Disclaimer:
Je ne possède ni l'univers de Tokyo Ghoul ni les personnages qui le composent, tout ceci est la propriété de l'auteur du manga, Sui Ishida.
Par ailleurs, je renonce à tirer quelconque bénéfice (financier) en postant cette fiction, c'est à but NON lucratif que je la poste, seulement pour en faire profiter les lecteurs.
Le lendemain matin, tout semblait redevenu à la normale, c'en était presque irréel pour Kaneki et il ne parvenait pas à déterminer si tout le monde avait déjà fait son deuil ou tentait seulement de masquer cette tristesse qui encore hier les rongeaient. Alors que Kaneki venait de servir un café, le dit client l'interpella:
« Excusez moi jeune homme, mais il me semble que le café que je prends habituellement est un petit peu plus torréfié. »
Kaneki se confondit en excuses : « Je vais tout de suite vous en préparer un autre, je suis vraiment navré. »
Gentiment, le client dit : « Ce n'est pas nécessaire, du moment que la prochaine fois ce détail soit réglé. »
« Entendu, je tâcherais de ne pas oublier la fois suivante, encore désolé pour la gêne occasionnée » répondit Kaneki.
Toutefois, Kaneki pensait avoir fait le bon café, visiblement il avait moulu les mauvais grains persuadé qu'il s'agissait des plus torréfiés. Ne trouvant pas les grains correspondants au comptoir, il décida d'aller vérifier dans la réserve.
Lorsqu'il y entra, il se retrouva nez à nez avec Touka qui ne lui avait plus adressé une seule parole depuis hier soir ; il lui exposa tout de même sa mésaventure et Touka se mit à farfouiller parmi les pots pour trouver ce qu'il cherchait, quand ce fut fait, elle sermonna légèrement Kaneki :
« Tâche de faire plus attention la prochaine fois », au même moment, alors qu'elle venait de saisir le pot, elle le lâcha brutalement tout en émettant un léger cri que Kaneki dénota tout de même. Instinctivement, il l'attrapa afin de s'assurer qu'elle ne chute pas mais elle le repoussa violemment : « Ne me touche pas ! ». Il n'en fut pas affecté outre mesure, après tout il s'agissait du caractère habituel de Touka, par contre, ce qui l'inquiéta beaucoup plus fut la présence de sang sur sa main et sur la manche de la jeune fille.
« Que t'est-il arrivé ? » s'écria Kaneki
A cet instant, Kaneki entendit une voix chargée de colère dans son dos :
« Hier soir, Touka a attaqué des inspecteurs, elle en a tué un mais par la même occasion elle a été blessée au bras. Elle a expressément désobéi à nos consignes, tu ne dois pas l'aider Kaneki, elle a été la seule décisionnaire de son choix, elle doit maintenant en assumer seule les conséquences ! »
Touka n'avait rien à y redire, et son attitude n'était en effet aucunement excusable tant envers Kaneki qu'envers les autres goules, elle venait d'attirer le regard suspicieux du CCG sur le 20eme arrondissement. Alors, elle sortit précipitamment du café par la porte arrière de la boutique, elle savait qu'elle avait mal agi et par la même, elle put ressentir ce que cela faisait que de se sentir rejetée, Kaneki avait-il été plus blessé qu'il n'y paraissait, se demanda-t-elle maudissant son caractère impétueux qui souvent causait aux autres bien du tort.
Cependant, Kaneki n'était pas de l'avis du manager, il n'avait jamais refusé de l'aide à quelqu'un dans le besoin alors qu'il était à même de la dispenser, alors, il sortit lui aussi en déclarant à monsieur Yoshimura :
« Désolé mais pour moi, l'Antique c'est avant tout l'entraide entre goules, et je ne trahirai pas ces principes par peur. »
Yoshimura acquiesça sans tenter de le retenir.
