— Lily !
Ce fut le cri qui tira la rousse de son sommeil. Le temps qu'elle assimile ce qu'il lui arrivait, son interlocuteur avait déjà repris de plus belle :
— Tu ne voudrais tout de même pas louper le premier match ! Elie ne te le pardonnerait pas !
— Ah oui... le premier match...
— Oui ! Le premier match de Quidditch ! Dépêche-toi, il va bientôt commencer et Elie serait déçue si nous ne sommes pas là ! répéta Cathy
— Et puis... il y a James, que tu ne veux certainement pas louper non plus ! ajouta-t-elle.
Lily ne comprit pas bien l'intérêt de cette remarque et, comme elle ne s'activait pas plus, Cathy fit une moue exaspérée et fila dans la salle de bain. Une fois qu'elle eût disparu, il ne fallut que quelques secondes à Lily pour se lever et se préparer en quatrième vitesse. Oui, Elie ne le lui pardonnerait pas si elle n'assistait pas au tout premier match de la saison.
Quelques minutes plus tard, Lily et Cathy arrivèrent toutes essoufflées dans la tribune de Gryffondor, qui était bien remplie et où étaient déjà installés Alice, Franck et Mary en compagnie de Peter et Remus.
Lily se plaça à côté de Mary. C'était tout juste, les capitaines se serraient déjà la main et tous les joueurs étaient sur le terrain.
— Et bien, Lily, tu as eu du mal à te lever, plaisanta Remus.
— Oui, mais je n'aurais tout de même pas raté le match !
— Eu du mal, c'est peu dire, enfonça Cathy qui se tut au regard meurtrier de Lily.
Le match allait commencer et Sirius, qui avait accompagné l'équipe dans les vestiaires, les rejoint et s'assit vers Remus et Peter, le regard pétillant. Madame Bibine siffla, les joueurs s'envolèrent et le match commença tandis que John Fits se mettait à commenter le match.
Les Gryffondor étaient plus motivés que jamais. Elie, James et Carl enchaînaient les passes et finissaient par marquer des buts spectaculaires. Les Gryffondor rugissaient tellement fort que l'on n'entendait plus les sifflements des Serpentard qui, bien évidemment, encourageaient Poufsouffle.
Le score était de 110 à 50 en faveur de Gryffondor et le Vif d'or n'avait toujours pas été aperçu. Elie ne faiblissait point, continuant d'éviter ses adversaires tout en jouant stratégie avec James et Carl qui ne l'abandonnaient pas. En revanche, Jack, leur attrapeur, arpentait tout le stade en quête du Vif d'or sans grand succès.
Cependant, lorsque le score fut de 150 à 50, les Poufsouffle s'énervèrent et le match prit une mauvaise tournure. Elie récupéra le souaffle que lui envoyait Carl et évita Éva Koat qui lui fonçait dessus, mais elle n'eut pas le temps de se réjouir qu'elle reçût un choc au creux du dos qui lui coupa le souffle. Elle se cramponna au souaffle et voulu continuer, mais les larmes lui montèrent aux yeux. Elle serra les dents, paralysée, elle se sentit glisser de son balai sans pouvoir se rattraper et sombra dans l'inconscience tout en plongeant sept mètres plus bas.
Les Gryffondor hurlèrent de fureur et, tandis que tout le monde avait son attention tournée vers Elie et que ses coéquipiers volaient vers elle, Kevin Kolin en profita pour partir à la poursuite du Vif d'or que personne, hormis lui, n'avait aperçu :
— Regardez ! On dirait que Kevin a trouvé le Vif d'or ! hurla John au milieu de la panique générale.
Il ne fallut pas plus de deux secondes à l'équipe de Gryffondor pour remettre Jack sur son balai pour qu'il parte à sa poursuite. Il poussa son balai à son maximum pour rattraper son adversaire. Finalement, au moment où il aperçut Kevin tendre le bras pour attraper la petite boule en or, un cognard, envoyé par Stéphane, le frôla de près avant de heurter de plein fouet l'attrapeur adverse. Ce fut donc avec le sourire que Jack arracha la victoire à Gryffondor, mais il ne prit pas le temps de savourer cet instant, qu'il retournait déjà auprès de son équipe et d'Elie où se pressaient les élèves ainsi que le professeur McGonagall et Mme Bibine, qui prit à peine le temps de siffler la fin du match.
