Bonjour bonsoir !

La semaine a été riche en rebondissements ! x) Je pense pouvoir publié un chapitre de Cachée par la Neige la semaine prochaine…

Je ne sais pas comment vous vous sentez, mais moi j'ai une pêche d'enfer ! :'D Je dois être contente de mon 19 en espagnol…

Tout ça pour dire que : voilà le chapitre 3 de Née sous une Mauvaise Étoile ! x) (et en avance en plus !)

Donc, autant arrêter de blablater et appréciez la lecture ! :)

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Chapitre 3 :

Je regarde avec stupéfaction mon ami.

- Hein ?

- Mais si j'te dis, t'sais m'dame Marie ?

- Elle s'appelle Marie… Soupirai-je.

- Ouaip !

- Et tu n'as toujours pas appris à parler.

- Ni toi à écouter, l'aut'.

- … Vas-y, continue.

- Donc j'disais, t'sais la dame Marie ?

- Je vois…

- Bah…

Il hésita un bon moment jusqu'à ce que je m'agace de ce silence et le secoue un peu :

- Ben ! Je t'écoute maintenant, alors dis-moi !

- Baaah… Elle est belle…

Je n'en crus pas mes oreilles.

- Ben ?

- Quô ?

- … Tu dis être tombé amoureux d'une none ?

- Qu'est-ce' j'y peux mô ?!

- Tu aurais trouvé quelqu'un qui t'est accessible. Pas une femme qui consacre sa vie à Dieu, qui a laissé derrière elle mari et enfants pour n'appartenir plus qu'à l'église… !

- J'sais bien tout ça…

Je soupirai. Ben avait toujours été là pour moi, pour voler du pain quand j'étais punie, pour s'infiltrer dans mon lit quand j'étais malade, pour être dans la même galère mais quand même accepter la peine avec moi… Tout ça pendant les quelques mois que j'avais déjà fait dans cet établissement.

Alors je lui en devais une bonne.

Mais là… !

- Ben, tu ne peux pas faire ça.

- J'sais ! J'fais c'que j'peux !

J'eus tout de même un grand sourire.

Ben était toujours comme ça.

- T'voudrais pas la voir plutôt ?

- Qui donc ? Cette none ?

- L'appelle pas com'ça !

- Marie ?

- Ouip !

- Si ça peut te faire plaisir…

Marie était une grande femme aux cheveux courts.

Les cheveux courts étaient très rares à cette époque, et c'est ce qui, pensai-je, qui lui avait valu d'être aimée par Ben.

En la voyant, je l'avais détestée. Et maintenant, je n'avais plus d'avis sur sa personne.

Son grand sourire, sa tendresse, son honnêteté… Tout ça me rendait malade. Tout dans Marie me rendait mal à l'aise.

- M'dame Marie ! V'nez vôr, j'l'ai am'née !

- Ben ? Ha, tu parles de la petite Ariane ? Bonjour !

- Bonjour…

La "petite" la toisa quelques secondes et je lui tournai le dos pour partir.

Les jours suivant se passaient de la même manière. Ou presque.

Ben restait de plus en plus avec Marie. Parfois, je me retournais pour l'interpeler mais souvent il n'était plus à mes côtés.

Une vive jalousie commença à bouillir en moi.

Ben restait normalement toujours avec moi ! Il était mon ami ! Pas celui de cette none !

- Et bien petite, qu'y a-t-il ?

Marie se tenait devant moi, son grand sourire toujours présent, me fixant de ses grands yeux bleus.

En colère, je l'ignorai mais elle ne l'entendit pas comme ça et me retint le bras.

- Auriez-vous un problème avec moi Madame ?

Je rougis. Madame ?

Non, il ne fallait pas se faire avoir !

- Oui, j'ai un problème avec vous !

- Quel est-il ?

- Vous êtes niaise !

- Je suis…

Elle éclata d'un grand rire.

- Vous me reprochez d'avoir le sourire ? C'est bien la première fois qu'on me fait cette remarque. C'est sensé être une qualité tu sais ?

Une fois de plus, mes joues prirent une teinte rosée.

- J'en suis consciente !

- Alors ? Tu ne veux pas plaire à Ben toi aussi ?

- À Ben… ?!

Je m'étouffai dans ma salive un peu trop rapidement puis revins à la charge :

- Je ne suis pas amoureuse de Ben !

- C'est vrai ?

- Oui, bien sûr !

- D'quô vous parler ?

- De rien !

L'apparition de Ben me fit courir dans le couloir pour regagner les dortoirs plus rapidement.