Évidemment, lorsque Touka vit Kaneki la rejoindre, elle affecta un air revêche mais se sentait touchée de ce geste, défier l'autorité du patron, ce n'était pas tous les jours que l'on voyait ça. Elle se permit tout de même de dire :
« Laisse-moi tranquille, je n'ai pas besoin de ton aide ! »
ce à quoi Kaneki répondit : « La blessure saigne, je veux juste la soigner rien de plus ! ». Touka n'en démordit pas :
« Ce ne sont pas tes affaires, tu n'es qu'un humain ! » alors Kaneki jeta l'éponge, il ne pouvait pas aider ceux qui refusaient toute aide. Toutefois, la réplique de Touka ne lui plut pas et il le manifesta :
« Je suis aussi une goule au cas où tu l'aurais oublié ! »
Touka rit amèrement, et demanda perfidement :
« Si tu veux vraiment t'intégrer dans la communauté des goules, alors aide-moi à tuer ces inspecteurs ! Avec le kagune de Lize tu y arriverais sans mal, rappelle toi la misère que tu as menée à Nishiki. »
Il y a encore un jour, l'idée de tuer aurait révulsé Kaneki, certes cela ne lui plaisait guère mais quelque chose avait changé en lui, comme un déclic :
« Je ne suis pas assez fort pour le faire. »
Touka répliqua :
« Tu n'as NI le courage NI la volonté pour le faire. »
Il en allait peut être de cela aussi, mais Kaneki aurait juré que non, il préféra ne rien dire, après tout, chaque parole était synonyme d'une dispute avec Touka. Celle-ci brisa finalement le silence :
« De toute façon, je m'en fiche, un assassin comme moi peut bien risquer sa vie… Je sais que tous les humains ne sont pas tous mauvais, mais je ne peux pas supporter que des colombes tuent des goules comme Ryouko sous l'unique prétexte qu'elles sont des goules. »
Cette fois-ci, Kaneki se sentit obligé de répondre à cet aveu que lui avait fait Touka :
« Je ne pense pas que cela soit entièrement de la faute des inspecteurs mais là n'est pas la question, avec la mort de notre camarade, je viens de réaliser que je ne pouvais pas supporter de voir un de mes proches disparaître, et, si tu venais à mourir Touka, j'en serais profondément affecté. »
Cette déclaration assez enflammée fit sursauter Touka, cela faisait bien longtemps que quelqu'un ne s'était pas réellement préoccupé d'elle ou en tout cas que quelqu'un ne lui avait pas dit qu'il tenait à elle, à moitié confuse, elle marmonna :
« Bon, j'aimerais bien savoir où tu veux en venir à la fin ! »
Kaneki rétorqua avec assurance mais aussi une certaine froideur :
« Parle moi du kagune, montre-moi comment m'en servir. Rester les bras croisés, je ne peux plus agir ainsi, et j'irais au bout des choses cette fois-ci. »
Touka fut impressionnée, d'habitude Kaneki était si mou, si effacé, et voilà qu'il venait à manifester son envie de protéger les autres. Pour l'instant il ne pouvait rien faire, il s'en rendait bien compte, c'est pourquoi il lui demandait de l'entraîner, Touka ne pouvait pas opposer un refus à cette demande si déterminée, mais elle n'aimait pas non plus voir Kaneki changer à ce point, la fin de sa phrase ne correspondant pas au jeune garçon timide qu'elle connaissait.
Plus tard dans la soirée
Cela faisait maintenant plus d'une demi-heure que Kaneki attendait Touka, elle lui avait envoyé le SMS suivant : « Attends moi devant le café » pourtant Kaneki commençait à se demander si elle ne s'était pas jouée de lui ou avait tout simplement oublié le rendez-vous.
Finalement, cinq minutes plus tard, voilà que Kaneki vit Touka avancer d'un pas traînant vers l'Antique, il n'hésita pas à lui faire remarquer son retard :
« Tu étais censée arriver plus tôt. » cette réponse resta en suspens puis Touka lui ordonna :
« Suis moi », il n'avait pas vraiment le choix, alors ils rentrèrent tout deux dans la café. Un détail frappa Kaneki, la lumière était toujours allumée, il s'enquit:
« Vous aviez oublié de l'éteindre ? », Touka émit un bref soupir avant de clarifier les choses :
« Hinami a peur du noir ».
Kaneki avait oublié ou peut-être voulu oublier qu'elle vivait à l'Antique depuis ce tragique incident… Il espérait seulement qu'elle parvinsse à dormir.
Après cet échange, Touka le mena au sous-sol à partir duquel elle lui montra la présence d'une trappe qui amenait vers une destination totalement méconnue de Kaneki. Ils utilisèrent les barreaux de métal fixés au mur afin de descendre et, une fois au sol, Touka déclencha un interrupteur dévoilant à Kaneki toute l'immensité du complexe.
