(Quelqu'un m'a fait la remarque que certaines expressions étaient peut-être trop vulgaires par endroit... Pas la peine de chercher bien longtemps il n'y en a qu'une (ou deux)... le truc c'est que j'ai hésité à laisser l'expression en question. Mais je trouve que le contexte s'y prête; et oui, peut-être est-ce un peu « hors personnage » mais en même temps pas tant que ça... bref, j'assume. Et ça ne veut pas dire que Booth va se transformer en homme vulgaire ! C'était vraiment exceptionnel, je tenais à le dire. Mais ne nous leurrons pas, il est très possible qu'un ou deux autres mots pas si catholiques que ça apparaissent dans certains dialogues. Si ça vous choque je peux très bien changer le « rating » de la fic; ce serait très compréhensible. ;-) il est de toutes façons possible qu'il change par la suite...).

Petit détail, je ne suis pas sûre de savoir qui tutoie qui en VF... alors j'ai fait au feeling. Si je me suis trompée, désolé mais ça ne changera pas.

Oh, et pour ceux qui se poseraient encore la question, oui, cette histoire risque de ne pas être si joyeuse que ça. Ça ne va pas dire que ça va mal finir mais bon...

Pour finir, un GRAND merci à tous ceux qui m'ont laissé un petit mot; ça me fait très plaisir et m'encourage à poursuivre.


CHAPITRE III:

Je serrai les poings, puis ne pouvant me retenir davantage, frappai le mur qui faisait face à la banque Stein & Berkeley. La vitrine de celle-ci avait les stores tirés, la pancarte sur la porte indiquait qu'elle était fermée. Malheureusement pour moi, je savais pertinemment ce que cela signifiait. Angela n'avait pas halluciné, il ne s'agissait pas d'une mauvaise blague. Parker et Bones étaient là-dedans, probablement terrifiés.

Très égoïstement, une seule pensée m'agrippa l'esprit. Merci, Seigneur, pour avoir laissé Bones veillé sur mon fils. Je savais, tout au fond de moi, qu'elle ferait tout pour qu'il n'arrive rien à Parker. J'étais sûr qu'elle risquerait sa vie pour sauver la sienne. Mais je savais aussi qu'elle n'était pas stupide et que si pour qu'il reste en vie elle devait ne rien faire, elle ne ferait rien. Même si cela devait lui coûter tout ce en quoi elle croyait. Elle ne ferait rien. Seule cette idée me permit de ne pas foncer tête baissée dans cette banque. Parce que, si elle ne faisait rien, peut-être les enfoirés qui les avaient pris en otages les laisseraient tranquilles.

Immédiatement les paroles d'Angela me revinrent en tête: Il a dit qu'il lui ferait exploser la tête, Booth. Il a dit qu'il repeindrait les murs avec... avec le sang de Bren. Paroles qui, je j'espérais, resteraient en l'air.

Je plaçai pouce et index sur mon front, essayant de chasser une migraine imminente, me penchant en avant, quand je sentis une main sur mon épaule. Je me retournai sèchement pour voir la mine inquiète de Cullen au-dessus de moi. Derrière lui, personne. Devant mon air surpris, il alla directement au but en faisant signe vers la petite épicerie qui se trouvait juste en face de la banque.

- Nos hommes sont déjà à l'intérieur, ils sont passés par derrière pour ne pas éveiller les soupçons des preneurs d'otages. Mais notre incognito ne durera pas longtemps. Nous avons bloqué les rues mais bientôt nos criminels en herbe réaliseront qu'il n'y a plus de trafic et que quelque chose cloche. Je ne laisse pas une demi-heure à la police du conté pour nous ramener des gyrophares dans tous les coins.

J'opinai rapidement du chef, en le suivant vers ce qui serait notre quartier général pour les heures à venir.

- Vous avez fait vite, dis-je comme un automate, sans vraiment savoir comment je parvenais encore à aligner trois mots.

