Dare Dare Motus

la Légende de l'Hiver


Chapitre 1 : Une souris différente des autres

La scène se retransforme en dessins sur une plaque tenue par un vieil homme souris au pelage beige sauf pour la fourrure autour de son œil gauche qui est blanche. Sa barbe fournie montre qu'il est très âgé mais ses yeux (le droit vert émeraude et le gauche bleu glace) pétillaient comme ceux d'un enfant, surtout en regardant les souriceaux assis devant lui pour entendre son histoire.

Prenant un air menaçant, il continue son récit :

« Les dieux décidèrent de punir la descendance du chaman ! Le dieu du vent du Nord instruisit des ordres aux morceaux de glace, qu'ils trouvent un élu et qu'ils revivent à travers l'enveloppe charnel de celui-ci en lui maudissant l'existence jusqu'à l'âme ! Car les dieux savaient qu'au plus profond d'eux, les mortels craignaient l'Hiver et les êtres qui semblaient différents et à part entières ! Celui qui devrait vivre avec les pouvoirs de l'Hiver était condamné à vivre rejeté, haït, et craint de tous. Oui ! Peur, Haine et Solitude ! Les trois mots qui inspire Le Mauvais ! L'occasion rêvée pour lui de faire main basse sur la pauvre âme tourmentée, AFIN QUE LE FROID MÉLANGER À LA COLÈRE DES TÉNÈBRES DÉTRUISENT NOTRE MONDE À JAMAIS, LE PLONGEANT DANS LE SOMMEIL GLACIAL ET MORTEL DE L'HIVER, DÉTRUISANT CHAQUE PAYS, CHAQUE VIE QUE CE MONDE A PORTÉ, ANÉANTISSANT TOUT SUR SON PASSAGE ! RIEN NE POURRA L'ARRÊTER ! »

Six des petits souriceaux assis devant lui se figent en se retenant de hurler. L'un d'eux eut tellement peur qu'il s'évanouit pendant qu'une des petites filles éclate en sanglots, terrorisée. Mais au milieu des petits effrayés, des applaudissements et des petits rires retentissent.

Tous les yeux se baissent sur le septième et le plus jeune des souriceaux. Un petit bonhomme d'à peine 2ans au pelage blanc comme la neige aux grands yeux pétillants. Il avait un œil couleur or et l'autre (le gauche) bleu glace. Ce petit-là, répondait au joli nom de Snowden. Unique héritier d'une riche famille, il semblait déjà différent des autres. Mais cela fait sourire le grand-père.

« Mais la légende dit qu'un jour, un descendant du Chaman parviendra à réparer l'erreur de ses ancêtres ! Il partira à la recherche de Nerwen et ensemble, ils trouveront le Cristal et le protégeront du Mauvais. Mais le plus important est qu'il ne faut pas oublier que seul un geste d'amour sincère peut dégeler un cœur de glace ! »

Alors que tout les autres petits sont terrorisés, Snowden sourit, admiratif.

« Grand-père, ça suffit... soupire une voix de femme.

_Mama ! » bredouille le souriceau blanc qui voit et reconnaît la femme qui entre dans la pièce.

Il s'agit de la mère de Snowden, qui s'appelait Gwendoline et qui était la petite fille du grand-père qui n'était autre que William de Baker Street, ancien policier et scientifique.

La femme prend son unique enfant dans ses bras et s'approche du groupe composé par ses neveux et nièces, les enfants des frères et sœurs de son époux.

« Il n'y a jamais eu de monstres ou de dieux demi-elfes qui veulent conquérir la terre. Ce ne sont que des histoires ! dit-t-elle pour rassurer les petits. Nous sommes en sécurité à Londres.

_Hum ! ricane le vieil homme. Tu dis ça pour te donner bonne conscience ?

_Grand-père ! s'indigne Gwendoline sans remarquer Snowden qui se perche légèrement sur ses épaules pour attraper une ficelle qui pend non loin de lui. Il n'y a pas de dieux elfes, ni de créatures et encore moins de monstres. »

Mais à peine a-t-elle dit ça que son petit garçon attrape la ficelle et la tire, libérant une succession de représentations de monstres Nordiques. À cette vue, les autres enfants paniquent et se mettent à hurler en courant pour se cacher.

« Les enfants ! Calmez-vous, voyons ! Il n'y a pas de monstres ! Ce ne sont que des inventions pour faire peur ! » s'affole la jeune souris beige aux longs cheveux blonds.

Dans la panique, les petits la font basculer et Snowden se retrouve sur le sol. Le petit souriceau sourit, amusé par les pitreries de ses cousins et émerveillé par les images qui viennent d'apparaître. Sa mère, elle, essaie toujours de calmer les autres sous le regard amusé de William.

« Vous ne craignez rien, les enfants. La Magie et les Monstres n'existent pas ! rassure-t-elle. Nous ne risquons rien ici.

_La Magie existe, Gwendoline ! s'indigne le grand-père en s'approchant. Un jour, quelqu'un de cette famille devra accomplir son destin !

_Grand-père, c'est ridicule ! »

Pendant que les adultes essayent de calmer ses aînés qui continuent de paniquer, Snowden sent soudain un petit vent lui chatouiller le museau. Tournant la tête vers la porte, il voit qu'elle est légèrement ouverte. Avec la curiosité qui est naturelle à son âge, le souriceau se redresse et s'avance vers l'entrée.


Une fois-là, Snowden se glisse dehors malgré le froid et les petits flocons qui entrent avec le vent. C'était l'Hiver et une grande quantité de neige recouvre le sol. Quelques flocons sont arrachés par le vent et flottent, faisant briller l'air de milles paillettes argentées. L'enfant était émerveillé et attiré par la beauté magique que pouvait avoir la saison de l'hiver. Les flocons virevoltent dans le ciel pendant que le soleil se mit à se coucher. Snowden marche, piétinant la neige de ses petites pattes, regardant autours de lui les décors hivernaux de la nature, les gouttes de glace qui ressemblaient à des diamants,... ou l'eau des gouttières gelée en stalactite au dessus de la maison de son arrière grand-père.

« Ooooooooooooh ! » fait le petit garçon.

Souriant, il tend la main pour essayer de les toucher… lorsqu'une petite gerbe de flocons de neige s'échappent de ses doigts et va s'enrouler autour des stalactites, augmentant leur taille au point où la gouttière ne les tient plus. Les pics se décroche et tombe vers le souriceau… lorsqu'une barrière de glace s'élève du sol et protège la tête du petit garçon. Celui-ci rit en voyant les morceaux de glace tomber autour de lui et en prend un dans sa petite main. Heureux d'avoir son petit bout de glace, il l'admire et l'étudie, puis le met dans sa bouche… mais il le recrache aussitôt ! C'est bien trop froid pour sa langue.

