Bonjour à tous et à toutes, et bienvenu à vous pour ce troisième OS.
Je ne sais pas comment ça c'est produit, mais il est beaucoup plus long que les précédents. Vraiment. Environ deux fois plus pour une petite estimation.
Enfin bref, je vous souhaite une bonne lecture et à bientôt !
Réponse à la review :
Abgrund ~ Ben Roméo et Juliette c'est quand même du vu et revu, et ça s'applique à mon sens plus à leurs familles qu'à eux. Sauf que dans un contexte de paix (oui, Roméo et Juliette est une histoire de GUERRE nanmého) je ne trouvais pas ça particulièrement logique. En plus, dans pareille situation, Rose et Scorpius seraient plutôt du genre à adresser un bon gros doigt à leurs familles (moins Scorpius que Rose peut être) puis à se barrer ensemble si tu veux mon avis. Donc oui, tout ce pavé pour dire niet à Roméo et Juliette dans ce cas (mais j'adore la pièce, hein, pas la peine de venir me taper).
Mais c'est bon la guimauve non ? Blague nulle à part, quel que soit le moment, je suis pratiquement certaine qu'ils finiront toujours par se battre pour savoir qui est le meilleur. Un peu comme deux gosses des bacs à sable.
Le théâtre, cette chose merveilleuse qui peut être gâchée par un mauvais professeur. Y a pas de raison pour que les sorciers n'en profitent pas. Rien de plus à dire sur ce point.
Je crois que niveau longueur tu vas être comblée... bon, une grosse part est plus sur la famille de Rose, mais j'avais envie. Voilà. On ne les voit pas assez.
Merci beaucoup pour ta review et tes encouragements, j'espère que cet OS te plaira. À bientôt !
-Tu n'es pas à la fête ?
Rose leva la tête vers son superbe cousin. Louis et elle s'entendaient plutôt bien, relation que lui enviaient les trois quart de la gente féminine du château. Les personnages masculins, eux, protestaient souvent dans leur barbe. Oui, c'était injuste. Avoir du sang de Vélane aurait dû être interdit. Sauf que le pauvre n'y pouvait rien si sa mère l'était en partie. Il avait beau avoir fait dans la simplicité, pantalon noir et chemise blanche plus cravate aux couleurs de sa maison, il restait fichtrement beau en ce soir de festivité. L'école avait organisé un bal pour le départ des vacances de Noël, avec l'optique de réunir les quatre maisons. C'était devenu une tradition à cause des « légères » rivalités existantes.
-Et toi ?
-Parti au bout de quelques minutes, dit-il en grimaçant.
Elle réprima un rire. Le malheureux avait – encore – dû subir les attaques de ses adoratrices... souvent à coup de chocolats ou petits gâteaux fourrés au philtre d'amour. Parfois il maudissait son oncle Georges pour avoir créé pareille potion.
-Qu'est-ce que la fière lionne fait là ?
-Préfère Noël en fête familiale, pas un débauche sans nom.
-Mouais.
En voyant son air sceptique, elle supposa qu'il repassait dans sa tête les cinq dernières festivités de fin d'année. En première année, elle avait réussi à s'incruster dans le comité de décoration et transformer tous les petits angelots ridicules pour leur donner la tête de professeurs et de son ennemi de toujours. Elle avait même gardé l'un des chérubins à tête de Scorpius. En deuxième année, elle avait « accidentellement » échangé les musiques. Elle ne voyait pas du tout en quoi les chants traditionnels étaient meilleurs que sa compilation « Les meilleurs morceaux du métal, de 1960 à aujourd'hui ». Il fallait croire que les enseignants n'étaient pas de son avis. En troisième année, Mimi Geignarde avait ramené sa triste bouille sur « l'invitation d'un élève blond portant vert et argent ». Elle s'était dit qu'elle s'améliorait en déguisement, surtout avec l'aide du Polynectar. Et puis elle s'était donnée du mal pour récupérer le foutu cheveu du foutu Serpentard ! En quatrième et cinquième année, très surveillée, elle s'était contentée d'envahir la piste. Avec ses – nombreux – cousins au début, puis avec son petit-ami de l'époque. Elle grimaça en se rappelant de cet abruti. Elle avait le chic pour dénicher les pires types possibles, pourtant ils paraissaient vraiment sains au départ. Peut être pour cela qu'elle était célibataire maintenant.