- Nous avons suivi le protocole, répondit-il simplement. Messieurs, salua-t-il la vingtaine d'agents du FBI et membres de la SWAT, rassemblés autour du rayon laitier du magasin. Inutile de vous dire qu'il s'agit ici d'une situation à hauts risques. Nous savons déjà qu'il y a au moins trois otages potentiels, dont un enfant, plus une guichetière, deux agents de sécurité et le directeur de la banque et possiblement d'autres clients. Deux hommes au moins font parti des preneurs d'otages. Mademoiselle Angela Montenegro est le seul lien que nous avons avec l'intérieur, et ce lien est fragile. Toutes les caméras ont été coupées et nous ne pouvons donc pas déterminer où sont répartis otages et criminels. Il est par conséquent impossible pour l'instant de tirer à vue. Néanmoins, je veux dix hommes sur les toits. Trouver moi un angle de tir ! Et, pour l'amour du ciel, quadrillez-moi le périmètre! Et amenez moi des techniciens. Je veux qu'on se débrouille pour savoir ce qu'il se passe à l'intérieur de ces murs sans mettre en danger la vie de Mademoiselle Montenegro. Au boulot les gars. Booth !

Je sursautai à l'entente de mon nom. J'étais dans le brouillard, je ne parvenais pas à me détacher de cette situation, j'étais beaucoup trop proche de tout cela. Et je savais combien cela pouvait être dangereux.

Les hommes qui avaient reçu des ordres passèrent à côté de moi, chacun m'envoyant un regard à sa façon, de sympathie, de pitié ou de compassion. Ils savaient tous quels étaient les enjeux pour moi.

- Monsieur?

- Vous serez capable de faire abstraction de vos sentiments sur cette affaire ou je dois vous éloigner de force?

Je détectai une intention de détendre l'atmosphère dans sa maladroite tentative d'humour, mais la question n'en était pas moins sérieuse. Et mon assurance extérieure n'avait rien à voir avec l'indéfectible noeud que j'avais à la gorge.

- J'agirai en professionnel, Monsieur.

- A la bonne heure. Il me scruta une seconde ou deux puis dût voir ce qu'il cherchait puisqu'il acquiesça, satisfait. Vous avez prévenu... Rebecca, c'est ça ?

- Je n'ai pas eu le temps. Elle est a juste eu le temps de me déposer Parker, commençai-je un noeud à l'estomac rien qu'à la pensée d'où mon fils se trouvait à présent, et elle s'est envolée vers l'Australie. Sa tante... elle... elle est très malade...

Je secouai la tête, histoire de me remettre les idées en place; je ne faisais radoter. Mais il parut comprendre puisqu'il ne fit que hocher le chef en signe de soutien.

- De toute façon, même si vous arriviez à la joindre maintenant, le temps qu'elle il est fort probable que tout cela soit déjà terminé. D'une façon ou d'une autre. Il se racla la gorge et sentit sûrement mon malaise puisqu'il enchaîna rapidement. Et les fouines ?

Je relevai le chef, interdit. Comment avais-je pu être si négligent et stupide?

- J'ai... J'ai oublié.

- Faites-le, tout ça les concerne aussi.

- Oui, monsieur.

Il ne fallut pas moins de dix minutes, montre en main, pour voir débarquer Zach, Camille, et Hodgins. Ce dernier à grandes foulées et dix bons mètres devant. Et il accéléra encore le pas dès qu'il m'aperçut en train d'ajuster mon gilet par balles, réglementaire dans ce genre de situations. A hauteur de la banderole jaune de sécurité qui barrait maintenant la route dans les deux sens, un policier en uniforme leur bloqua le passage. -Cullen avait eu raison, la police avait fait vite pour nous placer à découverts; tout le monde savait ce qu'il se tramait à présent. Peut-être était-ce mieux ainsi... Nous pouvions à présent commencer les négociations.- Hodgins m'indiqua du doigt et sur un signe de ma part le flic les laissa passer. Je vérifiai mon chargeur une dernière fois, quand je sentis sa présence à côté de moi. Je relevai le visage et nous nous toisâmes, comme nous défiant tour à tour. Je vis son regard se fragiliser un court instant, mais si court que je crus avoir rêvé.

- C'est vrai alors, dit-il simplement, ayant probablement lu dans mes yeux ce que j'avais encore du mal à formuler à voix haute. Il le fallait pourtant.

- Oui, confirmai-je.

- Angela?