« Ah froid! » gémit-il en secouant les mains.

Et de ses doigts s'échappent encore des flocons. Cette fois, Snowden les voit s'éloigner au loin, alors il regarde le chemin qu'ils empruntent et, comme eux, lui aussi s'éloigne un peu plus de la maison, suivant les flocons volants.

Sa petite escapade le conduit à découvert, au beau milieu de la route ! Et si ce n'était que ça ! Malgré ce temps, les voitures circulent beaucoup et l'enfant est tellement petit qu'il ne se rend pas compte du danger qu'il court. À cet instant précis, la porte de l'appartement 221B Baker Street s'ouvre et William et Gwendoline sortent en courant, recherchant l'enfant du regard… jusqu'à ce qu'ils le voient en train de s'élancer sur la route.

« SNOWDEN ! » panique Gwendoline, tétanisée.

Plus bas dans la rue, le père du petit garçon aperçoit la scène et se fige en voyant son fils s'élancer sur la route fréquentée. Mais avant qu'il ait le temps de comprendre, deux grandes gerbes de glace surgissent du sol pour protéger le petit garçon. Les véhicules percutent les murs de glace, provoquant un important carambolage. Malgré sa peur, Gwendoline sait de quoi il s'agit et court récupérer son petit, l'entraînant avant que quelqu'un le voit. Le père reste figé sur place un moment avant de rejoindre sa femme, son fils et le grand-père. Snowden, lui, rit et bredouille, voulant continuer sa route.

« Là bas! Aller là bas! » dit-il en secouant les bras vers l'autre côté de la route.

Mais sa mère le tient solidement dans ses bras. En le tenant toujours, elle le place face à elle. Le petit commence à s'inquiéter quand il voit sa maman en colère.

« Non mais tu te rends compte du danger dans lequel tu t'es mis? On a faillit te perdre! » crie-t-elle en grondant l'enfant.

Après quoi, elle le serre tendrement dans ses bras, le berçant. Elle allait presque pleurer.

« Ne refais jamais une chose pareille. »

Elle rouvre les yeux et voit son mari arrivé près d'eux, mais le raffut de la rue et des gens chamboulés par le barrage de glace les ramènent dans l'urgence.

« Il ne faut plus traîner ici ! » dit le mari de Gwendoline qui répondait du nom de Roger, en insistant la petite troupe de repartir dans la maison.


Plus tard, un chinchilla copulant arrive sur les lieux. Il était vêtu d'une combinaison rouge et, sur ses épaules, était posé une armure de dernière pointe technologique (surtout pour les années 1980). Son équipe spéciale l'avait tenu au courant que quelque chose d'inhabituel été survenu à Baker Street. Il arrive sur les lieux avec son équipier, une pieuvre mimétique. Ce n'était qu'autre que l'agent secret Dare Dare K et son acolyte l'agent 57.

« Wow ! fait la pieuvre en voyant la barrière de glace. T'as vu ça, K?

_Je le vois… et c'est étrange !

_D'après ce que je vois dans les dossiers, la dernière fois qu'un événement comme ça s'est produit, c'était en été 1898 ! La cause reste cependant inconnue.

_Tiens tiens… des témoins ?

_Aucun direct. Les murs sont apparu d'un seul coup sans raison.

_Hhmm... continuons plus loin ! On trouvera sûrement une explication, 57! » fait Dare Dare K en montrant le chemin.

_Oui, Dare Dare K ! » répond la pieuvre en suivant son partenaire.

Dans la maison, Roger, sa femme et le grand-père observent les deux agents s'éloigner au loin. Roger et Gwendoline lâchent un gros soupir de soulagement.

« Plus de peur que de mal. » sourit Roger.

Son épouse se tourne vers lui, inquiète, puis revient vers William qui regarde par la fenêtre ce qu'il se passe.

« Grand-père, qu'est-ce que tu as fait ?

_Mais rien ! Un peu de glace et c'est tout de suite ma faute ? s'indigne le vieil homme.

_Qui d'autre ? s'énerve le père. Vous et vos trucs de sorcières, on ne sait jamais sur quel pied dansé avec vous ! »

William fronce les sourcils puis, regardant derrière le couple en souriant, il répond :

« Si vous regardiez derrière vous, vous auriez déjà la réponse. »

Les deux parents se questionnent l'un l'autre du regard. Quand ils font ce que leur a conseillé l'homme âgé, ils voient leur unique fils accroupit en jouant avec chaque jets de flocons qui sortait de sa paume. L'enfant rit, plein d'étreint. Roger se fige et Gwendoline pâlit en plaquant sa main sur sa bouche.

« Oh non….

_Tu peux chanter toutes les comptines que tu veux, Gwen ! Mais cela ne fait qu'embrouiller ta mémoire et perturbe tes pouvoirs. Un jour, ils voudront ressortir !

_ASSEZ ! hurle le père, faisant sursauter l'enfant qui crée (bien malgré lui) un bouclier de glace entre lui et les adultes. Vous parlez de cette malédiction comme si c'était une bénédiction !

_Je sais d'où viennent mes pouvoirs, Roger ! Peut-être que c'est une malédiction mais ils ne sont pas si difficile à contrôler si on ne les renie pas. Regardez-moi ! »

Sans autre explication, William se rend là où se trouve Snowden et pose sa main sur le bouclier de glace. Un léger frisson parcourt la structure avant qu'elle ne se décompose en flocons que le vieil homme tient délicatement dans sa paume. D'abord surpris, Snowden se met à rire et à vouloir attraper les flocons. Le grand-père s'agenouille à côté du petit en souriant avant de se tourner vers les parents.

« On peut changer le malheur d'une malédiction en bénédiction si on accepte qui on est. Et même si tu l'as oubliée, Gwendoline, cette petite voix est toujours en toi ! Et elle vient de se réveiller chez Snowden.

_Arrête ! » ordonne la jeune mère en retenant ses larmes et en courant prendre son fils dans ses bras.

Le petit est surpris de voir sa mère aussi triste, prête à pleurer. Celle-ci marmonne constamment : « La Magie n'existe pas. La Magie n'existe pas. »

« Mama ? s'inquiète l'enfant.

