L'air trop pesant de cette matinée ensoleillé rendait l'endroit affreusement désagréable. L'odeur était sûrement ce qui gênait le plus : des cadavre exposés à la chaleur n'étaient sûrement pas le parfum le plus délicat que l'on pouvait sentir. Elle plaignit les médecins légistes qui, malgré des conditions météorologiques parfois défavorables, devaient réaliser leur pénible travail. S'approchant de l'endroit où étaient les cadavres, elle ne put réprimer une vague de nausée qui lui retourna l'estomac : l'odeur était encore pire que dans ses souvenirs. Reid lui, n'avait pas l'air plus dérangé que ça… ou alors il savait se contenir. Les policiers se pressaient, prenaient des photos, se bousculaient, comme des abeilles dans une ruche. Tous se hâtaient, malgré la chaleur, pour s'éloigner de l'atroce spectacle et de l'odeur qui en résultait. Greenaway alla à la rencontre d'un agent de police qu'elle avait déjà entre aperçu dans le poste de police. Reid la suivit aussi silencieux qu'une tombe, l'air légèrement apeuré par toute cette agitation. Il n'avait pas voulu faire de commentaire sur ce qui « c'était passé » ; Elle n'avait pas insisté, mais le visage de Spencer qui laissait transparaître la peur l'inquiétait au plus haut point : on aurait dit un enfant perdu.

-Agent Greenaway et Reid, nous sommes du FBI, dit-elle en se présentant.

L'homme a qui elle s'adressait lui répondit par un large sourire et lui répondit :

-Je sais qui vous êtes ! Moi je suis l'agent Pete Petri de la police de Richmond.

Une voix sûre et déterminée coupa Elle alors qu'elle voulait demander des informations sur la découverte des corps.

-Qui a retrouvé le cadavre ?

Surprise par la voix graves et suave qui venait de s'élever derrière elle, Elle se retourna et observa Reid : son expression était bien différente. Son visage s'était durcit, ses cheveux étaient légèrement ébouriffés, un léger sourire moqueur à peine esquisser était apparu sur son visage : le contraire même de Reid.

-Un jeune adolescent Michael Barton, il dit qu'il a rien vu, rien entendu, il passait là car c'était un raccourci pour rentrer chez lui.

Sans même remercier le policier, Spencer partit vers les cadavres, où le médecin légiste s'affairait et faisait ses premières conclusions. Elle l'excusa auprès du policier, disant que Reid avait eu une journée épuisante. Perturbée par cette attitude elle se demanda si elle ne devait pas appeler Gideon ou Hotch… Elle sortit son portable de sa poche puis se ravisant, elle le remit à son endroit initial : Reid devait juste être fatigué…

Les recherches de J.J et Morgan n'avaient servi à rien : le nombre de personnes correspondant à ce profil était proche des 500… Découragée, J.J regardait avec impuissance la liste de noms qu'ils avaient établi : comment pourraient-ils faire pour retrouver leur homme. Jennifer regarda Derek qui avait l'air perdu dans ses pensées.

-A quoi tu penses ?, finit-elle par lui demander.

-A Reid, il est bizarre… je pense qu'on devrait peut-être parler de l'épisode de la salle de bain à Hotch…

Il avait fait exprès de citer Hotch et non Gideon : ce dernier n'était pas non plus dans son état normal.

-Si ça se trouve, il n'y c'est rien passé, lui répondit J.J, perplexe.

Après un léger silence, Morgan reprit :

-Quand j'étais plus jeune, je m'amusais à faire sauter les verrou des portes…

Outrée par ce sous-entendu, Jennifer lui répondit :

-Non, mais t'es taré ou quoi ? Tu vas quand même pas aller fouiller dans sa chambre ?!

Exaspéré, Morgan leva les yeux au ciel et lui dit :

-Je ne fouillerais pas, je jetterais un coup d'œil, c'est tout ! Reid ne va pas bien, je n'ai pas envie de le laisser tomber… T'as entendu ce qu'il a dit tantôt ?

Sans attendre la réponse de J.J, Derek se leva et sortit du bureau. Jennifer le regarda s'éloigner et décida de le suivre : pour Reid…

Le regard dans le vague, Reid s'aperçut avec surprise de l'heure qu'il était, il n'avait vraiment pas vu le temps passer… Décidément, Gideon avait peut-être raison pour ce dédoublement de personnalité. Il se retourna vers Elle qui conduisait silencieusement et lui dit :

-Je dois passer voir quelqu'un : tu peux me déposer ici ? S'il te plaît…

Etonnée, Elle le regarda à travers ses lunettes de soleil : le regard de Reid était innocent et interrogateur : il n'y avait plus aucune trace du Reid qui avait remballé le policier.

-Oui, bien sûr…

-Merci…

La voiture noire s'arrêta sur le trottoir et Reid sortit du véhicule. Il referma la portière et perdu dans ses pensées, il n'entendit même pas la question qu'Elle lui posait. Cette dernière n'osa pas la réitérer et reprit le cours du trafic. En s'éloignant elle observa Reid, immobile sur le trottoir, qui devenait de plus en plus petit dans son rétroviseur. Spencer la regarda partir et attendit qu'elle soit trop loin pour le voir. Puis il marcha d'un pas peu sûr vers un grand bâtiment de briques rouges. Il s'approcha et lu sur une plaque dorée : « Docteur Hose, psychologue ». Il ne s'était pas trompé de rue. Prenant une profonde inspiration, Spencer entra dans le bâtiment, espérant d'hors et déjà d'en être ressortit.

