Assise seule sur son lit, incapable de trouver le sommeil, Clara Oswald ne pouvait s'empêcher de pleurer les larmes qu'elle avait retenue toute la journée. Elle se sentait désespérée, abandonnée. Et si le Docteur ne parvenait pas à l sauver ? Il n'avait jamais échoué auparavant, mais malgré ça, Clara ne pouvait refouler les doutes qui emplissaient progressivement son esprit, empoisonnant ses pensées. Tout ce à quoi elle pensait, c'était qu'il parvienne à la sauver, juste pour tomber dans un piège et échouer. Juste pour mourir de la main de l'homme qui la retenait prisonnière. Ça la terrifiait. Ça l'a terrifié plus que de raison. Alors elle pleura, ses pleurs plus fort qu'elle l'eut cru.
Le Maître était étendu sur son lit, plusieurs portes plus loin. Il jeta une balle contre le plafond, tapant les tambours sur le coté du lit, sifflant même un peu pour ignorer le grabuge venant du couloir. Sans succès. Poussant un grand soupir, l'ennuyé sociopathe se leva et se dirigea vers la chambre de Clara, toquant à la porte avant de la pousser pour voir une femme en pleur, roulée en boule, se tenant fermement les genoux. Il se mordit la lèvre, les mots qu'il avait préparé s'évaporèrent de son esprit quand elle le regarda, une larme coulant sur sa joue dans la lumière du corridor. Il soupira légèrement, sentant son estomac se retourner quelque peu alors qu'il tentait de retrouver ses mots.
"Quoi ?", elle lui cria presque, la colère commençant à percer à travers sa voix. "Qu'est-ce que vous voulez, vous espèce de fou ?"
Il ravala sa salive et répondit avec ce qui semblait être de l'aise, ses émotions confuses et mélangées. "Les pleurs. Je n'entend presque plus les tambours dans ma tête. Ça doit cesser."
Elle lui adressa un regard de défi, chassant sa curiosité à propos des tambours qu'il avait mentionné. "Non."
Le Maître lui lança un regard incrédule. "Non ? C'est ça votre réponse ?"
Clara acquiesça rapidement. "Yep."
"Furieusement ?"
"C'est exact."
"Vous vous fichez de moi."
"Pas du tout."
"Mais-mais..."
Clara souri légèrement, involontairement amusée par son kidnappeur. Il resta planté là, la regardant, comme si elle était la chose la plus étrange qu'il n'avait jamais vu. Elle ne put s'en empêcher. Son incrédulité la fit éclater de rire.
Le rire évidemment, le confus d'avantage. "Qu'y a t-il ?" il lui demanda.
"Désoler", elle lui murmura, essayant mais ne parvenant pas à s'arrêter de rire. Elle se demanda si les nerfs lui lâchaient.
Il la fixa, semblant réfléchir. "Est-ce que vous avez vos règles ?" demanda le Maître avec tout le sérieux dont il était capable. Ça pourrait expliquer son comportement étrange. Lucy agissait bizarrement quand elle avait les siennes...
"Mes quoi ?" elle lui cria presque, riant tellement qu'elle tomba presque du lit. Le Maître dansa d'un pied à l'autre nerveusement et laissa apparaître un fin sourire. Peut-être que cette femme était aussi folle que lui. Secouant la tète, il attendit qu'elle se calme avant de parler. "Je suppose que j'ai gagné alors ?"
Clara pencha la tête et le regarda, pleurant encore un peu. "Qu'est-ce que vous voulez dire ?"
"Vous avez arrêter de pleurer. Donc j'ai gagné", il lui dit, arborant un sourire triomphant.
Elle renifla, se mordant la joue. "Oh vraiment ?", elle lui demanda, "Je n'en suis pas si sure."
Il haussa un sourcil. "Ah oui ?"
"Oui."
"Et pourquoi ça ?" il lui demanda, légèrement curieux.
Elle haussa les épaules et fixa le plafond pendant quelques instants avant de répondre, "Parce que je peux recommencer à pleurer en un rien de temps."
Il renifla. "Oh ? Voyons ça alors." Le Maître fixa sur elle un regard d'acier, vide de compassion. Même si ce même sentiment tentait de percer sa conscience, il n'allait pas le laisser savoir, ni le montrer.
Elle se mordit la lèvre, perturbée par ses paroles. "Je pensais que vous ne vouliez pas que je pleure", elle lui dit lentement.
"En effet," il lui répondit doucement.
"Mais vous venez juste de dire que..." dit-elle alors qu'elle s'interrompit. Cet homme était vraiment un fou, n'est-ce pas ?
Le Maître roula des yeux fatigués. "Peu importe. Vous ne pleurez plus, mon travail ici est terminé." Il lui adressa un bref, quasi invisible sourire avant de tourner les talons et de fermer la porte.
Clara regarda la porte qu'il venait de fermer pendant un moment. " .Hell ?" elle murmura, lâchant un soupir alors qu'elle se laissait tomber contre son oreiller.
Il ne s'était pas passé trente minutes qu'elle pleura de nouveau, le Maître revint donc dans sa chambre.
"Vraiment ?", il lui demanda, la regardant avec peine. Elle ne lui répondit pas – elle continua à pleurer. "Je croyais que vous en aviez fini avec ça," il lui dit doucement. Il ne comprenait pas pourquoi il ne supportait pas de la voir pleurer. Au début, il croyait que c'était parce que ses pleurs l'empêchaient de dormir, mais voir son frêle, corps humain trembler de toutes ces émotions qui parcouraient ses veines...Ça semblait avoir brisé quelque chose en lui. Ce qui était brisé, il ne pouvait le dire.
Poussant un soupir, il la regarda pendant quelques instants avant de finalement entrer dans la chambre et de prendre une chaise qui était contre le mur, qu'il rapprocha du lit, sur laquelle il s'assit. "S'il vous plaît", il lui dit, la regardant avec désespoir. La jeune femme continua de l'ignorer. Il regarda le plafond et avala avant d'essayer de former ses prochaines paroles, " Je...erm...Si vous vous arrêtez de pleurer, je ne vous tuerai pas..." il lui dit en la regardant, penchant sa tête sur le coté.
Clara daigna enfin le regarder et essuya les larmes dans ses yeux du revers de la main.
"Vraiment", elle lui dit d'un ton dénué d'émotion.
Il acquiesça lentement, réalisant qu'il avait parlé en toute honnêteté, "Oui, je vous, uhm, ramènerai chez vous, à votre époque quand j'en aurais fini avec mes plans."
Elle renifla, se relevant sur son épaule. "Vos plans ?", elle lui demanda, sa voix se brisant alors que sa colère perçait, "Vos plans pour capturer le Docteur et faire quoi exactement ? Comme vous l'avez dit, ce n'est pas juste pour partager un thé."
Le Maître soupira, ne voulant pas particulièrement répondre à sa question. "Vous ne comprenez pas, Clara, je suis obligé de le faire."
Triste et fatiguée de se battre, elle détourna le regard. "Personne ne vous force à faire quelque chose. Vous avez une machine temporelle. Vous ne feriez pas ça si vous ne le vouliez pas.", elle grogna, baillant lorsqu'elle eut fini de parler.
Il resta à la regarder pendant un long moment, ne disant rien, tapant sa jambe au rythme des tambours, encore et encore. Finalement il se leva et fit mine de partir, avant d'arriver à la porte et de se retourner pour la regarder endormir. Ses yeux étaient fermés son visage, parcouru de larmes...Mais il ne put s'empêcher de penser qu'elle était la plus belle créature qu'il n'avait jamais vu.
