Salut mes grenouilles :D
Donc, voici l'avant-dernier chapitre. J'ai essayé de ne pas trop traîner vu que le précédent se finissait sur un adorable petit cliff-hanger ;)
Bonne lecture et à la semaine prochaine je pense pour conclure tout ça !
Arthur aurait aimé croire qu'il n'avait pas flanché, mais le fait est qu'il sursauta plutôt violemment. Il y avait une personne endormie étalée sur la table, sa table, celle à laquelle il s'asseyait presque tous les soirs.
L'esprit d'Arthur imagina immédiatement des histoires d'horreur, où il se ferait assassiner par un junkie ou battu à mort par un adolescent SDF, mais il reconnut ensuite son homologue. Gauvain l'avait appelé avec un nom bizarre – Marvin ? Il y avait autant de chances que ce soit Marvin ou un autre, donc Arthur l'appellerait comme ça pour l'instant.
Marvin était complètement inconscient de la situation, vu qu'il était endormi. Il y avait une tasse de quelque chose de caféiné qui avait refroidi depuis longtemps près de son coude, mais elle avait l'air à peine entamée, ce qui pouvait expliquer le manque de conscience de l'autre homme.
Arthur le fixa pendant un moment, notant l'apparence légèrement usée de son manteau et les valises en-dessous de ses yeux, et ses peurs sur les probables sorties nocturnes revinrent.
Peut-être qu'il était trop fatigué pour bouger, ou peut-être que c'était parce que Marvin lui était étrangement familier d'une façon qu'il ne pouvait pas expliquer, mais Arthur resta à cette table. Il réalisa qu'il devrait éventuellement réveiller Marvin, pour éviter une quelconque situation bizarre.
Il réussit à atteindre le coude de l'homme en passant au-dessus de la table, et le secoua doucement. Marvin s'assit immédiatement, regardant autour de lui avec confusion. « Quoi ? » murmura-t-il.
« Vous étiez endormi sur ma table, » déclara Arthur, ne sachant pas vraiment quoi dire pour expliquer la situation.
Marvin fronça les sourcils, se frottant le visage avec sa main. « Désolé, Sir. »
Il eut un moment de flottement pesant alors que les deux hommes intégraient ce qu'il venait juste d'être dit.
« Comment venez-vous de m'appeler ? » demanda Arthur, complètement surpris.
Marvin, pour sa part, avait l'air plutôt confus. « Je… ne sais pas. »
« Vous m'avez appelé "sir", » rappela Arthur, ne sachant pas quoi choisir entre choc et amusement. Le mot sonnait si familier… et Arthur ne se sentait vraiment pas à l'aise avec toutes ces nouvelles choses qui semblaient titiller une part beaucoup plus vieille dans son esprit.
"Marvin" (ça ne sonnait pas bien, pensa Arthur, ce n'était définitivement pas Marvin) secoua sa tête pour enlever l'araignée qu'il avait sans aucun doute au plafond, entourant sa tasse d'une main. « Ça n'a dû être qu'un rêve un peu étrange, ou autre chose. Désolé. » C'est à ce moment qu'il remarqua qui était son compagnon. « Oh, » déclara-t-il, plutôt stupidement, « c'est vous. »
Arthur haussa les sourcils au commentaire de Merlin (le voilà). « Il semblerait. » Il prit calmement une gorgée de sa boisson, regardant impassiblement Merlin porter sa tasse froide à ses lèvres.
A son plus grand effarement, lorsque Merlin reposa sa boisson, une fine fumée s'en élevait élégamment. Il avait dû se tromper alors, mais quelque chose à ce propos semblait… étrange.
Il oublia tout ça rapidement, alors que Merlin continuait de l'observer. « Je, hum… ne savait pas que les tables avaient des réservations. »
Arthur cligna des yeux. « Non, c'est juste… » Il s'éclaircit la gorge et se redressa légèrement. « Je viens ici toutes les nuits, et c'est ma table habituelle. Je ne vous avais pas vu lorsque je me suis assis. »
L'autre fronça les sourcils. « D'accord. »
La tension était suffisamment pesante pour être physiquement ressentie dans l'air.
« Bon, et bien… » commença Merlin, attrapant plus fermement sa tasse en carton, « Je devrais vraiment rentrer chez moi… Vous avez l'heure ? »
Arthur regarda sa montre. « Minuit moins le quart. »
Merlin eut l'air un peu choqué, mais c'était à prévoir lorsqu'on s'endormait dans un café. « Ah. OK, bon. » Il se leva, resserrant son manteau autour de son corps. « Bonne nuit, alors, » offrit-il un peu nerveusement, ravalant le "sir" qui menaçait de s'échapper, comme par habitude.
Arthur fit un bruit d'assentiment alors que ses lèvres étaient encore sur sa tasse. Puis il fit l'effort de répondre « Bonne nuit », essayant tout de même de rester nonchalant en regardant par la fenêtre.
Merlin s'échappa, et Arthur se retrouva seul.
Cette nuit-là, aucun des deux ne s'attendait à avoir des rêves aussi étranges.
Les paysages étaient trempés de rouge féroce et de jaune réconfortant, avec de longs couloirs de pierre, de vieilles portes en bois craquantes, et d'un trône d'or à la tête d'une immense table ronde. Cinq hommes en cotte de maille se dressant fièrement, leurs capes rouges flottant derrière eux, jusqu'à ce qu'ils ne tombent au sol, un par un.
La scène changea, laissant apparaître des collines vertes et la lumière vibrante du soleil qui fut soudain obscurcie par des arbres. Crétin, murmura une voix, légère de gaieté. Idiot, chuchota une autre, protectrice et amusée. Personne n'alimentait le feu, déjà brillant et brûlant haut dans la nuit. Les braises se cristallisant en des milliers de formes dans un langage depuis longtemps oublié.
Une figure bleue, et une figure rouge, debout côte à côte face à une armée approchant. Deux yeux se transformant du bleu à un or scintillant, et une tasse de liquide passa de glacée à fumante en moins d'une seconde. Le monde explosa alors qu'un dragon blanc rugissant dans le ciel.
Lorsqu'ils se réveillèrent, aucun ne pouvait réellement se rappeler des détails, mais ils ressentaient cette urgence qui les poussait à retourner au Camelot Café aussi vite que possible.
Par une quelconque coïncidence, ils réussirent tous deux à se contenir jusqu'aux environs de dix-huit heures, et puis des portes furent ouvertes à la volée alors que Merlin sprintait en-dehors du bureau de Gaius et qu'Arthur s'échappait de celui de son père.
