Samedi, une heure moins dix, je sorts de la grande salle sans trop me faire remarquer. Mais je remarque que tous les Serdaigles me regardent avec appréhension, ils se demandent tous si je vais mettre mes menaces à exécution et sécher.
Hé bien oui, je commence à monter les escaliers et passe dans un couloir quand une voix m'arrête:
-Lupin, les cachots c'est de l'autre côté!
C'est Jack, le préfet.
-Et alors? Je réplique, ce n'est pas ma direction.
-Arrête tes bêtises, tu es en retenue je te signale! Et c'est moi que Flitwick a chargé de t'amener, au cas ou tu aies quelques idées en tête...
C'en est trop, je sorts ma baguette et la pointe devant son nez:
-Petrificus totalus!
Il est projeté à plusieurs mètres et moi je cours dans l'autre sens.
La chasse à l'élève récalcitrante est ouverte!
Quand soudain je tombe sur miss Teigne et Rusard qui me fixent d'un air mauvais. Ils croient donc m'arrêter?
Je fonce, percute le concierge et le renverse, je cours, je fonce dans les étages.
Un groupe de Griffondors se pousse sur mon passage, eux n'ont pas cessé de m'encourager depuis ma décision, tant ils détestent Rogue.
-Allez Lupin! Vas-y!
-Greet! C'est trop bien!
Du coin de l'œil, j'en voies un se placer « involontairement » devant Rusard et Jack (il s'est libéré celui là?).
Le septième étage n'est plus loin, je suis tellement essoufflée que je m'arrête en plein escalier, j'ai les poumons en feu et le cœur prêt à exploser.
Soudain, une voix que je ne reconnaît que trop bien me force à courir, c'est Rogue en personne!
-Elle n'est pas loin!
Je n'atteindrai jamais la salle à temps! Que faire?
J'aperçois soudain une ombre blanchâtre et translucide qui fonce sur moi et me passe au travers, glaçant tous mes os. Je m'écroule par terre et entends Rogue sur mes talons, il m'attrape et me maîtrise en vitesse.
-Miss Lupin, je crois que vous avez gagné un mois supplémentaire de retenue. Et cent autres points en moins pour Serdaigles. Vos condisciples risquent de vous en vouloir à force.
Je ne réponds pas et il m'emmène de force au cachot, redescendre est un vrai supplice car je me fais huer par toute ma maison, mais quelques Poufsouffles et Griffondors me saluent avec discrétion.
-Dix points en moins pour Poufsouffle Scott! Dit Rogue à un élève de première année.
Les saluts se font un peu plus rares, mais je vois encore quelques sourires.
Arrivée au cachot, Rogue m'indique des chaudrons à récurer, il précise également que je ne sortirai pas d'ici avant d'avoir tout terminé. Puis il me prend ma baguette, verrouille la porte et s'en va, je reste seule.
Je bous, je m'étais jurée d'y échapper! Mais comment faire maintenant?
Alors que la rage s'empare de moi, une idée me vient, je ne vais rien faire. Pire, je vais tout saccager!
Non, je ne peux pas faire cela, je ne suis pas lui. Je me suis jurée de gagner son respect, pas sa haine et son mépris, si je fais cela je m'abaisse à son niveau.
Alors je m'assoie sur un tabouret et attends, sans toucher aux produits de nettoyage qu'on a laissé là à mon intention, ni aux chaudrons, tout restera tel quel.
Et je laisse passer lentement les heures, j'ai envie de pleurer mais je me force à ne pas le faire, ce n'est pas si grave une après-midi perdue, juste ennuyeux.
Les heures passent, deux, trois heures, cinq heures. Rogue ouvre bientôt la porte.
Je n'ai pas bougé de mon tabouret, rien n'est fait et il est six heure du soir. Mais s'il est furieux, il n'en montre rien et se contente de refermer la porte. Même manège à huit heure.
À huit heure trente, une assiette remplie de gratin de pommes de terres apparaît, tien, il n'a pas le droit de me faire jeûner, c'est déjà ça.
À vingt-deux heure, il m'annonce que je passe la nuit dans la salle.
Ben dis-donc, il se couche comme les poules celui-là!
Ce n'est pas pour autant que je bouge, le lendemain même topo, pas moyen que j'en fiche une rame! Par contre je commence sérieusement à m'emmerder!
Mais quelle victoire lorsqu'en entrant dans la salle le lundi matin, il ne trouve pas un seul chaudron de nettoyé. Il est obligé de le faire lui-même...
D'un seul coup de baguette...
Mais quel feignasse cet homme!
-Miss Lupin! Me dit-il de sa voix doucereuse, vous êtes cordialement invitée à vous rendre chez le directeur.
J'y fais mon grand-super-sourire (qui a l'air très con mais ce n'est pas grave), et j'y vais, non sans avoir récupéré ma baguette avant.
