Chapitre 2 :

Boris était un homme simple. Ancien espion appartenant au K.G.B, il avait pris sa « retraite » il y avait maintenant une dizaine d'années. Les 25 ans passés en temps qu'espion ainsi que son enfance au sein de la taïga Russe avaient fait de lui un homme fort et d'une résistance mentale comme physique, à toute épreuve.

Ses réflexes et ses dons d'observation étaient exacerbés par des décennies d'entrainement, ce qui lui avait sauvé la vie de maintes fois. Sa maîtrise de toutes les armes existantes, sa capacité à transformer n'importe quel objet banal en arme, ainsi que sa maîtrise de l'ensemble des arts martiaux existants étaient véritablement impressionnantes et effrayantes.

Toutes ces capacités, il les avait acquises au cours de ses nombreux voyages autour du monde.

En effet son travail d'espion, qui l'amenait à voyager un peu partout sur la planète, lui permettait de parfaire un peu plus à chaque mission ses compétences et ses connaissances, et de les diversifier.

Il avait appris au cours de ses déplacements le maximum de choses de chaque civilisation rencontré. Il avait aussi reçu des bases d'enseignement de la part de tous –ou presque- les maîtres, dans toutes les disciplines possibles et imaginables. De la cuisine orientale au kung-fu, en passant par le maniement du katana et l'élevage de lama.

Étant ce que l'on pouvait appeler un cracmol, le Russe avait une connaissance à la fois du monde sorcier et du monde moldu impressionnante, ce qui lui avait rapidement permis de gravir les échelons au sein du K.G.B et de devenir l'un des éléments les plus précieux de l'organisation.

Le meurtre, l'espionnage, le vol –d'informations ou d'objets- que ce soit dans le monde magique ou moldu n'avaient plus de secrets pour lui.

Ses performances dans tous les domaines et sont pourcentage de réussite des missions proche de 100% faisaient que même après qu'il soit partit prendre une retraite bien méritée 5 ans plus tôt, il arrivait qu'il soit appelé à effectuer de temps en temps des missions délicates et dangereuses.

.
A 47 ans, Boris étant quelqu'un que l'on pouvait qualifier de bien conservé : Les cheveux blonds coupés à la militaire et faisant facilement dans le mètre quatre-vingts dix, il n'était fait que de muscles discrets mais mortellement efficaces.

Il se dégageait de lui une impressionnante aura de force et de danger, mais aussi de calme, dont son interlocuteur prenait pleinement conscience lorsque le Russe le fixait de ses yeux bleus étincelants d'intelligence et de maîtrise de soi.

Le regarder dans les yeux donnait le sentiment d'être gelé sur place et d'être fouillé de l'intérieur.
Chose qui était peut être le cas, la faculté d'empathie et de sonder les âmes étant une branche se rapprochant fortement de la légimencie, sans pour autant demander de pouvoirs magiques.

Cela faisait maintenant 2 jours que le Russe était revenu d'une mission particulièrement difficile et éprouvante autant pour le corps que l'esprit, qui s'était terminée sur un succès ayant coûté cher en vies humaines.

Étant enfin de retour chez lui, Boris était heureux de pouvoir enfin se reposer et profiter de sa retraite, jusqu'à la prochaine mission.

Afin d'être tranquille, il s'était construit une maison en bois au cœur de l'une des nombreuses forêts de conifères qui recouvraient le sol Russe. Et c'est dans cette maison qu'il allait à la fin de chaque mission afin de se reposer et où il vivait depuis son départ de l'organisation.

C'est ce matin de Janvier qu'il fut le témoin d'un phénomène particulièrement étrange et surtout inattendu.

.
Il se promenait dans la forêt alentour comme il le faisait tous les matins depuis qu'il s'était installé dans cette région, quand il se rendit rapidement compte qu'un silence anormal régnait dans cette partie de la toundra.

Jamais la forêt n'était silencieuse. Il y avait normalement toujours le chant d'un oiseau, le grognement d'un animal ou le vent jouant dans les feuillages pour se faisait entendre.

Les seules rares fois où il avait entendu un tel silence, c'était quand un événement important, et dans la plupart des cas magique, se préparait.

Une brusque rafale de vent, qui le jeta presque à terre par sa force, ainsi que le bruit assourdissant d'un coup de tonnerre tout près, lui indiquèrent ce dont son instinct l'avait prévenu : Il venait de se passer un important événement magique et cela à quelques mètres de lui.

Dégainant son poignard, Boris s'avança le plus prudemment possible vers la source du bruit, près à toute éventualité.

C'est au bout d'une dizaine de mètres qu'il arriva à l'origine du phénomène.

