Allen regarda son reflet dans le miroir, tout ce qu'il voyait était un répugnant Noah. « Tu vas devoir tuer cet exorciste… » Les mots du compte millénaire lui résonnait dans la tête. Mais il ne pouvait pas nier les allures de psychopathes qui lui hantaient la tête : une partie de lui refusait de tuer son ami et l'autre, au contraire, n'attendait que de se retrouver en face de lui, pour lui arracher le cœur. Allen revint à lui, c'était à présent une évidence : il n'était plus Allen Walker mais Neah Walker, le quatorzième.
« … »
« … »
« Pardonne-moi Lavi »
Chapitre 2nd :
Pendant ce temps dans le « présent » normal.
« VOUS VOULEZ DIRE QUE VOUS NE SAVEZ PAS OU IL SE TROUVE ? » résonna une voix, agressive.
« Enfin, il existe tellement de « présents » possibles qu'il peut être dans n'importe lequel ! On pourrait se retrouver dans un « présent »totalement opposé au sien ! » S'exclama Komui, d'un air détaché.
« Qu'est-ce qu'il se passera s'il meurt dans ce monde ? » demanda une voix étrangement sérieuse, correspondant à celle du rouquin.
« Il reviendra, je suppose. » dit Komui, simplement.
« Vous supposez ? Combien de chance ? » Demanda Reever.
« Une… sur des Milliers, ou même sur des milliards ! Si ça se trouve, j'ai raison, alors…. » Dit Komui, le sourire forcé et le regard fuyant.
« Autant dire que vous ne savez rien. » s'écrièrent le scientifique et le rouquin.
« J'espère que tu vas bien Allen… » Chuchota discrètement Lavi.
Pendant ce temps, dans le « présent » d'Allen.
Allen marchait depuis quelque temps, il ne tarderait pas à arriver à la citadelle. Il emprunta des petits chemins de broussailles, pour que son allure de Noah ne soit pas de suite reconnue. Il attendit une voix, qui le força à arrêter son chemin. Il faillit tomber en sanglots : c'était sa cible. Allen s'approcha du chemin principal, se cachant derrière les arbres, pour y apercevoir l'homme qu'il aimait et une personne qui l'exaspérait particulièrement.
« C'était bizarre… » Dit Lavi, plongé dans sa discussion.
« Tu as dût rêver. » dit simplement Kanda, aussi froid qu'habituellement.
Allen fit un faux pas, faisant craquer un morceau de bois, étendu par terre. Lavi se retourna aussi vite.
« … » Lavi ne dit rien : il détaillait les horizons, depuis quelques minutes déjà, il se sentait observé. Il pensait que cela pourrait être un quelconque Akuma ou bien plus encore, un Noah.
« T'as vu quelque chose ? » demanda Kanda, continuant d'avancer, d'un air aussi insensible que lorsqu'il parlait à Allen Walker.
« …Non, j'ai cru pendant un moment. » Lavi soupira. « Je dois être fatigué pour voir des illusions comme ça. » dit-il, en posant sa main sur son front. Il continua d'avancer, jusqu'à disparaitre de la vue du jeune Noah. Allen ne s'avoua pas vaincu, il prit son cœur et son courage entre les deux mains et décida de suivre ses deux anciens amis. Ils s'arrêtèrent dans une petite auberge, sur le milieu de la route, peu fréquentée, où Lavi partit se coucher directement. Quant à Yû, il fit un petit tour dans les bois les plus proches, de manière à s'entraîner au sabre, comme il avait l'habitude de le faire. Lorsque le japonais disparut de la vue du jeune adolescent, celui-ci rentra dans l'auberge. Il faisait nuit, l'auberge, avec sa lumière et sa chaleur étincelante, rassurait un peu notre héro. D'ailleurs, celui-ci demanda à l'aubergiste la chambre attribuée à un jeune homme, roux et borgne. Après avoir obtenu la réponse, il monta à l'étage. La chambre était ouverte, Allen se faufila dans la chambre, discrètement. Il aperçut un lit, occupé par un homme, déjà endormit. C'était Lavi. Le Noah redevint « black », afin de pouvoir utiliser son pouvoir.
