Bonjour/Bonsoir à tous et à toutes!

Me revoilà avec un nouveau chapitre :)

Je suis désolée pour le temps que je mets à les écrire! X( mais bon, vous savez ce que c'est les études...

Enfin bref... Je suis désolée Yao (si je puis me permettre) mais mon OC n'aura pas de nom, du moins, pour le moment, je trouve ca plus drole ;) libre à toi de lui en donner un, du coup ^^. Et oui, j'aime bien lazare aussi, mais il n'est pas si petit que ca!

Sur ce, je vous laisse lire ce nouveau chapitre.

PS: c'est toujours sympa de laisser une review, ca aide l'auteur à progresser et ca le motive.


« Doit-on faire une révérence ? »

J'entendis à peine la pique humoristique de Will, trop occupée à regarder le spectacle qui s'offraient à moi.

Au milieu du hangar, surélevé par des palettes en bois, trônait un fauteuil poussiéreux sur lequel était installé le corps d'un homme d'une petite trentaine d'année, nu, et recouvert d'un long tissu bleu-roi sur lequel des lys dorés étaient brodés, ce qui donnait l'impression d'être en face d'un monarque. Le hangar désaffecté donné une lumière tamisé, et était dans les tons marron- vert. Ce qui contrasté avec le bleu intense du tissu, ainsi qu'avec la brillance des lys. Le corps était positionné en plein dans un puit de lumière. L'aspect de la scène de crime ressemblait à une peinture. C'était tout simplement captivant.

« Le corps a été découvert ce midi, par des jeunes qui cherchaient un endroit où s'abritait de la pluie, nous précisa Crawford.

-C'est… presque artistique, ajoutai-je. On sait de qui il s'agit ?

-Non, il n'avait pas de papier sur lui, répondit Crawford.

-Je pense que l'auteur de ce meurtre a voulu élever sa victime au dessus de nous, comme une sorte de vénération envers lui, nous annonça Will

-Il vénère sa victime, mais ca ne l'a pas empêché de la tuer, commenta Crawford. »

Tout en disant cela, notre petit groupe se rapprocha de ce roi déchu. Mes yeux circulaient du corps à Will. Arrivée à une distance d'environ un mètre de la victime, quelque chose me frappa, Une large tâche rouge-marron se dessinait sur le drap royal au niveau de l'entre-jambe. Je me retournai vers mes deux co-équipiers pour leur faire part de mon observation, mais je fus stoppée lorsque je posai mes yeux sur Will. Il était déjà en train de supprimer tout les éléments extérieurs en dehors de la scène de crime afin de comprendre le meurtrier. Je savais pertinemment que ca ne servait à rien de tenter de lui parler à ce moment là, ca ne ferait que le déranger. Il parla pour lui-même, de manière à ce qu'on ne comprenne pas ce qu'il disait. Il se déplaça dans le hangar d'un pas assuré, tout en commentant pour lui-même ses gestes, et finit sa course devant le corps, il reproduisait les gestes du tueur. C'est seulement à ce moment qu'il ouvrit les yeux et annonça d'une voix claire et assurée « ceci est mon dessein » Cette phrase était son petit rituel à lui, bien que je n'ai jamais compris pourquoi exactement. Ca me faisait penser à une phrase répété par un héro dans une série policière, le type de phrase culte, qu'on répète de la même manière que « Je suis ton père ». Mais bien sûr, nous n'étions pas dans une série policière à succès et totalement romancée, mais dans la réalité. Will m'impressionnait toujours avec son don d'empathie. Ca faisait de lui un être au dessus du commun des mortels. Je ne savais pas à quoi cela était dû, mais c'était à la fois terrifiant, et magnifique. Certains pensaient que s'il pouvait lire dans les esprits des criminels aussi facilement, alors ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne devienne lui-même un criminel. Mais en toute franchise, je ne pense pas que ce soit le cas. Je ressentais en Will comme une douceur d'âme, que je ne pouvais pas expliquer.

« Elle n'a pas tué son amant ici, elle l'y a conduit après qu'il soit mort et a installé son corps de la sorte avec ce qu'elle a trouvé dans le hangar. Elle vénérait au plus au point cet homme, et a voulu lui rendre hommage en l'élevant au rang de roi. Ce n'est pas un meurtre c'est un sacrement. »

Une fois de plus, Crawford et moi étions bouche-bée devant les déductions de Will. Au bout de quelques secondes, je demandai.

« Et la tache de sang sur le drap ?

-Ca... Elle l'a castré, le pénis est signe de virilité, certes, mais aussi de bestialité, me précisa t-il.

-C'est une sorte de trophée ? Demandai-je.

-Oui, mais c'est plus que ca.

-Pourquoi avoir placé un roi dans un tel endroit ?

-C'est l'endroit où le meurtrier et sa proie se sont rencontré.

-Dans un endroit pareil ? Mais comment c'est possible ? demanda Crawford.