Ce qu'il y vit réussit à lui couper le souffle, malgré tous les événements étranges dont il avait déjà été témoin. Au milieu d'une clairière, un cratère d'un quinzaine de mètre de diamètre c'était formé.

L'épaisse couche de neige qui recouvrait normalement chaque mètre carré de terre, même dans la forêt, en ce mois d'hiver particulièrement rude, avait laissé place à un cercle noircit qui s'étendait sous les yeux du Russe stupéfait.

C'était comme si une tornade de feu avait tout dévasté dans un rayon d'environ 8 mètres.

Il remarqua rapidement des éléments incongrus dans cette clairière dévastée. De là où il se trouvait, Boris vit qu'au milieu du cratère se trouvait ce qui semblait être un humain, à première vue inconscient. Et posés près de lui se trouvait ce qui ressemblait vaguement à une caisse et un bout de bois.

Restant sur ses gardes et à l'affût du moindre danger, le blond s'approcha prudemment du jeune homme étendu au centre de la clairière.

Arrivé à ses côtés, la première chose qui le frappa, furent les nombreuses plaies sanglantes recouvrant presque intégralement le garçon, et que ses vêtements en lambeaux laissaient clairement apparaître.

S'accroupissant près de l'inconnu, le russe vérifia son pouls puis, partiellement rassuré par les faibles pulsations qu'il sentait battre sous ses doigts, il décida de l'emmener chez lui.

Le prenant le plus doucement et délicatement possible dans ses bras, Boris retourna lentement sur ses pas.

Jetant un dernier coup d'œil sur le cratère, il décida qu'il reviendrait plus tard prendre les objets –qui s'avéraient être une malle et un balai-, puis repartit chez lui avec un jeune inconnu perdant son sang dans les bras et tous les sens en alerte.

Arrivé chez lui, il déposa son précieux fardeau sur son lit puis entreprit de le débarrasser des loques le recouvrant afin d'estimer les dégâts.

Sa première surprise fut la disparition de tous les vêtements du garçon quand il voulut le déshabiller.

La suivante fut son état général.

Pour avoir souvent vu ce type de blessures, il reconnut rapidement leur nature. Ce jeune garçon avait dû être littéralement battu presque à mort pour être dans cet état.

Les énormes ecchymoses ainsi que les divers membres et os en très mauvais état avaient vraisemblablement de nombreux coups de poings et de pieds comme origine.

Quant aux lacérations et plaies ouvertes couvrants l'ensemble de son corps, elles étaient de toute évidence dues à un fouet ou quelque chose d'approchant.

La découverte de ces blessures plongea le russe dans une rage froide. Il fallait être un monstre pour infliger pareil châtiment à un enfant.

Il n'appréciait pas la violence, même s'il avait plus d'une fois dû y avoir recourt dans son métier, mais jamais à ce point et surtout au grand jamais sur un jeune.

S'il n'avait pas été près de l'endroit où il avait atterrit, il ne fait aucun doute que ses blessures et surtout la perte importante de sang auraient rapidement envoyé le garçon dans l'autre monde, avant même que le froid ne le fasse.

Apportant une bassine d'eau tiède et des serviettes éponges, l'homme nettoya du mieux qu'il put les nombreuses blessures.

Après qu'il eut terminé, il appliqua un baume de guérisons sorcier sur tout le corps du blessé. C'était la façon la plus efficace de soigner des blessures.

Ce n'est qu'une fois les blessures partiellement refermées et la plupart des hématomes résorbés, qu'il le couvrit de bandages et enserra ses membres cassés dans des attelles de fortune.

Il finit ses soins en faisant boire au garçon plusieurs potions. La première devait lui permettre de prévenir toute hémorragie interne et de la stopper, la seconde de réparer en profondeur les tissus et muscles déchirés, et la dernière avait pour rôle d'anesthésier tout le corps afin que la douleur ne se fasse plus ressentir pour quelques heures au moins.

Dans son malheur, son inconnu avait de la chance.

En effet l'ancien espion savait parfaitement s'occuper au mieux de ce genre de blessures, pour en avoir lui-même eu de similaires au cours de ses nombreuses missions. Une fois qu'il eut finit tout ce qu'il pouvait faire, il recouvrit le jeune homme de ses fourrures, puis partit se préparer un grog afin de se réchauffer un peu.

Quand il revint dans la chambre, l'homme s'installa confortablement à côté de l'inconnu afin de le veiller et surtout de réfléchir aux dernier événements.

D'où pouvais bien venir son inconnu ? Qui était-il ? Et surtout par quel moyen avait-il pu apparaître au milieu de la taïga russe dans cet état ?

