Second Vol : La rencontre d'un paon et d'une alouette, raconté par Albus Severus Potter
« Par la suite, j'ai souvent repris le balai dans la remise, pour aller toujours plus, toujours plus haut. Mon père ne l'a jamais découvert, mais Lily m'a vu une fois. Pour acheter son silence, j'ai du promettre de l'emmener avec moi au moins une fois par semaine, mais ça ne me coutait pas du tout, c'était notre secret et ça nous a vraiment rapproché.
Quand je suis ensuite rentré à Poudlard, je n'avais qu'une peur : comment pourrais-je continuer de vivre mon rêve ? Je ne pourrais plus voler, puisque le Quidditch ne m'attirait nullement, j'aimais le vol, et non pas ce jeu, oh combien stupide !
_ Al ! Ne parle pas de mon métier comme si c'était un discours de Fudge !
_ Désolé, chéri mais ton métier est vraiment stupide !
_ Al !
_ Tu permets que je continue ? C'est ton idée après tout.
_ Moui… »
« Je reprends donc. Je ne voyais – et ne vois toujours pas - l'intérêt du Quidditch, même si c'est ce que ma famille à toujours cru, moi, je voulais juste voler. Alors je volais.
Chaque nuit d'orage - j'étais sûr que personne ne me verrait, puisque je ne faisais pas parti de l'équipe de Serpentard, donc je n'avais aucun droit sur les balais- je sortais de mon dortoir, et volais au-dessus de Poudlard jusqu'à l'aube. J'ai découvert des endroits époustouflants, comme des jardins au-dessus des toits, peuplés d'animaux depuis longtemps disparus, une clairière au cœur de la Foret Interdite, habitée par des dryades, et d'autres lieux, plus extraordinaires les uns que les autres. Et jusqu'à la Sixième Année, personne n'a jamais rien découvert, mais c'était sans compter ce petit merdeux qu'était Scorpius Drago Malefoy.
Nous étions pourtant chez les Serpents, tous les deux, mais on ne pouvait tout simplement pas se sentir. Certains disaient que c'était à cause de nos pères, qui pourtant, ayant dépassé les préjugés, s'entendaient relativement bien, d'autres que mon côté Gryffondor se réveillait. Pour moi, ça n'était rien de tout cela. On n'avait rien à se dire, rien en commun, et surtout, pas besoin d'explications douteuses pour se haïr.
Je dis « haine », parce que c'était vrai, nous nous haïssions. Entre nous, il n'y avait que des coups, des paroles blessantes. Quand on apprenait que l'un avait des vues sur une fille, on s'arrangeait pour l'avoir. De vrais Serpentards, quoi.
Revenons-en à notre histoire. Jusqu'à peu près le milieu de cette Sixième année, je volais, sans éveiller aucun soupçon. Malheureusement pour moi, je n'étais pas le seul à aimer voler, et un jour où l'orage avait été particulièrement violent, et où j'avais été obligé de renoncer, je me fis démasquer par Scorpius… »
FLASH-BACK
« Orage de merde! »
Les éclairs déchiraient le ciel, et Albus avait été contraint de rentrer. Un balai à la main, une robe de vol dans l'autre, il sortait des vestiaires des joueurs, où il venait de prendre une douche qui l'avait bien réchauffé. Sans se départir de sa mauvaise humeur, il prit la direction du Château, avec l'intention de visiter les cuisines.
« Je ne te le fait pas dire, Potter »
Le jeune homme se retourna prestement. Appuyé sur le chambranle de la porte, ses cheveux d'un blond que l'eau rendait plus sombres, dégoulinant devant les yeux, Scorpius Malefoy dans toute sa splendeur le narguait d'un air moqueur, propre aux personnes de sa famille.
« Tu es vraiment né pour m'embêter jusqu'au bout Malefoy.
_ En fait, oui, je pense. Embêter ta famille, surement.
_ Si ça te plait tant que ça, qui suis-je pour m'opposer et Grand Scorpius Malefoy, Premier du nom.