« Où est-on ? » fut la seule question qui lui vint à l'esprit.
« Dans un passage creusé par les anciennes goules de Tokyo qui s'en servaient pour se cacher, mais ne t'aventure pas à l'intérieur, tu serais bien incapable de retrouver la sortie et moisirait là dedans jusqu'à ce que mort s'en suive. » l'en avisa Touka.
Kaneki déglutit et osa demander : « Et donc, pourquoi m'as tu amené ici ? »
Alors qu'elle retirait son blazer, elle se contenta de déclarer : « Dans ce genre de situations, les mots ne sont pas suffisants, alors je vais tenter de t'inculquer ce savoir par l'action. Prends garde à ne pas décéder. »
Kaneki était retourné par ce qu'elle venait de dire : « Pardon ? » dit-il mais cette fois ci, Touka ne prit même pas la peine de répondre, elle lui bondit dessus et le frappa d'un puissant coup de poing à l'estomac. Kaneki s'effondra lourdement sur le sol et se mit à cracher de la bile, il implora une pause :
« Attends » mais la jeune fille fit mine de n'avoir rien entendu et enchaîna par un coup de pied qui l'envoya valser contre les barrières métalliques, il avait le souffle coupé et n'avait pas vraiment saisi comment il s'était retrouvé au sol. Touka se rapprocha de lui plus calmement, et lui retira son cache-œil en soufflant :
« Tu ne te sens pas assez menacé visiblement... »
Elle posa alors son pied contre un des doigts de Kaneki dressé à la verticale et murmura :
« Humm joli doigt » avec un ton glacial.
D'une impulsion fulgurante, elle lui retourna le doigt, les os craquèrent et la douleur fut si intense que Kaneki pensa perdre connaissance, ses yeux larmoyaient d'eux-mêmes et il ne pouvait pas s'empêcher de hurler à plein poumons, jamais il n'avait eu aussi mal, même les morsures de Lize faisaient bien pâle figure face à cette douleur qu'il subissait de plein fouet. En effet, lorsque la goinfre avait tenté de le dévorer, il s'était laissé aller vers la mort persuadé que sa fin était imminente mais dans la situation présente, il se doutait que Touka n'allait pas le tuer et était totalement conscient rendant ainsi la douleur atroce.
« Tu guériras d'ici demain » le sermonna-t-elle.
Tout à coup, Touka relâcha son kagune, un kagune ailé qui brillait de mille éclats carmins, elle prit une mine beaucoup plus sombre et déclara sans ambages :
« Par contre, avec ce coup, tu vas mettre beaucoup plus longtemps à guérir voire même tu mourras. Enfin, on meurt tous un jour ! Si c'est le cas, ne t'inquiète je m'occuperais de ton cadavre ! »
Kaneki avait été effrayé par ces paroles, effrayé qu'elle veuille réellement porter atteinte à sa vie alors quand il vit son kagune se projeter vers sa cage thoracique tel un dard inarrêtable, il laissa la peur mais surtout la colère, colère mêlant rage et incompréhension, le submerger. Quatre tentacules grenat sortirent de son dos, les deux premières vinrent parer le kagune ennemi tandis que Kaneki lança les deux autres vers son adversaire, c'était plus un réflexe qu'autre chose, il s'était mué d'un désir de survie si fort qu'il avait instinctivement envoyé son kagune contre Touka. Dès qu'il se rendit compte de son erreur, il stoppa net son offensive évitant ainsi à Touka d'être empalée par ces dards acérés. Kaneki avait failli la blesser contre son gré et il s'en voulait, il allait devoir apprendre à se contrôler pour pouvoir réellement utiliser son kagune sans craindre que ses proches ne soient touchés.
