Le réconfort de ses bras.
Chapitre 2.
-Vous avez fait quoi ?, s'écrie ma mère, ahurit.
Nous venons de finir de lui expliquer la situation et autant dire que cela revient carrément à signer mon arrêt de mort. Sans déconner, elle me foudroie tellement du regard que si cela pouvait tuer, je ne serais clairement plus de ce monde.
-Comment as-tu pus être aussi stupide ?! As-tu pensée ne serait-ce qu'une minute aux conséquences que ton geste aurait sur ma campagne ? Je suis candidate, Clarke !
En réalité, non, je n'y ai pas pensé, pas avant que Bellamy ne me le rappelle.
-J'ai fais une bêtise mais... Commencé-je.
-En effet, oui, et une grosse ! Heureusement pour toi, pour vous, j'ai un plan. Annonce-t-elle.
Tant mieux, parce que malgré les heures de conversation de la veille au soir nous ne sommes pas arrivé à en trouver un ! Bellamy et moi échangeons tout de même un regard sceptique et inquiet alors qu'elle reprend en regardant Bellamy dans les yeux :
-Je me suis renseigné sur toi. Commence-t-elle, Bellamy se décomposant. Je sais que ton album sera lancé dans une semaine et que toute cette histoire est un bon coup de pub pour ta carrière.
-Si vous croyez que j'ai tout calculé, vous vous trompez. Rétorque-t-il, blessé.
-Ce n'est absolument pas ce que je voulais dire. Je sais que tu es un garçon bien et mature. Je dis simplement que nous avons tous de bonnes raisons de continuer cette histoire.
-Pardon ?, m'étonné-je.
-Dans notre intérêt à tous, nous devrions transformer cette farce ridicule en un véritable mariage d'amour.
-D'amour ?, répété-je, choquée.
-Vous voulez qu'on reste mariés ?, demande Bellamy, pas sûr d'avoir bien comprit.
-Exact. Confirme ma mère.
A-t-elle perdue la tête ?
-Mais maman...
-Tais-toi !, ordonne-t-elle. Je ne vous dis pas de le rester à vie, soyons d'accord, seulement de faire semblant de vivre le grand amour quelques mois. Puis, lorsque les élections seront passées et que la carrière de Bellamy sera lancée, vous pourrez divorcer en trouvant le motif qui vous plaira.
-Maman, les élections sont dans dix mois ! Vous venez à peine de commencer la campagne !, m'exclamé-je.
-Tout à fait, cette campagne démarre à peine et je suis en tête, Clarke. Tu pourrais l'anéantir en l'espace d'une minute alors fais attention à ce que tu vas faire. Prévint-elle.
Je suis défaite. Incapable d'établir un raisonnement cohérent ou d'aligner deux mots.
-Je vous laisse en discuter. Déclare-t-elle.
Elle quitte la pièce, non sans me lancer un regard équivoque.
-Elle est furieuse. Murmure Bellamy, comme s'il avait peur de me brusquer.
Je comprend sur moi lorsqu'il tend la main pour essuyer la larmes qui coulait sur ma joue.
-Crois-moi, elle est plus déçue que furieuse. Soufflé-je.
Il fronce les sourcils alors j'explique :
-Je suis une source de déception.
Il s'apprête à répliquer mais je le coupe :
-Crois-moi, je ne fais pas dans le mélodramatique, je cite ses paroles.
-Avait-elle une bonne raison de dire ça ?, demande-t-il.
-J'ai foiré mon année de médecine. Informé-je.
-Mais tu adorais ça !, s'exclame-t-il, surprit.
J'hoche négativement la tête.
-J'ai pris médecine parce que ma mère m'y avait obligée et j'ai pris des options d'histoire pour être avec ta sœur. Bien sûr tout ça me plaisais mais... ce n'était pas mon truc.
-Et quel est ton truc ?
-L'art. Réponds-je en haussant les épaules.
-EH bien, fait une école d'art !, dit-il avec évidence.
Je ris sans amusement :
-C'est curieux que tu dises ça, car quand j'en ai parlé à ma mère en expliquant que mon projet était d'ouvrir une galerie, c'est justement le moment où elle m'a affirmée que j'étais une source de déception. Imagines-tu la fille de la potentielle future présidente dans l'art ? La médecine est tellement plus clinquante !, ironisé-je.
-Tu es majeur, si tu veux faire cette école, fais-le.
-Elle coûte chère, et bien que ma mère ait largement les moyens, elle refuse de la payer.