- Elle est probablement celle qui est la plus en sécurité, Hodgins.

Il eut un rire froid et moqueur.

- La plus en sécurité? Tu es sérieux? Est-ce que tu te rends compte de ce que tu dis?

- Suffisamment pour savoir qu'elle se trouve en sûreté pour le moment dans la salle de bain, pendant que Parker et Bones sont directement dans la ligne de mire de ces criminels, oui.

Il fit un pas vers moi, les pupilles dilatées, ses poings serrés le long de son corps, comme en train de se préparer au combat.

- Elle n'est pas en sécurité, Booth. Si elle l'était, elle serait ici avec nous, pas dans ce clapier, prête à se faire descendre comme... comme...

Il parut perdre pieds quelques secondes, réalisant certainement ce qu'il venait lui-même de dire. Il engouffra une main dans ses cheveux et la passa sur son visage puis se tût purement et simplement.

- Seeley? Questionna Cam en essayant de m'attraper la main.

Je lui refusai ce simple de geste de réconfort que je ne voulais pas et serrai la mâchoire en la dévisageant sans vraiment pourtant la voir.

- Vous... Vous avez eu des nouvelles du docteur Brennan, Booth? Elle va bien n'est-ce pas?

La question de Zach, pourtant si naïve et probablement un peu malvenue me fit tout de même esquisser un sourire de sympathie pour le jeune homme qui idolâtrait tellement son mentor. Je me souvins alors d'une remarque que Bones m'avait fait quelques temps auparavant: Faites-moi une faveur et tapez Zach sur l'épaule avec une main ouverte. J'avais demandé pourquoi. Mais je réalisais à présent que ça n'avait pas d'importance pourquoi. Ce qui avait de l'importance c'était qu'elle me l'avait demandé.

Alors c'est ce que je fis. Parce que ça aurait fait plaisir à Bones et que c'était peut-être le plus grand réconfort que je pouvais apporter à Zach à ce moment-là.

- Booth... Je fixai à nouveau mon attention sur Camille. Ta main saigne.

Je fronçai les sourcils en observant la peau arrachée au-dessus de mes phalanges, et souris automatiquement en utilisant un terme que Bones aurait certainement apprécié.

- Je vais y jeter un oeil, fit-elle en saisissant la manche de ma veste marquée du sigle jaune du FBI.

Je tirai dans l'autre sens et secouai la tête.

- On n'a pas le temps pour ce genre de choses, Camille.

Elle entrouvrit les lèvres pour objecter je ne sais quoi mais Hodgins lui coupa l'herbe sous le pied quand il me vit me diriger vers l'intérieur de l'épicerie.

- Booth... quelque soit le prix... je paierai ce qu'il faudra. Sans poser de questions.

- Je sais, Jack. Je sais.

&&&

J'avais donné des surnoms à nos trois assaillants. Pas vraiment pour passer le temps mais plus pour m'empêcher de réfléchir au moyen de nous sortir tous de là. S'échapper n'était définitivement pas une option, mais je savais pertinemment que très souvent mon intellect était plus fort que ma raison. L'un et et l'autre devaient certainement être liés chez beaucoup de personnes, mais pas chez moi. Chez moi, c'étaient deux choses bien distinctes et indépendantes. Bref, j'avais donné des surnoms à nos trois assaillants. Et tandis que mon subconscient reconnaissait sans nulle doute là l'influence de mon partenaire, mon conscient avais agilement évité de trop réfléchir à la question...

Celui avec qui j'avais eu le plus l'occasion de... communiquer était « Moriarty », ce personnage complètement dingue de l'oeuvre de Conan Doyle correspondait bien, à mon sens, au regard bleu acier empreint de folie de l'homme. Même si je doutais que l'intelligence du personnage réel équivalait à celle du personnage fictif. Le deuxième homme, au regard presque enfantin et naïf, cheveux blonds hirsutes et qui tenait toujours en jougs le plus jeune couple et les agents de sécurité était « Houdini ». Il avait une structure athlétique qui sans nulle doute lui permettait d'accomplir quelques prouesses physiques dignes du grand magicien. Quant au dernier, le plus taciturne et celui qui semblait conserver un calme olympien en toute circonstance, je l'avais appelé Monte Christo. Il n'y avait aucun doute pour moi, que si l'un des ces criminels menait les deux autres, c'était lui. Au départ, j'avais cru que Moriarty était le leader, à présent, j'étais certaine du contraire.

