Le Baratin de Lehen' : Bonjour à tous ! Merci pour les reviewers, cela me fait très plaisir de voir que ma fic soit lue !
Réponses au review anonyme :
Mia : Oh merci beaucoup ! Ahah... Je ne vais pas pouvoir te répondre sous peine de te spoiler la suite... Un petit conseil : observe les petits indices cachés un peu partout ! ;) Un énorme merci pour ton review qui me donne la pêche ! J'espère te recroiser par ici :D
Disclaimer : Tout est à JK, seule l'histoire est à moi
Un gros bisou sur le nez de Tiftan, t'es la meilleure !
Rating : M
Tout ce que je ne saurai te dire : Chapitre II : Comment vivons nous avec ce que nous ignorons ?
"Qui sait de quoi sera peuplé demain ?
Allons-nous continuer de vivre ainsi dans notre douce ignorance ?
Ou alors peut-être surgira la Mort, un grand M au début, un petit t à la fin.
Elle viendra nous cueillir avec la précipitation et la force qu'à une petite fille à prendre la vie des marguerites pour en faire des bouquets. Notre corps sera alors comme ces jolies fleurs. Luttant pour survivre et préserver notre beauté flétrie par le temps, nous perdrons de nos couleurs si hétérogènes pour revêtir un voile grisâtre éternel.
Lorsque crier "Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie !" ne suffira plus, nous laisserons à notre progéniture de quoi vendre son âme au Diable pour qu'il nous sauve, réduisant sa vie et la nôtre à de simples apparences auxquelles nous nous devons de nous soumettre, tous sans la moindre exception.
Quelles seront les traces positives que nous laisserons sur cette Terre lorsqu'elle aura cessé de tourner ? Aucune. Même un simple merci déchirerait la gorge des enfants des enfants de nos enfants.
Bande d'ingrats. Ne vous a-t-on pas chéris ? Ne vous a-t-on pas aimés ? Ne vous a-t-on pas donné la vie ?
Ils répondront probablement, pleins d'amertume, qu'ils n'ont certainement pas demandé toute la merde accumulée dans leurs gènes ces derniers siècles, et que quiconque tenterai de leur faire croire que nos attentions n'étaient pas mauvaises serait juste bon à être enfermé.
Avec le recul, nos dilemmes quotidiens sont comme ainsi dire insipides à nos yeux. Néanmoins effet papillon rime étrangement avec malédiction."
Hermione était subjuguée. L'inconnu avait laissé dans le livre tout un tas de petits mots. C'était ce dernier, inscrit dans un coin du monologue de la scène quatre du premier acte, qui retenait son attention. Ces quelques lignes étaient porteuses d'un message caché, elle en était persuadée. Il y avait ce quelque chose qui lui faisait vaguement penser à... Elle ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. Et Merlin que c'était frustrant !
Elle avait lu, lu et relu ce mot une bonne partie de la nuit sans mettre le doigt sur ce qu'elle cherchait. Elle avait cette même impression que lorsque l'on cherche un terme et qu'il est là, sur le bout de la langue, mais que l'information ne parvient pas à atteindre le cerveau. Elle avait fini par s'endormir, la lumière toujours allumée et la tête remplie de frustration et de réflexion sur les écrits de l'inconnu.
Le lendemain matin, la Gryffondor était exténuée, la nuit ayant été brève. Elle se leva lentement, ses cheveux indomptables encore plus en bataille et les yeux plissés devant la lumière du jour dans le but d'aller se rafraîchir à l'aide d'une douche.
Elle ouvrit doucement la porte de sa chambre et jeta un rapide coup d'œil en dehors pour vérifier si Malfoy ne traînait pas par là. Elle avait beau être mal réveillée elle n'avait pas oublié la signification du mot dignité.
Il avait la fâcheuse habitude de laisser la lumière de la Salle de bain allumée. Il est vrai qu'un coup de baguette pour éteindre le tout n'était pas digne du Prince des Serpentards, non... Ce genre de besogne était réservé à la populace, comme elle, évidemment.
