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En ce moment, il te fait la tête et tu ne sais pas pourquoi. Un beau soir, comme ça, il te semblait qu'il était un peu froid envers toi mais ça lui arrivait, donc tu n'y avais pas vraiment fait attention. Qu'il préfère rester dans sa chambre à grignoter seul ne voulait rien dire, tu en étais conscient et pour cela, tu n'avais rien dit.
Ce fut les jours suivants que tu compris qu'il boudait. Tu avais tenté de l'approcher en vain, le fait qu'il ne veuille plus te toucher te rendait à la fois triste et furieux. S'il voulait partir, qu'il le fasse ! Mais au fond de toi, tu te disais que ça valait bien la peine de te séduire pour te rejeter aussi cruellement.
Désespéré, tu étais allé voir ton ami de longue date, que tu avais connu au collège. Lui, il comprenait chaque mot qui ne sortait pas de ta bouche, il riait tout le temps avec toi et sa présence t'apaisait étrangement.
Vous aviez déjà eut une relation, au lycée, mais comme vous vous appréciez comme de meilleurs amis, vous aviez préférés en rester là et aucun de vous n'a eu à regretter ce choix. Pourquoi, Koganei était quelqu'un de patient malgré sa crétinerie certaine, et comme aujourd'hui, alors que tu avais besoin de sa présence, il fut là pour toi.
Ce soir-là, tu avais les yeux rouge à force de pleurer, car malgré tout, ses puissants bras te manquaient depuis quand était-il devenu si important à tes yeux, si nécessaire à ton bonheur ? Tu ne le savais pas.
En jetant ton sac au sol, tu avais pu voir qu'il était déjà rentré, chose rare. Debout devant toi, il te fixe avec un visage crispé, presque haineux. D'un mouvement de recul, tu sentais ta poitrine se serrer devant ce regard qui t'étais inconnu. Tu avais vraisemblablement fait quelque chose de mal, et tu en ignorais la cause.
- …
Comme à l'accoutumé, aucun mot ne sorti de ta bouche, tu paniquais de ne pouvoir t'expliquer.
- Rino-chin, je t'aime moi, tu sais ?
Il s'était approché de toi et était tombé à genoux, comme prit d'un chagrin immense pour t'enlacer, le visage dans ton nombril. Tu voulais le réconforter, mais comment ? Tes mains se posèrent doucement sur sa tignasse nid de corbeau.
- Ne me laisse pas… murmurait-il dans un sanglot.
