Le jour suivant, l'équipe décida donc de tenter une nouvelle fois d'en savoir plus sur l'attaque. Comme la veille, ils se séparèrent. Sacha et Ed s'orientèrent d'un côté du centre, tandis qu'Al et le colonel allèrent de l'autre.
« Tiens regarde Ed, c'est le jour du marché. On trouvera forcément quelqu'un qui pourra nous renseigner. » dit Sacha.
« J'espère. Allons-y. » répondit le blond.
Tous deux se dirigèrent vers la place où s'étendaient des dizaines de commerçants. La foule était amicale, des gens discutaient entre eux, prenaient des nouvelles des connaissances ou marchandaient le prix d'un légume. Le FullMetal et la Water alchemist se dirigèrent vers une marchande de fruit.
« Bonjour madame. » commença Sacha.
« Bonjour les enfants ! Qu'est-ce que vous désirez : de belles pommes rouges ou bien jaunes ou encore vertes, des prunes sucrées, des fraises bien mûres ou peut-être des cerises ? »
« A vrai dire on aurait surtout besoin de renseignements. Sur ce qui s'est passé à l'entrepôt d'armes. » répondit Edward.
« Ooh c'est une chose terrible qui est arrivée là-bas. En quoi cela intéresse-t-il des enfants ? » s'étonna la marchande.
« Nous sommes alchimistes d'Etat, on nous envoie pour découvrir les coupables. » dit Sacha en brandissant sa montre en argent.
« J'ignorais que l'armée prenait des enfants dans ses rangs. Ca devient n'importe quoi. Les jeunes comme vous devraient plutôt profiter de leur jeunesse et de l'insouciance qu'elle apporte. »
A ces mots, le visage d'Edward se ferma. Malheureusement, le destin ne permettait pas à tous les enfants de vivre dans l'insouciance, certains étaient obligés de grandir trop vite. Du coin de l'oeil, Sacha remarqua l'air tendu de son partenaire.
« S'il vous plaît madame, est-ce vous savez quelque chose ? » questionna-t-elle.
« Malheureusement personne ne sait réellement ce qui a pu arriver. Les gens ne sont pas revenus, nous y sommes allés et ce fut pour découvrir une hécatombe. »
« Vous n'auriez pas aperçu des animaux bizarres par hasard ? » interrogea le FullMetal.
La marchande secoua la tête négativement. Sacha observa les environs un intant. Trois vieilles dames bavardaient non loin.
« ... »
Ed remercia la marchande. Sacha l'entraîna vers les aïeules.
« Toute cette eau s'est envolée d'un coup je vous dit. Une dizaine de containers, les seuls restant contenant l'eau rouge de Xenotime. » fit l'une d'elle.
Le FullMetal tendit l'oreille malgré lui. Il avait déjà été dans cette ville, et avait découvert que l'on y frabriquait une variante de la pierre philosophale.
« L'endroit aurait été dévasté par des monstres selon certains. » ajouta une autre.
Là, Sacha et Ed stoppèrent net. Puis d'un même mouvement, ils firent volte-face et se rendirent auprès des vieilles dames.
De leur côté, Roy et Alphonse interrogeaient également les passants.
« Toujours rien ! Personne n'est capable de nous donner le plus petit indice ! » soupira Mustang.
« Oui, ce qui nous laisse à penser que le coupable est bien organisé. » dit l'armure.
« En effet. Reste à savoir ce qu'il compte faire avec ces armes et des chimères. »
Roy s'arrêta soudain, et regarda derrière lui.
« Qu'y a-t-il colonel ? » demanda Alphonse.
« J'ai l'impression qu'on m'observe. »
Le beau brun regarda autour de lui. Il sentait un regard, il en était sûr. Pourtant il n'y avait personne alentour qui le fixait. Aussi le militaire se décida à reprendre sa route. Cachée derrière une cheminée, la personne qui observait Mustang et Alphonse esquissa un sourire ... avant de se sauver.
Quelque temps plus tard, nos amis se retrouvèrent comme la veille près de la fontaine. Edward relata leur découverte à son supérieur.
« Xenotime ? Bizarre ce n'était pas mentionné dans le dossier. » dit Roy.
« Pourtant il semblerait que des chimères aient volé de l'eau rouge. » dit Sacha.
« Cette enquête devient vraiment étrange. D'abord des armes maintenant de l'eau rouge ... le tout dérobé par des animaux artificiels. Quel peut bien être le lien ? » reprit le colonel.
Chacun se mit à réfléchir. A première vue, ces deux vols semblaient aussi dissociables que possible. Mais les soldats étaient convaincus qu'il y avait un lien.
