Organisation

Tous les capitaines repartirent dans leur quartier respectif avec des directives diverses et variées quant à l'organisation de cette journée portes ouvertes, allant de préparer des visites guidées à prévoir de rattraper le retard dans le travail. En outre, tout le monde avait pour ordre officieux de laisser la onzième division en dehors de tout ça. Le capitaine Yamamoto se chargerait de l'occuper le jour J.

En arrivant à sa capitainerie, Mayuri Kurotsuchi fonça vers son laboratoire et appela.

« Nemu, Hiyosu ! »

Le temps que ceux-là arrivent, il entra dans son laboratoire et reprit la place de Akon qui s'en alla rapidement vers son bureau. Lorsque le lieutenant et la vice-capitaine arrivèrent, il leur tendit à chacun un papier et leur dit.

« Nemu, tu vas me fabriquer ça, en très grande quantité, quelques centaines voire un millier. T'occupe pas de la qualité, ils doivent tenir une journée, c'est tout. Et toi Hiyosu, tu vas me faire des copies de ce papier. Le plus possible, ne lésine pas. »

Alors ils repartirent chacun vers leur bureau et se mirent au travail.

A la dixième division, Hitsugaya convoqua tous ses officiers et leur expliqua la situation. Après quoi, il leur précisa de laisser tout membre de la onzième division dans l'ignorance de l'événement et ordonna à Matsumoto et tous les autres de prendre toute l'avance possible dans leur travail, pendant que lui allait récupérer de sa nuit de travail, le tout avec un regard noir lancé de travers à la vice-capitaine qui ne remarqua rien.

Pendant ce temps, à la onzième division, Kenpachi avait fini de se coiffer et partait pour une tournée d'inspection, Yachiru perchée sur son dos, pendant que Ikkaku enchaînait victoire sur victoire pour ses duels dans le dojo, sous le regard de Yumichika.

Le lendemain(J-6)

Yuichi Shibata, l'enfant enfermé dans la perruche de Chad, venait d'arriver à la Soul Society depuis trois jours. Il s'était déjà trouvé une famille de remplacement et profitait du temps qu'il avait pour sortir gambader et jouer avec ses amis. Mais ce jour-là, quand ils sortirent pour se rejoindre, ils eurent tous les yeux rivés vers le ciel.

Des centaines de… trucs sortis du laboratoire de Nemu Kurotsuchi sillonnaient le ciel avec un gros tas de tracts dans la gueule et en lâchaient quelques uns par moment en continuant de parcourir le ciel du Rukongai. Shibata en ramassa un et lut.

Chères âmes errantes du Rukongai.

En tant que capitaine en chef des armées de la cour, j'ai l'immense honneur de vous annoncer l'avènement de la fête nationale de Soul Society dans six jours, le 17 Juin. A cette occasion, je vous invite au nom des Shinigamis du Seireitei à assister à notre grande journée portes ouvertes. Vous pourrez venir le jour dit entre six heures du matin et neuf heures du soir, et ainsi participer à des visites guidées, découvrir la vie quotidienne des Shinigamis, en apprendre plus sur nous et vous rapprocher de nous.

En espérant de vous voir nombreux ce jour-là, je vous présente mes salutations respectueuses.

Genryûsai Shigekuni Yamamoto

A la sixième division, Byakuya Kuchiki restait muet, comme à son habitude. Renji avait bien essayé de lui tirer les vers du nez, mais pas moyen de savoir ce qui s'était passé lors de cette réunion surprise. Il lui restait alors une seule solution pour savoir, aller voir les autres vice-capitaines. Il voulait le savoir, pas seulement pour sa propre curiosité, mais aussi pour celle des filles de sa division qui avaient passé le plus claire de leur temps la veille à lui demander pourquoi le capitaine s'était absenté. Et vu qu'il n'aurait pas la paix tant qu'il ne pourrait pas leur dire quoi, il se rendit alors à la onzième division pour voir Ikkaku. Peut-être était-il au courant.

« Ton capitaine a été convoqué ? » demanda Madarame. « Ben pas le mien. Ca doit concerner que ta division. »

Renji grommela. Il allait devoir espionner son capitaine s'il voulait avoir des informations. Il quitta alors son camarade, le laissant reprendre ses petits échauffements matinaux, et retourna à sa capitainerie.