-Cet endroit… Ce n'est pas l'endroit idéal pour un meurtre, parce que c'est très isoler. C'est l'endroit rêvé pour une fête… Illégale, constatai-je.

-Une rave party ! S'exclama Crawford.

-Le problème maintenant, c'est de retrouver les personnes qui s'y trouvaient. On ne sait pas quand elle a eu lieu. C'est quasiment impossible, ajoutai-je.

-On pourrait commencer par interroger les habitants du coin, proposa Crawford. »

A ce moment, j'entendis des sabots derrière moi, je me retournai et aperçue une immense ombre noire qui s'approchait de nous. J'écarquillai les yeux, incrédule et terrorisée par ce spectacle. Je me mis à trembler, ma respiration s'accéléra et des gouttes de sueur perlèrent sur mes tempes. Cette vision me paralysait. Je ne pouvais plus bouger. J'étais forcée de regarder cette chose se rapprocher de nous, j'étais même incapable de cligner des yeux. Le bruit des sabots résonnèrent dans ma tête comme des marteaux. J'étais sur le point de faire une crise quand je sentis la main chaude de Will presser amicalement mon avant-bras en me demandant si ca allait. Il avait le don d'agir exactement de la bonne manière avec les gens, et ca, totalement spontanément et naturellement, je me demandais souvent s'il s'en rendait seulement compte.

Je pus enfin cligner des yeux. Mes hallucinations disparurent et laissèrent place au docteur Lecter, qui marchait d'un pas tranquille vers nous.

Je posais mes yeux sur Will et lui acquiesçai que tout allait bien. Il fronça des sourcils, il savait que je mentais, mais ne dit pas un mot.

Une fois à notre hauteur, Lecter nous salua un par un en nous serrant la main. Je fus la dernière à qui il tendit sa main. Je la saisis, en tentant d'éviter un contact visuel, mais je sentais son regard sur moi et je ne pus m'empêcher de le regarder. Ses yeux, d'ordinaire noisette, étaient, peut être par la luminosité, très sombre et teintés de rouge, lui donnant un air surnaturel et effrayant. Le contact visuel dura plus longtemps que prévu, mais pas assez pour y déceler une quelconque envie comme celle de meurtre ou une pulsion sexuelle. Je le sentais surtout intrigué par moi, comme si je possédais quelque chose qui le dépassais, il me regardait les yeux plissait, tentant de lire quelque chose dans mon regard. Je ne compris d'abord pas pourquoi il agissait ainsi, c'était presque un manque de respect, je pense selon ses règles, par la suite, je compris qu'il voyait en moi un adversaire, mais je n'y pensai pas à ce moment.

Bien que Lecter ai quelque chose d'inquiétant, il semblait que je sois plus ou moins la seule à l'avoir remarqué. Moi et Will, d'une certaine manière. De plus, il possédait un charme qui lui était propre. Ce coté dangereux, mystérieux et presque mystique devait faire tomber plus d'une femme à ses pieds. Mais je trouvais que ces traits lui donnaient plus l'air effrayant, bien qu'en cet instant, ca me troublait plus qu'autres chose.

Je fus celle qui rompu le contact visuel, en posant mes yeux un peu plus bas sur son visage, ce qui me laissa apercevoir le rictus sur sa bouche, peut être était-ce de la déception ? Il n'avait sans doute pas trouvé ce qu'il cherchait dans mon regard.

« - De quoi est-il mort ? Demanda-t-il.

-Apparemment il serait mort vidé de son sang. »

Lecter fronça des sourcils avant de s'approcher du cadavre en enfilant des gants en latex et souleva la main de la victime avant de la tourner vers lui. Il y avait une grande entaille sur l'avant-bras dans le sens de la longueur, nette et propre.

« -effectivement, ce qui est étrange, c'est que je ne vois aucune traces qui montre qu'il se serait débattu.

-On suppose que le meurtrier l'a drogué avant de lui couper les veines. »

La voix venait de sur le coté, nous tournâmes tous la tête d'un seul mouvement et découvrîmes Zeller et Price qui s'approchèrent de nous.

« Donc ca se serait passé comme ca la victime est drogué par son meurtrier, lui enlevant tout moyen d'auto-défense, et son meurtrier en profite pour lui tailler les veines, le laissant gentiment se vider de son sang, nous précisa Price.

-Je pense que ces gens sont assez intelligents pour déduire ca eux-mêmes, mon cher collègue, ajouta Zeller. »

Price ouvrit la bouche, puis se ravisa et se renfrogna sur lui-même, j'aimais bien voir ses deux la se chamailler, ils ressemblaient à deux frères qui sont toujours en train de se chercher des noises mais qui font quand même les quatre cents coups ensemble.

« -Vous avez une idée de la drogue employée ? Demandai-je.

-Pour l'instant, nous ne savons pas vraiment, nous le découvrirons pendant l'autopsie. Personnellement, j'opte pour un puissant somnifère, répondis Zeller.

