bras autour de sa taille, la maintenant dos contre lui.

-Si tu es prêt dans dix minutes, on prend ta DS, dit-elle soudain.

Il y eut un moment de silence puis…

-Dix minutes hein ?

Lisbon eut à peine le temps de sourire que déjà Jane avait disparu du lit. Elle rit et put enfin se lever.

Et c'était tellement plus facile d'aller affronter le monde lorsque le soleil se levait sur leurs éclats de rire.


Lisbon descendit de la DS en adressant un regard noir à Jane qui riait encore. Il avait pris un malin plaisir à rouler au-dessus des limites de vitesse, la faisant presque hurler de peur à chaque virage serré.

-Je rentrerai avec Cho, lui indiqua-t-elle d'un ton ferme.

-Tu perdrais une occasion de m'avoir rien que pour toi pendant quelques minutes pour Cho ?

-Parfaitement, affirma-t-elle dans un sourire carnassier.

-On va devoir avoir une petite discussion toi et moi, marmotta-t-il alors qu'ils se dirigeaient vers le groupe plus loin.

-Jaloux ? glissa-t-elle avec discrétion et amusement.

-Qui est-ce qui me faisait des reproches sur mon âge mental ? se moqua-t-il, charmeur.

-Oh la ferme, marmotta-t-elle, douchée.

Il rit et glissa ses mains dans ses poches, ils n'échangèrent pas un mot de plus, désormais à portée de voix.

Les trois agents étaient déjà là, en train de discuter avec les ouvriers de chantier. En les voyant arriver, Rigsby se détacha du groupe et se dirigea vers eux.

-Qu'est-ce qu'on a ? s'enquit Lisbon.

-Un jeune homme, la vingtaine, on n'a pas encore son identité, les ouvriers vont drainer un peu plus au cas où il y aurait ses papiers.

-Comment ils l'ont trouvé ?

-Ils ont lancé les machines tôt ce matin, ils sont obligés de travailler tôt le matin et tard le soir, le soleil tape trop fort ici en milieu de journée. Ils ont entendu l'un des tuyaux faire un drôle de bruit alors ils ont arrêté les machines pour aller voir l'étang. D'après eux ils ont d'abord vu une chaise qui bloquait le tuyau.

-Une chaise ? s'étonna Lisbon.

-Les gens jettent tout et n'importe quoi dans les étangs, précisa Jane.

-En descendant pour enlever la chaise, l'un d'eux a vu la tête de la victime dépasser de l'eau, continua Rigsby. Ils l'ont tiré à la surface et ont appelé la police.

Lisbon s'apprêta à poser une nouvelle question lorsqu'un véhicule de la scientifique vint se garer non loin d'eux.

-Tu as la cause de la mort ou il faut attendre que les retardataires daignent nous donner des infos ? s'enquit Lisbon.

-D'après ce qu'on a vu, il a pris une balle dans l'abdomen, répondit Rigsby.

-J'espère pour lui que ce n'est pas la cause de la mort, grimaça Lisbon.

Rigsby acquiesça, l'air lui aussi rebuté.

-Si c'est bien ce qui l'a tué, le pauvre gars a dû se vider de son sang, ajouta-t-il.

-On sait si c'est ici qu'il a été tué ? intervint Jane.

-Il n'y a pas de trace de sang dans les environs, Cho et moi avons vérifié. Quant à savoir à quand remonte sa mort, il faut attendre l'avis du légiste.

-Comment ça se fait qu'il est resté sous l'eau ? s'étonna le consultant. Les corps remontent à la surface à un moment ou à un autre, il a forcément été vu.

-Ah oui c'est vrai, les ouvriers nous ont précisé qu'il avait été lesté, ils ont retrouvé des sacs de pierres attachés à lui.

-Une balle dans l'abdomen et un joli plongeon, quelqu'un ne voulait vraiment plus de lui, soupira Lisbon.

Jane acquiesça avant de s'éloigner en direction du bord de l'étang. Le drainage était en bonne route, seule la moitié de l'eau était encore présente.

-Pourquoi cet étang est drainé ? demanda Lisbon alors qu'elle rejoignait ses autres agents avec Rigsby. On est en plein été, des gens viennent forcément profiter du point d'eau, non ?

-D'après les ouvriers c'est une décision sanitaire, il y a une usine qui s'est amusée à jeter des trucs pas nets là-dedans. La municipalité a jugé bon de drainer l'étang pour ne pas courir de risque.

-Sage décision, approuva Lisbon. Couteuse, mais sage.

-Hey salut boss, sourit VanPelt en les voyant arriver à leur niveau.

-Bonjour VanPelt, répondit Lisbon non sans hésitation face à la jovialité de la rousse.

Elle fronça les sourcils, sondant son agent du regard, puis haussa les épaules et passa à autre chose. Si elle devait passer chaque attitude étrange de VanPelt en revue, elle serait obligée de se teindre en blonde et de devenir consultante.

-Les deux ouvriers n'ont rien vu ni rien entendu, annonça Cho. Ils vont remettre en marche les machines pour voir si on trouve le portefeuille puis référer l'incident à leur patron qui va sûrement être en colère du retard pris et nous coller ses avocats.

-Génial, des pressions, tout ce que j'aime, soupira Lisbon. Voyons voir si nos amis scientifiques nous font des miracles, conclut-elle en prenant la direction du corps où les hommes s'étaient rassemblés.

