Fanfic : Pas encore
Disclaimer : Tous les personnages, l'univers, les formules magiques, le pop-corn appartiennent à Mme J. K. Rowling... (euh non pas le pop-corn)
N.B. : 1) Cette fiction démarre à la toute fin du tome 6 de Harry Potter. Si vous ne l'avez pas encore lu, je vous déconseille de la lire car elle peut vous révéler un certain nombre de clefs de l'intrigue, et ainsi vous gâcher le plaisir de la lecture...
2) Il s'agit d'un slash, c'est-à-dire mettant en scène une relation homosexuelle (entre Harry Potter et Severus Rogue). Si ce type de relation ou ce couple en particulier vous gêne, passez votre chemin.
3) J'ai lu le tome 7 durant l'année et les informations contenues dans le chapitre 33 pourraient d'être évoquées un jour ou l'autre dans cette fic. (Pour le reste, j'ai l'intention de continuer comme je le souhaitais initialement, c'est à dire avant la paruption de DH). Dans tous les cas, vous voilà prévenus.
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Chapitre 3 : Trêve
Mc Gonagall était furieuse, mais essayait de se contenir. Après tout, vilipender le gamin ne servait à rien, sa position était compréhensible. Il avait été le premier témoin de la mort de Dumbledore, et on lui annonçait maintenant que celui qu'il avait vu le tuer était innocent. Plutôt singulier. Pourtant, il devrait être en mesure de comprendre ; c'était à peu de choses près la même situation que celle de son parrain quelques années avant. A ceci près que Severus avait réellement lancé le sortilège de la mort sur son directeur. Peu de choses, en effet songea-t-elle ironiquement.
- « Potter ? ». Il s'avança. Il avait l'expression de quelqu'un qui se sait en faute, et qui pourtant ne regrette pas le moins du monde ce qu'il a fait. Ça n'allait pas être une partie de plaisir. « Asseyez-vous ». Il s'exécuta sans mot dire.
Au moins, il avait quitté cette fureur que Nyphadora lui avait décrite. Ce qui ne signifiait absolument pas qu'il serait disposé à écouter ce qu'elle avait à lui expliquer.
- « Il paraît que vous avez attaqué le professeur Rogue alors qu'il était en train d'exposer ses observations à Tonks ». Elle s'efforçait de garder une voix calme et autoritaire. Il fallait que le garçon sache qu'il devait l'écouter sans pour autant la prendre pour une ennemie.
Il se contenta de hocher la tête.
- « Il parait aussi que vous ne voulez absolument pas croire à l'innocence du professeur Rogue ? »
Cette fois, il répondit.
- « Non ». Il avait levé les yeux vers elle ; ils étaient pleins de ressentiment. Il se sentait trahi, et elle lui devait bien une explication. Potter avait retardé suffisamment de fois le retour du Seigneur des Ténèbres pour avoir le droit à quelques informations. D'autant plus qu'il avait été très impliqué dans l'affaire présente. Elle se pinça les lèvres.
- « Il se trouve pourtant que nous avons de bonnes raisons de le penser. Le professeur Dumbledore nous a laissé une note magique précisant les circonstances dans lesquelles il s'attendait à être tué. Et cette noté innocente totalement le professeur Rogue ». Il ne fallait pas lui en dire davantage. C'était déjà prendre pas mal de risque que de lui parler de l'innocence de Severus ; si le Seigneur des Ténèbres arrivait une fois de plus à pénétrer son esprit... Mais après tout, il n'était jamais parvenu à extirper des informations de la tête d'Harry Potter... Il fallait prier pour que cela dure.
Il eut un sourire ironique. Il était manifeste qu'il croyait autant à ce qu'elle venait de lui expliquer patiemment qu'a l'innocence de Voldemort. Potter avait toujours été entêté. Et il fallait bien admettre que, ne lui donnant aucune preuve tangible de l'innocence de Rogue, il pouvait difficilement renier ses sens.
Mais la résignation de Potter était curieuse. Elle s'était attendue à ce qu'il lui soumette une pluie d'arguments pour lui démontrer que c'était lui qui avait raison ; il fallait espérer qu'il ne préparait pas quelque chose en douce...
- « Une dernière chose, Potter ». Il la regarda à nouveau. «Je ne suis pas stupide, j'ai bien compris que vous ne croiriez pas à son innocence quand bien même le fantôme d'Albus Dumbledore viendrait vous confirmer les faits. Au bout de six années, je commence à connaître mes élèves. » Elle continua. « Il faut que nous parlions de cette maison. Si vous acceptez la présence de l'Ordre ici, vous n'avez pas à jeter l'un de nous dehors comme bon vous semble. Je comprends très bien que vous ne vouliez pas recevoir certaines personnes que vous n'appréciez pas chez vous. En ce cas, nous pouvons très bien trouver un autre quartier général... »
Il fit un signe de dénégation, l'air abattu.
