Salut, les amatrices des Twisted ! :D Je suis hyper contente que cette histoire vous plaise... franchement, je ne m'attendais pas à ça, et je me surprends moi-même dans mon écriture !
Voici Merida. Merida sans accent sur le "e", en effet, j'avais envie de changer... Puis je trouve que c'est plus joli, voilà ! ^^ ... bon, OK, son histoire est loin d'être belle.
Si vous ne comprenez pas certaines choses dans ce chapitre, pas d'inquiétude. C'est tout à fait normal... mais ce sera aussi fait pour que vous réfléchissiez :)
PS : Pour celles qui suivent mon autre fiction, sachez que je ne l'ai pas abandonnée et suis en train de l'écrire :)
Disclaimer : the-twisted-big-four a inventé ce concept. La trame première de ces histoires ne sont pas non plus à moi, seul l'écriture et quelques déroulements m'appartiennent. Les persos ne sont pas à moi, l'image de profil non plus... bllbblll longue liste XD
Bonne lecture ! Pour le meilleur et pour le pire... surtout pour le pire.
Merida
Du fil et une aiguille.
Il fallait recoudre la plaie. La cicatriser, la guérir, réparer les liens déchirés.
Du fil et une aiguille.
Angus courait, filait à travers les arbres au feuillage dense et sautait par dessus les aspérités du chemin.
Tisser, coudre, attacher, réunir, du fil et une aiguille. Toujours.
Et encore.
Du fil et une aiguille.
Hamish glissa, son petit corps d'ourson griffant la robe d'Angus qui hennit de douleur. D'un geste brusque, Merida glissa l'aiguille entre ses dents et attrapa son petit frère pour le remettre sur le dos du cheval. Il enserra la taille de sa soeur entre ses pattes poilues, couina de reconnaissance, et elle reprit son aiguille pour continuer. Inlassablement.
Du fil et une aiguille.
Il fallait coudre la vie de maman. La faire perdurer. La rendre belle, lumineuse, éclairer son destin. Pour cela, il lui devait du fil et une aiguille.
Et un trop-plein d'ardeur et de courage.
La robe d'Angus était maculée de sueur, sa bouche débordait d'écume, et Merida sentait la puissance des muscles du cheval faiblir sous ses cuisses ; pourtant, jamais elle ne lui demanda de ralentir. Au contraire.
- Plus vite, Angus ! lui ordonna-t-elle.
Courir. Coudre. Deux mots maîtres. Deux mots importants qu'il ne fallait surtout pas oublier. Ne jamais s'arrêter, ne jamais faiblir, continuer sans fléchir, ignorer la fatigue et l'ardeur de la tâche. Même si ses mains étaient piquées de coups d'aiguille, même si Angus s'écroulait soudainement pour reprendre son souffle, Merida continuerait.
Les hurlements se rapprochaient. Bientôt, le feu des torches rougeoieraient entre les arbres et elle pourrait distinguer maman, écartelée par des cordes, maintenue dans la boue par les hommes du royaume, levant ses yeux bruns vers celui qui brandissait l'épée vers son cœur.
Non. Ne pas y penser.
"Votre destin peut changer. Avec générosité, retissez les liens déchirés par fierté."
Avec du fil et une aiguille.
.
Il fallait venger Élinor. Pour cela, tuer l'ours. Ou plutôt, l'ourse.
Fergus ne comprenait qu'à moité ce qu'il se passait. Il était poussé par un instinct sauvage, meurtrier : la vengeance à l'état pur. Tuer l'ourse qui avait tué sa femme. C'était aussi simple que ça.
Tremblant de rage, il sauta de son cheval, épée au poing.
À quelques mètres devant lui, l'ourse se débattait, ses yeux bruns roulant dans leurs orbites, affolée. Les liens tenaient bon. Alors, elle darda son regard si intelligent vers l'homme qui approchait.
L'homme.
Le roi.
Son mari.