_Je vais bien, Snowden. Mais écoute-moi bien, trésor. Ce que tu as fait dans la rue tout à l'heure, il ne faut plus jamais le refaire.

_Ah, tu ne vas pas faire cette bêtise, Gwendoline ! s'indigne William. Forcer Snowden a avoir peur de ses pouvoirs ne changera rien !

_Quels pouvoirs ? demanda-t-elle sans regarder son grand-père. Il n'y a aucun pouvoir. Tu entends, Snowden ? Chaque fois que tu voudras faire comme dans la rue, tu devras chanter cette petite formule :

Souffle sans fin vent du Printemps, souffle,

Éloigne l'Hiver de mon cœur.

Reviens et redonne-moi un peu de bonheur,

Reviens et redonne-moi un peu de bonheur.

La Magie n'existe que dans les Contes,

Légendes et Mythes.

Dans la vraie vie, tout est beaucoup plus sombre.

Si j'apprends que tu m'attends,

Je reviendrais sur le champs.

Snowden fixe sa mère, incertain, puis se serre contre elle en collant son poing dans sa bouche. C'est sa manière de dire qu'il promets. William soupire, sachant qu'il ne peut rien faire pour changer l'avis de Gwendoline sur la Magie. Elle avait arrêté d'y croire et d'en voir la beauté à l'âge de 7ans.


3 ans plus tard (1986)*

« Au revoir Snowden ! fait un camarade de classe.

_Oui, au revoir Cosgrove* ! » rit un autre en approchant ses parents.

L'école est terminé ! Oui, la journée est enfin finie et chacun des élèves de l'école primaire rentrent chez eux. Même notre petite souris blanche aux yeux vairons rentrait voir ses parents. La mère de Snowden était venu le chercher, par prudence. Quand elle le vit arrivé, elle lui sourit tendrement et s'accroupit pour le recevoir dans ses bras et le câliner.

« Alors, trésor ? Comment c'était, ce premier jour d'école ?

_Bien… un peu long mais je me suis fait quelques amis.

_Et tu n'as pas… ? » demande Gwendoline en montrant son œil gauche.

Snowden soupire, passant sa main sur son œil bandé.

Sans comprendre pourquoi, la petite souris s'était retrouvé obligé de porter un bandeau sur son œil gauche et ses parents avaient été très clairs : interdiction de l'enlever hors de la maison ! Même Grand-père William avait trouvé ça ridicule… et pourtant, le vieil homme était réputé dans le quartier pour sa folie.

« Maman, qu'est-ce qui ne va pas avec mon œil? demande Snowden en passant la main sur son bandeau.

_Aww… rien, mon bonhomme. Ton œil va très bien. Seulement… il n'est pas d'une couleur normale.

_Grand-père William a aussi les yeux de deux couleurs et il ne porte pas de bandeau.

_Snowden… Grand-père William est un adulte. Il fait ce qu'il veut avec ses différences. Pour toi, ton père et moi voulons que tu sois accepté parmi les autres. Il vaut mieux que personne ne voit les deux couleurs de tes yeux.

_Mais pourquoi caché obligatoirement le bleu ? Toi, tu as bien les yeux bleu !

_Oui… mais je trouve ton œil doré bien plus joli. »

Snowden voudrait répliqué que lui préfère son œil bleu… mais il sait qu'il ne vaut mieux pas entrer sur ce genre de débat avec sa mère. Grand-père William le faisait sans arrêt et, à chaque fois, ça finissait en dispute. Parfois, même son père s'en mêlait… et là, Snowden préférait courir se cacher dans sa chambre plutôt que se retrouver entre eux.


Sans autre discussion sur les yeux de l'enfant, la mère et le fils rentrent chez eux… enfin, c'était plus chez Grand-père William que chez eux! Le vieil homme avait réussi à garder sa petite-fille près de lui en offrant d'héberger le couple et donc, pour le moment, la famille Cosgrove vivait au 221 B Baker Street. Lorsqu'ils entrent, William est seul, planté devant une expérience. Gwendoline sait que Roger est encore au travail car il recevait des investisseurs aujourd'hui. Elle serait donc seule avec son grand-père et son fils.

« Grand-père William ! sourit Snowden en courant vers lui, laissant tomber ses affaires d'école.

_Ah, tiens ! Mon pirate préféré ! rit l'ancien policier en lâchant ce qu'il fait pour recevoir l'enfant qui se jette dans ses bras. Alors, champion ? Ça a été, l'école ?

_Oh oui, grand-père! s'exclame l'enfant, tout excité de raconter sa journée. À la récré, on a joué au football et je me suis fait pleins de copains! »

William ricane pendant que sa petite-fille, dans la cuisine en train de prendre un verre et verser de l'eau dedans, sourit à l'enthousiasme de son fils.

« Oh ! Attends, grand-père! »

Le garçonnet court vers son cartable, l'ouvre pour prendre une feuille sur lequel il y avait un dessin puis il revient vers son arrière grand-père en tenant le croquis bien haut.

« Regarde, grand-père ! Pour toi, j'ai dessiné Nerwen ! dit Snowden en agitant un peu le dessin, sur lequel on voyait une imitation du style same mais fait par un enfant de maternelle.

_Oh ! C'est très bien fait mon bonhomme, dis donc. sourit William quand il prend le dessin dans ses mains et qu'il le place face à lui. C'est elle tout craché ! »

Snowden est content que cela lui plaise… mais sa mère qui buvait un peu d'eau l'est un peu moins. Elle aurait aimé que Grand-père William garde ses histoires de sames pour lui. Surtout vu les événements qui ont eu lieu trois ans auparavant.

« Un jour, je serrais aussi fort qu'elle, grand-père ! Je deviendrais policier et je défendrai ma terre! » crie Snowden, fier et fou de joie.

Cette phrase force Gwendoline à cracher son eau. Elle tousse un peu pour reprendre son souffle, alarmant les deux membres de sa famille présent. William se mord la lèvre, sachant pourquoi la jeune mère réagissait ainsi.

« Maman ? s'inquiète Snowden.

_Ne t'inquiète pas pour elle, gamin. le rassure le grand-père. Ta maman est bien plus forte qu'on ne le croit. Mais dis-moi, tu veux vraiment devenir policier ?

_Oh oui ! Nerwen a peut-être fait une erreur en cassant le Cristal de l'Hiver mais elle l'a fait pour aider les Dieux. Moi aussi je veux aider les gens ! En devenant policier, je pourrais aider comme Nerwen ! Et comme toi !