- « Non » souffla-t-il. « Sirius... Sirius voulait que sa maison soit mise à la disposition de l'Ordre quand il était en vie donc... Enfin, je préfère que les choses restent comme ça ».
Elle lui fit un sourire sincère. Si les rôles avaient été autres, elle aurait témoigné son affection à ce garçon. Mais ce sont des choses qu'un professeur ne peut pas se permettre, et encore moins une directrice.
- « Merci beaucoup, Potter. »
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Harry soupira. Il n'avait aucune chance de faire entendre la vérité. Il l'avait vu à l'air décidé de Mc Gonagall lorsqu'elle était entrée ; il avait compris alors que ce n'était pas la peine de lui faire valoir tout ce qui faisait de Rogue un assassin. Ses tentatives de la convaincre auraient glissé sur elle comme l'eau sur les plumes d'un canard. Les membres de l'Ordre continueraient à croire à la fable de Rogue tant qu'il leur sera possible de nier la vérité. En fait, ils devaient être prêts à adhérer à n'importe quel histoire un tant soit peu crédible, à l'instar du ministère de la Magie lorsqu'il avait annoncé le retour de Voldemort, parce que reconnaître que Rogue était un traître équivalait à reconnaître qu'il y avait peut-être d'autres traîtres parmi eux. Et comme ils n'avaient aucun moyen de vérifier la loyauté de chacun, ils se raccrochaient désespérément à l'innocence de Rogue. Au moins, quand il avait annoncé le retour de Voldemort, il avait deux ou trois personnes pour le croire et le soutenir.
Ron et Hermione arriveraient bientôt, maintenant. Mais il ne s'attendait pas à ce qu'ils le croient. Il savait qu'Hermione croirait tout de suite à cette nouvelle version des faits parce qu'elle serait approuvée par Mc Gonagall ; quant à Ron, il le soutiendrait au début, mais finirait par se laisser convaincre par Hermione. Il fallait qu'il fasse face à tout cela tout seul, et il aurait en plus à supporter les commentaires d'Hermione sur le fait qu'il est incapable de reconnaître quand il a tord. Sans parler de ses mises en garde sur tous les plans qu'il pourrait échafauder.
Mais quels plans ? Il pouvait difficilement faire ce qu'il avait envisagé auparavant alors qu'il savait que Rogue était dans les parages. Il ne pouvait pas se lancer seul dans la quête des Horcruxes alors que Rogue était encore infiltré dans l'Ordre du Phoenix, guettant tel un rapace toute information capitale à transmettre à son maître.
Son maître. Harry eut un rictus de dégoût. Il avait cru pendant six années que cet homme, si détestable soit-il, avait suffisamment d'orgueil et d'amour-propre pour ne pas embrasser l'ourlet de la robe d'un autre et dire « mon maître ». Ou au moins pour ne pas s'y complaire. Mais il ne se laisserait pas tromper une seconde fois. Rogue était une ordure, mais il n'était pas dépourvu d'intelligence, ce qui le rendait d'autant plus dangereux.
Il ne pouvait définitivement pas se résoudre à partir à la recherche des Horcruxes tant que Rogue restait au sein de l'Ordre. C'était impossible. Il serait informé de sa disparition par Mc Gonagall, et il ne doutait pas un instant qu'Hermione expliquerait à cette dernière ce qu'il était parti faire. Rogue n'aurait plus alors qu'à informer son maître, et Voldemort n'aurait plus qu'a aller le cueillir dès qu'il approcherait le premier Horcruxe. Et tout cela sans compter les pertes. Il était sûr que les membres de l'Ordre disparaîtraient un à un au fur et à mesure que Rogue donnerait le détail de leur mission à son maître. D'ailleurs, c'était déjà ce qui s'était produit : Emmeline Vance, Dumbledore... Et quelques autres dont il ne connaissait pas le nom.
La solution à tout ceci était évidente... Il lui fallait d'abord démasquer Rogue. La chose demanderait beaucoup d'habileté, d'autant plus qu'il serait seul... Mais c'était la seule chose à faire. C'était une mission supplémentaire avant de se battre contre Voldemort. Encore que démasquer Rogue était également une attaque contre le mage noir : il s'agissait de le priver d'un de ses meilleurs appuis, l'espion qui lui permettait de contrecarrer la plupart des tentatives de ses opposants...