-Allez Rosie, descends s'il te plaît.
-Tu viens me le demander par sollicitude ou parce que tu manques de partenaires de danse qui n'essaient pas de te sauter dessus ?
Il n'eut pas besoin d'ouvrir la bouche, elle avait déjà compris.
-Demande à Roxane si c'est juste ça !
-Mais je n'aime pas que tu te morfondes.
-Je n'aime pas qu'on me mente.
-En plus tu danses mieux qu'elle.
-Tu t'améliores.
-Et tu fais beaucoup plus peur qu'elle.
Elle le fixa suspicieusement.
-Elle est déjà avec son copain c'est ça ?
-... oui.
Elle en était sûre. Personne dans tout Gryffondor n'était plus terrifiant que Roxane Weasley. Aussi sérieuse que sa mère, elle ne supportait pas que l'on se permette des entorses au règlement ou que l'on s'en prenne à un membre de sa famille. Autant dire qu'elle avait du monde à protéger avec l'incroyable marmaille issue des fils et filles Weasley. Rose observa son cousin si désolé, puis finit par lui demander de l'attendre vingt petites minutes. Elle embarqua son nécessaire de base et fila sous la douche, qu'elle prit très rapidement en faisant attention à ne pas mouiller sa crinière. Elle en fit une sorte de chignon négligé, se maquilla rapidement les yeux en deux coups d'eye-liner, renfila sa robe de chambre sous laquelle elle avait passé ses sous-vêtements et remonta rapidement. Un rapide coup d'œil dans le fouillis de son armoire lui suffit pour repérer ce qu'elle voulait mettre. Louis la regarda, médusé, enfiler une superbe robe rouge. Elle se tortilla pour trouver la fermeture avant de lui faire signe de venir l'aider, excédée.
-Pas la peine de faire le merlan frit, c'est pas moi qui l'ai achetée. Cadeau de mamie.
-Ah oui... évidemment. Tu es superbe là-dedans.
-Profite, pas demain la veille que je ressortirai un truc de ce genre. Pas besoin de ça pour séduire qui je veux.
-Dommage.
Dommage, en effet, car elle était proprement sublime. Attachée derrière le cou par deux bretelles, la robe faisait ressortir ses formes – qu'elle avait toujours trouvé relativement inexistantes – et sa taille fine en les moulant puis descendait jusqu'à ses genoux en volants aériens. Elle glissa ses pieds dans une paire de talons hauts noirs à bride, plus sobres.
-Tu n'as pas peur que les professeurs trouvent ton décolleté un peu... provocateur ?
-La provocation, c'est mon domaine, tu te rappelles ?
-Bien... dans ce cas.
Il s'inclina très comiquement devant elle et lui tendit la main comme si elle avait été une grande dame.
-Me feriez-vous l'honneur d'être ma cavalière ?
-Avec joie, lui répondit-elle en riant.
Il rejoignirent la grande salle main dans la main. Les décorations étaient restées traditionnelles, un gigantesque sapin orné d'où partaient des dais traversant toute la salle, des stalactites sur les escaliers et les ornements des murs, une fontaine givrée au milieu de la piste de danse. Elle remarqua sa cousine, valsant avec son grand amour, et d'autres de ses amies qui lui adressèrent un signe de la main. Albus était près du buffet, en pleine conversation avec... ben tiens, comme par hasard. Elle ignora royalement le scorpion et sa charmante langue de vipère de cousine. La musique changea très peu de temps après leur entrée pour quelque chose de plus mouvementé, et elle se retrouva bien vite à tournoyer entre les mains d'un Louis ravi. Ce soir, elle se changeait les idées !
-Regarde qui reviens avec une garde du corps, persifla la jeune Nott.
Scorpius et Albus se tournèrent vers les danseurs, et plus particulièrement vers le couple dont parlait la Serpentard. Ah. Il croyait qu'enfin Poudlard connaîtrait une fête paisible, mais il avait fait erreur. Une fois de plus, la lionne refaisait son apparition, et qui plus est au bras du célibataire le plus convoité de l'école. Après lui bien sûr. Ses doigts se crispèrent sur son verre quand il la vit éclater de rire alors que le blond la ramenait contre lui après un pas où ils étaient séparés. Elle l'avait ignoré en arrivant, et ne semblait pas prête à passer le voir. C'était presque vexant. C'était qu'elle s'était faite belle en plus ! Et pour ce abruti de quasi-Vélane ! D'aussi loin qu'il s'en souvienne, elle ne mettait jamais de tenues de ce genre sauf quand elle cherchait à mettre le grappin sur quelqu'un. Le morceau s'arrêta, et les deux compagnons essoufflés vinrent les rejoindre près du buffet. Ils n'avaient pas tellement le choix en même temps, puisqu'ils se trouvaient près des boissons.