La huitième division, qui était d'ordinaire chargée de s'occuper des affaires internes au Seireitei, avait été pour l'occasion chargée d'organiser des visites guidées pour le Rukongai. Les officiers se démenaient pour faire face à cette nouvelle situation assez peu habituelle.

« Allez quoi, Nanao » dit Kyôraku à sa subordonnée « Mets-le, je suis sûr que ça t'irait bien. »

« Non, capitaine, c'est hors de question ! » répliqua celle-ci avec un ton indigné à la vue du kimono d'été que lui tendait son capitaine.

« C'est juste pour la fête. Il faut se mettre dans l'ambiance ! Et puis, je suis ton supérieur. Si je te dis de le faire, tu dois m'obéir. »

« Sauf votre respect, capitaine, aucun article dans le règlement intérieur ne stipule qu'il y a des vêtements précis à porter pendant les occasions diverses. Je ne suis pas tenue de mettre ce kimono à fleurs. »

« Mais… mais je pensais que tu serais bien dedans, il était à ma grand-mère. »

« Raison de plus ! »

Le soir, à la treizième division, Ukitake recevait Kyôraku qui se plaignait que Ise n'avait pas voulu du kimono et avait même menacé de le détruire s'il tentait de la forcer à le porter. A quelques mètres des deux hommes, Sentarô et Kiyone avaient entendu ce qui se disait.

« Génial, ça va être la fête ! » minauda Kiyone.

« Hum ! » se contenta de répondre Sentarô qui, pour une fois, ne trouvait pas de moyen de la contredire.

« T'as entendu ? Ce sera l'occasion d'acheter des vêtements d'été. Même les capitaines sont d'accord. Ca posera pas de problème ! »

Là, son camarade aurait bien voulu lui opposer son point de vue, mais déjà elle était partie en direction de la quatrième division pour en discuter avec sa sœur.

Le lendemain (J-5)

A la troisième division, ce n'était pas vraiment la joie. Non seulement Ichimaru avait oublié de prévenir Kira de l'événement, mais en plus il semblait terriblement ennuyé par la fête. Aussi, Izuru, qui était censé informer les lieutenants de ce qui se passait, n'osa pas lui poser la question, se souvenant, traumatisé, de la fois où il avait posé une question qu'il ne fallait pas…

Lui restait alors, à lui aussi, la seule solution que d'aller se renseigner auprès des autres vice-capitaines. Il se rendit donc de ce pas chez Renji pour le lui demander.

Quand il eut posé la question au rouquin qui se trouvait dans son bureau, celui-ci répondit.

« Ah toi non plus t'es pas au courant de ce qui se trame ? »

« Eh bien… non. Et le capitaine Ichimaru n'a pas l'air disposé à me le dire. »

« Ah, donc ça concerne bien toutes les divisions. Le capitaine Kuchiki non plus ne veut rien me dire. »

Il y eut un instant de silence que Renji brisa en disant.

« Bah, on a qu'à aller voir Hinamori. Le capitaine Aizen lui a sûrement dit de quoi il s'agit. »

Ils s'y rendirent de ce pas, Renji se cachant du mieux qu'il pouvait derrière son ami pour éviter d'être vu par ses subordonnées et à nouveau harcelé de questions.

En chemin, il demanda à Kira.

« Mais tout de même, c'est bizarre. Il semble que la onzième soit pas concernée. »

« Laisse, c'est sans doute exprès. »

« Comment, vous n'êtes pas au courant ? » s'étonna Hinamori à la question de Renji.

« Ben… non ! » répondirent les deux garçons en chœur.

« Je me suis retenue de venir vous voir, vu que je pensais que vos capitaines vous préviendraient. »

Abarai et Kira se dévisagèrent avec un rictus moqueur.

« Bon alors c'est quoi ? »

« C'est la fête nationale de Soul Society ! »

« Y a une fête nationale pour Soul Society ? »

« On en apprend tous les jours… »

« Et le capitaine Aizen m'a dit qu'on devait organiser une journée portes ouvertes pour les gens du Rukongai. »

A ces mots, Kira resta de marbre, mais Abarai se prit le visage dans la main en marmonnant un « ohlala… ». Finalement, il était plutôt content que le capitaine Kuchiki ne lui ait rien dit. Tant qu'il était censé ignorer tout, il n'avait pas besoin de mettre la main à la pâte.