Fergus leva son épée. Ses yeux bleus étaient rivés dans ceux, étrangement semblables à ceux de la défunte reine, de l'ourse. Les iris bruns de l'animal semblaient remplis de larmes et de peur. Il semblait le supplier de ne pas l'achever.
Le roi n'avait aucune pitié.
Il abaissa violemment son arme.
Un sifflement strident. Un bruit de métal.
La flèche envoya paître l'épée plus loin, elle se ficha dans l'herbe.
Merida n'attendit pas qu'Angus ait fini sa course haletante, et sauta du cheval. Arc bandé, nouvelle flèche parée.
- Reculez ! ordonna-t-elle à son père. C'est ma MÈRE !
Fergus la considéra avec stupéfaction.
- Mais enfin, tu as perdu la tête, jeune fille !
Merida se jucha entre lui et l'ourse qui n'avait pas bougé. Elle jeta un regard foudroyant à son père, banda l'arc encore plus et tourna la tête.
- Vous allez bien, maman ? Êtes-vous blessée ?
L'ourse grogna faiblement en guise de réponse, et Merida, légèrement soulagée, lui sourit tendrement.
Son dernier sourire.
Son père, mû par une rage non contenue, brandit son poing vers sa fille. Merida hoqueta et fut propulsée vers lord McIntosh. Il la saisit brutalement et l'emprisonna avec sa lance robuste. Elle hurla de colère et se débattit comme une lionne, grognant, rugissant, tapant des pieds et de la tête le lord. Mais il resta ferme. Insensible.
Fergus posa la main sur son épée à terre et brandit de nouveau la lame pour l'abaisser une seconde fois.
Merida hurla, plus de rage que de peur, et parvint grâce à ses entraînements d'elle et son père d'il y a cent ans, à violemment propulser lord McIntosh de ses pieds, se meurtrissant le ventre avec la lance par la même occasion. Elle ne réfléchit pas.
(L'action n'est qu'un geste. Un seul mouvement, une seule respiration, en un temps. Un seul coup, fatal. Souviens-t'en, jeune fille !)
Les paroles de son père résonnèrent dans son esprit. Elle avait bien retenu sa leçon.
Elle ne l'oublierait jamais.
D'un saut, elle se déplaça devant la lame tranchante. Elle pouvait entendre l'épée siffler au contact de l'air, d'une note juste, pure, mais barbare.
Merida leva le bras gauche. Ferma les yeux. Laissa sa respiration ralentir. Le temps s'était arrêté.
(Un seul mouvement, une seule respiration, en un temps.)
Tellement vrai.
La lame se ficha en un bruit sourd dans l'os de son avant-bras, accompagné d'une giclée chaude. Merida ne cria pas. Elle ne produisit aucun son. Elle gardait les lèvres fermées, si serrées qu'elles étaient blanches, ses dents grinçaient sous la pression qu'elle exerçait à sa mâchoire. Ce ne fut que lorsqu'elle entrouvrit la bouche pour enfin gémir faiblement que son palais détecta un goût de fer. La jeune fille tomba à genoux au sol, la lame se détacha de sa chair alors que son père, horrifié, la retirait violemment, et elle cracha. Puis murmura.
- Maman...
Le goût était horrible. Elle aurait voulu vomir tripes et boyaux, mais n'osait pas. Elle sentait sa bouche se remplir du liquide infecte, tandis qu'elle s'interrogeait sur la provenance du sang.
La langue. Elle s'était mordu la langue. Et vu ce qu'elle ressentait à chaque fois que le bout de chair rencontrait le palais ou une dent, elle s'en était arraché un joli morceau.
Elle cracha. Encore une fois.
- Oh, Merida, je suis tellement désolé, ma chérie...
"Papa", pensa-t-elle. Des bras solides, protecteurs, l'enveloppèrent, communiquant leur chaleur au jeune corps soudainement pris de tremblements.
- Maman, répéta-t-elle. Maman... maman. C'est rien, c'est qu'une é-égratinure... maman.