(Allen POV)
J'observai un moment Lavi : il avait l'air tellement paisible lorsqu'il dormait. On avait l'impression que rien ne pourrait le réveiller. Et d'ailleurs, qu'est-ce que j'attendais ? Il dormait, profondément en plus ! Rien ne pouvait m'empêcher de le tuer, le moment était idéale… Je restais plusieurs minutes à l'observer. Lorsque je me décidai enfin à agir, du moins pas de la façon que j'aurais pensé, dix minutes auparavant. Je montais par-dessus Lavi, qui dormait encore à ce moment là. Je posais mes mains de part et autre de sa tête et rapprocha très intimement mon visage du sien. Son souffle était chaud. De mes doigts, je traçais la forme de ses lèvres. Ceci le réveilla très rapidement. Je devinais un air paniqué, visible dans le fond émeraude de ses yeux. J'éloignai alors ma tête loin de la sienne, me redressant ensuite. Je restais assis sur lui, à califourchon.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » il me demanda, en fronçant les sourcils. A cette question, je me repenchais vers lui et lui murmura sur ses lèvres :
« Chasse à l'exorciste… » Son regard devint encore plus paniqué. Puis, en souriant, d'un sourire rassurant que je connaissais bien, il me dit :
« Depuis quand on se positionne comme ça sur sa future victime ? » Je lui déposais un petit baiser sur ses lèvres : il était très rapide et très léger. Je lui répondis :
« Je n'ai pas pu résister à la tentation, tout simplement. » je souriais, du même air sarcastique que quand je lui parlais auparavant.
« Tu es étrange, Noah… » Il me dit, en détournant la tête.
« Je m'appelle pas Noah ! J'ai tout de même un nom : Allen Walker…. » Il resta insensible à cette information.
« Que te diras le compte s'il apprenait ce que fait en ce moment ? » il demanda, espérant que je le relâcherais.
« Il n'a pas besoin de le savoir… » Je redéposai un baiser sur ses lèvres, plus intense cette fois. Il résistait, ne voulant pas participer au baiser. Excité par cette résistance, je m'attaquais à son cou. Avec ses bras, il tentait de me repousser, jusqu'à ce que je lui saisisse les bras, les plaquant sur le côté du lit. Pour commencer, je couvrais sa nuque de baisers puis, en ayant assez de ces « petits jeux », je décidai de passer au niveau supérieur. Lentement, je léchais son cou, savourant le goût de sa peau. Puis, ensuite, je lui déboutonnais sa chemise, la retirant délicatement de ses épaules. Je caressais son ventre, tout en embrassant son coup. Je m'apprêtais à descendre dans l'endroit le plus intime du corps humain, situé en dessous de la ceinture et même, du caleçon. Je commençais à ouvrir sa braguette jusqu'a ce que, à ma grande surprise, il me repoussa, à l'aide de ses jambes. Je fus propulsé contre le mur et m'assis sur le sol. Rien que son regard remplit de haine suffit à me faire comprendre que j'étais allé trop loin. Je l'avais violé, dès le moment où j'avais osé poser mes lèvres sur la moindre partie de son corps.
« … Pardon. Je ne sais pas ce qui m'a pris » je dis doucement. Il se rhabilla : il reboutonna sa chemise et ferma sa braguette de pantalon. Puis ensuite, il vint vers moi. Il se tint debout devant moi et commença à me poser des questions.
