Savoureuse (La bouche pleine - les nourritures terrestres)
Bien que quelque part, elle trouve toute cette situation grotesque et peut-être même surréealiste, Kallen devait bien admettre que la seule chose qui lui avait permis de supporter ce dîner avait été la présence de Lelouch à ses côtés.
Pourtant, elle était loin de porter cet étudiant apathique et cynique dans son coeur, mais curieusement, au cours du repas, son humour désabusé et ses remarques acerbes à l'encontre des autres invités, tous issus de la noblesse britannienne comme il se devait, avait été une vraie source de divertissement et dans une certaine mesure, de plaisir.
Et d'ailleurs, maintenant que les premiers invités commençaient à rejoindre la piste de danse, Kallen découvrait une toute autre facette de Lelouch qui lui apportait certainement encore plus de plaisir.
Elle avait très probablement trop bu, et lui aussi, sinon, ils ne se seraient jamais conduits de la sorte. Elle n'était pas ce genre de fille, et en plus, il ne l'intéressait pas particulièrement. Et elle doutait sincèrement qu'il la trouve à son goût. C'était du moins la remarque qu'elle avait fini par lui faire quand ses avances étaient devenues de plus en plus fréquentes et explicites.
Ils avaient légèrement flirté ensemble à plusieurs reprises, mais elle devait bien avoué avoir dépassé les limites ce soir. Elle avait même cru l'avoir vexé quand il s'était excusé et avait disparu subitement sans une explication.
Mais soudain, alors qu'elle tentait de remettre ses idées en ordre et de trouver un échappatoire à cette réunion familiale relativement pénible, elle avait senti très nettement quelque chose contre sa jambe.
Elle avait sursauté et décalé son pied avant de se faire attraper le genou fermement sous la table.
Kallen avait froncé les sourcils et tourné vivement la tête, ce qui dans son état de demi-ébriété n'avait pas été vraiment pertinent, mais une fois son tournis passé, elle avait constaté qu'il n'y avait plus qu'une vieille bique britannienne assise à sa table, en train d'abreuver son voisin, un gros comte ventripotent de niaiserie sans intérêt.
Chacun ayant ses mains en évidence, elle autour de son verre et de son éventail, lui à tripotter sa moustache et sa fourchette, ils n'avaient donc pas pu être mis en cause.
En plus, il n'y avait pas eu qu'une main sur son genou, il y avait aussi eu une langue qui s'était mis à courir le long de sa cuisse, la chatouillant délicieusement.
Avant qu'elle n'ait pu protester ni se dégager pour comprendre ce qu'il se passait, des doigts agiles et rusés se glissèrent sous sa culotte et sans prévenir, s'étaient invité en elle.
Kallen avait fait un bond qui avait attiré l'attention de ses deux compagnons de table, mais comme elle s'était contenté de leur sourire poliment, ils étaient repartis dans leur discussion en haussant les épaules.
Serrant sa petite cuilier avec une force inutile, la jeune fille s'était débattu un peu, jusqu'à ce qu'elle n'ait reconnu le rire froid de Lelouch en provenance de la nappe. Elle ne s'était pas attendu à tel comportement de sa part, mais d'un autre côté, elle n'avait aucune envie de se plaindre de ses attentions.
Stupéfaite, elle chuchotta à sa serviette d'un ton glacial :
« Mais qu'est-ce que tu fabriques ? »
Elle était saoule, mais pas à ce point. Le ricannement de Lelouch fut sa seule réponse, suivi de près par un mouvement particulièrement habile de l'index, puis un coup de langue, juste là où il fallait pour la faire gémir.
A nouveau, Kallen se fit remarquer, et elle porta tout naturellement sa cuillier à ses lèvres en fermant les yeux de plaisir.
Il lui restait la moitié de sa part de gâteau et elle l'utilisa comme excuse, afin de justifier le soupir satisfait qu'elle laissa à nouveau échapper alors que Lelouch continuait son petit jeu de provocation avec sa bouche délicatement posée sur son clitoris. A un moment, la jeune fille dut même mordre violemment dans un morceau de pâtisserie crémeuse pour se retenir de crier. Il était vraiment doué à l'oral, c'était indéniable.
Son orgasme fut soudain et intense, la laissant ébêtée et tremblante sur sa chaise. Puis comme tout avait commencé, tout disparut et Lelouch refit son apparition, sorti de nulle part ou presque et il se réinstalla tranquillement à sa place pendant que Kallen tentait de se remettre avec un verre de muscat.
Il eut un sourire en coin en notant les joues rougies de sa voisine et avec son arrogance habituelle, il lui prit la main pour y déposer un baiser avant de lui murmurer simplement :
« Contrairement à ce que tu imaginais, je peux te garantir que tu es à mon goût. »
Et il roula son index dans la crème qui restait toujours de l'assiette de Kallen avant de le portée à sa bouche, l'air ravi, et ajouta tranquillement : « Et avec un peu de ça en plus, ce serait vraiment parfait. »
La jeune fille le dévisagea longuement, le temps d'avaler sa gorgée de vin et elle éclata de rire. C'était probablement ce qu'elle avait de mieux à faire.