« Cette eau rouge ... Ed m'a dit que c'était un dérivé de la Pierre, ou une composante. Même si elle n'est pas aussi puissante, on doit pouvoir faire beaucoup de choses avec non ? » intervint Sacha.
« Oui, mon frère et moi avons pu voir qu'elle servait à former des pierres incomplètes, et que l'on pouvait créer sans trop de matière. » répondit Alphonse.
« Donc ... le voleur cherche sûrement à créer quelque chose. Et vu la quantité d'eau rouge dérobée ce doit être énorme. » continua le colonel.
« Dans ce cas pourquoi avoir besoin d'armes ? Avec l'eau on peut en fabriquer en quantité industrielle. » releva Sacha.
« Ouais, mais pas à partir de rien. Peut-être que les armes vont lui servir de matière première pour en concevoir d'autres plus puissantes. » dit Edward.
Ce qui laissait présager un véritable cataclysme. Ils échangèrent un regard, et rentrèrent en toute hâte à leur hôtel. Ils devaient absolument aller à Xenotime. Plus tard, nos amis se dirigèrent vers la gare.
« Parfait. » murmura une voix.
« Tu viens Sacha ? » appela Alphonse.
« J'arrive. »
Sacha sourit avant de rejoindre le groupe qui s'embarquait à bord d'un train. Une ombre s'y faufila aussi quand il quitta la gare. Elle rattrapa l'engin et monta sur le toit. Quelques instant plus tard, Roy décida d'aller se dégourdir un peu les jambes. Il quitta donc le wagon. Deux individus le regardèrent passer du coin de l'oeil. Puis ils le suivirent. Mustang entra dans les toilettes pour hommes. Ses suivants voulurent y rentrer aussi, mais ...
Depuis l'intérieur le colonel perçut des gémissements de douleur. Il ressortit pour découvrir deux hommes avec les habits fumants. D'autres personnes sortirent en même temps que lui.
« Hé mais c'est mon portefeuille ! » s'exclama quelqu'un.
« Ma montre ! » fit un autre.
Les passagers se précipitèrent pour récupérer leurs biens. Roy pensa qu'il l'avait échappé belle. Soudain, il sentit un regard sur lui. Vif comme l'éclair il se tourna vers une porte. Le brun perçut un mouvement à l'intérieur. Il se précipita, mais trouva l'endroit vide.
« Il y a quelqu'un qui me suit. Ami ou ennemi ? » se dit-il.
Le soldat referma la porte, et décida de retourner dans son compartiment. Sacha qui paraissait somnoler ouvrit très légèrement un oeil, et le regarda s'asseoir.
« Quelque chose ne va pas ? » demanda-t-elle.
« Hm ? Je ne sais pas trop. Tout à l'heure deux types me suivaient avec l'intention de me voler. Quelqu'un les a mit hors d'état de nuire. Juste après j'ai sentit qu'on m'observait, comme à RoseTown.» raconta Mustang.
« Vous pensez qu'on nous suit ? » s'inquiéta Alphonse.
Roy ne répondit rien, cependant on sentait nettement qu'il était préoccupé. Les frères échangèrent un regard.
« Eh bien il paraît qu'on a failli se faire démasquer ? »
« Oui ... il est plus perspicace qu'il n'y paraît. Heureusement j'ai de bons réflexes. »
« C'est un homme intuitif, il fait confiance à son instinct et maintenant qu'il a sentit qu'on le suivait, il ne lâchera pas l'idée. Or on ne peut pas se permettre d'être découverts. J'attends donc de vous plus de discrétion. »
« Je sais ne vous inquiétez pas. J'ai très bien compris l'importance de cette mission. Seulement ... il m'était difficile dans ce cas-là de ne pas agir. »
« Souvenez-vous de l'accord. Evitez d'entrer en contact avec lui. »
« Je ferais au mieux. »
« Bien. Quand on sera à Xenotime, vous logerez à l'hôtel du Grand Aigle. »
« Compris merci. »
Bien plus tard, nos quatre amis arrivèrent à Xenotime. La journée était déjà bien avancée. Sur le chemin menant à l'hôtel, Edward baîlla bruyamment et s'étira paresseusement, attirant l'attention des autochtones.
« Bon sang tiens-toi un peu FullMetal ! » le réprimanda le colonel.
« Ca va, je suis fatigué c'est tout ! » rétorqua le blond lui lançant un regard noir.
« Ce n'est pas une raison pour te faire remarquer ! » continua Mustang en lui retournant son regard.
Ce qui est facile pour lui vu que ses yeux sont déjà noirs.
« Commencez donc par baisser d'un ton, colonel-caca ! Vous attirez encore plus l'attention des gens !» reprit le FullMetal.