Elle ne s'offusqua donc pas lorsqu'elle aperçue une raie lumineuse en dessous de la porte, aucun bruit ne filtrait de la pièce. Elle soupira avant d'entrer dans leur Salle d'eau commune tout en fermant les yeux sous la violence de la lumière.
"Gchrancheur ?!"
Quel était cette espèce de borborygme abominable sorti de nulle part ? Qui parlait ? Qui ?
Oh. Par Merlin !
Hermione ouvrit brusquement les yeux, soudainement bien réveillée.
Elle voulait mourir. De honte devant son accoutrement, mais aussi de rire devant la tête de Malfoy.
Ce dernier avait une brosse à dent dans la bouche, du dentifrice décorant ses lèvres, un rose très pâle aux joues et une grande envie de disparaître. Il portait un tee-shirt sur lequel était cousu "Tu veux voir ma baguette ?" - cadeau de Blaise à son dernier anniversaire - et un caleçon aux couleurs de sa maison.
La honte avait pris le pli sur le rire chez Drago et il tenta de retrouver contenance.
"Sympa ton pyjama. Non c'est vrai, je ne savais pas que tu faisais dans le jaune canaris." Il lança, un sourire moqueur aux lèvres.
La Miss-je-sais-tout ne se laissa pas impressionner par la reprise en main de son ennemi. Elle était peut-être dans une situation délicate, mais lui aussi.
"Sympa ton tee-shirt. Il a été lu et approuvé par ton père au moins ? Ah non c'est vrai... Il est en prison."
Hermione regretta immédiatement ses paroles, c'était peu recherché et mesquin, elle avait clairement fait bien mieux. De plus, elle ne voulait pas déclencher la fureur du Serpentard de si bon matin et qui sait comment il allait réagir face à cette pique.
Il n'haussa même pas un sourcil, la Gryffondor en fut la première surprise. Il se tourna vers le lavabo, dos à elle et cracha avant de lui refaire face.
"Bon Granger, j'ai un deal à te proposer. Tu la fermes sur cet épisode et- malgré le fait que cela soit extrêmement tentant- je la ferme aussi. Tu marches ?"
La jeune femme prit le temps de réfléchir à toutes les éventuelles trahisons que celui qu'elle voyait comme un fourbe pouvait faire. Après réflexion, il avait bien plus à perdre qu'elle. Qu'est-ce qu'elle récolterait s'il racontait l'évènement ? Quelques moqueries ? Cela faisait bien longtemps que cela ne l'atteignait plus, et les autres élèves avaient maintenant du respect pour elle, un "avantage" de la Grande Guerre. Mais lui ? Son monde était déjà fragilisé par son nom quoique redoré par les actes de sa mère. Il n'était plus que le Don Juan des septièmes années lorsque l'on oubliait le terme Malfoy inscrit en lettres dorées au-dessus de sa tête.
Elle haïssait cette fouine, mais elle n'était pas un monstre non plus. Elle finit par opiner et tendit sa main vers Malfoy. Il baissa les yeux vers la main tendue et regarda son interlocutrice comme si elle venait de lui annoncer que Merlin était en réalité une femme.
"Quand on fait un marché avec quelqu'un, on se sert la main pour le celer, explique-t-elle, exaspérée."
"Merci pour cette information Granger. Que ferai-je sans toi et tes précieuses leçons sur la vie sérieusement ?"
Hermione plissa les yeux et retira sa main tendue, cela sentait le sarcasme à plein nez et Malfoy semblait bien parti sur sa lancée.
"D'ailleurs que ferait le monde entier sans Grangie le Castor, je vous le demande ?! Les elfes de maison sont maltraités ? S.O.S Grangie au secours ! Potter et Weasmoche galèrent comme les deux idiots qu'ils sont ? Grangie à la rescousse ! Tu leur as appris à pisser droit aussi ?"
La jeune femme le regardait l'air blasé et attendait visiblement qu'il termine sa tirade.
"C'est bon tu as fini ou je dois attendre que sa Majesté la fouine est terminé sa petite crise de jalousie ? Tu rages parce que toi, Malfoy, t'es tout seul et..."
"Oh... Abrégez mes souffrance, par Merlin, elle va commencer à faire de la psychologie..."