L'espion connaissait tous les moyens sorciers comme moldus de voyager, et aucuns ne provoquait ce qu'il avait vu. À moins peut être que ce ne soit de la magie sombre, ou un nouveau sort. Non c'était impossible, il en aurait eu connaissance sinon.

Et comment cela se faisait-il par Merlin que le gosse soit dans cet état !

Au vue de ses vêtements légers, il était évident qu'il ne venait pas d'ici. Ni même d'Europe Nordique ou du Canada d'ailleurs, l'hiver y été froid là-bas aussi.

Mais les traits du garçon ainsi que son instinct lui disaient que s'était un occidental venant surement de l'un des nombreux pays au Nord de l'Europe.

Il en saurait certainement plus au réveil du gosse, à moins qu'il aille tout de suite récupérer ses affaires et qu'il prenne la liberté de fouiller dans la malle. Il y trouverait surement tout un tas d'informations pour répondre à ses questions.

S'assurant que le jeune inconnu resterait endormi tout le temps de son départ, il repartit donc dans la forêt récupérer les derniers objets abandonnés dans la clairière calcinée. Il ne revint avec les affaires qu'une heure après, une fois qu'il eut finit d'étudier la clairière de fond en comble.

C'est d'ailleurs en regardant partout qu'il trouva un objet étrange à l'endroit même où se trouvait le garçon. Il était intrigué au plus haut point par celui-ci. En effet, avec toutes ses connaissances il était rare qu'il n'arrive pas à identifier un objet.

Décidant qu'il demanderait plus tard à Vlad de venir l'aider à trouver quel pouvait être l'objet, il le mit de côté et commença à fouiller dans la malle.

Il ne trouva aucune pièce d'identité mais les différents manuels scolaires, lettres et autres objets qu'il trouva lui apprirent plusieurs choses :

-Son inconnu s'appelait Harry Potter -enfin c'est ce qui était marqué sur les lettres, manuels et uniformes-.

-Il était :

¤ Anglais.

¤ Selon toute vraisemblance scolarisé à Poudlard.

¤ En 6ème année.

¤ Assez riche, en vue du contenu de sa bourse.

- Il connaissait du beau monde :

¤ Dumbledore, directeur de son école et accessoirement plus grand sorcier encore vivant.

¤ Les membres de l'Ordre du Phénix ainsi que l'existence de l'organisation.

Voilà toutes les informations qu'il avait pu récolter, et certaine l'intriguaient au plus haut point.

Tout d'abord, le fait qu'un Potter -famille bien connue pour lutter activement contre le mage noir sévissant en Angleterre- encore scolarisé se trouvait en ce moment même en plein cœur de la Russie et battu à mort était surprenant.

Bien que vivant dans une région reculée, Boris se tenait au courant de tout ce qui se passait dans le monde et il était au fait de tout ce qui se passait actuellement en Angleterre.

La montée en puissance de ce mage noir qui se faisait appeler Voldemort et de ses fidèles Mangemorts, la terreur qu'ils semaient au sein de la population sorcière anglaise ainsi que le nom des Potter, ne lui étaient pas du tout étranger.

Dans tous les journaux anglais, il était question des attaques qui avaient fréquemment lieu, et le nom des Potter était présent dans la plupart des divers articles. En effet, l'auror Henry Potter et sa femme Lydia étaient une plaque tournante de la résistance contre Voldemort.

Autre fait surprenant à propos de cette identité : il savait que les Potter avaient un fils à Poudlard, ce fait ayant était dit dans un article, cependant il était à peu près certain qu'il était en 5ème année, et non en 6ème.

Il avait aussi été surpris de voir que le gosse, bien qu'étant apparemment en 6ème année, n'avait pas du tout le physique de quelqu'un de seize/dix-sept ans. Il donnait plutôt l'impression d'avoir sans conteste deux ou trois ans de moins.

Pour finir, le fait que son inconnu connaisse personnellement Dumbledore ainsi que l'existence de l'Ordre du Phénix et de ses membres le stupéfiait. Seule une poignée de personnes étrangères à l'Ordre avaient conscience de son existence.

Lui-même avait appris son existence après de long mois d'espionnages intensifs et même là, le nom des membres lui étaient encore inconnus, malgré tous ses efforts pour les connaitre. Et le fait que Dumbledore soit le directeur de Poudlard n'était pas un motif suffisant pour le connaitre personnellement.

Bref, Boris avait maintenant encore plus de questions sans réponses qu'avant.

Appelant son hibou, il envoya une lettre codée à l'un de ses informateurs situé en Angleterre. Il devait savoir en quelle année était le fils Potter et surtout s'il n'avait pas été enlevé, ainsi que le plus d'informations possible à son sujet.