-Très joli Rose, heureux de voir que tu es finalement descendue.
-Merci Alb, mais Louis est un excellent guide alors je n'ai pas tant de mérite.
-Je ne parlais pas que de votre performance. C'est trop rare de te voir comme ça.
Le silence lui répondit, au cours duquel l'« excellent guide » – sale bellâtre – revint avec deux verres de jus de fruit. Tournés vers le brun, les deux rouges et ors ignoraient ostensiblement les verts et argents.
-Tu es venu seul, Alb ?
-Avec des amis. Tu ne voulais pas rester en haut ?
-Louis a tenu à me faire venir... donc me voilà.
Et en plus c'était lui qui l'avait convaincue de descendre. Elle faisait un peu trop de choses pour lui à son goût, et surtout son adversaire de toujours le mettait un peu trop de côté ce soir.
-Quel tour de force Louis, convaincre cette tête de mule !
-Oh oui, alors je ne compte pas m'en séparer avant l'extinction des feux, plaisanta le prince de Gryffondor en posant sa main sur la taille de sa cousine.
Scorpius vit rouge – et pas seulement à cause de ce que portait Rose – mais demeura assez maître de lui-même quand il revint dans la conversation.
-Même pas le temps d'une danse ?
Rose ne s'y trompait pas. Elle le connaissait depuis assez longtemps pour savoir qu'un Scorpius glacial était un Scorpius furieux. Or, là, il était très proche du zéro absolu. Il lui lança un regard signifiant « Tu ne pourras pas m'éviter ce soir », auquel elle répondit par une neutralité complète. Pas besoin de lui donner de l'importance. Elle sentit que son cousin était près à répliquer, détestant celui qu'il appelait le « sale fils de traître, Sang-Pur de mes... » dans ses moments de colères. Elle l'avait su à l'instant où ils avaient retrouvé Albus, un nouveau jeu venait de débuter. Peut être devrait-elle faire des concessions pour gagner, mais elle ne perdrait pas cette fois, pas comme dans la salle de classe. Elle plaqua une main apaisante sur le torse de Louis, ce qui eut une toute autre signification pour le serpent. Son regard passa du « gelé, je vais m'énerver » au « glacé, gaffe à ce que tu vas faire ». Plus que le « polaire, t'es mort(e) » et la collection serait complète.
-Non Malefoy, pas même le temps d'une danse.
-Pardon Rose, mais il me semble que c'est à Weasley que je parlais.
-Pardon Malefoy, mais il me semble que ça me concerne.
Elle soutint le gris tranchant, déterminée à ne pas se laisser faire. Un sourire mauvais vint se loger sur le visage de Scorpius. Qu'allait-il encore inventer ?
-Ma foi, Weasley, si tu as trop peur d'être assailli par quelques malheureuses adolescentes pour te séparer de ta cousine un court instant... je me contenterai de la mienne.
Il se rapprocha de Nott, fille de la sœur de sa mère et par conséquent membre de sa famille. Rose était coincée. Soit Louis passait pour un pauvre petit garçon apeuré, soit elle sautait avec bonheur directement dans la gueule du loup. Scorpius semblait très fier de lui. Entrez donc dans ma toile, dit l'araignée à la mouche. Elle passa son verre à Albus et présenta sa main à l'héritier Malefoy.
-Une danse, précisa t-elle fièrement.
-Pas une de plus.
Il l'entraîna vers le cœur de la salle. Comme par hasard, ils avaient remit une valse, cette chose qu'elle ne savait absolument pas danser. Heureusement, son cavalier semblait la connaître lui, et il guidait fermement ses pas. Avec un certain talent, devait-elle avouer. Rapidement, il recommencèrent à parler à voix basse.