Les professeurs emmenèrent Elie à l'infirmerie, accompagnés de ses amis.
Sirius et James étaient dans une colère monstre. Ils auraient démoli n'importe quoi et il fallut que ce soit le professeur McGonagall, bien qu'elle-même très énervée, qui finisse par les calmer, sinon ils se seraient jetés directement sur Marcus Zprietzle, le batteur de Poufsouffle. En tout cas, on pouvait être sûr que celui-ci finirait avec des furoncles durant tout un mois.
Elie ne se réveilla qu'en début d'après-midi et ses premiers mots furent de demander le résultat du match. À son grand étonnement, elle ne trouva que Sirius à son chevet. De toute évidence, les autres avaient dû se faire chasser de l'infirmerie, mais Sirius avait dû revenir en douce. Il lui expliqua que le batteur de Poufsouffle lui avait en réalité donné un coup de batte dans le dos et il lui annonça, avec joie, qu'ils avaient gagné le match. Il lui raconta comment celui-ci s'était fini et comment leur directrice les avait empêchés de défigurer Marcus. Il fut soulagé de voir qu'Elie riait. Elle allait mieux grâce aux potions que Mme Pomfresh lui avait données, même si elle disait avoir encore un peu mal au dos.
Il décida d'aller prévenir les autres et assura qu'il reviendrait dans peu de temps. Il sortit et Mme Pomfresh vint la voir juste après. Voyant qu'elle était réveillée, elle lui demanda comment elle se sentait et lui donna une autre potion avant de retourner dans son bureau.
Elie était étonnée que Sirius se soit autant inquiété de son état. Il fallait dire qu'ils n'étaient pas vraiment proches et qu'en dehors des moments où ils complotaient pour améliorer la relation entre James et Lily, ils passaient le plus clair de leur temps à se chamailler.
L'équipe de Gryffondor au complet ainsi que ses amis revinrent à 17 heures alors qu'elle était en train de lire. Elle leur annonça qu'elle devait passer le week-end à l'infirmerie et ses coéquipiers s'amusèrent à imaginer quels petits sortilèges ils pourraient jeter à Marcus. Finalement, ils prirent congé une heure après, lorsque Mme Pomfresh les congédia pour qu'Elie se repose.
Le soir, une fête eut lieu dans la tour Gryffondor, mais l'équipe n'eut pas vraiment le cœur à s'amuser étant donné que leur poursuiveuse n'était pas là.
Lily quant à elle repassa la voir dans la soirée pour lui parler un peu plus que l'après-midi. La rousse avait eu très peur pour son amie, ce qui eut le don de faire rire Elie lorsqu'elle lui fit part de ses inquiétudes.
En effet, Elie sortit, deux jours plus tard, tout aussi énergique qu'auparavant, comme si de rien n'était.
La semaine se passa comme la précédente, avec, pour animer le train-train quotidien, des Maraudeurs qui faisaient des farces aux Serpentards, des Serpentards qui tentaient de riposter et aumilieu, une Lily qui essayait de faire régner l'ordre en vain tandis qu'elle passait ses humeurs sur James Potter, qui, lui, avait complètement laissé de côté l'idée qu'il était préfet-en-chef. Devant ce tableau habituel, on aurait pu penser que les deux Gryffondor avaient oublié leurs querelles, mais, en réalité, les moments de réprimandes étaient bien les rares fois où ils s'adressaient la parole.
Les tensions entre Poufsouffle et Gryffondor étaient toujours présentes, car ces derniers avaient du mal à digérer le geste du batteur de l'autre maison, qui était pour le moins inhabituel venant des Poufsouffle. Cependant, Marcus était nouveau dans l'équipe et n'aimait guère les Maraudeurs, jalousant leur réputation. Ainsi son geste était une façon indirecte de porter préjudice à James.
Quand Lily croisa Amos Diggory dans un couloir, il vint lui dire qu'il était désolé pour son amie et qu'il n'approuvait pas du tout le geste de leur batteur.