_Eh bien ! En voilà, des belles motivations. sourit William. Tu sais, Snowden. Il faut toujours suivre la petite voix en toi qui veut te guider. Et si elle te dit de faire le bien en devenant policier…

_C'est hors de question ! » hurle soudain Gwendoline.

Le petit garçon (jusque là écoutant admirativement le vieillard) se fige et regarde sa mère, terrifié. Pourquoi se mettait-elle en colère ?

« Enfin Gwen, tu ne vas pas empêcher ton fils de faire ce qu'il aime ! J'étais déjà assez retissant pour..… la première étape mais là, c'est de la folie ! dit William pour résonner Gwendoline.

_C'est ce métier qui est une folie ! s'indigne la jeune mère en récupérant son petit garçon dans ses bras, le serrant comme si elle avait peur qu'il disparaisse. Snowden, mon chéri… je ne peux pas te laisser faire ça…

_Mais Maman…

_Je sais, trésor… mais la police n'est pas un jeu. C'est trop dangereux ! »

Snowden regarde sa mère puis Grand-père William, attendant une réaction… mais certainement pas celle qui arriva.

« Gwen, tu peux essayer tout les protections du monde si tu veux mais le danger arrivera que tu le veuilles ou non ! Et couver Snowden ne ferra que le nuire dans sa croissance ! Je suis sûr que si mon défunt fils était encore vivant, il te dirait exactement la même chose ! Oui c'est vrai que c'est un métier dangereux, mais savoir que nous protégeons ceux que nous aimons, c'est ça qui nous anime ! Cet enfant ferra ce qu'il lui plaît que tu le veux ou non, et tu n'y pourras rien ! C'est sa vie et non celle de son grand-père, pour l'amour du ciel ! » rage William.

Les yeux bleu de Gwendoline s'enflamment soudain avec un air de colère qui terrorise le petit.

« Snowden… va dans ta chambre ! Je dois parler à Grand-père William ! »

Le souriceau ne se fait pas prier et court vers l'escalier… mais avant qu'il ait atteint l'étage et sa chambre, la dispute reprend de plus belle.

« Comment peux-tu encore dire ça après avoir perdu ton propre fils ? s'indigne la mère. J'ai déjà perdu mon père alors que j'étais à peine plus vieille que Snowden ! Je ne perdrais pas mon fils de la même façon !

_Tu sais très bien que ce n'est pas son métier qui a tué ton père mais….

_TAIS-TOI ! »

Snowden se fige en entendant sa mère hurler. Un long silence pèse... puis il entends son arrière-grand-père soupirer, des pas et la porte qui s'ouvre et se ferme calmement avant d'entendre sa mère qui éclate en sanglots. Elle se met même à fredonner sa comptine.

Malgré son cœur qui se serre, le souriceau rejoint l'étage et court vers la fenêtre de sa chambre qui donne sur la rue. Là, il voit William, debout droit comme un I, les yeux clos et la respiration profonde. Lorsque le grand-père faisait ça, c'est qu'il était bouleversé. Sentant ses yeux se remplir de larmes, Snowden s'enferme dans sa chambre avant d'observer les dessins qui ornent les murs. Il y avait quelques portraits de famille colorés mais la grande majorité représente des légendes que Grand-père William lui raconte, particulièrement celle de Nerwen et du Cristal de l'Hiver, sa préférée. D'un air triste, il récupère un portrait de famille où il s'était dessiné avec son père, sa mère et Grand-père William. Il le regarde pendant un moment et le serre contre sa poitrine. Il en avait assez de voir que sa famille ne s'entendait guère... mais ce qu'il l'énerve le plus, c'était de ne pas savoir pourquoi. Était-ce sa faute à lui? Parce qu'à chaque dispute, il en était le sujet et le témoin. Il commence à pleurer de penser que les êtres qui l'aiment ne se réconcilieront peut être jamais et peut-être même à cause de lui.


11 ans plus tard (1997) :

L'Hiver est revenu sur Londres avec sa neige et sa glace. Et même si la capitale britannique semble identique, certaines choses ont elles bien changés.

Une jeune souris blanche de 16ans en uniforme scolaire avec un bandeau sur son œil gauche court dans les rues gelées, un grand sourire sur son visage. Effectuant acrobatie et évitant des pièges soigneusement dressés sur son chemin, il semble parfaitement dans son élément. L'hiver était la saison où il se sentait le plus à l'aise. Tout les gens du quartier le connaissent et savent que ces cabrioles sont normales chez ce jeune homme plein d'énergie. Enfin, il arrive à Baker Street et, arrangeant ses cheveux aussi blanc que sa fourrure, il s'apprête à entrer au 221 B… lorsqu'il remarque une paire de chaussures abandonnée sur le trottoir. Sachant de quoi il s'agit, il récupère les souliers et traverse la rue pour se rendre au parc.

Une fois au parc, il cherche de son œil doré la personne a qui la paire de chaussures appartenait... et il la trouve en train de caresser les gouttes cristallisées par le froid sur les plantes dont les feuilles tombaient sur le sol et à marcher pied nu dans la neige.

« Grand-père William! crie Snowden qui attire l'attention de son arrière-grand-père qui commençait à fredonner un air ethnique en dansant.

_Tiens, jeune homme. Alors, comment on se porte aujourd'hui? Des amis? Des amours ? Des ennuis? » sourit William en approchant son arrière-petit-fils.

La jeune souris blanche aux cheveux semi-long lui sourit en secouant la tête.

« Tu n'es pas croyable ! Dès que l'hiver arrive, tu ne peux pas t'empêcher d'enlever tes chaussures et… de vagabonder pattes nues dans la neige ! rit Snowden.

_C'est l'un de mes petits secrets pour garder la forme ! Et ça me permettait de méditer sur mes enquêtes. .… Tu devrais essayer! » répond la vielle souris en faisant briller son œil bleu glace.

Snowden regarde ses pieds, hésitant d'enlever ses chaussures. Lui aussi adore l'hiver, sans qu'il sache pourquoi d'ailleurs. Il avait déjà imité le vieil homme plusieurs fois lorsqu'il était enfant… mais ses parents lui avaient toujours fait une remontrance lorsqu'ils le découvraient. Il avait donc fini par arrêter et avait commencé à aider son père dans la gestion de l'usine familiale… même si ça l'ennuyait à mourir !