-Mais n'importe quoi ! Un somnifère ! On aura tout entendu ! Tu imagines le temps que ca doit prendre pour que la victime s'endorme ?! Non ! Je pense plus à la drogue du démon, une dose soufflée au visage, et hop ! Vous êtes à la merci du prédateur, surenchérit- Price.

- Arrêtez de vous battre tout les deux, l'autopsie nous le dira bien, coupa court Crawford.

-Et c'est une meurtrière dans ce cas, précisa Will.

-A combien remonte la mort ? Demandai-je.

-A en juger par l'état de décomposition et de rigidité, je dirais aux alentours de vingt-quatre heures, me répondis Price. »

J'acquiesçai de la tête et me dirigeai vers le cadavre, pour l'examiner de mes yeux. Le corps était pâle, presque semblable à de la porcelaine, tout les traits de son visage étaient relâchés, on avait l'impression qu'il dormait. Je tournais autour du trône, et quelque chose attira mon attention. Je demandai à mes collègues de venir voir. Ils s'agglutinèrent à mes cotés, et je leur désignais une marque rouge dans son dos. Alors avec précaution Price et Zeller penchèrent la victime en avant afin de nous laisser voir cette marque. Il s'agissait d'une marque laissée en réalité au fer rouge, représentant une fleur de lys dans un cercle. Elle n'avait pas commencé à cicatriser, la peau était encore à vif et rouge sang.

« Marqué comme une bête, commenta Lecter, sa voix, trop proche de mon oreille à mon goût, me fit frissonner d'angoisse.

- Mais pourquoi ? Si la tueuse voulait l'élevait à un rang supérieur ?

- Il fallait que ce soit marqué sur son corps, et pas seulement grâce à des artifices, comme le drap ou le trône, nous informa Will.

-Mais il y avait d'autre manière moins dégradante, suggéra Lecter.

-Mais tout aussi rapide, je ne crois pas. De plus, j'ai comme la sensation que ce traitement bestial qui lui a été infligé représente celui qu'a subit la meurtrière.

-Donc elle aurait était traitée comme un animal également ? Demandai-je.

- A ses yeux, oui, mais cela n'empêche qu'elle adorait cet homme, qui lui est donc supérieur.

-C'est une personne extrêmement contradictoire alors, ajouta Lecter, plus comme une affirmation que comme une question. »

Le reste de la journée s'écoula rapidement, nous cherchions dans tout le hangar de nouveaux indices, sans rien trouver de plus et nous prenions un maximum de photos de la scène de crime avant d'emporter le corps à la morgue. Une fois là-bas, Zeller et Price se sont attelé a découvrir quel drogue avait était employé, en pariant sur la drogue en question.

Vers la fin d'après midi, Will et moi sommes partis interroger les habitants du coin sur cette probable rave party. La plupart était des personnes âgées de cinquantaine d'années, et parlait d'une musique forte qui venait d'ils ne savaient trop où il y a environ deux mois. Et évidemment, personne ne connaissait quelqu'un qui s'y est rendu. Nous en avons également profité pour savoir si ils reconnaissaient la victime, mais personne ne semblait savoir qui il était.

De toute façon, même si on trouvait quelqu'un qui y était allait, je doutais fort qu'il soit capable de se souvenir de cette soirée, et même si c'était le cas, ils devaient y avoir beaucoup trop de monde pour que quelque chose soit remarqué.

Nous abandonnons très rapidement l'idée de trouver quelqu'un de la fête. Lorsque nous rentrâmes au bureau, il était déjà vingt deux heures, nous fîmes rapidement notre rapport à Crawford avant que Will n'ajoute que ce n'était surement qu'un début, qu'il y aurait sûrement d'autres victimes. Bien que cette idée m'effleura l'esprit, je préférais éviter d'y penser, car je n'avait pas envie d'aller annoncer la mort d'une personne à ses parents, ni même de me retrouver de nouveau confronter au délire d'un psychopathe fétichiste.

J'aimais mon boulot, j'aimais enquêter et me retrouver devant des énigmes, mais je n'aimais vraiment pas me retrouver devant des corps.

Lorsque je rentrai enfin chez moi, il était vingt deux heures passées. J'allais récupérer Lazare dans sa cage. Il croassa en me voyant et vint se poser sur mon épaule. Nous rentrâmes à l'intérieur et je donnai à manger à mon volatile noir avant de me préparer mon repas. Je voyais bien qu'il m'en voulait d'être rentré si tard. Je m'inquiétais beaucoup pour lui, C'est un animal social, et le laisser enfermer dans une cage certes gigantesque mais seul était une mauvaise idée. Bien des fois j'ai essayé de lui rendre sa vie sauvage, mais les autres corbeaux le rejettent et il revient toujours à la maison.

Je passais un peu de temps avec lui avant d'aller me coucher. Le lendemain aller être une longue journée.