Il fallut trois semaines après le premier match, pour que tout rentre dans l'ordre entre les deux maisons, et que les maraudeurs arrêtent de s'acharner sur l'attrapeur de Poufsouffle.
Lily prenait son petit-déjeuner, en feuilletant la Gazette du sorcier, que Lys venait de lui apporter. Comme de plus en plus souvent maintenant, les Mangemorts avaient attaqué une famille. Cette fois-ci, il s'agissait d'une sorcière et de son mari moldu. Lily ne put regarder plus longtemps l'article, car il la perturbait. Peut-être que demain ce serait ses parents qui seraient attaqués et elle ne supportait pas cette idée.
Elle finit ses tartines et son jus de citrouille puis fonça à la Volière. Elle voulait envoyer un hibou à ses parents pour prendre de leurs nouvelles. Elle trouva Lys dans un coin, déjà en train de somnoler. Elle la caressa gentiment et elle se mit dans un coin pour rédiger sa lettre :
Papa, Maman et Pétunia,
J'espère que vous vous portez bien.
Ici, tout va pour le mieux, les jours se déroulent normalement et bien que je ne vienne pas pour les vacances je pense toujours beaucoup à vous.
J'espère que tout ce passe bien pour Pétunia et aussi pour le travail de papa.
Les professeurs nous inquiètent de plus en plus avec les examens et j'avoue que cela m'angoisse un peu.
Je sais que maman demandera des nouvelles de mes amies alors je t'informe que tout le monde va bien, même que Potter me donne toujours du fil à retordre. Il n'a toujours pas changé d'attitude, à mon grand désarroi.
Je dois aller en cours, je vous enverrai bientôt une autre lettre, je vous embrasse.
Je vous aime fort.
Lily
Elle n'était pas très fière de sa lettre, mais elle n'avait pas beaucoup de temps et puis l'essentiel était de savoir s'ils allaient bien. Elle n'avait pas fait mention de l'article, car elle ne voulait pas les effrayer.
Elle roula la lettre, la cacheta et l'attacha à la patte de Lys qui s'envola aussitôt. Elle avait mis assez longtemps pour l'écrire et la sonnerie venait de sonner alors qu'il fallait qu'elle retourne au dortoir pour récupérer ses affaires. Elle allait sûrement arriver en retard à son cours de Sortilèges.
Lily courut tant qu'elle put dans les couloirs et ce fut en quatrième vitesse qu'elle attrapa ses livres avant de repartir à la course, même si elle se doutait que ses amies lui auraient gardé une place. Elle sprinta jusqu'à la salle de Sortilèges et elle arriva juste à temps. Tout le monde était déjà assis et elle vit que la seule place qui restait vide était celle à côté de Sirius. Elle ne comprenait pas pourquoi il n'était pas à côté de James et pourquoi Cathy était assise à côté de Franck, mais en regardant mieux elle vit qu'Alice n'était pas là :
— Miss Evans quelque chose ne va pas ? lui demanda le professeur Flitwick.
En effet, elle n'avait pas bougé et elle sentit tous les regards se tourner vers elle, toute honteuse, elle alla s'asseoir à côté du maraudeur :
— Non, non, tout va bien, excusez-moi.
— Bien, alors commençons. Aujourd'hui, nous aurons un cours portant uniquement...
Lily sortit ses affaires :
— Et ben dit donc, Evans, ça avait l'air de t'enchanter de venir à côté de moi. Je pue trop, c'est ça ? chuchota Sirius avec un sourire narquois.
— Épargne-moi tes idioties, Black ! Je n'ai déjà pas le choix d'être ici, alors, n'en rajoute pas ! répondit Lily, les dents serrées.
C'était la première fois qu'elle se retrouvait à côté de lui et elle espérait juste qu'il se contenterait de la laisser suivre en silence.
Le professeur avait commencé à parler et Lily se mit à prendre des notes, pendant que Sirius s'affalait sur sa table, prêt à s'endormir. Au bout de quelques minutes, il tourna la tête vers Lily et la fixa jusqu'à ce qu'elle le regarde à son tour :
— Qu'est-ce que tu veux ? siffla-t-elle.