Restait à savoir comment. Rogue jouait ce rôle depuis presque aussi longtemps qu'Harry était né. Il devait connaître toutes les ficelles du métier, toutes les ruses à employer pour manipuler son interlocuteur... Et ses sarcasmes incessants, ses remarques mordantes contribuaient également à ce pouvoir de conviction qui fonctionnait sur tant d'Aurors brillants ; Harry se bénissait intérieurement de ne pas s'y être laissé prendre une fois de plus.
Mais s'il ne voulait pas retourner à Poudlard l'année suivante, s'il voulait éviter de perdre une année dans sa quête – de laisser une année de plus à Voldemort et ses fidèles de détruire la seule communauté qui lui avait ouvert les bras - il lui faudrait faire vite. Trouver un plan le plus vite possible, et de préférence un plan qui ne réclame pas trop de temps mais qui lui permette d'obtenir toutes les informations qu'il souhaitait et les preuves irréfutables de l'appartenance de Rogue à la grande famille de Voldemort. En un mot comme en mille – et il avait, d'une certaine manière, conscience – Harry Potter espérait un miracle.
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L'homme aux longs cheveux noirs s'avança, l'air sombre, avant de frapper à la porte par trois coups secs suivi d'un silence puis d'un quatrième coup, comme si le code convenu entre les membres de l'Ordre avait été une sorte de « Sésame, ouvre-toi ». Comme quoi, même les contes moldus avaient une origine réelle.
Il entra dans la cuisine. Il était curieux de constater l'importance qu'avait prise cette pièce dans la vie quotidienne des gens de l'Ordre. En ce qui le concernait, il aurait préféré que les entrevues entre membres eussent pris place dans le confortable salon, mais ce dernier avait été longtemps insalubre et on avait gardé l'habitude de discuter des affaires importantes dans cette cuisine. D'autant plus que cette pièce se situait suffisent loin du portrait de Mme Black pour ne pas avoir à craindre que son habitante déclenche une de ses innombrables crises, encore que, s'agissant de lui, la colère de Mme Black fût moins prononcée. Devinait-elle la marque des Ténèbres sous la manche de sa robe de sorcier, marque qu'elle avait déjà observée sur le bras de son fils Regulus, où était-ce seulement parce que sa mère s'appelait Prince ?
Tonks, pour une fois, ne le fit pas entrer dans la grande pièce éclairée, et resta dans l'embrasure de la porte, l'empêchant d'avancer, tout en lui intimant de parler à voix basse. Il s'interrogea quelques secondes sur la raison de ce comportement pour le moins étrange, puis regarda par-dessus de l'épaule de la métamorphomage, et compris instantanément. Potter était assis à table, en train de tartiner consciencieusement un toast d'une substance marron et pâteuse, de toute évidence d'origine moldue. Probablement une autre de ces trouvailles des Weasley. De Weasley père, évidemment, car, fort heureusement, il était le seul de cette vaste famille à s'extasier devant chaque aspect de la vie moldue.
Potter ne pouvait pas rester là, de toute manière. Cette conversation était privée et rien ne l'empêchait de prendre connaissance des informations qu'il apportait par le biais d'un simple sortilège d'Amplification, ou encore à l'aide d'une des inventions douteuses des jumeaux Weasley – encore Weasley.
Sans compter l'amusement qu'il tirait toujours des colères du gosses, des colères typiques d'un Gryffondor, et donc - fatalement - savoureuses.
- « Potter », commença-t-il, « je ne doute pas que votre peu de maturité vous rende nécessaire le fait de prendre un goûter » - il appuya sur le mot – « mais je gage que tant le lieu que le moment soient mal choisis ». Le garçon se contenta d'un regard noir, ce qui surpris mentalement Severus : il s'était attendu à une réplique piteuse. D'ordinaire, il en fallait très peu pour faire sortir Potter de ses gonds. Il était tenté, voire très tenté, d'aller plus loin, mais il était venu pour apporter des informations, après tout, pas pour s'amuser à torturer mentalement un gamin... à torturer mentalement ce gamin, songea-t-il. S'il était réhabilité entre ces murs, mieux valait malgré tout ne pas trop toucher au précieux petit Potter... Encore que, s'il ne s'agissait que de mots… Que pourrait-on lui reprocher ?
- « Je n'étais pas sans savoir que les vacances amollissait les cerveaux des étudiants, Potter, mais je pensais que le vôtre serait tout de même capable d'assimiler mes paroles. Il faut croire que je vous aie surestimé. » Il souriait intérieurement. Il adorait voir à quel point le gamin se faisait violence pour maîtriser sa colère, et son impuissance à la dissimuler. Une dernière fois et il le laisserait s'en aller. D'ailleurs il s'était déjà levé, les yeux flamboyants. Serait-il assez stupide pour tenter de sortir sa baguette ? Severus repris néanmoins :
- « Je sais que vous ne supportez guerre que le monde entier ne porte pas son attention sur vous, mais je suis certain que vous survivrez à l'absence de baby-sitter – du moins durant quelques minutes ». Il ne dit rien, finalement. Comme quoi la vie réservait encore quelques surprises au Maître des Potions... Et pas nécessairement des plus agréables : il se sentait frusré, comme privé de la récréation qu'il avait escomptée dès le moment où il l'avait aperçu. Le gosse avait finalement réussi à avoir un semblant de maîtrise de lui-même.