Voyant que William attend toujours qu'il s'exécute, il sourit et commence à défaire les lacets d'une de ses baskets lorsque…

« Snowden ? Grand-père ? »

Le jeune homme se fige et se redresse, cachant sa basket à moitié enlever derrière son autre jambe en se tournant vers la voix qui appartient à sa mère. Gwendoline s'approche et soupire en voyant son grand-père une fois de plus pattes nues dans la poudreuse.

« Grand-père ! Remet tes chaussures, tu vas t'attraper du mal !

_Sornettes ! ricane le vieil homme en levant les yeux au ciel. Je fais ça depuis des années et je me porte comme un charme ! Par contre, toi... »

Snowden étouffe un léger rire avant de regarder sa mère avec un grand sourire. Celle-ci s'approche de lui et lui attrape la jambe, forçant l'adolescent à montrer sa basket délacée et à tenir en équilibre sur une patte.

« Tu n'allais pas recommencer ces bêtises, Snowden ?

_Mais non ! ment le jeune homme. J'ai dû marcher sur mon lacet tout à l'heure, c'est tout ! »

Gwendoline le regarde un instant puis relâche la jambe de son fils avant de continuer.

« Très bien. Allez vous deux, rentrons. Le dîner est prêt. » dit-elle en marchant vers la maison.

Snowden soupire de soulagement et regarde William. Tous deux haussent des épaules, se disant « Tant pis. » en silence puis suivent la mère de famille.


Un peu plus tard, toute la famille Cosgrove/ de Baker Street se retrouvait à table en train de prendre le repas. Roger avait fini avant tout le monde et en profite (avant que sa femme finisse et passe au dessert) pour regarder son journal. Il lit un article qui parlait des événements récents.

« La police a encore échoué à arrêter le Baron Dovert. répète-t-il à haute voix avant de soupirer. Décidément, l'efficacité les à abandonner depuis. Hein, Grand-père William? ricane-t-il finalement.

_C'est triste à avouer en effet. soupire William. De mon temps quand je travaillais, j'étais imbattable ! J'arrêtais tout les criminels, noble ou pas ! »

Snowden, finissant sa bouchée, se joignit à la discussion.

« Eh bien moi, je leur serrais vachement utile ! Si j'étais policier ou policier scientifique comme grand-père, je résoudrais pas mal de méfaits, je..…

_Snowden, je croyais avoir été claire à ce sujet ! s'énerve Gwendoline.

_Mais Maman, je…

_Snowden ! Ça suffit ! » hurle sa mère en se redressant brusquement, effrayant son garçon.

Roger soupire en se cachant derrière son journal et William allume sa pipe sans tenir compte de la dispute. Il avait décidé de laisser ça entre sa fille et son petit-fils, sachant que si il s'en mêlait ça allait partir en débat familial et il en avait assez. Gwendoline a les yeux qui deviennent brillants de larmes.

« Depuis tous ce temps, je croyais que tu comprendrais ce qui est réellement important… mais tu t'obstine à rêver danger et aventures ! Quand comprendras-tu que ta place est ici, avec ta famille, et non ailleurs ?! »

Prête à pleurer, Gwendoline quitte la table et va s'enfermer dans sa chambre. Snowden reste d'abord figé sur place, les poings serrés,… avant de s'énerver d'un seul coup, attrapant son verre qu'il envoie contre le mur, le brisant en mille morceaux et faisant sursauter les deux hommes encore présents. Respirant profondément entre colère et tristesse, il se lève et sort en claquant la porte. William regarde la direction prise par l'adolescent avant de se tourner vers Roger.

« Ça s'est plutôt bien passé pour une fois... »


Snowden s'était assis non loin du parc, sur un banc, à grommeler. C'est son père qui a décidé de venir le calmer.

« Mais qu'est ce qu'elle a à la fin? À chaque fois, c'est pareil ! Quand je parle d'affronter ce qui nous menace, elle crie et finit en pleure ! Ma famille ? Mais bien sûr que j'y pense! Je ne pense qu'à ça ! À la protéger et à protéger la terre sur laquelle elle est! Je veux ... » hurle Snowden avant de se lever pour regarder le ciel.

Le vent commence lui aussi à se lever. Grand-père William disait que le vent signifiait un grand changement de cap dans la vie d'une personne, et il y croyait.

« … Ça m'appelle.. dit-il une fois calmé. Quelque part au fond de moi,… il y a.… une sensation de combattre pour ce qui est juste, pour ceux que j'aime, affronter les combats, sentir l'épopée d'une aventure.

_Je peux comprendre ça. soupire Roger avec un petit sourire. Après tout, c'était dans sa famille. William était inspecteur et scientifique… et son père aussi. »

Snowden se tourne vers son père, intrigué. Il savait que son grand-père maternel était mort mais il ignorait comment. Voyant qu'il en a trop dit pour laisser son fils dans le brouillard, il s'explique :

« Ton grand-père s'appelait George et il était policier. Il était très doué et promit à un bel avenir. Il aurait pu devenir inspecteur… mais lorsque ta mère eut 7ans, un bandit l'a abattu d'une balle en plein cœur à cause... »

Le père Cosgrove se mord la lèvre, se rendant compte qu'il a faillit révéler ce que son épouse et lui avaient bien caché depuis des années. Voyant que Snowden le fixe, attendant la suite, il inspire profondément et reprend :

« Le tueur n'avait aucune raison de le tuer autre qu'il était policier. Ça a brisé le cœur de ta mère, surtout qu'elle était seule, sans parents. Si William n'avait pas été là… »

Snowden sent ses yeux se remplir de larmes. C'était donc ça qui forçait sa mère à vouloir l'enfermer sous une cloche de verre si c'était possible ? Si il avait su…. Voyant l'œil doré de son fils se mettre à briller, Roger pose sa main sur sa joue, attirant l'attention de l'adolescent, et sourit :

« Le jour de ta naissance, elle s'est fait la promesse de te protéger quoi qu'il arrive. Elle ne veut plus jamais perdre quelqu'un comme elle a perdu son père. Elle n'a pas pu le sauver car elle était trop jeune… alors elle cherche à te sauver, toi. Souviens-toi, Snowden. Tu as déjà un avenir ici, dans l'usine. Tu es le prochain directeur ! Tu n'as pas besoin de rêver d'autre chose. »


Tapotant la joue de son garçon, il retourne à l'intérieur de la maison. Snowden le regarde s'éloigner avant de tourner son regard vers le ciel, puis vers la neige au sol. Il médite. Maintenant qu'il comprenait mieux les réactions de sa mère, il commence à hésiter. Peut-être que rester à l'usine rendra sa famille heureuse et pas sa soif de "chevalerie"? Mais il savait que "sa voix intérieur" lui demandait autre chose. La "voix intérieur" demandait de l'aventure, même si l'aventure venait d'ailleurs.