.
Ce n'est que deux jours plus tard qu'il eut la réponse à sa missive.

Son informateur lui écrivait que le fils Potter se trouvait en ce moment même à Poudlard, puisque les vacances venaient juste de se finir, et qu'il était en pleine forme.

Venait ensuite une fiche d'identité accompagnée de diverses informations et d'une photo.

Nom : Potter
Prénom : James Henry
Taille : 1.75
Yeux : noisette ; porte des lunettes
Cheveux : noirs
Baguette : acajou, 27,5 cm, flexible et remarquablement efficace pour les métamorphoses
Date de Naissance : 27 Mars 1960

Ascendance : Sang Pur
Père : Henry Potter ; auror ; membre supposé de l'Ordre du Phénix
Mère : Lydia Potter née White ; Conseillère au Ministère ; membre supposé de l'Ordre du Phénix

Poudlard
Maison : Griffondor
Quidditch : Poursuiveur
Aptitudes : Bon niveau dans toutes les matières, particulièrement en métamorphose

Meilleur ami : Sirius Orion Black ; Sang pur ; Fils de Walburga et Orion Black, sorciers noirs ; Griffondor de 5ème année ; En conflit avec sa famille ; A un frère à Serpentard

Autres amis proches :
- Rémus Lupin ; Sang-mêlé ; Loup-garou ; Fait partie d'une famille neutre ; Griffondor ; Préfet
- Peter Pettigrow ; Sang-mêlé ; Fait partie d'une famille neutre; Griffondor

Se font appeler les Maraudeurs

Petite amie : SPAF (Sans Petite Amie Fixe) mais poursuit de ses assiduités Lily Evans, Préfète Née-Moldue, meilleure élève de sa promotion, Griffondor.

Ennemi : Sévérus Snape; Sang-mêlé ; Fils de Tobias Snape, moldu et Eileen Prince, Sang Pur ; Serpentard

Passe-temps : Faire des blagues (de mauvais goût)

Aucunes Informations sur un hypothétique Harry James Potter, même dans les branches secondaires de la famille Potter.

De plus en plus intrigué, Boris arrêta sa lecture et pris la photo du fils Potter jointe à la lettre.

Passant alternativement son regard sur son inconnu puis sur la photo il crut voir double. Il ne faisait aucun doute que le garçon étendu en face de lui était un Potter.

Il avait l'impression d'avoir le sosie de James Potter en face de lui, à quelques différences près comme la taille et certains traits du visage.

Mais alors s'il était bien un Potter, comment cela se faisait-il qu'il n'y ait aucune trace de son existence nulle part.

Encore un peu plus frustré, le Russe rangea la lettre et partit chercher le nécessaire pour s'occuper de son patient.

Dès le premier soir, en voyant que le jeune homme ne se réveillait pas, il l'avait déménagé dans l'une des chambres d'amis, et depuis deux jours il s'occupait soigneusement de ses blessures.

Plusieurs fois par jour, il changeait les nombreux bandages recouvrant son corps, vérifiait les plaies et membres abimés, lui passait le baume partout et lui faisait boire les potions nécessaires. Mais malgré tous ses soins, le jeune sorcier ne se réveillait pas.

Son meilleur ami –enfin, c'est comme cela que se qualifiait ce dernier-, qu'il avait fait venir pour examiner à la fois l'ONBI (Objet Bizarre Non Identifié) ainsi que le jeune inconnu, lui avait dit que de toute façon il devrait sûrement se passer un petit bout de temps avant qu'il ne se réveille.

En effet, le jeune homme s'était complètement vidé de toute sa magie pendant son « voyage », et sa magie instinctive l'avait fait tomber dans une sorte de coma magique qui permettrait à ses réserves de revenir à la normal.

Bien qu'ayant déjà assisté à pareil cas, il avait cependant était stupéfié de voir que le niveau de magie du brun était à un seuil aussi critique.

Il ne faisait aucun doute que le jeune homme était passé extrêmement près de la mort, entre ses nombreuses blessures, son taux de magie dangereusement bas, et le froid qui n'aurait pas manqué de le tuer ou tout du moins de le finir s'il était resté dehors.

Dans les faits, plus le sorcier dont les réserves de magies s'étaient vidées était puissant, plus le coma durerait longtemps. Il n'avait donc rien à faire à part attendre et soigner du mieux possible ses blessures.

.
Lorsqu'Harry sentit sa conscience se réveiller, la première chose qu'il ressentit fut une gêne au niveau de plusieurs de ses membres et un sentiment d'oppression au niveau de la poitrine.