-Je n'imaginais pas ta mère comme ça... Admet-il.
-Ah oui ?
-Je l'ai toujours imaginé comme une mère présente, qui te soutiens dans tes choix. Je t'ai toujours envié pour ça.
-Vraiment ? Eh bien c'est justement la raison pour laquelle j'enviais Octavia.
Il arque un sourcil.
-Elle t'avait toi, Bel. Et toi tu es vraiment ce genre de personne : présent quoi qu'il arrive dans tous les choix qu'elle faisait.
Il me sourit :
-C'est gentil.
Je lui souris en silence.
-Que va-t-on faire ?, s'enquiert-il enfin.
-Que veux-tu faire ?
Il fronce les sourcils, en pleine réflexion.
-On devrait le faire. Lâche-t-il finalement.
-Vraiment ?, M'étonné-je.
Il hausse les épaules :
-Cela calmerait ta mère, aiderait ma carrière, même si je tiens à préciser que je ne l'avais pas prémédité, et...
-Je le sais, Bel. Affirmé-je.
-Et on pourrait y poser une condition. Conclut-il.
-Qui serait ?
-Le droit pour toi de faire ton école d'art.
-Tu crois réellement qu'elle accepterait ?
-Elle a l'air de vraiment tenir à ce qu'on reste marié. Pour nous, cela ne changerait pas grand chose.
-A part qu'on devrait réussir à se supporter.
-On a bien réussis ces dernières 48 heures. Fait-il remarquer.
-En es-tu vraiment sûre, Bellamy ? Si on se lance c'est pour, minimum, 10 mois et encore...
Il acquiesce :
-Prêt si tu es prête.
-Prête. Acquiescé-je. MAMAN TU PEUX VENIR !
Quelques secondes plus tard, elle se tient de nouveau devant nous.
-Avez-vous réfléchit ?, demande-t-elle froidement.
-Oui, on s'est mit d'accord. Réponds-je.
-On va le faire. Informe Bellamy.
-Parfait !, s'exclame ma mère en souriant.
-Mais, à une condition. Ajoute Bellamy.
-Je t'écoute. Répond suspicieusement ma mère.
-Vous allez payer cette école d'art à Clarke et la laisser réaliser son rêve.
Ma mère se décompose.
-À vous de voir, c'est non-négociable. Prévint-il.
-Bien. Acquiesce ma mère à contre-cœur. Mais... Reprend-elle. Personne ne doit être au courant de tout ça, personne d'autre que nous trois.
-Mais, et papa ?, m'étonné-je.
-Ton père me tuerait s'il savait quoi que ce soit à propos de cet arrangement. Rétorque-t-elle.
C'est à mon tour d'acquiescer à contre-cœur, je suis tellement proche de mon père que cela sera difficile de lui mentir.
-Nous allons donc déménager tes affaires chez Bellamy. Lâche-t-elle.
-Quoi ?, m'écrié-je.
-Eh bien, un couple marié ne vit pas séparément chérie, comment veux-tu être crédible ?, rétorque-t-elle avec ironie.
-Tu pourrais t'installer dans la chambre d'ami. Propose Bellamy.
J'acquiesce vaguement :
-EH bien j'imagine qu'on va devoir apprendre à se supporter et à cohabiter.
Nous grimaçons tous les deux : ça va être compliqué.
-Pas de colorant dans mes shampoings. Plaisante-t-il pour détendre l'atmosphère.
-Pas de trou dans mes tee-shirt. Rétorqué-je.
On se met à rire sous le regard d'incompréhension de ma mère. Nous nous levons tous du canapé dans le but d'aller faire mes valises quand ma mère attrape mon poignet, rive ses yeux aux miens et dit :
-Invite ta mère la prochaine fois que tu te marieras.
-Si prochaine fois il y a. Rétorqué-je en soupirant.
-Plus tôt que tu ne le pense.
-Quoi ? Comment ça ?
-Nous allons organiser un vrai mariage.
-Mais maman...
-Clarke, ne dis pas un mot. Prévient-elle.
-Vous voulez qu'on se remarie ?, demande Bellamy.
-Exactement mon cher, et ce sera un mariage grandiose je peux vous l'assurer !, s'exclame-t-elle.
Puis elle pose une main sur ma joue et ajoute avec tendresse :
-Qu'est-ce qu'une mère ne ferait pas pour sa fille ?!
Je me demande si c'est ironique mais ne répond rien, ne voulant pas repartir dans une dispute. De toute façon on est déjà marié alors... On n'est plus à ça près...