J'inclinai le visage légèrement, tentant de mieux distinguer les traits de ce dernier; ils étaient comme vides d'expression... Ou plutôt non, ils étaient comme impassibles. Comme si, d'une certaine manière, il parvenait à ne rien laisser paraître. Il menaçait Schift de son arme, oui, mais rien dans ses yeux ne laissait voir s'il comptait réellement s'en servir ou non. Et rien que cela me donna la réponse à ma question muette. Quelqu'un qui pouvait aussi bien masquer ce qu'il ressentait et ce qu'il lui passait par la tête était probablement très intelligent et capable de bien des choses. Y compris de tuer quelqu'un de sang froid.

- Bones?

Je baissai la tête vers Parker, toujours blotti dans mes bras.

- Où est Angela?

Immédiatement, je remuais la tête en tout sens, presque paniqué que l'un des trois hommes ne l'ait entendu. Mais apparemment, ils avaient bien d'autres préoccupations que d'écouter parler un enfant puisque personne ne nous prêtait attention. Je relâchai une tension dont je n'avais pas eu conscience, et chuchotai, quasi inaudible :

- Écoute-moi, Parker, il ne faut pas que tu parles d'Angela, d'accord ? Elle s'est cachée et si ces méchants hommes l'apprennent... Je fis une pause assez longue pour qu'il comprenne l'enjeu de la situation sans toutefois l'effrayer davantage. Eh bien, Angela sera vraiment en danger. Et elle ne pourra plus nous aider.

- Tu penses qu'elle a prévenu papa ?

Une seconde à peine, je fermai les yeux, si fort que mes paupières me firent mal.

- Je l'espère. Je l'espère vraiment.

- Est-ce... Est-ce que tu as peur toi?

Et malgré moi, je souris.

- Oui, Parker, j'ai peur, murmurai-je appréhendant le fait que Moriarty pouvait revenir à la charge.

- Mais... mais papa dit toujours que tu n'as peur de rien. Il dit même que tu n'as pas assez peur parfois. Qu'est-ce que ça veut dire, Bones?

Un instant, un petit creux se forma au milieu de mon front, comme il se dessinait souvent lorsque je réfléchissais à quelque chose. Il était amusant de voir comme les questions d'un enfant de cinq ans pouvaient souvent être plus intéressantes que celles de la plupart des adultes. Et aussi de constater à quel point elles étaient plus... compliquées d'une certaine façon.

- Je pense... je pense que ça veut dire que ton papa a dans l'idée que je ne suis pas assez prudente, que j'aime faire les choses à ma manière et qu'il arrive que je me mette en danger inutilement.

Heureusement, Booth n'était pas là, soupirai-je intérieurement. Il danserait autour de la pièce s'il savait ce que je venais de dire. Je plissai les lèvres, me demandant bien d'où pouvait venir cette expression.

- Pourquoi est-ce que tu fais ça?

Tiens, ça aussi c'était une bonne question.

Heureusement, je n'eus jamais l'occasion de répondre. Ou malheureusement plutôt.

&&&

Angela, ma grande, tu as intérêt à ralentir les battements de ton coeur si tu ne veux pas finir pas gentiment perdre pieds et t'étaler comme une pizza pas fraîche sur le sol de ces foutues toilettes de cette foutue, foutue banque! Je croyais pouvoir dire sans trop me tromper que je n'avais jamais passé autant de temps dans un WC de toute ma vie. A part peut-être cette fois là au collège, quand j'avais eu peur d'être enceinte et que j'avais demandé à ma meilleure amie de l'époque, Patty, de m'acheter un test de grossesse. Pas la peine de dire qu'il m'avait encore fallu une ou deux années pour réaliser que ce que Tommy Prichard et moi avions fait à l'arrière de la Bentley de ses parents n'avaient aucune chance d'avoir pour résultat un bébé.

Au moment où je contemplais l'idée d'utiliser mon rouge à lèvres comme d'un crayon pour jouer au morpion sur la porte face à moi, mon téléphone s'illumina.