(Tu dois toujours montrer à l'adversaire que tu es la plus forte. Mais tu es une femme, tu es jeune, tu es une princesse. Alors rappelle-toi de ceci : quoi que tu fasse, tu seras obéie. Et grâce à quoi ? À tes cheveux, jeune fille, à tes cheveux. S'ils sont aussi ébouriffés, cela doit avoir un sens !)
L'ourse se mit à grogner. Un son rauque, bestial.
Merida ouvrit les yeux.
La bête poussa un hurlement de rage absolue et se redressa soudain sur toute sa hauteur, envoyant à terre les innombrables hommes qui la maintenaient auparavant grâce à de solides cordes.
Apparemment pas aussi solides qu'elles paraissaient l'être.
Les liens claquèrent violemment et se brisèrent : l'ourse se libéra. D'un geste de la patte, elle gifla des hommes ; d'un autre mouvement, elle en faucha.
Fergus enserra Merida dans ses bras, infiniment paternel.
- Maman... hoqueta encore la jeune fille, les larmes aux yeux.
- Tout va bien se passer, ma chérie, lui murmura le roi à l'oreille.
Doucement, calmement, il la reposa plus loin, en sécurité. Puis, se dressa face à l'ourse.
- MAMAN ! hurla Merida. PAPA !
- Approche, si tu l'oses ! s'écria Fergus, arme au poing.
L'animal grogna et se dressa sur ses deux pattes arrières. Puis se jeta sur lui.
Merida vit alors que les yeux de l'ourse étaient entièrement noirs. Elle gémit de douleur.
(Tes cheveux sont précieux, ma princesse. Qu'importe que ta mère veuille les dompter ! Ils seront à jamais glorieux. Car jamais tu ne refuseras le combat. Tu te jetteras tête baissée pour l'honneur de ta patrie, au prix même de ta vie. Allez, essaie encore ce coup vicieux que je t'ai appris hier !)
Mais elle n'était qu'un bébé. Un nouveau-né, qui ne savait même pas marcher ni manger seul. Il fallait la guider.
Alors, Merida se roula en boule. Ferma les yeux. Oublia les hurlements et la peur qui régnait autour d'elle et s'abandonna aux merveilles du silence. Elle se réfugia dans son monde intérieur, écarta tous ses problèmes, franchit l'ultime frontière.
Maman lui caressait les cheveux. Elle lui souriait tendrement, puis la serrait entre ses bras dans une étreinte chaude et protectrice. Elle se sentait en sécurité contre ce ventre confortable. Elle se lovait encore, position foetus, dormait.
(Parle-moi de la princesse... !)
Elle voulait tout oublier, s'effacer de ce monde, loin de l'enfer qui l'attendait si elle ouvrait les yeux. Elle serait avec maman. Avec papa. Avec ses trois gredins de petits frères qui se disputaient sans cesse, à cause d'un gâteau au miel. Les lords seraient partis, les ennuis aussi.
Elle serait au paradis.
(Oooh, Merida est la meilleure archère du pays ! Et elle se débrouille très bien à l'épée également...!)
Un grognement sourd la fit émerger de sa rêverie éteinte. D'un bond, elle se retrouva sur ses pieds, la main droite plaquée contre son bras gauche en sang, pour se retrouver nez à museau avec l'ourse. Elle écarquilla ses yeux bleus emplis de larmes passées. Ses jambes faiblirent et furent prises de tremblements ; elle tomba à genoux. Ne se releva pas.
- Maman ? murmura-t-elle, la voix pleine d'espoir.
L'ourse lui renifla les cheveux, presque avec douceur. Merida sentit un liquide collant couler sur sa joue et elle porta une main à son visage. La gueule de l'ourse était remplie de sang, elle venait de baver sur Merida.
La jeune fille regarda tout d'abord sa main avec stupéfaction, indécise, se demandant pourquoi l'ourse avait du sang dans la gueule. Avait-elle été blessée ?
Un regard aux alentours firent vaciller ses certitudes.