"Et bien vas-y Malfoy ! Assure-moi que c'est faux ! Assure-moi que tu n'es pas tout seul ! Dis-moi droit dans les yeux que tu n'aurais pas voulu avoir des amis, ou peut-être un père pour t'apprendre à pisser droit. Vas-y, je t'écoute."
La Gryffondor avait les yeux enflammés par la colère et regardait le Serpentard droit dans les yeux. Un éclair passa dans les iris grises de ce dernier et il contracta violemment la mâchoire avant de fermer les yeux. Il les rouvrit doucement et planta son regard dans celui ambré de la Gryffondor.
"Considère le fait que je ne te frappe pas maintenant comme une poignée de main."
Sur ces mots il passa devant elle en percutant son épaule au passage. Elle haussa les sourcils de stupeur. Malfoy était un sale con, il n'y avait pas de doutes à avoir, mais de là à la frapper ? Non. Il n'était pas atteint à ce point, Hermione se refusait de le croire.
En continuant de remuer ses méninges à propos de cette dernière altercation, la meilleure élève de l'école se prépara, l'air pensif.
OoO
"Tu as quoi ?" Répétait Ron depuis cinq minutes.
"Ron... Change de disque ça devient lourd... La vraie question est plutôt, est-ce que Malfoy est aussi bien foutu que Cho nous le répète depuis des décennies ?" Répliqua sa sœur, penchée vers Hermione.
Cette dernière se recroquevillait sur le siège rouge et or de la Salle Commune au fur et à mesure que la conversation avançait. Elle commençait à douter de la fiabilité de son idée, à savoir, raconter sa mésaventure à ses amis. Surtout qu'elle avait promis à Malfoy de ne pas en parler. Mais qu'est-ce que c'était une promesse avec une fouine au fond ?
"Je n'ai pas vu un centimètre carré de son torse Gin', pour la millième fois. Bredouilla-t-elle, enfonçant son visage entre ses genoux, désespérée devant l'état de son amie. Ginny aimait décidemment trop les potins...
"Rohh..." Ronchonna Ron, visiblement déçu.
"Hé, mais depuis quand savoir si un mec - que tu détestes soit dit en passant - est beau ou pas t'intéresse, Ronald Weasley ? Aurais-tu des penchants pour Malfoy ?"
Le rouquin vit rouge. Ses joues aussi visiblement.
"Non mais CA VA PAS LA TETE ! On parle de Malfoy, là ! MAL-FOY."
"A parce que ça aurait été un autre homme, ça ne t'aurais pas gêné ?" Continua Ginny, amusée par la réaction de son frère.
"Gin', arrête il va nous faire une syncope..." Intervint Harry, silencieux jusqu'alors. Ce dernier avait la mine sombre et des cernes dont on ne voyait même plus la fin. Encore une mauvaise nuit présumait Hermione.
Distraits par les pseudos attirances homosexuelles de Ron, ses trois amis avaient oubliés la raison de leur débat. La brune était bien contente qu'ils oublient sa petite confrontation matinale, en parler devenait un peu difficile à supporter à la longue.
Et puis, c'était le cadet de ses soucis. Le professeur McGonagall leur avait donné un devoir de métamorphose à rendre pour dans deux petites semaines, et il fallait absolument qu'elle l'ait terminé avant jeudi. Et nous étions déjà mardi, ce qui ne laissait pas beaucoup de temps à Hermione puisqu'il y avait aussi celui de DCFM et aussi... Il fallait qu'elle laisse un mot dans le livre de l'inconnu pour ensuite aller le déposer dans l'école.
Elle allait d'ailleurs commencer par ça, décida-t-elle. Si elle ne se sortait pas cet inconnu à la plume si mystérieuse de la tête, elle finirait par devenir folle. Et puis... Il lui fallait perpétuer l'œuvre de ce dernier et laisser le livre faire son chemin.