-C'était quoi ce cirque avec Louis, Malefoy ? Je croyais que le jeu n'incluait jamais les membres de la famille. Albus excepté.
-Il s'est immiscé entre nous tout seul comme un grand.
-En m'invitant ? Si tu voulais que je vienne, tu n'avais qu'à faire de même. Ne joue pas les jaloux ensuite.
-Je ne suis pas jaloux, puisque je sais que tu ne l'aime pas comme ça.
C'était un mensonge bien sûr, mais quel jeune homme imbu de lui-même peut dire à son ennemie qu'elle a raison ?
-Ah oui ? Et qu'est-ce qui te permet de l'affirmer ? Le fait que je t'aime déjà c'est ça ?
-Exactement.
Il la sentit se crisper contre lui.
-Je devrai te gifler.
-Je devrai t'embrasser.
-Encore ? Tu y prends goût.
-Dois-je te rappeler qui a commencé ?
-Aurais-tu peur de descendre sur une pente aussi glissante ?
-Absolument pas. Après tout, c'est bien l'un des derniers plans sur lequel nous ne concourons pas. Et je suis aussi certain de te battre sur celui-ci que sur les autres.
-Ce ne serait pas très orthodoxe.
-Rose Weasley qui craint de franchir une limite ? On aura tout vu.
-J'ai juste peur de parvenir à t'exploser un peu trop facilement.
-Que cela ne te retienne pas. Je gagnerai.
-Tu es bien sûr de toi pour quelqu'un qui a manqué de briser son verre juste parce que j'étais avec mon cousin.
Elle l'avait remarqué alors.
-C'est donc que tu me regardais.
-Pas par plaisir, sois en assuré. Qui le ferai avec bonheur de toute façon ?
-Beaucoup de filles (1). À commencer par toi manifestement.
-Tu fais une fixette sur ma soi-disante (2) passion pour toi.
-Si ce n'était pas pour moi, pour qui te serais-tu habillée ainsi ?
En fait il n'était pas certain de vouloir connaître la réponse.
-Tu n'as pas idée du nombre de garçons qui me plaisent plus que toi.
-Si. Zéro.
-Rajoute la totalité des hommes de cette école.
-Je ne suis pas si désagréable. Et puis, cela inclut l'inceste dans ce cas non ?
-Juste extrêmement haïssable. Et je préférerai encore me taper Hugo et la totalité de mes cousins que de passer une seule nuit avec toi.
-Tu me fends le cœur, Rose.
-Quand t'ai-je autorisé à utiliser mon prénom ?
-Peut être préfères-tu Rosie, comme tes cousins. Ou sale gamine, comme les professeurs. Lionne, comme beaucoup ? J'en ai encore en réserve...
-Par exemple ?
Il déglutit et sortit son arme secrète.
-Braise ardente.
La gifle partit toute seule et envoya sa tête vers le côté. Il regretta ce qu'il avait fait à l'instant où il vit ses yeux étincelants de rage, mais aussi de larmes contenues. Quand ce crétin de McJoy lui avait révélé le petit nom qu'il utilisait avec Rose du temps où ils sortaient ensembles, il s'était douté que ça lui serait utile un jour. Là, pensa que c'était une mauvaise idée d'écouter cet abruti en fait.
-Content Malefoy ? siffla la jeune fille. Je m'en vais. Je ne veux même pas savoir quand l'imbécile qui m'a servit de copain bien trop longtemps t'as appris ce genre de choses. Je ne veux pas savoir ce qu'il t'a dit d'autre, ni même si tu étais au courant du fait qu'il allait visiter d'autres greluches. Peut être l'as-tu aidé, mais je m'en tamponne. Je voulais passer une soirée paisible, tu l'as gâchée. Sois heureux ! Tu as gagné ce soir. Tu peux seulement être sûr que je n'en resterai pas là.
Elle s'en alla rageusement, rapidement suivie de son cavalier originel. Les violons se remirent à jouer, l'attention se concentra ailleurs que sur cette énième dispute. Scorpius avait écouté toute sa tirade en silence. Gagné ? Il n'en était pas si sûr au fond.
Il avait même plutôt l'impression d'être le perdant ce soir.
(1)Et on admire la modestie légendaire de Scorpius Malefoy !
(2)Soi-disante ? Sûre Rose ?
C'est tout pour aujourd'hui ! Je vous dis donc à demain pour le prochain.