Cette après-midi, nous avons déménagé toutes mes affaires chez Bellamy et, à présent, cela fait une petite heure que j'attends anxieusement que mon père rentre du travail. Bellamy est installé sur le canapé à mes côtés et ma mère sur le fauteuil, nous avons allumés la télé histoire de faire un bruit de fond et de passer le temps. Je ne pourrais pas vous dire de quoi il est exactement question mais c'est une émission de cuisine. En réalité, je suis d'avantage préoccupée par le rôle que je vais devoir tenir devant mon père. Il faut absolument qu'il ne se doute de rien, j'ai pris ma décision concernant la suite et mon père aurait bien du mal à comprendre mon choix et cela lui ferait certainement beaucoup de peine. Et cela est la dernière chose que je pourrais vouloir. Alors à ses yeux je serais une jeune mariée heureuse et épanouie, vivant le genre de relation idéaliste dont chaque fille rêve. J'avais bien expliquer ce point à Bellamy et il m'avait juré de ne rien laisser paraître.
Nous entendons la porte d'entrée s'ouvrir et je sursaute. Bellamy pose une main calme sur mon genoux en m'adressant un regard rassurant accompagné d'un hochement de tête. Lorsque mon père entre dans le salon, son regard se pose d'emblée sur la main de Bellamy avant de remonter sur moi et de sourire à pleines dents :
-Trésor !, s'exclame-t-il. Tu es rentrée.
Aussitôt, je saute de mon siège pour me jeter dans ses bras comme la gamine de cinq ans que je resterais toujours en sa présence. Il dépose un baiser sur mon front en jetant un regard perplexe à Bellamy.
-Monsieur Griffin. Salut poliment ce dernier en tendant sa main.
Mon père me jette un regard en biais.
-S'il te plaît, papa. Prié-je.
Alors il serre la main de Bellamy et lui répond :
-Bonjour Bellamy.
Puis il reporte son attention sur moi et attend patiemment alors je me lance :
-Écoute papa... Je suis vraiment désolé d'être partie comme ça sans donner d'explication mais... J'avais vraiment besoin d'être avec Bellamy et je ne savais plus comment affronter... - je m'arrête, ne pouvant pas prononcer les mots fatidiques – tout ça.
-Je comprends cette partie, c'est avec la suite que j'ai du mal. Rétorque-t-il.
-Eh bien... Bellamy et moi sortons ensemble depuis maintenant huit mois et... On... On s'aime vraiment tu sais... Et... On était vraiment pas bien et... Bégayé-je.
-Nous voulions transformer une journée de merde en quelque chose de... Mieux. Conclut Bellamy, volant à mon aide.
-Nous n'avons pas vraiment réfléchis, je l'admet, nous avons simplement foncé tête baissé mais je ne regrette rien, vraiment. Assuré-je. Je suis amoureuse de lui et je suis heureuse d'être devenue Madame Blake, même si les circonstances auraient pût être... meilleures.
-Huit mois ?, s'étonne mon père en fin de compte.
-C'était censé rester un secret. Murmuré-je.
-Pourquoi ?
-J'ai signé un contrat avec une maison de disque et j'étais censé rester célibataire. Informe Bellamy.
Je tente de ne pas paraître étonnée mais me demande tout de même si c'est vrai ou pas.
-Pourquoi avoir épousé ma fille dans ce cas ?
-Parce que je l'aime et que ce n'est pas un contrat qui va m'empêcher de l'aimer.
-C'est très louable... Même si le fait que ma fille se marie à seulement vingt ans et après seulement huit mois de relation ne me plaît pas.
-Mais on se connaît depuis tellement d'année, cela nous semblait naturelle. Tenté-je.
Mon père me sourit avec bienveillance.
-Tu as fais ton choix, trésor, je veux simplement que tu sois heureuse.
-Je le suis. Assuré-je.
-J'ai été également déconcerté par tout cela. Informe ma mère. J'ai commencé par leur faire la moral mais comme Clarke à réellement l'air heureuse et que Bellamy est un garçon très bien que nous connaissons depuis plusieurs années j'ai pris sur moi. J'ai décidé de leur faire confiance, j'ai aidé Clarke à déménager ses affaires cette après-midi et je leur ai promis de leur organiser un vrai mariage.
Mon père me jette un coup d'œil et j'adopte un sourire ravie.
-Bien entendu que nous allons t'organiser le mariage de tes rêves, trésor. Assure-t-il.
-Merci papa !
Je me niche dans ses bras alors qu'il me serre fort.