Elle ne savait pas combien de temps avait duré sa transe, peut-être seulement quelques secondes, ou même dix minutes. Tout ce qu'elle savait n'était rien. À part le fait qu'elle voyait des dizaine de corps autour des grands piliers de pierre. Des corps humains. Certains remuaient faiblement, d'autres tentaient de se redresser en gémissant – inutilement – et encore d'autres ne bougeaient pas. Peut-être même ne respiraient-ils pas.
Papa n'était pas là.
Merida sentit une boule se serrer dans sa gorge, elle avala sa salive avec difficulté. Puis ses yeux revinrent vers ceux, maintenant bestiaux, de l'ourse.
- Maman... répéta-t-elle, sa voix ne formant plus qu'un soupir. Punissez-moi, s'il vous plaît. Je... tout est de ma faute. Vous le savez, alors... punissez-moi. J'ai été une méchante fille... Une très méchante fille...
Elle tendit une main pâle, la posa sur le museau de la bête qui la lui lécha avec application. Ses doigts s'infiltrèrent entre les poils drus et l'ourse répondit à cette caresse en grognant sourdement. Ce bruit dangereux était aux oreilles de la jeune fille un murmure tendre. Son regard noir était fiché dans celui, bleu ciel d'été, de Merida. Les yeux sombres ne laissaient transparaître aucune émotion humaine. Seulement une sorte d'indifférence, une apathie morne.
Merida fixa durant quelques secondes ce regard terne, et laissa échapper un sanglot. Sa main froide s'enfonça encore dans le poil et elle s'accrocha désespérément au cou de l'animal.
- Tout est ma faute... c'est moi qui vous ai fait ça, c'est pas vous, c'est moi... je suis tellement désolée, maman. Je... vous étiez là. Tout le temps. C'était vous qui était là, pas moi. Je ne vous ai jamais aimée comme vous m'avez aimée, j'aurais dû... maman... revenez... !
Ses pleurs se nichaient sur la fourrure de l'ourse. Inutilement. La bête continuait de lui renifler les cheveux, toujours aussi vide, son regard blasé fixant sans intelligence la brume autour des piliers de pierre.
- Mais je vous aime... je vous le dis, maintenant. Je vous aime ! Je t'aime ! Je veux simplement ma maman...
Merida se blottit encore contre la bête. Elle sentit alors une présence chaude à ses côtés et ouvrit des yeux rouges d'avoir pleuré. Trois jeunes oursons se tenaient autour d'elle, leurs petits yeux bruns l'observant avec étonnement. Ils semblaient patauds et maladroits, et grognaient interrogativement. L'ourse en prit un dans sa gueule, beaucoup plus tendrement qu'elle ne l'avait fait avec Merida, et la jeune fille la sentit bouger.
- Maman... ?
Élinor – l'animal – se redressa et sembla s'ébrouer. Le petit ourson s'agitait dans sa gueule et, d'un geste, elle lui imposa l'immobilité. Les deux autres regardèrent encore une seconde Merida. L'un deux s'approcha lentement d'elle, alla même jusqu'à poser une patte sur sa robe mais...
L'ourse grogna férocement à son égard et l'ourson sembla sursauter. Il lança à la jeune fille hagarde un regard éteint. Une petite flammèche bleue brûlait encore dans sa pupille noire.
Puis plus rien.
Le néant absolu.
- Harris... !
L'ourson se décala et lui tourna le dos et, pour la première fois, se mit sur quatre pattes. D'un bond, il fut à la hauteur de la tête de sa mère. Elle s'éloigna alors, ses grandes pattes laissant dans la terre meuble des traces boueuses, celles des oursons, plus petites, suivant ses pas.
- Hamish, Hubert ? Revenez...
Merida resta sur place. Elle entendait encore les lourds pas de l'ourse s'éteindre dans la brume. Le soleil se levait. Bientôt, les premiers rayons du soleil illumineraient la tapisserie.
La tapisserie.