_ Très drôle, Potter. Je pense que tu riras moins, demain, quand j'aurais averti Mme Bibine de tes vols nocturnes.
_ Tu fais ça, et tu ne pourras même pas voir le moment où elle me graciera, puisque je t'aurais crevé tes jolis petits yeux d'abruti, Sang-Pur.
_ Sang-Pur ? C'est une insulte maintenant ?
_ Je n'en sais rien, à toi de voir. Remarque, je devrais peut être t'éclairer, puisqu'avec ton cerveau de consanguin, je ne suis pas sûr que tu piges.
_ Quel humour ! T'as mis combien de temps pour la trouver celle-là ? T'en auras d'autre pour Bibine ?»
Le brun s'avança vivement vers lui, et le poussa violemment contre le mur. Scorpius riposta directement, d'un coup de genou dans l'estomac. S'ensuivit une série de coups plus violents les uns que les autres, jusqu'à l'épuisement total des deux concernés, qui sous les coups, l'eau froide de la pluie et la fatigue, s'endormirent à même le sol…
(Note de Sarah Londubat-Rogue : Oui, c'est tordu… Ils sont peut être narcoleptiques ?)
OooooooooooooooO
Albus poussa un gémissement de douleur et passa la main dans ses cheveux. Il avait mal au dos, au visage et aux mains. Il se retourna en cherchant à se rendormir quand il se rendit compte que son lit était anormalement dur. Il ouvrit alors les yeux et vit le décor ne correspondait pas à son dortoir. Alors qu'il émergeait lentement, il entendit une respiration calme et régulière à côté de lui, et il sentait une douce chaleur accolée à son bras droit. Il s'aperçut alors avec surprise qu'un Scorpius dormait, sur la pierre froide du couloir. Sa lèvre était fendue et une ombre ornait sa pommette gauche.
« Merlin… C'est moi qui ai fait ça ? » Dit Albus à voix haute.
C'était d'ailleurs une mauvaise –ou bonne- idée- puisque le blond ouvrit difficilement les yeux, réveillé par le son de cette voix.
« …P…Potter ? Tu fiches quoi dans mon lit, sombre crétin ?
_ Pour ton information, nous sommes dans les couloirs qui mènent aux vestiaires de Quidditch. Je vois que te battre avec moi t'as un peu trop sonné, Malfoy.
_ Je t'en prie, épargne-moi tes critiques. Me réveiller avec ta voix est déjà bien trop pénible.
_ C'était trop tentant. On doit discuter de certaines choses je pense.
_ De quoi ? Oh, t'aurais peur que je dévoile ton secret ? Oh, ça va, moi aussi je serais en tort si je disais que je t'avais vu hors des couloirs après le couvre-feu. Je ne dirais rien, si tu me couvres, demain. (Note de Sarah Londubat-Rogue : Non, Scorp' n'est pas préfet, il ne bénéficie pas d'avantages dû à son titre P)
_ Pourqu… Non, oublie. Marché conclu.
_ Ok. »
Les deux jeunes gens se séparèrent rapidement, chacun décidant de prendre un chemin différent pour rentrer dans leur salle commune. Poudlard est bien grand, après tout. Scorpius passa devant Albus, qui, imperceptiblement, inspira sa douce odeur.
FIN DU FLASH-BACK
« Vous devez être un peu surprise à cause de la dernière phrase. Ou pas du tout, puisque nous sommes là pour vous raconter cela, tous les deux –Amour ! Arrête de me chatouiller la nuque ! Si, si, arrête ! Mais boude pas ! Tu pleures ? Non, ne pleure pas ! »
Par la suite, la journaliste, Anna Skeeter, fille bien aimée de Rita Skeeter entreprit de relater des faits connus de tous aux deux jeunes hommes. Ils parlèrent ainsi de leur BUSE, leurs talents particuliers… Elle s'adressa ensuite à l'héritier Malefoy pour connaitre son point de vue après la bagarre racontée par le cadet Potter.