— Je me demande à quoi ça sert que tu prennes des notes… t'es déjà la meilleure en Sortilèges…
Lily, qui avait repris sa prise de notes, esquissa un sourire :
— Et bien, c'est juste que je trouve intéressant de connaître l'histoire des sortilèges avant de les pratiquer !
— Intéressant !? Pas besoin de savoir comment untel a découvert ça pour s'en servir… enfin personnellement je ne pense pas à ça quand je jette un sortilège, s'exclama Sirius à voix basse, mais assez fort pour que quelques élèves se retournent vers eux.
— Je ne te savais pas ce côté humoristique, Black ! plaisanta-t-elle. Eh bien moi ça me plait.
— Ouais... ben tu dois bien être la seule, répondit-il en regardant du côté de James qui rêvassait en regardant par la fenêtre.
Sirius reporta son attention sur Lily, puis il reprit la parole au bout de quelques minutes :
— T'es vraiment une fille extraordinaire Evans.
Lily ne répondit pas, elle fit comme si elle n'avait pas entendu, mais Sirius savait que ce n'était pas le cas :
— C'est sûrement pour ça que James t'aime autant... et aussi pourquoi je ne pourrais jamais sortir avec toi ! poursuivit-il.
— Pourtant, il m'avait semblé que vous partagiez tout avec Potter, fit-elle remarquer un peu sèchement, car la discussion prenait une tournure qui ne lui plaisait pas. Elle aurait préféré éviter de parler de James.
— Oui, on partage plein de trucs. Oh, il m'est arrivé de sortir avec une ou deux de ses ex, mais on ne fait pas un échange de groupies. Elles l'amusent, mais au final il s'en fiche, mais, la fille dont il est amoureux, je ne m'amuserai pas à m'en approcher ! expliqua-t-il. Tu vois, James est le gars le plus loyal que je connaisse, envers ses amis, sa famille, ses proches… Il ferait tout pour eux. Et, après tout ce qu'il a fait pour moi, jamais je ne pourrai le trahir, il est comme un frère pour moi.
Lily écoutait, elle était touchée. Sirius lui donnait sa propre vision de James, cette facette qu'elle ne connaissait pas. Ce qu'elle entendait était difficile à croire, mais elle savait que, cette fois, Sirius ne plaisantait pas, même s'il était étrange qu'il se confie à elle :
— Tu sais Evans, peut-être que James te semble un peu immature et lourd, mais dis-toi qu'avec nous ce n'est pas le même. Enfin, c'est toujours le James blagueur, mais il ne se rend pas ridicule et ne fait pas son malin. C'est juste qu'il a toujours essayé de t'impressionner, enfin, d'attirer ton attention et, assez lamentablement... finit-il par ajouter après un temps de silence.
Il était bien vrai qu'il ne faisait que se rendre ridicule auprès d'elle, lorsqu'il n'était pas exaspérant au possible en la harcelant pour qu'elle sorte avec lui. Mais là, Sirius le lui avait décrit différemment. Il fallait juste que James, lui-même, lui montre cette part de lui et, peut-être accepterait-elle l'idée qu'il ait été sincère envers elle, depuis toutes ces années et qu'elle l'avait peut-être repoussé à tort. Peut-être accepterait-elle enfin l'idée qu'il n'était pas ce gamin, pour lequel il se faisait passer. Cependant, elle savait qu'elle devrait aller chercher elle-même le vrai James Potter, car, depuis leur dernière discussion, elle n'avait cessé de se poser des questions en se disant qu'elle l'avait vraiment blessé lors de leur dispute dans le train et que, dorénavant, il ne ferait plus le premier pas.
Le reste du cours se fit en silence. Lily réfléchissait aux paroles de Sirius et la sonnerie finit par retentir, alors qu'elle n'avait pas vu le temps passer tellement elle était plongée dans ses pensées. Elle rassembla ses affaires et se leva pour sortir, mais avant elle se tourna vers Sirius, qui attendait ses amis :
— Sirius, merci. Merci pour tout ce que tu m'as dit !
Sirius n'eut pas le temps de réagir, que Lily était déjà partie, mais c'est avec un sourire malicieux et un sentiment de satisfaction qu'il quitta la salle avec ses compagnons.