Pendant une semaine, j'évitai Marie. Elle, me lançait des piques à chacun de nos face-à-face.

Rien que de la voir me donnait le feu aux joues.

Peut-être étais-je moi-même tombée amoureuse de Marie ?

Nan, impossible.

Une semaine encore après, Ben se redirigea vers moi.

- Hey.

- …

- J'suis dés'lé.

- Je sais…

- … On est re amis ?

- Je sais paaaaas…

- Ari !

Une semaine plus tard, Marie arriva enfin à percer ma carapace.

- Alors comme ça tu ne te rappelles plus de rien avant d'être allée à ton ancien orphelinat ?

- Nan, de rien.

- C'est trop m'rrant, j'te jure Marie ! Elle s'rappelle meme pas d'son anniversaire !

- Arrête ça Ben !

- Si tu n'as pas d'anniversaire, je vais t'en donner un !

Tout cela me faisait bizarre. Me donne un anniversaire ? Je n'en ai qu'un ! Et je ne m'en souviens plus !

- Comme ça, nous pourrons le souhaiter tous ensemble !

- … Fais comme tu veux.

La bonne sœur, toute guillerette, prit Ben dans ses bras pour exprimer sa joie.

Deux semaines plus tard, nous étions toujours ensemble avec Ben.

Moi et Ben courrions dans les couloirs, à la recherche de quelque à faire. Nous nous étions tournés vers la seule personne pouvant essuyer notre ennui : Marie.

- Marie Marie ! Appelions-nous en même temps.

- Oui ?

Toujours sous sa longue robe, elle nous regardait avec un sourire.

- On ne sait pas quoi faire !

- Nous n'avons qu'à jouer aux cartes !

- D'accord !

En vérité, pour gagner de l'argent parfois, je faisais des parties de poker avec des grandes personnes, déguisée avec Ben en adulte.

Les enfants de l'orphelinat n'avaient pas le droit de partir du bâtiment mais nous n'étions pas les seuls à enfreindre cette règle.

- Ce que tu es douée, Ariane ! S'exclama Marie, surprise.

Gênée, je répondais d'un vague signe de la main.

- Est-ce parce que vous partez tous les jours dehors, toi et Ben ?

Nous étions repérés.

Trois semaines plus tard, elle avait fait en sorte que nos sorties restent secrètes.

- Cachez-vous ici le temps que passe la mère supérieure. Moi, je vous dirai quand vous pouvez sortir.

Nous étions enfermés dans un placard et autant dire que ma peur revenait à grands pas. Si je n'avais pas eu Ben à mes côtés, je crois que j'aurais fait une crise de panique.

On entendit quelques brides de phrases, un bruit sourd, puis la démarche lente de Marie sur le sol après un claquement de porte.

- C'est bon les enfants, vous pouvez y aller. Mais revenez avant l'heure du souper !

Pendant des semaines nous sortions en secret.

Revenant de notre chasse à l'argent, je comptais les billets que j'avais dans les mains avec un sourire ravi.

- Y'a ma part 'ssi ?

- Oui, ne t'inquiète pas.

- Et celle de M'rie ?

- Oui. Je la garde toujours avec moi, pour lui faire un cadeau.

- On n'sait même pô quand'que c'est son anniversaire.

- Et alors ? Si je veux lui offrir un cadeau, je lui offre un cadeau.

Pendant des semaines nous vécûmes ensemble, heureux.

Je penchai la tête pour qu'on ne voie mes joues rouges.

- Tiens Marie, c'est pour toi ! M'exclamai-je.

Elle s'arrêta un instant puis prit le paquet.

- Qu'est-ce donc ?

- J'sais pô n'plus ! Fit Ben.

- Regarde ! L'encourageai-je.

Elle ouvrit précautionneusement le cadeau et son sourire l'allongea plus encore.

- Merci beaucoup !

Même si je savais que les sœurs ne pouvaient pas porter de bijoux, elle serra la bague dans sa main.

Quatre semaines plus tard, on fêta son anniversaire.

Une semaine plus tard, elle mourrait.

Après un an ensemble, la femme que je pouvais appeler une mère, celle qui était tellement têtue qu'elle avait fini par devenir mon amie, celle dont j'étais tombée amoureuse, cette personne était morte.

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Voilà ! x)

Chapitres encore courts, mais, comme je l'ai dit, ça devrait le faire à partir de l'arc 2 ! :)

J'espère que vous avez aimé, je publie le chapitre 4 dans la foulée !

Bye bye ! ~