Sous le regard de la jolie blonde, Derek s'affairait sur la serrure de la chambre de Reid. Cela faisait presque 10 minutes qu'il s'acharnait : peut-être avait-il perdu la main ? Soudain, comme pour répondre à cette pensée, un déclic se fit entendre et la porte s'ouvrit. Avec un sourire triomphant, Derek se releva et entra dans la chambre. Quand ils étaient venus le matin même, la porte était ouverte : Reid avait oublié de la fermer à clé. Tandis que Morgan se dirigeait vers le petit bureau posté à côté du lit, J.J s'avança vers la table de nuit et l'ouvrit : elle y trouva des BD de Star Trek, des livres sur la psychologie, et une photo de la mère de Reid. Voyant cette dernière, J.J eut un pincement au cœur, s'en voulant presque de fouiller dans les affaires de Spencer. Il y a deux nuits de cela, ils étaient ensembles, maintenant, ils étaient plus éloignés que jamais… Reid fuyait tout le monde et Jennifer avec. Elle voulut remettre la photo quand elle aperçut une petite boîte métallique, bien calée dans le fond du meuble. Elle l'attrapa et l'ouvrit : elle contenait des lettres. Jennifer en était presque déçue, elle s'attendait à trouver quelque chose de plus important dans cette boîte si bien cachée. Elle l'a rangea, presque à contrecœur : elle aurait bien voulut lire son courrier, savoir avec qui il correspondait, mais savait qu'il y avait plus important à trouver. Elle se releva et s'approcha du petit bureau, endroit où se trouvait Derek. Elle le regarda tenter d'ouvrir le tiroir du bas, mais ce dernier ne semblait pas coopératif : soit il était fermé à clef, soit il était coincé. Les trois autres tiroirs avaient été décevants : un trousse avec des crayons, des feutres, des stylos et des bics dans un, les autres étaient vides. Le regard de J.J se posa sur le dessus du bureau où était nonchalamment posé des rapports sur les précédents meurtres. Tout en parcourant des yeux la table de travail, elle aperçut un petit objet brillant, elle le ramassa et se rendit compte que c'était une petite clé. Elle l'a tendit à Morgan et lui dit :

-Essaie d'ouvrir avec ça…

Ne se faisant pas prier, Derek attrapa la petite clé et l'inséra dans la serrure. Une lueur d'espoir les parcourut quand ils entendirent le déclic qui annonçait le déverrouillage du tiroir. Morgan l'ouvrit et en sortit son contenu. J.J, fébrile le regarda s'asseoir au bureau et ouvrir le grand carnet qu'ils venaient de trouver. Jennifer vint se poster derrière Morgan. Elle fut déçue de voir que le carnet ne contenait que des dessins… Puis en regardant le premier un peu mieux, elle s'aperçut que Reid s'était dessiné coucher dans une ruelle, une balle dans la tête. Le dessin était tellement réaliste qu'elle ne put réprimer un frisson en l'observant. Morgan avait l'air sous le choc, aucun d'eux ne parlaient, le dessin était assez éloquent et se passait de commentaires. Morgan tourna la première page du carnet et se trouva face à un dessin fait par un gosse de 5 ou 6 ans : il représentait un homme avec une valise qui partait vers sa voiture en laissant une femme et un enfant derrière lui. L'enfant faisait un geste bizarre avec sa main : il avait un fusil imaginaire dans cette dernière et se tirait une balle dans la tête. En haut du dessin, l'enfant avait écrit :

« Je m'ai tué… »

Les dessins qui suivaient montraient un pantin avec une seringue à la main et un sourire diabolique sur le visage, le même pantin avec un couteau de chasse, tentant de frapper une des ombres qui l'entouraient,…Dans ses dessins on reconnaissait trois style bien différent : celui d'un enfant, celui d'un adulte plein de colère et celui d'un adulte désespéré. J.J se sentait glacée, jamais elle n'aurait cru Reid capable de faire ce genre de choses. Ce fut Derek qui sortit en premier de sa torpeur, il remit le carnet dans le tiroir et le referma à clé. Il se leva, sous le regard hébété de J.J et lui dit d'une voix mal assurée :

-Reid ne doit pas savoir que nous sommes venus ici…

Jennifer approuva d'un signe de tête. Elle ne se sentait pas bien et courut jusqu'à la salle de bain : elle ouvrit le robinet à fond sur l'eau froide et aspergea son visage du liquide rafraîchissant. Elle espérait au fond d'elle que cela la réveillerait d'un mauvais rêve, mais quand elle arrêta l'eau, elle était toujours dans la salle de bain de Reid. Elle prit de papier toilette et s'essuya le visage avec. Quand elle entendit une voix s'élever de la pièce d'à côté :

-Ca va ?

Elle répondit à Morgan avec un léger grognement affirmatif. Elle se retourna vers la poubelle de la salle de bain et en jetant ses déchets, elle aperçut une seringue dans cette dernière. Piquée par la curiosité, elle ramassa la seringue et se demanda pourquoi Reid avait-il eu besoin de cette dernière… Préférant ne pas trouver la réponse qu'elle redoutait, elle lâcha la seringue qui retomba dans la poubelle. Elle sortit de la salle de bain encore plus mal que lorsqu'elle y était entrée. Quand Morgan passa à coté d'elle et y entra à son tour. Jennifer se mit à prier silencieusement pour que Morgan ne trouve pas la seringue. Mais ce dernier fouilla plutôt dans les placards. Ne trouvant rien d'intéressant, il rejoignit J.J dans la chambre principale et dans un accord silencieux, ils sortirent de la chambre. Ils étaient bien décidés à aller trouver Hotch pour lui raconter ce qu'ils avaient trouvé…