- Booth ! Hurlai-je encore une fois en chuchotant. J'étais la reine de côté là. Je l'utilisais constamment sur Jack. Tu sais depuis combien de temps j'attends ton coup de fil?

- Désolé, soupira-t-il, la voix plus lessivée et inquiète que jamais. Des nouvelles?

- Est-ce que ça ne serait pas plutôt à toi de me demander ça, fis-je, incrédule. Qu'est-ce que tu vas faire pour nous sortir de ce pétrin ?! Je te rappelle que je suis toujours coincée dans un endroit plus petit qu'une cage à lapin et que nos petits copains d'à côté auront bien envie d'y aller à un moment ou à un autre !

- Tu es bien dans les toilettes des filles, rassure-moi...

- Oui, sifflai-je la plus aiguë possible, histoire de lui faire passer l'envie de jouer les malins avec moi. Et tu crois vraiment qu'ils vont se préoccuper de savoir s'ils sont chez les femmes ou les hommes ?

- Touché. Tu m'étonnes ! Écoute, Ange... On va essayer les négociations...

- Comment ça « on va essayer »? Explique un peu parce que là j'ai quelques doutes. Qu'est-ce que ça veut dire « on va essayer »?

- Ca veut dire qu'on va entrer en communication avec les preneurs d'otages. Tenter de leur proposer un marché. Cullen pense que c'est la meilleure option pour l'instant, et franchement je crois qu'il a raison.

- Cullen est là ?

- Oui.

Je fermais les yeux sans même m'en rendre compte. Si le directeur adjoint au FBI était présent cela ne pouvait signifier qu'une seule chose: on était vraiment dans la panade cette fois. Pas la peine d'espérer que nos trois mousquetaires armés de flingues étaient des Robin des Bois déguisés en méchants.

- Qu'est-ce que je peux faire, Booth?

- Est-ce que tu as réussi à en apprendre plus...? Combien de preneurs d'otages ?

- Au moins trois. J'en ai vu un de plus tout à l'heure. Il traînait un petit bonhomme dégarni vers la salle des coffres.

- Très bien. Et combien d'otages à ton avis?

- Booth... je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas. Encore une fois je me mis à ronger mes ongles. Je... J'aurais dû être à la place de Brennan. Elle aurait su elle. Elle te serait beaucoup plus utile.

- Angela, soupira-t-il encore. Tu... Elle ne voudrait pas ça, ok ? Elle voudrait que tu sois en sécurité, affirma-t-il.

Et peut-être l'avais-je imaginé mais j'étais presque sûre d'avoir perçu un sanglot sous ce timbre plein d'assurance.

- D'accord, ferme les yeux, commanda-t-il rapidement, tentant de diffuser le malaise.

- Quoi?

- Fais-le, Ange.

- Ok, fis-je en roulant des yeux mais en obéissant tout de même.

- Tu es une artiste, Angela. Tu as donc, je suppose, l'habitude d'observer ce qui se passe autour de toi. Maintenant tout ce que je te demande c'est de revenir en arrière. Il fait froid à l'extérieur, tu sens le vent jusqu'au bout de tes doigts, qui te glace le sang. Tu n'as qu'une envie, c'est de te retrouver au coin du feu avec un lait de poule et...

- Est-ce que je peux avoir des chocolats avec ?

J'entendis un rire chaud et doux. Comme celui que recevait Bren de sa part parfois. Eh, ça marchait son truc !

- Si tu veux... A présent, tu pousses les portes de la banque, tu secoues ton manteau parce qu'il a commencé à neiger dehors. Tu te dis qu'ici au moins, tu seras au sec. Brennan et Parker sont à côté de toi...

- Ils ont les joues rosies par le froid. Parker ressemble à un mini bonhomme de neige avec son bonnet rouge et son écharpe grise. Bren a les yeux qui brillent et une mine déconfite quand elle m'aperçoit rire. Elle pense encore que j'ai dit à Parker de commencer la bataille de boules de neige...

- Bien, Angela... Maintenant, je veux que tu regardes autour de toi, dans la banque, qu'est-ce que tu vois?