Alors qu'elle quittait la Salle Commune en compagnie des deux autres membres du Trio d'or, ils croisèrent le dernier jumeau Weasley, Georges, toujours cette mine sombre sur le visage. Suite à la fin de la Guerre, il avait décidé de se donner une année de répit, une année sabbatique pour ainsi dire. Il passait très souvent à Poudlard pour rendre visite à tout le monde et pour d'autres raisons plus obscures. Depuis la mort de son frère, ce dernier n'était plus que, comme il aimait le dire, la moitié de lui-même, l'autre étant complétée par Fred. Le voir comme ça faisait toujours monter les larmes à Hermione. Fred manquait tellement à tout le monde. La bonne humeur maladive et les farces perpétuelles des jumeaux étaient parties dans l'explosion, elles aussi.
La Gryffondor se tourna vers Harry, il avait le teint blafard et fixait Georges comme si tous les malheurs du monde reposaient sur ses épaules. Georges les regarda un à un, soupira puis reprit son chemin comme s'ils n'avaient pas été là. C'était toujours comme ça. Dès qu'il y avait Harry, le rouquin ne venait pas vers eux faire la conversation. Pas qu'il en veuille à Harry ou quoique ce soit, non. Georges ne supportait juste pas le regard du Survivant. Il essayait, lui, de se reconstruire sans son frère. Et Merlin savait que ce n'était pas chose aisée. Mais il faisait avec, il communiquait, il pleurait souvent lorsqu'il était seul, il riait parfois en compagnie de ses amis. Il avançait. Tout comme la plupart de ceux qui avaient survécus à la Grande Guerre.
Hermione et Ron se regardèrent, l'air anxieux devant l'état de leur meilleur ami, puis d'un accord tacite, ils reprirent leur route, préférant laisser Harry ruminer seul et éviter toutes remarques désobligeantes de sa part. Ils n'avaient pas perdu espoir, Harry reprendrait vie un jour. Mais pas aujourd'hui.
OoO
"Ben alors ma blonde ! Mandy Brocklehurst n'a pas d'assez gros seins pour toi, vieux ? Nan sérieux, il s'est passé quoi encore avec celle-là ? Putain Drago c'est pas la première que tu vires au beau milieu de la nuit avant d'avoir pris ton pied ! Tu vas bien ?"
Drag soupira. Cela s'annonçait d'être encore une superbe conversation... Le Serpentard en était émoustillé d'avance.
"Comment est-ce que tu as su ça ?"
"Elle l'a raconté à Lavande Brown qui l'a répété à Cho Chang qui s'est fait une joie de le dire à Pansy qui me l'a dit à moi. En gros, Poudlard de la première à la septième année est au courant. Enfin pour ceux que ça intéresse."
"Tout le monde adore parler de mes ébats, Blaise. C'est un fait avéré."
"Peut-être. Dray, pourquoi tu as viré Mandy ?
"Cette conne n'arrêtait pas de gémir et de crier. Elle a déjà une voix chiante en général. En fait elle est chiante, elle parle tout le temps. Et que je t'étale ma science par-ci et que je t'en rajoute un peu par-là ! Tu banderais toi si une fille te lâchait en pleine acte que sa mère - bordel sa mère Zabini - lui dit souvent que manger un Bézoard c'est aphrodisiaque ? Hein ? Non ? Ben moi non plus apparemment. C'est assez comme raison ?"
Le mensonge était parti tout seul, Drago ne savait pas pourquoi, mais il ressentait le besoin de se justifier. Blaise hésita quelques secondes, assez pour que le jeune homme aux cheveux peroxydés déduise qu'il ne comptait pas lâcher le morceau.
"J'avoue que là... Mais un Assurdiato et hop tu te la tapais en silence."
"Au pire qu'est-ce que j'ai en ai à foutre ? C'était que Brocklehurst, pas ma future femme - Merlin merci - donc lâche-moi un peu."
Son ton sans appel suffit au noir à clore l'affaire Brocklehurst. Même si Blaise ne le dit pas, il savait que celui qu'il voyait comme son plus proche ami ne lui disait pas entièrement la vérité. Brocklehurst ne faisait pas ça, et il pouvait l'assurer, il avait couché avec elle plusieurs fois.
OoO
Lorsque Drago rentra dans la Salle commune des Préfets-en-chef, il trouva son homologue plongée la tête dans un parchemin entourée d'une dizaine de papiers froissés similaires à celui posé devant elle. Elle ne sourcilla pas lorsqu'il entra. Il commençait à en avoir marre qu'elle ne lui prête aucune attention. Est-ce qu'elle oubliait qui il était ?