Le jeune homme mort était blond, plutôt bien bâti mais le corps malmené par l'eau et la mort, son visage immortalisé dans un dernier instant de douleur. Il n'avait pas l'air d'un mauvais garçon, Lisbon serait étonnée s'ils retrouvaient un casier portant son nom. Elle l'imaginait plus en jeune homme de bonne famille mais se garda de le dire à voix haute, c'était le rôle de Jane.

-D'après mes premières estimations, il est mort il y a deux jours, l'informa le médecin légiste. Je vous préciserai ça quand j'aurai pu l'examiner au labo.

-D'accord. Quelque chose sur la cause de la mort ?

-Il n'y a pas d'eau dans les poumons, il n'est pas mort noyé. Il a été lesté pour que son corps reste au fond de l'eau. Il n'y a pas de signes de lutte, et le tueur n'a pas tiré à bout portant.

-Il est mort de sa blessure à l'abdomen alors ?

-Vu le peu de sang qu'il a dans le corps, oui, approuva le légiste. Ce jeune homme s'est vidé de son sang et a été jeté dans la rivière après.

Lisbon soupira puis tenta d'avoir le calibre de l'arme à feu. Elle fut interrompue par un cri de Jane à l'intention de tous. Elle se redressa, surprise, et l'aperçut leur faire signe d'approcher. Elle vit son expression anxieuse, ce qui la décida immédiatement à trottiner pour le rejoindre.

-Regarde, souffla-t-il en pointant l'étang du doigt.

-Regarder quoi ?

-On dirait que notre jeune victime n'est pas la seule personne à avoir plongé, répondit Jane. Il y a un deuxième corps.

Lisbon regarda plus précisément l'endroit qu'il pointait du doigt et vit en effet un bras humain dépasser de l'eau. Elle se tourna vers Jane et ils échangèrent un regard perplexe avant qu'elle ne rompe le contact visuel pour réclamer qu'on sorte le deuxième corps.

Quelques instants plus tard, un homme corpulent, grand, la quarantaine environ malgré le terrible aspect donné par sa mort, était sorti de l'eau et reposait sur la berge à côté du premier corps.

-Celui-là est mort avant le premier, les informa le légiste au bout de quelques minutes. Mes premières estimations donnent quatre jours.

-Et il a aussi pris une balle dans l'abdomen, dit Lisbon en désignant le ventre de la victime.

-Il n'a pas de papiers, lança Cho.

-Je ne m'avancerai pas à des conclusions hâtives Agent Lisbon, mais il semble que ces deux hommes aient été tués par la même arme, reprit le légiste. Je vous confirmerai ça dans mon rapport.

-Deux victimes, sûrement la même arme et la même façon de procéder, et pas d'identités, résuma Lisbon. Génial, soupira-t-elle.

-Le premier sera plus facile à identifier, intervint Cho. Il a la marque d'une bague au doigt, il doit manquer à sa femme et elle aura lancé un avis de recherche.

-J'espère que tu as raison. Dis à VanPelt de diffuser les portraits de nos deux hommes dès que possible. Il faut qu'on sache qui ils sont le plus vite possible.

Cho acquiesça et s'éloigna. Lisbon se tourna vers Rigsby et lui demanda de voir avec les ouvriers s'ils pouvaient arrêter le drainage le temps de faire venir des plongeurs pour chercher de potentiels indices. Elle remarqua seulement après que Jane paraissait songeur, presque triste. Elle fronça les sourcils et s'approcha de lui avant de poser une main légère sur son bras.

-Ça va ? s'inquiéta-t-elle.

-Je… Je peux te parler une minute ?

Elle tenta de sonder son regard mais il était impénétrable. Elle acquiesça et s'éloigna avec lui en direction des voitures, s'isolant des oreilles indiscrètes.

-Je connais le deuxième homme, avoua Jane aussitôt. Il s'appelle Vincent Blum.

-Vincent Blum, répéta Lisbon, pensive. Pourquoi ce nom me dit quelque chose ?

Jane soupira, regardant de côté comme si prononcer les mots lui coûtaient.

-Vincent Blum était un policier, il a été chargé du dossier John LeRouge avant de donner sa démission.

Lisbon parut fugitivement choquée mais les souvenirs affluèrent aussitôt. Elle se pinça les lèvres, soudain mal à l'aise. Elle savait ce qu'il allait dire, elle le savait et elle le redoutait.

-C'est lui qui m'avait demandé de l'aide pour l'affaire John LeRouge, murmura douloureusement Jane. Il a démissionné après l'assassinat de ma famille.

Ils ne purent échanger qu'un long regard silencieux, lourd de sens.

La légèreté s'était envolée désormais.


Tadam ! Premier chapitre fini ! =) Toujours là ?

Prochain chapitre dimanche matin promis. En attendant, je vous laisse l'habituel aperçu (court), pour introduire le personnage important de cette sphère: Keira Zeller =)

"-Boss, on a un problème à la morgue, l'informa Cho.

-Un problème ? Quel problème ?

-Notre première victime est bien Jared Zeller, mais sa femme ne l'a pas très bien pris. Elle a désarmé un officier et s'est enfermée avec le légiste dans la salle d'autopsie.

-J'arrive tout de suite."

A Dimanche ?