Le lendemain, Lily ne savait plus que faire. Elle savait qu'il fallait qu'elle agisse, mais ne savait pas de quelle manière. Elle tournait en rond dans le dortoir pendant que les filles se préparaient tranquillement. Sa discussion avec Sirius l'avait tourmenté toute la journée d'hier, toute la nuit également et ses cogitations l'avaient assailli, de nouveau, dès son réveil :
— Tu comptes faire combien de pas avant de t'arrêter ? demanda Elie, qui s'était postée devant elle sans qu'elle y porte attention.
— ...
Cathy quitta la chambre sans leur dire un mot et Elie s'assit sur le lit de la rousse en continuant de la jauger du regard :
— Tu ne l'as toujours pas écrite ? questionna son amie.
— Non ! Je ne sais pas si c'est la meilleure solution... il va sûrement mal réagir.
— Tu ne peux pas savoir tant que tu n'auras pas essayé, intervint Mary.
Elles avaient passé la soirée de la veille à parler de ce que Sirius lui avait dit et ses amies lui avaient conseillé d'écrire à James pour parler avec lui, mais la rousse n'avait pas réussi à se décider, même si cette timidité ne lui ressemblait guère.
Elle continua de tourner en rond pendant un moment, sous les regards affligés de ses amies.
Finalement, elle se décida, elle prit une plume et rédigea une lettre :
James,
Je voudrais m'excuser pour tout ce passé, pour tout ce mal, mais ce n'est pas assez pour l'effacer. Ton frère me l'a dit, je l'en remercie. Il m'a ouvert les yeux, mais une lettre ne suffit pas.
J'irais à la tour d'astronomie ce soir à 20 heures.
Encore pardon sans jamais être assez.
Gryffondor
Une fois terminée, Lily se précipita à la Volière, sans attendre de commentaires de ses amies.
Elle sauta littéralement sur Lys et lui attacha rapidement la lettre avant qu'elle ne change d'avis et renonce à l'envoyer. Une fois envolée, elle fut soulagée. Un sentiment de légèreté l'enveloppa, elle avait enfin osé lui écrire.
Elle retourna au dortoir, les filles n'étaient pas encore descendues :
— Alors ? interrogea Elie à peine eut-elle mis le pied dans le dortoir.
— C'est envoyé, répondit Lily avec un grand sourire.
— Et bien, tu vois, ce n'était pas mort d'homme, la taquina-t-elle avant de retourner à la salle de bain.
Lily se prépara et informa qu'elle descendait déjeuner. Elle s'assit vers le milieu de la table des Gryffondor et commença de se servir. Peu après, elle vit James arriver l'air endormi. Cela la fit sourire, il était mignon, tout ébouriffé, venant à peine de se lever… NON, elle déraillait. Son sentiment de légèreté la poussait trop loin. Elle n'allait pas dire que Potter était beau avec ses cheveux mal peignés.
Elle fit tout de même un effort et l'invita à se joindre à elle :
— Salut ! l'accueillit-elle gentiment.
— Salut, répondit-il maussadement.
— Tu as l'air fatigué, lança-t-elle pour faire la discussion.
— Je dors assez mal en ce moment, répliqua-t-il en la fixant intensément.
Elle comprit qu'elle en faisait trop et baissa les yeux. Elle continua de déjeuner, mais cela ne dura pas longtemps, car elle aperçut Lys arriver et elle frisa la crise cardiaque. Sa chouette allait lui donner sa propre lettre devant elle. Elle se maudit intérieurement que celle-ci n'ait pas attendu l'heure du courrier pour arriver avec tous les hiboux et ne pas lever ainsi les soupçons. Elle décida de faire comme si de rien n'était, en observant la scène du coin de l'œil. Malheureusement, quand Lys se posa auprès de James, les sentiments de Lily empirèrent. Sa chouette n'avait pas seulement la lettre de James, mais aussi la Gazette qu'elle lui apportait, comme chaque matin. Elle décida d'aviser :
— James, je crois que c'est pour toi, signala-t-elle, car il n'avait toujours pas remarqué la chouette.
Il prit la lettre que lui tendait Lys, mais il ne prit pas la Gazette. Lily paniquait. Au moins, il ne semblait pas avoir reconnu sa chouette alors elle lança :
— Tiens, elle a la Gazette du Sorcier ! Je peux te l'emprunter pour jeter un œil ?