Depuis la chute de Voldemort, ton nom est associé à celui d'un Mangemort. Tu m'étonnes qu'elle en ait rien à foutre. Lui siffla une voix perfide dans son esprit.
Il serra les poings pour contenir la colère qui s'était soudainement emparé de ses veines. Après tout, il avait le droit de l'emmerder un peu. Après tout, c'était le Castor. Il s'approcha de la jeune fille, une idée germant dans son esprit. Il se fit discret et elle ne le remarqua pas, décidément trop concentrée sur il ne savait encore quel devoir. Arrivé juste derrière elle, il se pencha un peu en avant pour regarder par-dessus son épaule.
Il vit un livre grand ouvert sur une page griffonnée.
"Aouh!"
La Gryffondor, remarquant enfin la présence du Serpentard avait sursauté si violemment que son crâne était venu percuter le nez de la fouine, nez qui saignait maintenant abondamment.
"Par les couilles de Merlin ! Granger !"
"M-Malfoy ? Mais qu'est-ce que tu fous au-dessus de moi ?"
"Dans un autre contexte je t'aurais bien répondu que... Aoouh, bordel..."
"Mais ça n'arrête pas de saigner ! Prends un mouchoir y'en a partout sur la moquette!"
"Tu crois sérieusement que j'ai quelque chose à foutre de la moquette ?!"
Hermione soupira puis attrapa sa baguette.
"Ne bouge pas."
"Granger. Même pas en rêve."
"Il faut que quelqu'un te soigne. D'ici qu'on arrive l'infirmerie tu auras perdu encore plus de sang. Arrête de gesticuler, bon sang !"
"La dernière fois que tu as jeté ce sort c'était sur un arbre Granger ! Un arbre pas un homme ! Aïe !"
Le fils Malfoy chouinait alors qu'Hermione ne l'avait même pas touché.
"Pour le côté homme on repassera..." Soupira - encore - Hermione avant de faire tourbillonner sa baguette.
"N-.."
"Revigor"
"Aouh! Espèce de malade !"
"De rien, Malfoy. De rien."
Après un rapide Recurvite sur le sol la jeune fille prit parchemins, froissés ou non, plume, encrier, stylo et tout ce qui constituait l'étalage d'affaires scolaires sur la table pour se diriger vers sa chambre.
Drago, quant à lui, continuait de se masser le nez, redevenu intact tout en marmonnant des paroles intelligibles.
Il finit par sortir de sa léthargie pour lancer une pique à cette idiote de Miss-je-sais-tout, mais elle était partie depuis longtemps. Il tourna les talons et pris le chemin de sa propre chambre, ses mains toujours en pleine inspection de la moindre imperfection sur son nez.
OoO
"Gin'! Reviens ! Je suis désolé ! Gin'! Je t'aime ! Par pitié reviens..." La voix d'Harry était de plus en plus basse au fur et à mesure qu'il parlait. Sa voix partait en sanglots alors que sa petite-amie s'éloignait dans le couloir faiblement éclairé par la lumière de la Lune.
Celui-qui-à-survécu. Voilà comment tout le monde le voyait, comment tous l'appelaient. Il avait envie de vomir. Personne ne comprenait. Personne. Aucun de ses amis ne pouvait voir le monde comme il le voyait. Il n'avait vécu qu'entouré de la Mort. Elle était là depuis son plus jeune âge.
La plupart des sorciers connaissaient son identité et ses moindres faits et gestes mieux que sa propre mémoire le laisse s'en souvenir. Ils voulaient tous être proches de lui ! Le Sauveur !
Mais allez-y ! Venez donc tous ! Pensait Harry avec colère.
Ils auraient tous le même destin funeste. Comme sa mère, son père, son parrain, Dumbledore, ses proches, ses amis. Tous. Il n'avait vécu qu'avec la Mort. Il n'avait vécu qu'avec Voldemort en son sein. Et maintenant, il n'y avait que le vide.