Puis d'autres informations arrivèrent en masse dans son cerveau encore anesthésié : L'odeur de cèdre et de pin qui emplissait ses narines, la douceur de ce qui le recouvrait, le confort de son support, les démangeaisons qui parcouraient tout son corps, la lumière qui filtrait à travers ses paupières closes, la chaleur qui réchauffait son visage….

Gardant les yeux fermés, il essaya de rassembler du mieux possible ses pensées, mais seulement quelques bribes d'informations et des flashs d'images sur les derniers événements arrivaient à son cerveau embrumé.

Il se souvenait d'avoir reçu des cadeaux, de l'arrivée de Dumbledore, des courses faites au Chemin de Traverse, de la visite à Gringotts, de son retour à Priver Drive…Ensuite ça devenait plus flou…il avait récupéré ses affaires scolaires….Dumbledore avait parlé à son oncle….ou pas….il ne se souvenait plus très bien.

Il revoyait le visage rouge de son oncle…entendait de nouveau les paroles blessantes…ensuite c'était une suite de douleur toujours plus forte…puis plus rien, le trou noir.

Il s'était surement évanoui. Restait maintenant à savoir où il était.

Pas chez les Dursley ça il en était sûr. Les odeurs et même l'impression de bien être qu'il ressentait ne ressemblait en rien à sa chambre. Et puis il sentait qu'il avait été soigné, chose que les Dursley n'auraient jamais faite pour lui. Il n'était pas non plus à Grimmault Place, là-bas l'odeur se rapprochait plus du moisi que du pin.

Restait chez les Weasley. Écoutant tous les bruits l'entourant, Harry chercha ceux caractéristiques au Terrier.

Mais à aucun moment il n'entendit les voix fortes de Ron, Ginny, Molly ou des jumeaux, ni le chahut des casseroles de Mme Weasley. Le joyeux tintamarre, marque de reconnaissance du Terrier, ainsi que la bonne odeur de cuisine qui emplissait l'air à tout moment de la journée étaient absents.

Se résignant à faire preuve d'un courage incommensurable, Harry ouvrit lentement les yeux.

Il lui fallut un certain temps avant que sa vue ne s'habitue à la lumière vive du soleil, et une fois qu'il put voir le plafond sans plisser des yeux, il se redressa lentement de là où il était couché. S'adossant à la tête du lit, il posa son regard sur la pièce où il se trouvait.

Il était assis dans un grand lit double, entouré de deux tables de chevets. Une grande armoire se trouvait dans un des coins de la pièce, et une immense fenêtre laissait se déverser un flot de lumière du soleil.

La chambre était simple mais chaleureuse. Tous les meubles ainsi que les murs étaient en bois, et un épais tapis beige renforçait l'impression de confort que la pièce dégageait.

Regardant plus attentivement la table de chevets se trouvant à côté de lui, le brun vit qu'elle était encombrée de plusieurs fioles de potions ainsi que d'un pot contenant une pâte blanche à l'apparence gélatineuse.

Avisant le dernier objet posé sur la petite table il marqua un temps d'arrêt. Portant la main au niveau de ses yeux, il ne sentit aucun élément métallique. Donc c'était bien ses lunettes, posées là.

Mais comment pouvait-il voir parfaitement sans les porter, alors que d'habitude c'était à peine s'il voyait clairement à un mètre de distance. Il ne comprenait décidément plus grand-chose. D'abord il se réveillait dans une pièce totalement inconnue, avec toutes ses blessures soignées. Ensuite il arrivait à voir impeccablement sans ses loupes, alors qu'en temps normal il était presque aveugle quand il ne les portait pas.

Décidant de se lever afin de voir s'il pouvait trouver quelqu'un qui pourrait répondre à ses nombreuses questions, Harry commença prudemment à sortir de lit.

Après avoir posé les deux pieds par terre, il lui fallut attendre un moment que le vertige qui l'avait pris disparaisse. Puis une fois remis, il se leva péniblement.

C'est là qu'il se rendit compte avec gêne qu'il était aussi nu que le jour de sa naissance.

Heureux d'être seul dans la pièce, il pensa à être vêtu d'un pantalon et d'un tee-shirt, tous les deux amples, pour que le Trix les lui fournisse. Mais le résultat ne fut pas du tout celui attendu. En effet, il était maintenant vêtu de ce qui semblait être des lambeaux de tissu.

Il grimaça à la pensée que peut être, le parasite avait été blessé par l'un des coups qui lui était destiné. Il fit disparaître les loques qui le couvraient et entreprit de se couvrir de l'une des couvertures avant de s'éloigner du lit.

Peu assuré sur ses jambes, il réussit néanmoins à atteindre la porte de la chambre sans pour autant embrasser le sol.