- C'est blanc... très blanc... et il ne fait pas si chaud que ça. On dirait que le chauffage est en panne ou je ne sais pas. La guichetière a un gros pull en laine et les agents de sécurité ont gardé leurs vestes.

- Combien sont-ils?

- Deux... il y en a deux.

- Ok, est-ce que tu vois d'autres clients?

- Pas vraiment... Oh! si. Parker s'est dit que ce serait bien de se servir du carrelage comme d'une piste de lancement. Il court dans tous les sens, glissant toujours plus loin. Ça amuse un couple âgé. Les petits jeunes qui étaient devant moi ont arrêté de se bécoter quand ils ont vu arriver Park droit sur eux. Et puis il y a ce type que Bren est en train d'enguirlander. C'est tout. Je crois.

- Merci, Ange. Ça va énormément nous aider. Dis, reprit-il, hésitant une seconde, pourquoi est-ce qu'elle... l'enguirlandait?

- Qui?

- Bones. Pourquoi est-ce qu'elle enguirlandait le type?

- Oh. Parker est tombé et elle n'a pas trop apprécié qu'il le gronde. Elle l'a pris dans ses bras et a envoyé une de ses réparties bien placées au gars.

Je l'entendis sourire furtivement de l'autre côté du récepteur.

- Est-ce... Est-ce que tu as parlé à Hodgins, demandai-je ayant presque peur de la réponse.

Je connaissais suffisamment le bug guy pour savoir qu'il serait difficile à contrôler dans les heures à venir.

- Angela?

- Jack?

- C'est moi, fit-il, expirant largement. Écoute, je n'ai pas beaucoup de temps... ils me laissent seulement te parler parce que j'ai menacé de tous les faire virer.

Je ris fragilement.

- Tu ne pas faire ça, Hodgie.

- Crois-moi, Ange, je peux. C'est fou ce qu'un nanti comme moi peur faire...

- Jack...

- Ok. Ok, répéta-t-il, redevenant soudain si sérieux, et effrayé. Tu... tu ne fais pas de bêtises, hein?

- Quoi? Tu penses que je vais aller draguer l'un de ces gars là?

- S'il te plaît...

Aussitôt, je me rembrunis.

- Ne t'inquiète pas.

- Tu... tu me promets de rester là où tu es? Tu me le jures?

- Booth m'a déjà fait promettre ça.

- Promets-le moi à moi alors.

- Je... C'est promis.

- Ok. Ok. Euh... je... dois y aller. Mais je suis là. Juste en face. Je t'attendrai, d'accord?

- D'accord, dis-je, en plaçant ma main au niveau du coeur.

J'entendis le téléphone changer de main et Booth reprendre la parole, tandis que j'essuyais les larmes qui avaient perlés au coin de mes yeux.

- Booth, rends-moi service... Surveille-le pour moi.

- Je le ferai. Et toi, rend-moi service aussi... ne romps pas ta promesse.

- Je vais essayer. Est-ce que...

Je sursautai si violemment au bruit qui me semblait si proche que mon portable m'échappa et vint s'éclater sur le sol en deux morceaux sur le carrelage.

&&&

Tout s'était passé tellement vite que je n'avais pas eu le temps de voir venir. L'un des agents de sécurité passant sa main droite vers sa cheville, Moriarty le frappant de la crosse de son revolver l'envoyant valser sur le sol, la jeune caissière poussant un hurlement, le marbre blanc veiné de sang, les yeux fermés des deux gens âgés, les pleurs de Parker...

Et surtout, ce bruit assourdissant, cette peine inextinguible qui perça l'air en un cri inhumain.

&&&

- Ange? Ange ! Nom de... elle a coupé la communication.

Hodgins écarquillai les yeux, la vision troublée.

- Quoi ? Mais non... Elle... je viens de l'avoir... elle...

L'instant même où Hodgins prononça ces mots ne dura pas suffisamment longtemps pour nous effrayer réellement. Le coup de feu qui siffla à l'intérieur de la banque, si.

A suivre...


Oui, oui, je sais pas beaucoup de Bones ici mais ça va changer après... Et Oui, je me suis vite débarrassée de Rebecca mais l'inclure dans l'histoire pour l'instant me compliquerait trop la tâche.