La Grande Guerre avait eu un seul avantage. Il fallait gagner, coûte que coûte. Malgré les pertes, le chagrin, la peur. La colère qui bouillonnait dans ses veines le faisait tenir. Mais à quoi bon tenir maintenant ? Le Survivant avait fait son boulot. Il avait sauvé le monde, donné sa vie, posé des noms sur l'identité des vainqueurs, mais aussi sur celles des perdants.
Maintenant tout lui retombait dessus. Il revivait la Guerre chaque nuit. Chaque jour, il trouvait des solutions qui leur auraient évité un tel massacre. Des solutions qui venaient bien trop tard.
Harry se prit la tête entre les mains. Il avait envie de mourir. Il ne trouvait plus aucune utilité à sa vie. Ses meilleurs amis, ses proches avaient tellement perdu pour lui. Il n'était qu'une loque. Une coquille vide qui errait en vain dans des limbes qui le coupaient du monde.
Et voilà que même elle, la seule qui lui arrachait de rares sourires, ne le supportait plus.
"Je t'aime Harry. Oh bordel qu'est-ce que je t'aime. Mais ce n'est plus possible. Relève toi, s'il-te-plaît. Relève-toi. Je ne vais pas attendre le retour de l'homme que j'aime éternellement. Je ne pourrai pas t'attendre éternellement. Relève-toi, bon sang !"
Elle s'était mise à pleurer, aucun son ne traversait la gorge d'Harry. Il restait recroquevillé dans son lit, la cadette Weasley plantée devant lui, les larmes roulant sur ses joues pleines de taches de rousseur, ces tâches de rousseurs qu'il aimait tant.
Puis elle était sortie de la pièce. Sans un mot. Il avait cru à un ultimatum et s'était relevé aussi sec, criant qu'il l'aimait. Encore et encore. La suppliant de revenir. Elle était déjà loin, le laissant avec ses idées noires.
C'est ce qu'il voulait, non ? Elle n'avait fait que lui donner.
Un gémissement de désespoir traversa la gorge d'Harry. Personne ne comprenait. Personne.
OoO
Ginny séchait d'un revers de la main ses larmes lorsqu'elle senti une présence dans son dos. Elle tira une taffe sur la cigarette et se retourna doucement. Au pire, si c'était Rusard, elle se ferait un plaisir de les faire ses heures de colle. Ce serait déjà ça de moins à supporter le regard fuyant d'Harry.
"Weaslette ?" Dit une voix grave dans son dos, interloquée visiblement.
"Zabini. Drôle de façon de dire bonjour." Répondit-elle posément.
"Hum… Ouais bonjour."
La situation paraissait irréelle au Serpentard. La cadette Weasley, de grosses traces de larmes sur les joues qui ne lui avaient pas échappées, et lui, sur le balcon de la Tour d'Astronomie à presque cinq heure du matin. Rien de plus normal. Leurs groupes d'amis respectifs ne pouvaient pas se voir en peinture, et ils se retrouvaient là, sans haine ni préjugés à... A faire quoi au juste ?
Appuyée sur la rambarde, elle lui tendit sa clope comme s'ils étaient des amis de longue date, les yeux perdus dans le vague.
Il regarda la cigarette qui brûlait au bout de sa main, Weaslette, la cigarette, puis Weaslette.
Il finit par lui prendre des doigts lorsqu'elle lui jeta un coup d'œil signifiant "y'en a qui sont morts comme ça, Zabini."
Il tira une longue bouffée puis lui redonna en soufflant doucement, la fumée sortant de sa bouche.
"Qu'est-ce que tu fous là ?" Demanda-t-elle, aucune trace d'animosité dans la voix, sans aucune trace d'émotion tout simplement.
"J'arrivai pas à dormir. Cauchemar."
"Ah."
"Et toi ?"
"... De même. Un véritable cauchemar, c'est le moins qu'on puisse dire." Répondit-elle, plus pour elle que pour lui.
Blaise avait bien compris que la Gryffondor ne lui dirait pas tout. Il ne releva pas et prie une autre bouffée de la cigarette de Ginny. Ils restèrent ainsi silencieux, regardant le soleil poindre sur Poudlard. La journée allait s'annoncer longue, très longue. Mais les deux élèves ne se fatiguèrent pas à penser à cela, trop heureux du calme qu'ils trouvaient en ce début de matinée.