— Mm ? Ouais, vas-y, répondit-il en train d'observer l'enveloppe.
Lily prit le journal et laissa Lys s'envoler. Elle se rassit soulagée, mais se crispa quand James entreprit d'ouvrir la lettre. Elle le vit parcourir les quelques lignes qu'elle avait griffonnées, alors qu'elle ouvrait la Gazette pour faire semblant de s'y plonger dedans. Bien évidemment, une fois qu'il eût terminé sa lecture, il posa son regard sur elle. Elle se força donc à lever les yeux vers lui, de la façon la plus naturelle possible. Il fallait vraiment qu'elle joue le jeu, ce n'était pas le moment des explications, il fallait tenir jusqu'au soir. Heureusement pour elle il détourna les yeux et se mit à scruter la table des Gryffondor. Finalement, il rangea la lettre, se replongea dans son petit-déjeuner laissant un silence gênant s'installer entre eux. Enfin, Alice et Franck arrivèrent et Lily se sentit mieux, bien qu'elle s'aperçût qu'Alice était tendue. Elle se promit d'avoir une discussion avec elle plus tard.
Lily les laissa peu de temps après et elle prit la direction de la salle de métamorphose où le cours commencerait dans dix minutes. Ses amies et les maraudeurs la rejoignirent et la sonnerie retentit juste après. Lily regarda en direction de James, il semblait perturbé. Il ne parlait pas et ce n'était pas habituel, Sirius le lui fit même remarquer :
— Hey, Cornedrue, ça a pas l'air d'aller ! S'passe quelque chose ?
— Non, non, ça va, je suis juste crevé, c'est tout ! T'inquiètes Patmol ça va ! lui assura-t-il.
Lily se fit toute petite et se faufila en compagnie de ses amies jusqu'au premier rang :
— Très bien, aujourd'hui, il s'agit de remettre vos méninges en marche pour revenir sur les sortilèges de Transfert et de Transfert inter-espèces, que vous avez déjà vu lors de vos années précédentes, commenta le professeur McGonagall. L'objectif à atteindre pour la fin d'année, lorsque vous passerez vos ASPIC, est d'être capable de pratiquer ce sortilège sur soi-même, tout en sachant modifier la moindre caractéristique. Pour ne pas risquer que certains d'entre vous finissent à l'infirmerie, vous allez tout d'abord vous ré-entraîner sur des avez devant vous une boîte avec deux souris à l'intérieur, le but étant aujourd'hui, de transformer votre souris en perroquet et de faire en sorte qu'il soit vert. Je vous montre :
Elle pointa sa baguette sur la souris posée sur son bureau et prononça : Verdi psittace. La souris se métamorphosa en un magnifique perroquet vert.
— Bien évidemment, ici, le Verdi indique la couleur choisie et le psittace indique l'animal en lequel vous souhaitez métamorphoser votre souris. Entraînez-vous je veux 23 perroquets, parfaitement verts, à la fin de l'heure. Je circule dans les rangs.
Lily n'avait rien écouté. Elle pensait à James, à ce qu'elle pourrait bien lui dire. Ce fut Mary qui la sortit de ses pensées en lui agitant la boîte devant elle :
— Mm ? Heu, oui alors ! se ressaisit-elle, ce qui eut le don de faire rire son amie.
— La formule c'est Verdi psittace et il faut faire un cercle autour de la souris, lui expliqua-t-elle gentiment.
— Ok ! J'essaye.
Lily se concentra, mais c'était vain. Elle n'avait qu'une envie, c'était de se retourner et de regarder James, elle poursuivit tout de même :
— Verdi psittace ! lança-t-elle en exécutant un rond parfait au-dessus de la souris.
Mais ce qui se produit ne fut pas l'effet désiré. En effet, se tenait devant elle un perroquet entièrement rouge. Mary pouffa de rire, alors que Lily était sciée. Il lui était parfois arrivé de ne pas réussir un sortilège du premier coup, mais jamais à un tel point, d'autant plus qu'elle maîtrisait parfaitement les sortilèges de Transfert depuis sa quatrième année :
— Miss Evans, qu'avez-vous fait ? s'alerta le professeur McGonagall qui passait vers elles.