Plus ou moins satisfaits du renseignement, les deux vice-capitaines retournèrent à leur capitainerie, mais avant de sortir de la cinquième, Hinamori les rattrapa et leur dit :

« Au fait, la onzième division ne doit pas être mise au courant. Le capitaine en chef Yamamoto craint que ça finisse mal sinon. »

En revenant de la bibliothèque, Nanao croisa Isane. Celle-ci voulait l'entretenir à propos de vêtements féminins.

« Ise. Hier, ma sœur est venu me voir toute hystérique en me disant qu'il fallait s'habiller spécialement pour la fête dans cinq jours. »

En entendant ces mots, Ise se souvint de l'affaire du kimono de feue madame Kyôraku et elle ressentit une pointe de stress monter.

« Je ne vois pas de quoi tu me parles, Isane. »

« Ah ? C'est pas grave. Par contre, ce matin j'en ai parlé à ma capitaine et elle a dit que c'était une excellente idée et qu'il fallait en parler à toutes les membres de l'association femmes-shinigamis, pendant que elle s'occupe d'en parler aux autres capitaines. »

Ce fut un grand moment de solitude pour Ise. Toutefois, elle parvint à revenir à la réalité et répondre d'un air résigné.

« D'accord, je m'en charge ! »

A la dixième division, Matsumoto discutait tranquillement avec son capitaine dans son bureau. Hitsugaya, qui prenait de l'avance dans la paperasse, aurait bien aimé qu'elle lui donne un coup de main, ou lui fiche un peu la paix, mais elle n'était pas de cet avis.

« Et dites, capitaine, c'est pour quoi qu'on prend de l'avance ? »

« Je te l'ai dit, idiote ! Il va y avoir une fête et il ne faut pas qu'on ait de retard. »

« Une fête ? C'est génial ! »

« Crie pas comme ça. »

« Y aura des feux d'artifices ? »

« Je sais pas ! T'as qu'à t'en occuper, au moins t'auras quelque chose à faire. »

A ces mots, elle se leva du divan et se dirigea vers la porte. Mais avant de sortir, elle se retourna vers son capitaine et lui demanda.

« Et pour le goûter ? »

« Quel goûter ? »

« Ben, si ça dure la journée, il faut bien qu'on mange à un moment. On peut organiser un goûter pour tous les invités. »

« Tu penses vraiment qu'à la bouffe, toi. Mais bon, si ça t'intéresse autant, occupe-t'en et puis c'est tout. »

« Vous nous ferez de la glace ? »

Hitsugaya marqua une pause dans son travail et resta immobile un instant.

« Comment ça ? » Il avait une idée de ce qu'elle voulait dire, mais il osait tout de même espérer se tromper.

« Ben, avec votre sabre. Vous pourrez faire de la glace pilée pour tout le monde. »

« Tu voudrais que j'utilise Hyôrinmaru pour faire de la glace ? » le ton était devenu menaçant.

« Oui. » répondit Matsumoto avec une voix innocente.

« DEGAGE ! VA T'OCCUPER AILLEURS ! » cria la petit capitaine, poussé à bout par sa subordonnée.

L'après –midi commençait à décliner quand, dans la salle d'audience de la huitième division, les membres de l'association femmes-shinigamis s'installaient sur des bancs épars pour faire face à Ise qui commençait à noter au tableau l'ordre du jour. Elle eut à peine fini d'écrire le titre « tenue vestimentaire spéciale à l'occasion de la fête nationale » que Isane leva la main pour demander.

« Vice-présidente, pourquoi la présidente n'est-elle pas ici ? »

Unohana, dans son rôle de secrétaire, lui répondit à sa place.

« Il a été convenu par tous les capitaines que la onzième division devait être tenue à l'écart de l'événement, afin d'éviter certains troubles. Tu ne voudrais pas que notre division fasse des heures supplémentaires ce jour-là, n'est-ce pas ? »

Isane acquiesça et Nanao prit la parole, le ton de sa voix était un peu hésitant.

« Bien. Pour celles qui ne le savent pas encore, dans cinq jours, le 17 Juin, aura lieu la fête nationale de Soul Society. » Elle attendit que les murmures occasionnés par ses mots se dissipent et continua. « A cette occasion a été planifiée une journée portes ouvertes au Seireitei pour les âmes errantes du Rukongai. Depuis cette décision » elle marqua un temps d'hésitation « l'idée est née, comme quoi il serait de mise d'arborer un habit particulier pour la fête. Une sorte de costume en somme. Si nous sommes réunies, c'est justement pour en discuter. Quel habit allons-nous choisir, mesdemoiselles ? »

A suivre…