Le bleu du ciel n'est pas celui de la glace,

Ce bleu dont jamais je me lasse

Sans vraiment savoir pourquoi.

Soupirant, l'adolescent se tourne vers sa maison, imaginant son père en train de consoler sa mère et peut-être même Grand-père William en train de raconter des bêtises pour essayer de la faire rire.

J'aimerai être fidèle à père et mère,

Oublier enfin ces chimères!

J'ai essayé tant de fois.

Passant une main dans ses cheveux et effleurant son bandeau noir, il s'éloigne dans la rue en essayant de s'éclaircir les idées.

J'ai beau dire: "je reste!"

"Je ne partirai pas!"

Chacun de mes gestes,

Chacun de mes pas,

Me ramène sans cesse

Malgré mes promesses

Vers ce monde secret...

Un flocon de neige tombe soudain sur son museau, le ramenant à la réalité. Puis, la petite étoile de glace s'envole sous le vent. La jeune souris blanche la regarde avec un sourire émerveillé et heureux.

L'horizon où la neige continue vers l'Éternel

Cache un trésor

Que tous ignorent!

C'est le vent doucement qui s'élève et m'appelle

Vers ces contrées

Où il y a plein d'aventures et de dangers!

Alors qu'il s'apprête à suivre le flocon dans le parc, l'histoire de sa mère lui revient en mémoire. Malgré son désir d'aventure, il ne veut pas faire du mal à celle qui lui à donner la vie. Ses rêves étaient les cauchemars de sa mère et elle avait déjà trop souffert alors que lui avait toujours eu toute la joie qu'il voulait. Soupirant, il tourne les talons et revient sur ses pas.

Il faut aimer ma ville et son histoire,

Pour ceux qui veulent encore y croire!

Affronter tout les combats!

Snowden percute soudain un chinchilla en uniforme. Il s'éloigne aussitôt après s'être rapidement excusé… surtout vu le regard bourru du rongeur à grosse moustache.

Il faut aimer ce pays, son histoire,

Et garder encore l'espoir!

Un jour je trouverai ma voie!

Alors qu'il s'apprête à rentrer chez lui, il s'arrête devant un arbre couvert de neige et de perles de givre. Inspirant profondément, il s'imagine que cet arbre représente les obstacles de sa vie et il se met à monter dedans.

Je veux les guider,

Les rendre plus grand,

Les accompagner,

Je prendrai le temps!

Oui cette voix cachée

pense tout autrement!

Ils ne comprennent pas!

Une fois au sommet, il observe Londres qui s'étend devant, brillant d'une magnifique couleur dorée sous le soleil couchant. Un sourire de pur bonheur se dessine sur son visage. D'un bond, il descend de l'arbre et s'élance dans la rue vers le parc.

Le soleil se reflète sur la neige si légère,

Et tous ignorent

Ces reflets d'or!

Il repasse devant le chinchilla qui bougonne d'avoir à nouveau été bousculé par cette jeune souris… mais lorsqu'il voit l'adolescent effectué de nombreuses cascades plus impressionnantes les unes que les autres , un petit air intéressé apparaît sur son visage.

Et la force du vent qui souffle et les emmène!

Moi je veux voir

Au-delà du fleuve

De nouvelles épreuves!

Lorsqu'il arrive au bout de la rue, sous le regard du chinchilla, Snowden monte sur un réverbère et effectue un saut impressionnant pour traverser la route fréquentée. Il atterrit de l'autre côté sans encombre et continue à courir sans remarquer qu'il est attentivement observé.

L'horizon où la neige continue vers l'éternel,

Cache un trésor

Que tous ignorent!

C'est le vent férocement qui s'élève et me rappelle

Que j'ai le droit

De suivre mon choix!


Après avoir couru, Snowden arrive devant un énorme bâtiment rouge en forme de boîte aux lettres londonienne. Il reste là à la regarder de loin. Le vent le décoiffe un peu en soufflant vers la direction du bâtiment. Snowden savait ce que c'était : c'était l'agence d'un service de sécurité britannique même internationale, spécial et secret! Du moins... c'est ce que dise les ragots. Mais... et si les ragots disaient vrai ? Et le vent qui souffle vers cette bâtisse, pouvait-il l'inciter à aller voir là-bas?

Pendant ce temps, le chinchilla se fait discret. Il observe les réaction du jeune homme et il sourit un peu de voir que la bâtisse (que lui connaissait) intéressait la jeune souris.

Snowden prend sa décision. Il allait voir plus près ce que c'était ! Et si c'était ce qu'il pensait, il pourrait réaliser ses rêves : il protégerait les siens et ceux qu'il aime dans la discrétion d'un agent secret ! Il serait une ombre furtive réclamant justice et paix, personne ne saurait qui il serait, personne ne pourrait le tuer !

Il s'apprête à sonner à la porte lorsqu'il se fige. Oui, tuer… et non. Là, non plus il ne serait pas épargner de la mort. Tuer… comme son grand-père... Et sa mère qui serait anéantit dans un deuil éternelle. Déjà qu'adulte, elle n'arrivait toujours pas à passer à autre chose... C'est non ! Il décide d'oublier tout ça. Ce n'était pas son destin !


Il retourne sur ses pas et fait demi tour, pour rentrer chez lui. Il commençait à se faire tard. Il repasse en silence et calmement devant le chinchilla qui l'observe en lissant sa moustache mais il n'y fait pas attention. Soudain, devant le parc, il croise Grand-père William. Le vieil homme le voit et s'avance vers lui en souriant.

« Ah, te voilà toi ! Alors ? C'est plus policier que tu veux être ? C'est agent secret ? ricane-t-il, stupéfiant l'adolescent.

_Quoi ? Comment as-tu… ?

_Hé, j'ai été inspecteur de police, bonhomme ! C'est pas mal aussi ça, agent secret. Et ça a plus de classe ! »

La jeune souris essaie de contredire… mais il sait qu'il ne peut pas tromper son arrière-grand-père.