Une forte et alléchante odeur de nourriture l'assaillit lorsqu'il ouvrit la porte et pénétra dans le couloir. Suivant l'appétissant fumet, il commença à marcher le long du couloir en s'aidant du mur, et le nez relevé.

C'est au bout de presque un quart d'heure qu'il parvint finalement avec difficultés à l'endroit où l'odeur lui semblait la plus forte. Il était complètement épuisé mais heureux d'avoir réussi à arriver. Et c'est tremblant de tous ses membres qu'il franchit la porte de ce qui était certainement la cuisine.

.
Boris était en train de faire la cuisine quand il entendit le bruit caractéristique de pas, venant du couloir. Son inconnu c'était apparemment enfin décidé à se réveiller. Voilà 2 semaines qu'il attendait ce moment.

Il décida rapidement de commencer dès maintenant à chercher les réponses à certaines des questions qu'il se posait sur le gamin.

Première étape : faire comme s'il ne connaissait rien de lui. Après tout, peu de gens apprécient qu'on fouille dans leurs affaires pour en apprendre plus sur eux.

Ça voulait dire en premier lieu ne pas lui parler anglais.

Puis lui poser le maximum de questions. Sentant que son invité c'était figé sur le pas de la porte, il entreprit de prendre la parole le premier puisque l'autre ne prenait pas l'initiative.

Il se retourna vers le jeune homme et lui offrit son plus beau sourire.

« Добрый день. »
(Bonjour)

Puis voyant l'attention du brun se fixer sur lui, il s'avança un peu plus dans sa direction et lui tendit la main.

« Очень приятно, меня зовут Борис Александрович. »
(Enchanté, je m'appelle Boris Alexandrovitch »

Toujours aucune réaction du côté du nouveau venu. Puis, ce dernier tendit à son tour la main à l'homme qui lui faisait face. Avisant l'air totalement absent et perdu du jeune sorcier, Boris enserra la main de son vis-à-vis avec douceur.

Voyant que le brun ne semblait toujours pas décidé, ou pas en état, de prononcer un mot, l'homme le prit par les épaules et le guida jusqu'à la table où il le fit asseoir sur l'une des chaises.

Commençant à être alarmé de ce manque de réaction, il continua à lui parler.

« Как дела, молодой человек ? »
(Comment ça va jeune homme ?)

Silence.

Bien, là il était carrément inquiet. Était-il possible qu'il ait eu des séquelles mentales à cause de la commotion ? Il pensait pourtant l'avoir correctement guérie. Même si son inconnu ne comprenait pas ce qu'il disait, il devrait normalement avoir une autre réaction que ce regard vide.

Face à ce silence, Boris décida de passer à la vérification de l'état mental de son invité.

« Ты понимаю по-русски ? »
(Tu comprends le Russe ?)

« Verstehe du deutsche Sprache? ¿ Entiendes el español ? Do you speak french ?* Parles-tu anglais ? »

À l'entente de mots anglais, une étincelle apparut dans les yeux du brun et celui-ci sembla se réveiller, ce qui n'échappa pas au russe.

« Ah, enfin une langue qui te fais réagir ! Tu es anglais ?

- Oui, oui. Désolé de ne pas avoir répondu avant, j'étais perdu dans mes pensées »

En effet, dès qu'il était rentré, Harry s'était complètement déconnecté de la réalité. Il passait silencieusement en revu tous les endroits où il pouvait être d'après ce qu'il pouvait voir de la pièce où il se trouvait et de dehors.

La première idée qu'il eut était qu'il se trouvait en pleine forêt, s'il en jugeait par le grand nombre d'arbres visibles par les nombreuses vitres présentent dans la pièce. Mais quand il entendit l'homme lui parler une langue étrange, Harry se retrouva encore un peu plus perdu.

Pourtant elle lui semblait familière, mais il n'arrivait pas à se souvenir où il avait bien pu entendre une langue ressemblant à celle-là. Et c'est d'un geste purement automatique qu'il lui avait tendu la main, déduisant que son vis-à-vis venait surement de se présenter.

Le brun continuait à faire marcher à plein régime son cerveau embrumé, espérant comprendre quelque chose à sa situation, sans sembler entendre ce que lui disait Boris.

Ce n'est qu'en entendant parler anglais, qu'il sortit complètement de ses pensées.

« Excusez-moi Monsieur, mais qui êtes-vous ? Et pourriez-vous me dire où nous sommes ? »

La voix d'Harry était rauque de n'avoir pas servie pendant si longtemps.

« Eh bien gamin ça fait plaisir de te voir réveillé, je commençais sérieusement à m'inquiéter. » Répondit Boris en s'asseyant sur la chaise en face de celle du brun.