— Mais je heu... tenta-t-elle d'expliquer, confuse, en devenant aussi rouge que son perroquet.
— Elle a parfaitement fait ce que vous avez dit, professeur, défendit son amie comme Lily était scotchée devant son perroquet.
— Ah ! Je vois… Miss Evans, je vous prierais de recommencer, ce n'est qu'une petite erreur, mais à l'avenir ne laissez pas vos sentiments interférer, conclut le professeur d'un air entendu.
Elle s'éloigna dans les rangs du fond et Lily allait jeter son sortilège sur la deuxième souris lorsqu'une odeur de cochon grillé fit irruption dans leurs narines. Les deux filles se retournèrent d'un bond alors que leur directrice s'exclamait :
— POTTER ! Mais à quoi pensiez-vous !? J'ai dit « psittace » pas « psittare » ! Allez chercher une autre souris sur mon bureau et recommencez ! Je ne sais pas ce que vous avez aujourd'hui, d'abord Evans ensuite vous !
Lily se raidit et se retourna vers son perroquet de nouveau assorti à ses joues. James passa devant leur bureau et posa la pauvre souris aux poils brulés avec des trous apparents par endroits. Il en prit une autre et retourna derrière sans jeter un regard à Lily.
À la fin de l'heure, elle avait réussi à jeter son sortilège une petite dizaine de fois malgré ses difficultés de concentration. Seuls quelques autres élèves avaient réussi à obtenir un résultat parfait :
— Très bien, étant donné que tout le monde n'est pas encore au point sur les animaux, nous continuerons cela au prochain cours, avant de passer aux humains. Gardez à l'esprit que la métamorphose, sur les animaux, reste simple comparée à ce qu'elle sera lorsque vous utiliserez ce sortilège sur un humain et, plus particulièrement sur vous-même. C'est pourquoi il est formellement interdit d'essayer ce sortilège sur vos camarades, sous peine de sanctions sévères, conclut-elle en toisant James et Sirius, qui prirent un air innocent. Enfin, pour que vous soyez avertis, je vous demanderais de rédiger un parchemin sur les risques encourus lorsqu'on utilise ce sortilège sur soi-même. Merci.
Les élèves sortirent et Lily se retrouva derrière Sirius et James :
— T'aurais vu la tête de Corn' quand sa souris a cramé ! Hahaha…
— En même temps si tu m'avais donné la bonne formule ça ne serait pas arrivé ! répliqua sèchement James.
— Ben j'y peux rien si t'es sur une autre planète aujourd'hui ! Au fait, on essaye ton sortilège sur Rogue pour qu'il devienne chauve ? proposa Sirius.
— Non !
Sirius parut choqué de la réponse de son ami, mais il continua à blaguer. Lily passa devant eux, avec Elie et Mary et elle lança un regard à James qui la regarda aussi. Tous deux détournèrent le regard et continuèrent leurs chemins.
La journée sembla longue pour Lily et James, car tous deux appréhendaient le rendez-vous du soir, bien que Lily, elle, sache pertinemment qui l'attendrait.
Enfin, à 20 heures, c'est en tremblant qu'elle prit la direction de la tour d'astronomie. Elle monta lentement les marches en essayant de se calmer. Lily Evans n'allait pas se laisser intimider par un garçon, surtout pas par James Potter.
Elle arriva en haut et vit qu'il était déjà là. Il se tenait de dos et s'appuyait contre les remparts. Quand il l'entendit arriver, il se retourna. Il n'eut aucune réaction et ne dit rien. Elle resta devant lui sans rien dire non plus. Elle hésitait presque à faire semblant qu'elle cherchait quelqu'un et à rebrousser chemin, mais elle se ressaisit :
— James… Je… je comprends mieux, déclara-t-elle.
Le visage de James s'illumina et elle se sentit mieux :
— Cette lettre m'étonne de toi Evans.