« Comment as-tu…. » Je le regardais dans les yeux et vis sa peine. Il est vrai, si une personne ennemie me faisait ça, j'aurais surement déjà fondu en larme. Il se mit à hurler. Sa peine était tellement puissante en lui qu'il n'arrivait même pas à finir ses phrases. J'avais très bien compris qu'il me détestait, alors je lui dis :
« Je sais que tu vas sans doute pas me croire mais… » Lavi continuait à me regarder, le regard remplit de haine. J'avalais ma salive, sanglotant, je vins enrouler mes bras autour de sa taille. D'un air innocent et bégayant, je poursuivais ma phrase :
« Je…. Je t'... Je t'aime ! » Le regard du rouquin changea instantanément. A son tour, il s'effondra sur le sol. Je détachais mes bras de son torse, pour venir les loger autour de son cou, tout en reposant ma tête sur son épaule, comme lorsque je l'ai enlacé la dernière fois. Je sentais le moindre mouvement de son corps : il tremblait, le choc semblait avoir refroidit la température de son corps. Je blottis mon corps contre le sien, le faisant tomber, le dos contre la paroi du lit, les mains de chaque côté de son torse. J'en profitais pour me rapprocher encore plus de son corps, espérant profiter au maximum de sa chaleur corporelle. Mon corps était situé entre ses jambes, je me sentais bien mais il me manquait quelque chose : son amour. Lavi semblait surprit par la chaleur que dégageait mon corps : il était tout tremblant.
« Tu peux la sentir n'est-ce pas ? La chaleur de mon corps contre le tien. » Il enroula, à son tour, ses bras autour de mon torse. L'une, à tendance baladeuse, vint se placer au milieu de mos dos, de manière à me rapprocher encore plus de lui. Tremblant encore, il vint poser son front contre mon épaule. Je remarquais, pendant un moment que :
« Le temps s'est arrêté. » Je m'agrippais de plus en plus à lui, pensant au fait que bientôt, mon devoir serait de le tuer une fois pour toute… Ne jamais l'avoir dans mes bras, ne plus jamais l'embrasser… Mon cœur se serra, à cette impression de vide qui dominait mon corps. C'est donc ça aimer ? Toujours penser à la même personne, ne pas s'empêcher de vouloir l'embrasser à chaque fois que je l'aperçois, avoir besoin de l'avoir contre moi constamment. Quand je l'embrasse, c'est comme si je goutais à une drogue, qui m'occupes sans cesse l'esprit. Il est ma nuit, il est mon rêve, il est mon cœur, il est mon soleil, mon outil indispensable pour survivre : sans lui, tout est ténèbres, je ne vois plus la lumière. Oui c'est cela, il est ma lumière…
Une froideur, longtemps oubliée lors de cette étreinte, s'est fait sentir dans mon dos : Lavi m'avait libéré. Il s'est levé et c'est éloigné de moi. Il alla dans la salle de bain, un petit bout de temps. Je l'attendais, assis contre le rebord du lit, serrant mes genoux, ressentant comme l'envie extrême de le voir revenir. Il sortit de la salle de bain, vêtu de l'uniforme. Il se dirigea vers la porte, saisit la poignée et l'ouvrit. Je brandis ma main, voulant le retenir mais c'est à ce moment qu'il tourne la tête vers moi et me dit :
« Vas croire que je t'aime ou quelque chose comme ça… » J'écarquillai les yeux, surpris par cette révélation.
« Hein … ? » je demandais, encore un peu choqué par sa phrase précédente.
« Les Bookman n'ont pas besoin de cœur. »Puis, doucement, il sortit de la chambre et se dirigea vers la sortie. Il me laissait seul, comme lui la première fois sauf qu'à la différence de lui, j'avais un cœur… Un cœur déchiré en mille morceaux. Je m'étalai sur le lit où était couché Lavi précédemment. Je reniflais l'odeur des draps, son odeur. Je pris une décision :
«Si je devais renoncer à toi, je te tuerais de mes mains ou tu devrais me tuer des tiennes… »
(Normal POV)
Lavi marcha pendant quelques heures, réfléchissant sur ce qui s'était passé avec ce Noah. Le rouquin plaça sa main contre sa poitrine, sentant toujours la chaleur d'Allen. Il ne pouvait pas tomber amoureux, surtout pas pour un Noah. Il rejoignit Kanda, qui l'attendait au bout de la route. Ils marchèrent peu de temps, sans échanger un mot. L'aube pointa alors son nez. A ce moment là, la faim commençait à se faire sentir. Lavi proposa donc d'aller acheter de quoi manger. Le kendoka accepta et le suivit.