Merida bondit sur ses pieds, et courut précipitamment jusqu'à Angus qui l'attendait en piaffant plus loin, apeuré. Elle dégagea de son dos la lourde tapisserie et s'élança sur les traces de la bête, contournant, ignorant les corps blessés des hommes et la douleur maintenant vive et aigüe qui lui déchirait le bras.
- Maman, ATTENDEZ !
Elle s'enfonça dans la brume, au coeur de la forêt dense. La tapisserie était lourde dans ses bras, mais elle courait, et en courant, se perdait. Elle ne vit pas la racine du pin qui émergeait d'entre l'herbe. Elle ne vit pas le brouillard s'épaissir au fur et à mesure qu'elle continuait, elle ne pouvait pas voir à plus de cinq mètres d'elle.
À l'aveuglette, elle trébucha contre la racine. Tendit le mauvais bras pour se protéger. S'affala au sol. Hurla.
Poupée de chiffon. Simple jouet brisé. Peluche au coeur arraché.
Le soleil se levait autour d'elle. Bientôt, les rayons se poseraient doucement sur son corps effondré, sècherait ses larmes, réchaufferait son âme.
Merida ne se relevait pas.
Elle se fondait dans l'herbe, sa robe bleue aux reflets verts s'élevait vaporeusement au gré de la brise matinale, elle était couverte de rosée fraîche et ses cheveux ô combien enflammés semblaient lave. De minuscules perles d'eau coulaient le long de tout son corps, frôlant les formes de la jeune fille, la faisant frissonner.
Non, elle ne frissonnait pas. Sa poitrine se soulevait à un rythme irrégulier, un son déchirant montait de sa gorge et ses yeux laissaient échapper des torrents d'eau salée. Jamais cette mer ne s'étancha.
Elle pleurait, seule, loin de tout mais si proche pourtant. La tapisserie était effondrée à côté d'elle. Les liens qu'elle avait tissés pour recoudre la plaie entre la mère et sa fille étaient si visibles. Il semblait que seul un frôlement pouvait de nouveau les déchirer.
Mais ils étaient déjà déchirés.
Dans le coeur de Merida pulsait un nouveau rythme. Plus rapide. Plus essoufflé. Le sang y était plus rouge, les battements plus affolés. Les pensées aussi avaient changées. Elles étaient à présent incohérentes, pessimistes et ravageuses.
Une mélodie. La chanson de ce coeur vif. Un simple écho au passé, lointain.
Immédiatement oublié.
A naoidhean bhig, cluinn mo ghuth
Mise ri d' thaobh, O mhaighdean bhan
Ar righinn oig, fas as faic
Do thir, dileas fhein
A ghrian a's a ghealaich, stuir sinn
Gu uair ar cliu s ar gloire
Naoidhean bhig, ar righinn og
Mhaighdean uashaill bhan
Et le soleil finit son parcours sur sa longue chevelure rousse, embrasant ses sens. Elle hurla de douleur lorsque le feu ardent brûla son crâne et elle plaqua ses mains humides et tremblantes sur ses boucles, tenta de se protéger de la lumière rouge.
Les flammes l'incendiaient et elle ne pouvait rien faire. À part attendre que tout cesse. Que maman revienne avec Hubert, Hamish et Harris. Que la lumière décroisse et que la nuit l'embrasse.
Souffrances.
Radiations.
Cendres.
(Merida, il faut souffrir pour être belle ! Cesse donc de gigoter !)
Elle se leva alors, et ses yeux aveugles tentaient désespérément de se protéger de cette infâme lueur. Fuir. Tant qu'il était encore temps.
Elle se transforma en ombre fugace, un sourire dur étira ses lèvres tandis qu'elle échappait au soleil sournois pour se cacher, furtive, derrière un grand pin qui laissait déjà tomber des feuilles orangées. Bras sanglant plaqué contre sa poitrine, elle ferma les yeux.
Puis les rouvrit.
C'était si étonnant. Tellement bizarre mais chose incroyable. En même temps, logique.
La fille a les yeux de sa mère.