— On va dire que je prendrais ça comme un compliment. Écoute, si je suis là ce n'est pas pour que l'on se lance des noises à la figure. Je veux m'excuser, une fois de plus. Je t'ai sûrement mal jugé toutes ces années, mais comprends que pour Sirius et les autres tu es peut-être un ami sincère, fidèle et dévoué, mais, moi, tu ne m'as jamais montré cette gentillesse, qu'ils te disent tant. Tu as toujours été arrogant et fier et tes seuls mots envers moi sont : « Veux-tu sortir avec moi ? », alors, le vrai Potter, je ne le connais pas ! Tu comprends ?
— …
— Et… je suis prête à le connaître, ajouta-t-elle.
— En fait, tu ne me connais pas ?
— Pas le… gentil Potter… Je ne connais que le Potter qui fait le malin… le Potter idiot quoi !
— Tu connaîtrais le gentil Potter si tu sortais avec moi ! dit-il malicieusement.
Lily comprit que c'était gagné et qu'il la taquinait, mais elle le remit tout de même à sa place :
— Je me contenterais du gentil Potter amical.
— Très bien, j'accepte tes excuses, avoua-t-il.
— M... Merci, bon, eh bien, à demain, finit-elle avant de partir rapidement.
Il l'avait intimidé, c'était rare qu'ils parlent seuls à seuls et cela la mettait mal à l'aise, surtout qu'elle ne pouvait le regarder dans les yeux sans être déroutée.
Elle était quelque peu partie de façon précipitée, mais elle se sentait soulagée, car elle savait que dorénavant ils seraient amis, ou du moins qu'ils se parleraient normalement.
James de son côté était surpris de l'attitude de la jeune fille. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle lui tienne ce genre de discours même s'il s'était douté que la lettre venait d'elle.
Il ne comprenait pas vraiment l'origine de ce changement d'attitude, mais en repensant à la lettre — Ton frère me l'a dit, je l'en remercie. Il m'a ouvert les yeux — tout lui laissait penser que Sirius avait fourré son nez dans cette histoire et, même s'il n'aimait pas qu'il lui fasse un coup pareil, il était aussi content qu'il l'ait fait.
Maintenant, il espérait seulement que Lily et lui repartiraient sur de bonnes bases et il se promit de ne plus jamais lui demander de sortir avec lui.
Lily retourna à la tour Gryffondor et monta au dortoir des filles afin de prendre ses affaires pour aller travailler à la bibliothèque, mais arrivée au dortoir elle trouva Alice seule, assise sur son lit, pleurant à chaudes larmes, la tête dans les mains :
— Alice !? Qu'est-ce qui se passe ? s'inquiéta Lily en s'approchant du lit de son amie.
Ses sanglots redoublèrent de plus belle et, quand Lily s'assit auprès d'elle, elle s'effondra dans ses bras. Lily était paniquée, ce n'était pas l'habitude d'Alice de fondre en larme de cette manière, ce devait être quelque chose de grave. Lily essaya de l'apaiser pour qu'elle se calme et qu'elle reprenne une respiration normale. Au bout d'un moment, Alice essaya d'articuler quelques mots :
— Hier… j'ai… j… j'ai reçu une lettre de mon père, qui m'annonçait que ma mère avait été transférée à St Mangouste…
Lily se raidit. Tout cela n'annonçait rien de bon :
— Elle… elle… avait été attaquée par un loup-garou… lâcha-t-elle avant d'échapper un nouveau sanglot.
Elle sentit sa gorge se nouer. Non, ce n'était pas possible, pas Alice.
Sa meilleure amie était ce que l'on appelait, de façon peu polie, une sang-mêlée. En effet, sa mère était une moldue, tandis que son père était un sorcier.
Lily n'était pas sans savoir que Voldemort ne rassemblait pas uniquement de simples sorciers adeptes de magie noire à ses côtés, mais qu'il essayait également de rallier d'autres créatures à sa cause. C'est pourquoi, même si les faits auraient pu passer pour un accident, elle était persuadée qu'il s'agissait en réalité d'une nouvelle attaque de Mangemorts.
Elle repensa à l'article qu'elle avait lu la veille. Voilà qu'aujourd'hui c'était sa meilleure amie qui se trouvait au cœur d'un tel drame :
— Et, aujourd'hui… j'ai reçu une deuxième lettre… elle… elle… ils n'ont pas réussi à la sauverrrr… finit-elle avant de fondre de nouveau en larme dans les bras de Lily qui était désemparée.