« Je me suis présenté tout à l'heure mais apparemment tu n'étais pas totalement ici. Je m'appelle Boris Alexandrovitch, et tu es ici chez moi. Et toi jeune homme, comment t'appelles-tu ? Je dois avouer que je suis très curieux de savoir qui tu peux être.

- Euh, je…Enchanté monsieur, je m'appelle Harry Potter.

- Enchanté petit. Potter…Potter…tu ne serais pas parent avec Henry et Lydia Potter ? »

Harry était assez surpris. Il n'avait jamais entendu parler de ces personnes. D'ailleurs, on lui avait dit qu'il n'y avait qu'une seule famille de Potter dont il était le dernier représentant.

Pourtant l'homme semblait connaitre d'autres Potter.

Quand son interlocuteur n'avait pas réagi en cherchant des yeux sa cicatrices lorsqu'il lui avait révélé son nom, Harry s'était dit qu'il était surement un moldu. Cependant il était presque sûr qu'il n'y avait aucun Potter du côté moldu, ni même aucun Potter à par lui. Et le souvenir des potions posées sur la table de chevet lui fit écarter la possibilité que l'homme soit moldu.

« Euh non je ne pense pas. » répondit-il.

Il continua ensuite, sans sembler remarquer l'expression pensive de Boris.

« Excusez-moi, mais je ne comprends pas comment j'ai pu arriver chez vous. Et je me demandais aussi qui m'avait soigné » Dit-il en montrant l'un des bandages sur son poignet.

« Et bien c'est assez simple, pour ce qui est de tes soins, c'est moi qui m'en suis occupé. Quant à ton arrivée ici c'est un peu plus compliqué. Disons pour faire court que je t'ai trouvé il y a de cela deux semaines et faisant ma promenade quotidienne. Je t'ai ramené ici et soigné, et depuis tu es resté dans une sorte de coma.

- Deux semaines ! Je suis resté inconscient pendant deux semaines ? Et quand vous dites que vous m'avez trouvé, ça veut dire près d'ici ?

- Je t'ai trouvé à quelques kilomètres d'ici, en plein cœur de la forêt. Et je dois dire que tu as eu énormément de chance que j'ai été témoin de ton apparition. Entre le froid et tes blessures tu n'aurais pas survécu bien longtemps.

- Si vous étiez là quand je suis arrivé, vous pourriez alors me dire comment j'ai bien pu me retrouver ici. Je ne pense pas me tromper en affirmant que nous ne sommes pas dans le Surrey.

- Effectivement nous ne sommes pas dans le Surrey, je dirais même plus que nous en sommes très loin. Connais-tu un peu l'U.R.S.S ?

- L'U.R.S.S ? Ne me dites pas que nous sommes en Russie, c'est impossible. » Tout en disant ces derniers mots, une révélation fit prendre conscience à Harry qu'il était possible qu'il soit bien en Russie.

En effet, l'explication quant au fait qu'il lui semblait avoir déjà entendu une langue approchant de celle employée au début de la conversation par l'homme, lui était apparue dans un flash.

C'est en quatrième année qu'il l'avait entendu pour la première fois. Tout d'abord lors de la coupe du monde de Quidditch, de la bouche du ministre Bulgare, puis plus tard pendant le Tournoi des trois sorciers quand les élèves de Dumstrang parlaient entre eux.

« Vous parliez Russe tout à l'heure n'est-ce pas ?

- C'est ça, tu as tout compris. »

Harry était perdu, comment avait-il pu se retrouver en Russie, alors qu'il était sûr qu'avec ses blessures, il n'aurait pas pu bouger de Priver Drive même s'il l'avait voulu.

Boris sembla suivre le court de sa pensée puisqu'il prit de nouveau la parole.

« Je dois dire que c'était une arrivée assez impressionnante, qui je pense est due à un objet que j'ai trouvé là où tu es apparu. »

Le brun fixa le Russe, surpris. « Quel objet ? Je ne pense pas posséder quelque chose capable de me téléporter. Et même si ça avait été le cas, il aurait fallu que je l'active d'une façon ou d'une autre, ce que je n'ai pas fait. »

- C'est un objet assez étrange, il ressemble vaguement à un petit sablier avec du sable rouge vif à l'intérieur et entouré d'un Ourobos. »

Harry se souvenait parfaitement de l'objet, c'était celui qu'il avait trouvé en rangeant sa malle. Cependant il ne comprenait pas plus la manière dont celui-ci l'avait emmené aussi loin de son lieu de départ. Et surtout il n'arrivait pas à saisir pourquoi précisément ici.

Il aurait continué sa réflexion encore longtemps si un grondement sourd provenant de son estomac ne l'avait pas coupé dans ses pensées.