Touka avait été surprise par le geste de Kaneki et s'il n'avait pas suspendu son geste, elle n'aurait eu aucun moyen de parer l'attaque, tout s'était déroulé trop vite pour elle, elle mit alors fin à la séance d'entraînement :
« Tu t'es montré plus puissant envers Nishiki mais bon ça suffira pour ce soir. On rentre. »
Alors qu'ils remontaient au rez de chaussée du café, Touka décrivit à Kaneki les caractéristiques de son kagune :
« Tu es de type écailleux donc tu guéris très vite et tu peux infliger de lourds dégâts, en revanche, ton kagune est fin et peut être facilement brisé. Avec de l'entraînement, tu peux devenir une goule extrêmement puissante comme l'était Lize. »
Elle continua :
« Avant tout, tu dois te concentrer pour pouvoir le sortir dès que tu en auras besoin, c'est le strict minimum. Ensuite, tu devras apprendre à t'en servir mais il faut aussi que tu saches te battre au corps à corps étant donné que ton kagune peut être brisé. Ainsi, le temps qu'il se régénère tu seras capable de tenir ton adversaire en respect. Tu dois te renforcer musculairement car pour l'instant tu n'as pas une once de muscles. »
Au même moment dehors
Uta venait de terminer le masque de Kaneki et il n'avait pas pu attendre jusqu'au lendemain pour le remettre à son nouveau propriétaire, alors, le voilà qui était en route vers l'Antique et il était très impatient d'essayer ce masque sur Kaneki, cela faisait toujours quelque chose de voir que le travail avait été mené à bien !
« Psttt le sang visage, oui toi là-bas ! » Uta fut interrompu dans ses pensées par une voix de fillette, il leva les yeux et vit une jeune fille toute drapée de bandages, il soupira :
« Une goule portant une robe rouge et des bandages, une voix enfantine, Eto je présume » mais il était aussi inquiet car elle savait manifestement qui il était ;
Eto sauta de son perchoir pour atterrir à ses côtés, elle s'approcha alors de lui et demanda en prenant la voix d'un enfant gâté :
« Diisss, tu veux bien me montrer le masque de Kanekiii ? »
Uta n'avait pas vraiment le choix, et puis, cela ne lui en coûtait rien, d'autant plus qu'elle semblait aussi connaître Kaneki, il souffla à nouveau :
« Je suppose que je peux te le montrer… » et il sortit le masque de son enveloppe, Eto le saisit et commença à l'examiner :
« Oooh ce masque ne montre que son kakugan, il doit être sacrément mignon avec ça ! Je meurs d'envie de t'accompagner au café pour le constater de mes propres yeux mais je me réserve ce plaisir pour plus tard ! »
Eto s'en retourna alors en chantonnant tandis qu'Uta poursuivit son chemin légèrement troublé par cette rencontre…
Finalement, alors qu'il s'apprêtait à déposer le masque devant la porte, il remarqua qu'il y avait encore de l'agitation dans le café à cette heure-là alors il se permit d'entrer. Touka et Kaneki étaient en train de discuter à propos de kagune, par un bref toussotement, il les interrompit :
« Ton masque est terminé Kaneki, et je voulais te le donner au plus vite. »
Il lui tendit le masque et lui indiqua comment le mettre, après tout il s'agissait pour Kaneki d'une première. Une fois que Kaneki l'eut enfilé, il lui expliqua pourquoi il l'avait fait ainsi :
« Je l'ai réalisé en respectant ton goût pour le cache-œil . »
Kaneki répondit immédiatement :
« Mais… je le porte habituellement sur l'autre œil. »
Uta laissa échapper un petit sourire :
« Voilà justement l'intérêt, lorsque tu porteras ce masque ce sera en tant que goule pas en tant qu'humain. »
La logique paraissait sensée à Kaneki et à vrai dire, il trouva le contact du masque en cuir sur sa peau ainsi que la nouvelle vision qu'il lui proférait, particulièrement agréables. Néanmoins, il y avait autre chose, imperceptible pour les humains mais que par sa nature Kaneki détecta, une odeur féminine très ténue mais présente sur ce masque, il se garda de demander une explication à cela.
Après avoir fait essayé le masque à Kaneki, Uta décida de partir et alors qu'il franchissait le pas de la porte, il se retourna et annonça :
« Ah oui Kaneki, tu as une drôle d'admiratrice tu sais, elle avait très envie de te voir avec ton masque ! » et cette fois ci il s'en alla pour de bon.
Kaneki leva un œil inquisiteur vers Touka mais elle non plus n'avait aucune idée de qui il pouvait s'agir…
Encore quelques chapitres avant qu'Eto n'entre vraiment dans l'histoire, soyez patients !