« Tu ne vas pas le dire à maman, n'est-ce pas ?…

_Hé ! Je suis son grand-père ! J'ai pas à lui dire tous ce que je sais ! sourit le vieil homme en tapotant la joue de l'adolescent, apportant un sourire rassuré sur son visage. Alors ? Tu as décidé de devenir agent secret ? »

Snowden hésite en regardant Londres, sentant le regard de son arrière-grand-père placé sur lui. Inspirant profondément, il marmonne, incertain mais presque résigné:

« Papa a peut-être raison... mon avenir est peut-être là, dans l'usine familiale... il est temps que j'arrête de rêver d'aventures... et que je prenne ma place dans la société! »

William fronce les sourcils, sa grosse moustache blanchie par les années cachant son sourire, puis avec un air malicieux qui fait pétiller ses yeux (surtout le bleu glace), il déclare:

« Très bien, gamin! Fait comme tu le sens! ajoute-t-il en plantant sa canne dans la neige et en enlevant ses chaussures. Va donc jouer au petit garçon modèle! Va rejoindre tes employés, futur grand chef! »

Snowden le regarde comme si il était devenu fou (même si voir le vieil homme marché pied nu dans la neige était quelque chose de courant) mais le voir le laisser suivre le chemin que son père lui trace l'étonne. Bien que sa mère avait beaucoup de respect pour le grand-père, il n'en était pas autant de Roger et tout deux s'entendaient comme chien et chat.

William avance lentement jusqu'à sous les arbres du parc et se met à jouer avec les flocons qui tombent et les perles de glace et de grives qui pendent aux branches. Son arrière-petit-fils le regarde, intrigué, puis commence à quitter le parc pour rejoindre son père... mais se retourne, agacé:

« Hé! Pourquoi tu n'essaie pas de m'en dissuader?

_Tu sais pas ce que tu veux! ricane William. Tu viens de dire que tu voulais suivre la voie de ton père!

_Parfaitement!... Et c'est ce que je vais faire! »

Bougonnant et un peu déçu, la jeune souris blanche s'éloigne, déterminé à rejoindre son père et à oublier ses rêves d'aventures, mais...

« Lorsque je mourrais sourit William, attirant l'attention de Snowden mon esprit sera aussi libre et frai que ces flocons de neige! C'est pas pour rien que ma mère a choisit ce symbole pour notre famille! »

Le jeune garçon regarde le vieil homme, incertain. Grand-père William avait toujours été un drôle d'énergumène mais là, il ne sait plus quoi pensé.

« Pourquoi as-tu ce comportement aussi bizarre? ose-t-il.

_Je suis le vieux cinglé de Baker Street, bonhomme! ricane le vieil homme amusé. C'est mon boulot!

_Comment peux-tu prendre ça à la rigolade?! s'indigne l'adolescent. Si tu as quelque chose à me dire, dit-le moi! »

William ne répond pas, occupé à jouer avec les flocons... mais il connaît la curiosité de son arrière-petit-fils.

« Est-ce... est-ce qu'il y a quelque chose que tu voudrais me dire, Grand-père?"

Le même que son arrière-arrière-grand-père, pense le vieil homme en souriant.

« Y aurait-il quelque chose que tu souhaites entendre, mon garçon? »

Snowden se mord la lèvre en voyant le regard de l'ancien policier… et c'est surtout qu'il a en effet envie que son arrière-grand-père dise quelque chose qui l'empêchera de suivre cette voie tracée qui ne lui plaît pas.


William conduit Snowden jusqu'à chez lui et le mène à l'étage, devant une porte que l'adolescent a toujours vu fermée. Il ignore ce qu'il y a derrière mais il voyait toujours ses parents vérifier si elle était soigneusement verrouillée. Le vieil homme sort alors une clé argentée de sa poche et la tend à la jeune souris blanche.

« Tiens ! Regarde par toi-même et tu comprendras. »

Sans un autre mot, il retourne au rez-de-chaussée. Snowden reste là à le regarder puis fixe la clé et la porte. Hésitant mais trop curieux, il la déverrouille et entre. Il s'agit d'une chambre visiblement abandonnée depuis longtemps. Des vieux dossiers traînent négligemment sur un bureau à côté de vieilles fioles couvertes de poussières, de nombreuses empreintes avaient été relevé puis classé par type de chaussures, des photos d'assassins et de criminels peuvent être aperçus… mais un portrait en particulier interpelle le nouveau venu. Celui d'un rat élégamment habillé et tristement célèbre pour avoir été le Napoléon du Crime des années 1800 : Padraic Ratigan ! Qu'est-ce que ce portrait faisait ici ?

Mais alors qu'il s'apprête à ressortir pour demander des explications à son arrière-grand-père, Snowden voit soudain un autre portrait. Un homme souris à la fourrure beige vêtu d'un habit de détective des années victoriennes qui ressemble beaucoup à une version jeune du vieux William… mais les yeux du détective sont vert émeraude et non vairon. Il s'agit donc de quelqu'un d'autre. Quelques articles de presse à côté du portrait lui donnent l'identité de la souris en costume : Basil de Baker Street ! Le meilleur détective que Londres ait jamais eu ! Encore aujourd'hui, aucun homme n'avait égalé ce maître dans la résolution des enquêtes… même William qui a pourtant été un grand inspecteur pendant ses années de service. D'ailleurs, Snowden remarque la ressemblance entre son arrière-grand-père et le détective. La réalisation le frappe comme un mur de pierre.

« Basil de Baker Street est un de mes ancêtres… suffoque-t-il… avant de sourire, fou de joie. Basil de Baker Street est un de mes ancêtres ! »


« Basil de Baker Street est l'un de mes ancêtres ! crie Snowden, fou de joie une fois sortit de la pièce.

_Ça t'en bouche un coin, hein? fait la vieille souris près de la porte.

_Mais pourquoi? Pourquoi tout a été caché ici? demande Snowden.

_À cause de la mort de mon fils, ton grand-père. Ta mère a eu tellement peur qu'elle ne voulait pas que tu suives mes traces. Elle ne voulait pas te voir mourir à ton tour, en tout cas pas comme ton défunt grand-père. » répond William d'un ton un peu triste.

D'un seul coup, ils entendirent quelqu'un frapper à la porte.

« J'arrive. » appelle Gwendoline au rez-de-chaussée.

Ils entendent la porte s'ouvrir puis quelqu'un se présente. Une voix bourrue mais sérieuse. Les deux hommes se regardent intrigués avant de descendre les escaliers, Snowden en tête.

Lorsqu'ils arrivent en bas, ils voient les deux parents Cosgrove en pleine conversation avec le chinchilla à moustache et en costume.

« Je ne comprends pas la raison de votre venue ici, Monsieur ! s'indigne Roger.