La petite ville dans laquelle ils s'arrêtèrent était très belle : elle avait un côté XIXème siècle très français, plus précisément du Sud. Ce petit village était essentiellement constitué d'une grande ruelle, passant au centre de la ville, délimitée par une rangée d'arbres, tous aussi beaux les uns que les autres, montant comme un petit chemin de montagne, montrant les plus beaux paysages : des champs, des bois, une petite montagne en arrière plan, toute verdoyante. Elle se terminait devant une belle Chapelle. A côté des grandes rues, il y avait des petites ruelles, généralement commerciale. Les chemins étaient étroits. Nous pouvions y trouver des restaurants des fleuristes et surtout, des petites coures, donnant accès à des maisons. Des enfants couraient partout, les femmes parlaient entre elles, tout le monde semblait se connaître. Ce village avait un côté familier à Lavi... Sans doute lui rappelant ses voyages à travers le monde, rencontrant beaucoup de villages comme ça mais jamais aussi beaux que celui-ci. Ils s'arrêtèrent devant une épicerie où ils achetèrent un peu de pain et des provisions. Ils se posèrent contre un mur. Un chat vint leur réclamer de la nourriture. Le rouquin ne put résister au petit chat et lui donna des petits morceaux de pain. Kanda engagea la conversation.
« J'ai vu un homme aux cheveux blancs, semblant dépité. Son envie de vivre s'est arrêté rien qu'en te voyant. » Lavi écarquilla juste un peu les yeux, avant de sourire à Yû Kanda.
« Tu le connais ? » continua le japonais.
« Oui, un peu. » avoua Lavi, tout en se relevant et se posa, lui aussi, contre le mur, croisant les bras, tout en continuant de sourire.
« Il te veut quoi ? » demanda franchement Kanda, d'un air toujours aussi insensible.
« … Il prétend m'aimer. » Dit Lavi, tout en essayant de rire.
« En quoi est-ce un problème ?» demanda indiscrètement le kendoka. Lavi se retourna vers lui, faisant un « non » de la tête.
« Je suis un Bookman, je ne peux pas aimer… » Kanda le regarda surpris, ne sachant pas si c'était une bonne chose.
« Tu ne pourras donc jamais aimer personne ? » dit Kanda, d'un ton un peu moqueur.
« C'est possible. » dit Lavi, d'un ton très sérieux. Kanda fut surpris de la réponse de son co-équipier. Il tourna baissa les yeux, semblant un peu touché par son discours.
« C'est bien triste. » Lavi le regarda surprit.
« Et pourquoi ? » il demanda, d'un ton innocent.
« Ça doit être une torture pour cet homme de t'aimer. » répondit simplement le japonais.
« Qui sait ? » Lavi se releva puis proposa, tout en souriant amicalement : « Et si on allait à la bibliothèque ? »
« Comme tu veux. » dit Kanda. Lavi cru voir un petit sourire se tracer sur le visage de son exorciste favori. Cela le fit rire.
« Pourquoi tu ris ? » demanda froidement l'exorciste brun.
« Pour rien, pour rien… » Répondit le rouquin, tout en souriant.
« Tss… » Soupira Kanda, exaspéré de ne pas comprendre son ami. Les deux amis partirent ensemble, en direction de la bibliothèque. Ils ne savaient pas en réalité qu'ils étaient observés…
« Voila qui est intéressant, cher Compte. »
Note de l'auteur : Alors comment avez-vous trouvez ça ? Pour le passage de description de la ville de je me suis inspirée de « La valse d'Amélie » de Yann Tiersen, une mélodie que j'aime beaucoup ! Commentez :)