Oui, seulement un semblant songea-t-il en observant les joues rouges d'Harry Potter s'éloigner et la porte se refermer un peu trop violament.
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Celui-qui-avait-survécu-et-qui-espérait-bien-continuer marchait nerveusement dans sa chambre, allant de la porte à la cheminée, puis à la fenêtre avant de s'affaler sur son lit et de jouer non moins nerveusement avec sa baguette. Il songea à sa dernière confrontation avec le Traître et entrevit un début de solution. Pour avoir la preuve des aspirations de Rogue et de ses ambitions au sein du cercle des mangemorts, il fallait d'abord pouvoir supporter sa présence. Et il fallait aussi le battre sur son propre terrain : le double jeu. Non seulement fallait-il qu'il supporte sans sourciller la présence et les sarcasmes de cet ignoble individu, mais surtout qu'il arrache ses secrets à l'ancien Maître des Potions.
Il fit une grimace en réalisant ce que cela signifiait. Rogue n'était pas le type de personnage à livrer les informations sur un plateau d'argent à qui les désirait. L'homme avait un impressionnait panel de défaut – il était à proprement parler une ordure – mais il fallait lui faire grâce de la sottise et de la volubilité. Il ne lui restait donc plus qu'une seule alternative... Avoir une relation privilégiée avec Rogue. D'où le dégoût que n'importe qui aurait pu lire sur son visage s'il n'avait pas été seul dans la pièce. D'ailleurs, jusqu'où faudrait-il aller ? Probablement jusqu'à obtenir un statut comparable à celui de Malfoy, peut-être même lui faudrait-il tenter de nouer une amitié factice avec cet homme. Il frissonna à cette idée, d'autant plus qu'endormir la vigilance d'un mangemort allait être une rude tâche, a fortiori lorsqu'on s'appelle Harry Potter.
Mais même pour cela, il lui fallait trouver un moyen. Encore une fois, Rogue n'était pas stupide et il ne tomberait pas dans le premier traquenard venu. Il lui faudrait prévoir un plan détaillé, et une multitude de comportement possibles pour faire face à toutes les situations. Mais, d'un sens, Rogue était presque prévisible. Il essaierait toujours de mettre Harry dans une situation aussi délicate que possible pour le faire sortir de ses gonds. Il ne savait pas beaucoup de choses sur le mystérieux personnage qu'était le professeur Rogue, et des informations le concernant auraient été les bienvenues pour accomplir la « mission » qu'il s'était imposé, bien qu'intrinsèquement, elles ne l'auraient nullement intéressé.
Au bout de quelques minutes, il sourit. Il n'avait pas un plan à proprement parler, mais... une ébauche. Il devait décider deux ou trois choses à propos de son idée – il aurait peut-être besoin de l'aide d'Hermione, et il devrait voir si il pouvait encore une fois compter sur elle ou s'il lui faudrait se débrouiller seul. Il y parviendrait, mais l'appui d'Hermione lui permettrait sans doute de gagner un temps précieux dans cette guerre à laquelle il devrait mettre un terme au plus vite. A laquelle il était le seul à pouvoir mettre un terme, et il entendait bien triompher de Voldemort, dut-il se sacrifier à sa cause. En songeant à cela, son estomac se serra et ses mains tremblèrent légèrement.
Il se détendit en pensant à la journée du lendemain, où il pourrait, comme il l'avait fait le matin même, sortir quelques minutes grâce à du polynectar et un des cheveux de Ron et aider l'enthousiaste M. Weasley à aller faire ses emplettes au supermarché moldu au coin de la rue. Si cette sortie n'était guerre passionnante, elle était rafraîchissante par rapport aux longues journées square Grimmaurd.
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Merci INFINIMENT aux adorables personnes qui m'ont laissées des reviews pour le dernier chapitre, et merci aussi à tous ceux qui me lisent. La prépa est un travail de longue haleine, et j'ai dû mettre entre parenthèses l'écriture de cette fic durant l'année. Je m'excuse auprès de celles et de ceux dont j'ai déçu les attentes.
Je ne promets pas de poster régulièrement mais j'ai la ferme intention de finir cette fic. (Vacances d'été, et je l'espère, bientôt école d'ingé, paradis de la paresse…)