_Appelez-moi Colonel ! Colonel K ! Et comme je l'expliquais à votre épouse, Monsieur, je suis ici afin de recruter un jeune homme avec un grand potentiel !

_Mais un potentiel pour quoi ? s'inquiète Gwendoline.

_Pour devenir agent secret, Madame ! sourit le colonel.

_Quoi?! » s'exclame Snowden attirant le regard de tout le monde sur lui.

Gwen halète d'horreur puis se retourne vers le Colonel K, indignée.

« C'est hors de question ! dit-elle en colère.

_Madame, avec tous le respect que je vous dois, je ne m'adressais point à vous. » lui répond le chinchilla.

Puis il retourne son regard sur la souris blanche. L'adolescent a l'impression que son cœur va exploser de joie mais son cerveau a du mal à réaliser. Lui agent secret ? William sourit et le pousse un peu du coude.

« Tu attends quoi ? C'est à toi qu'il parle.

_Grand-père, ne l'encourage pas !

_Gwen, ma chérie. Malgré tout l'amour que j'ai pour toi, il est temps de laisser l'oisillon quitté son nid.

_Vous n'allez pas vous y mettre, vieux fou !? s'indigne Roger avant de se tourner vers K, furieux. Écoutez-moi bien, vous ! J'ignore pour qui vous vous prenez et quel grade vous pouvez avoir mais mon fils a déjà un avenir tout tracé et je ne vais pas laisser un pseudo-militaire venir lui dire…

_Quel avenir ? » grogne soudain Snowden.

Son ton est si froid que même William tremble légèrement. L'œil doré du jeune homme brûle de colère non dissimulé et, finalement,… il explose !

«L'avenir que tu me traces depuis que je suis né ? Mais je n'en veux pas de cet avenir-là ! Moi, ce que je veux, c'est quitté cette maison où j'étouffe littéralement ! J'en ai assez qu'on me dise toujours ce que je peux faire ou ne pas faire ! J'en ai assez d'être Snowden Cosgrove ! Je veux être autre chose que l'héritier d'une usine familiale ! Je… JE VEUX ÊTRE AGENT SECRET ! »

Snowden commence à se dépêcher de descendre les escaliers quand sa mère lui bloque le passage.

« Snowden, je te l'interdis ! gronde-t-elle.

_Et moi je t'interdis de me l'interdire ! lui répondit-il sur le même ton.

_Tu sais pertinemment pourquoi je fais ça ! dit-elle.

_Et tu devrais passer à autre chose ! lui répond-t-il. Je ne suis pas mon grand-père ! Mais je suis un descendant de Basil de Baker Street ! »

Gwendoline se fige en pâlissant avant de se tourner vers William qui hausse les épaules. Snowden se calme en voyant à quel point sa mère est terrifiée. Il pose ses mains sur ses épaules et la fixe dans ses yeux.

_C'est dans mon sang, Maman. Je ne peux pas l'ignorer ou je vais devenir fou ! Je serais le meilleur de tous ! Rien ne m'arrivera, c'est promis !

_Je peux vous garantir, Madame, que si votre fils est aussi doué sans entraînement, après avoir suivit la formation à l'académie des agents secrets, il sera excellent ! sourit K.

_Oui mais l'excellence n'évite pas la mort ! Dites-moi colonel? Combien d'agents sont mort bien qu'ils furent excellents? Combien de criminels ont gagnés en tuant? Combien de vies sacrifiées pour rien? dit-elle énervée et triste.

_Maman ! Arrête ! Ma décision est prise ! » s'exclame Snowden.

Sans un autre regard vers sa mère, il s'approche du colonel et le salue tel un militaire. Le chinchilla rit sous sa moustache et, posant sa large main sur l'épaule de l'adolescent, il déclare :

« Dans ce cas, court immédiatement préparer quelques affaires, mon garçon ! Ta formation commence dès maintenant !

_Ouais ! » s'exclame Snowden en sautant de joie.

Sans un regard sur ses parents, il court dans sa chambre pour préparer une valise. Gwendoline essaie bien de le suivre mais William lui fait barrage.

« Grand-père, laisse-moi passer !

_Gwendoline, ça suffit ! gronde le grand-père avant de se calmer. Tu ne comprends donc pas que c'est ta peur panique qui éloigne Snowden de toi ? Si tu ne l'avais pas étouffé, il serait encore avec toi. Peut-être déjà policier ou apprenti policier mais ici. Laisse-le vivre sa vie, faire ses choix et faire ses propres erreurs ! »

Gwen a ses yeux qui se remplissent de larmes… mais elle ne peut nier. Snowden fuyait à cause d'elle. Voyant dans son regard qu'elle a comprit, William s'écarte et dit :

« Maintenant, va lui dire au revoir convenablement. »

Sans rien dire, la mère Cosgrove monte à l'étage et se rend dans la chambre de son fils.

Celui-ci remplit sa valise de quelques vêtements, livres et altères en silence… jusqu'à ce qu'il remarque sa mère. Il attends que celle-ci lui dise quelque chose… mais Gwendoline se contente de prendre les affaires que tient son enfant, de les ranger soigneusement dans la valise qu'elle ferme avant de la tendre vers son garçon, les yeux brillants de larmes mais compréhensifs. Snowden demeure interdit quelques instants puis sourit avant de serrer très fort sa mère dans ses bras. Fou de joie, il murmure :

« Merci maman... »

Gwen se met à pleurer… mais un grand sourire apparaît sur son visage.

« Soit prudent, d'accord ?… Je t'aime de tout mon cœur, mon flocon de neige... »

Snowden sourit au vieux surnom que sa mère utilisait lorsqu'il était tout petit et répond :

« Je reviendrais quand je serais le meilleur agent secret du Monde ! »

Sans autre mot, il récupère sa valise et retourne au rez-de-chaussée où il salue son père et son arrière-grand-père avant de suivre le Colonel K qui lui explique les bases de sa formation. L'adolescent sent soudain le vent qui souffle, le poussant dans la direction où l'entraîne le Colonel et sourit. Maintenant, il est sûr d'avoir enfin trouver sa voie !


Chapitre 1 où l'on découvre le personnage principal de notre histoire ainsi que quelques OC de ma création. PS: le nom du père de Snowden est en hommage au doubleur Roger Carrel et la comptine de Gwendoline est sur le rythme de la chanson de la Princesse Kaguya. Notifications notés*

*Notre souriceau serait né en 1981

*En hommage à Brian Cosgrove, le créateur de Dare Dare Motus alias « Danger Mouse » en VO