OoO
Cher inconnu et premier propriétaire de ce livre,
Bravo tout d'abord pour cette merveilleuse idée. C'est avec joie que je reposerais dans notre école cet ouvrage, après y avoir laissé ma propre trace.
Je retiens que votre plume est tout sauf anodine. Et croyez-moi, je me questionne grandement sur ce que vous pensez et quel est le message que vous voulez délivrer à travers vos mots.
Le choix de vos citations m'intrigue beaucoup, celui du livre aussi. J'avoue avec un peu de honte me demandez qui vous êtes.
Pour vous répondre de façon un peu près similaire, je vous propose cet extrait d'un livre de Stephen King, puisque nous sommes dans le registre Moldu :
Je me suis souvenu que ma grande question fondamentale "Comment vivons-nous avec ce que nous savons ?" ne couvrait pas tout et que je pouvais lui ajouter non sans humour celle-ci : Comment vivons-nous avec ce que nous ignorons ?
Je vous laisse y répondre, vous et votre mystérieuse identité.
J'espère qu'un jour votre livre retombera par hasard entre vos mains.
Inconnu n2.
Hermione avait pris soin d'ensorceler sa plume pour que l'écriture ne ressemble pas à la sienne. Le premier propriétaire semblait avoir eu la même idée, car elle eut beau chercher, elle ne trouva personne de sa connaissance qui avait la même écriture. Elle referma Le Cid et le glissa dans son sac. Elle avait finalement eu le temps en une soirée de terminer son devoir de Métamorphose et avait même réussi à commencer celui de DCFM.
Satisfaite, elle sortit de la bibliothèque pour aller prendre son dîner dans la Grande Salle. Elle avait demandé à ses amis de ne pas l'attendre car elle prévoyait de déposer le livre entre temps. Evidemment, elle ne leur avait pas parlé de la découverte de ce dernier, cela aurait perdu de son charme et elle aurait eu l'impression de trahir l'investigateur. Elle avait pensé à tout un tas d'endroits susceptibles de correspondre, mais un seul semblait vraiment convenir.
La jeune fille regarda sa montre, vérifiant qu'elle n'enfreindrait pas le couvre-feu puis passa par les couloirs du rez-de-chaussée pour atteindre les bancs du parc. Jetant un sort d'étanchéité et de protection aux chocs au livre, elle le déposa au pied du banc, debout. Ainsi, seule une personne observatrice pourrait le trouver.
Ce fut avec un petit pincement au cœur qu'elle s'éloigna pour rejoindre ses amis dans la Grande Salle.
OoO
Lorsque Ginny entra, elle parcourut la Salle des yeux et tomba sur Blaise qui lui jetait des coups d'œil complices. Cet abruti devait croire que parce qu'ils avaient partagé une clope à quatre heure du mat' ils étaient potes. Ginny haussa les sourcils, un sourire légèrement pincé sur les lèvres que Blaise vit. Ses yeux noircirent au vu de la réaction de la rousse et il tourna les yeux vers ses comparses.
Elle continua donc son chemin vers la table des Gryffondors. Neville et Ron riait aux larmes tandis qu'Hermione fixait Harry avec son regard qui ne signifiait qu'une seule chose "Dis-moi ce qui te tracasse. Tout de suite."
Ginny soupira et prit place à la droite d'Harry puis lui embrassa la joue. Lui qui avait le regard vide, fixant un point indéfini derrière sa meilleure amie sortit de sa torpeur et posa ses yeux verts soudainement redevenus vivants sur elle. Elle eut un regain d'espoir devant ses yeux pétillants et sourit pour la première fois de la journée. Harry se pencha vers elle et tout en prenant son visage ne coupe il l'embrassa, transmettant toutes les excuses du monde, tout son amour et un millier de choses encore. Ginny savait par ce baiser que la trêve entre son petit-ami et ses idées noires étaient là, elle savait aussi que cela allait être de courte durée, mais elle préféra profiter de ce baiser, faisant probablement parti de leurs derniers.