Réprimant un rire, le Russe servit une assiette de ce qu'il avait préparé à un Harry rougissant.

« Désolé, je ne m'étais pas rendu compte à quel point j'avais faim.

- Ne t'excuse pas, il me semble normal d'avoir faim après deux semaines à n'être nourrit que de potions nutritives. »

Commençant à manger avec appétit, le jeune sorcier n'en arrêta pas moins la conversation.

« En parlant de ça, je vous remercie de m'avoir soigné. Je suis cependant surpris de me voir à ce point guéri. Le coma en est-il la cause ?

- Et bien non je ne pense pas. Les blessures se sont correctement et rapidement guéri grâce aux potions et au baume, mais le coma n'y est pour rien. Il a plutôt servi à rétablir ton niveau de magie. »

A ses paroles Harry s'arrêta de manger, la cuillère à mi-chemin de sa bouche et les sourcils froncés.

« Je ne comprends pas.

- Lorsque je t'ai récupéré, ton taux de magie était dangereusement bas. A tel point que tu aurais pu et sûrement dû en mourir. Le peu de magie qui te restait t'a alors mis dans une sorte de coma magique afin que tu recouvres toute ta magie.
Je ne suis pas médicomage mais j'ai un ami qui s'y connait mieux que moi et que j'ai fait venir. Si tu as d'autres questions à ce sujet je te suggère de lui en parler demain. Il est censé venir dans l'après-midi. »

Harry acquiesça doucement de la tête, tout en continuant à manger.

Tout cela lui faisait trop d'informations d'un seul coup. Il préférait ne plus penser à rien pour l'instant et manger. La suite viendrait de toute évidence bien assez tôt à son gout.

Voyant le brun ne plus parler, Boris se servit à son tour une assiette, respectant le silence de son vis-à-vis, bien qu'il meure d'envie de continuer à l'interroger.

Il concevait parfaitement qu'il faudrait un peu de temps au jeune sorcier pour digérer toute ces informations. Et pour l'instant il avait eu la réponse à certaines de ses interrogations, bien que d'autres aient surgi.

Voyant Harry se frotter de plus en plus souvent les yeux, il décida qu'il était temps pour le jeune homme de retourner à son occupation première –et seule occupation- de ces dernières semaines.

« Je pense qu'il est temps pour toi d'aller te coucher. Il me semble évident que tu es épuisé. On verra pour le reste de tes questions et des miennes quand tu te réveilleras. »

Harry ne chercha même pas à protester, ce qu'il aurait normalement immanquablement fait. Ce manque de résistance de sa part prouvant parfaitement son niveau élevé de fatigue. En effet, le simple fait de se déplacer jusqu'à cette cuisine l'avait complètement vidé de ses forces.

Le fait que ses muscles n'aient pas du tout servis pendant deux semaines et surtout qu'il subisse le contrecoup de ses blessures, lui avait rendu ce simple petit déplacement exténuant.

C'est donc un Harry à moitié endormi qui se fit raccompagner dans sa chambre et mettre au lit par son hôte.

Il s'endormi avant même que sa tête ne touche l'oreiller, dans un sommeil réparateur.


*nda : à l'origine, Tout les personnages de HP sont anglais donc faut bien trouver autre chose pour leur faire parler « français »

P'tit Mot de l'auteur: Coucou le monde !

Voilà enfin la suite, j'espère que ça vous a plus.

Je suis légèrement en retard par rapport à ce que j'avais prévu, mais une masse imprévue de devoir a retardé la publication...d'ailleurs j'ai même dû couper le chapitre en deux, sinon vous l'auriez eu encore bien plus tard.

J'ai essayé de m'améliorer et de faire le plus attention possible au conseils de tout le monde et surtout à ceux de ma bêta lectrice, Cristadelle, (que je remercie grandement pour le temps qu'elle a surement pris pour m'expliquer en détails les subtilités du temps et de l'imparfait sur lesquels j'ai toujours été nulle ^^) mais il y a encore surement un tas de petit truc qui ne vas pas donc n'hésitez pas à m'en faire part.

Pour la publication de la seconde partie du chapitre, je pense que je n'aurais malheureusement pas le temps de l'écrire avant au moins mercredi, si ce n'est pas plus tard, mais elle arrivera normalement au plus tard en fin de semaine prochaine.

A la semaine prochaine pour de nouvelles aventures ;


Chapitre posté le 21 septembre 2009

Chapitre re-corrigé le 16/06/2013 ainsi que le 29/01/2017

Merci aussi à Lily Halloween pour avoir relu ce chapitre et corrigé mes nombreuses fautes d'orthographe.