Roy répondit par une réplique cinglante qui énerva l'adolescent. Sacha tapota le bras d'Alphonse.
« Je compatis à ton malheur. »
« Merci. » fit Al avec un soupir.
Le groupe atteignit l'hôtel, ce qui calma les deux énergumènes. Ensuite chacun alla prendre possession de sa chambre. Le silence fut le bienvenu après cette dispute Mustango-Edwardienne. Nos amis restèrent donc dans leur chambre pour se remettre du voyage. Hélas ça ne dura pas : Roy vint les chercher une heure plus tard pour continuer l'enquête.
Il toqua d'abord à la chambre des frères Elric. L'aîné balança un oreiller contre la porte après que Roy eut annoncé qu'ils partaient déjà. Sacha fit moins de manières et se leva aussitôt.
« Enfin quelqu'un qui veut travailler, ça fait du bien. » commenta Mustang en s'éloignant.
« Dit l'homme qui déteste la paperasse. » lança Sacha d'un ton neutre.
Edward ricana et leur emboîta le pas.
« Dites donc vous deux ! Faudrait voir à respecter un peu plus votre supérieur. » répliqua Mustang, les yeux en billes.
Sacha et Ed échangèrent un sourire amusé. Ils sortirent de l'hôtel. C'est alors qu'Ed et Al s'entendirent appeler. Ils se retournèrent.
« Oh c'est Russel et Fletcher ! » s'exclama Al.
Deux jeunes gens aux cheveux blonds comme les blés et aux yeux d'un bleu profonds vinrent à eux. L'aîné, Russel Tringham, tendit une main au FullMetal qui la lui serra avec un sourire.
« Ca fait plaisir de vous revoir dans le coin ! » dit-il.
« Pareil pour nous. » répondit Alphonse après avoir salué Fletcher.
Il fit les présentations, et raconta qu'ils avaient rencontrés les frères Tringham lors de leur première visite à Xenotime. A l'époque tous deux avaient pris l'idendité des Elric pour travailler avec le scientifique du coin, Magwar, qui expérimentait l'eau rouge. Quand ils avaient compris que leur employeur avait comme dirait coulé une bielle, ils s'étaient rangé du côté des Elric.
Tout en écoutant d'un oreille distraite Alphonse narrer leur histoire, Russel examina les nouveaux. Il darda un regard intéressé sur Sacha, la détaillant de haut en bas, de bas en haut et en diagonale. Par contre il envia la classe et le charisme de Mustang, se demandant même comment faire pour être à sa hauteur. Russel fut tiré de ses pensées au moment où la question arriva sur l'eau rouge.
« Ah oui. Bien sûr qu'on connait l'histoire, c'est nous qui avons découvert le vol. » dit-il.
« Pourriez-vous nous y conduire ? » demanda Roy.
« Bien sûr venez. » répondit Fletcher.
Il partit en avant. Sur le chemin, nombre de femmes qu'ils croisaient regardaient Roy en souriant. Ce qui désespéra un peu Russel.
« Mais comment il fait ? »
Le blond soupira légèrement, puis se tourna vers Sacha.
« Alors vous êtes dans l'armée depuis longtemps ? » demanda-t-il.
« Pas très non. Mais j'ai l'impression quelque fois d'être entrée à la maternelle. »
Al pouffa de rire, comprenant à quoi ou plutôt à qui elle faisait allusion. Les concernés rosirent.
« Et c'est quoi votre spécialité ? » continua Russel.
« L'eau. »
« Aaaah c'est bien ça, c'est un élément sensuel, très beau à regarder. Il vous convient à merveille. » sourit le blond.
« Nous y sommes. » annonça Fletcher.
A cet instant il se fit maudire par son grand-frère, qui trouvait qu'il cassait complètement ses effets. Sacha ne fit donc plus attention au blond, et avança vers le site en même temps que ses collègues. Mais ces denriers s'arrêtèrent en remarquant que les frères Tringham ne les suivaient plus.
« Vous ... vous avez vraiment l'intention de descendre ? » demanda Russel étonné et apeuré.
L'entrepôt contenant les derniers containers d'eau rouge se trouvait en bas d'une pente, à la lisière de la forêt.
« C'est pour ça que nous sommes ici il me semble. » répondit le colonel.
« Mais ... elles sont peut-être encore là ! »
« Vous ne pouvez pas y aller c'est trop dangereux ! » s'exclama Fletcher.
« Elles ... vous parlez des chimères. Donc on a vu juste. » devina le FullMetal.
« Ce sont des bêtes affreuses, elles ont failli nous tuer, alors n'y allez pas ! » reprit le petit Fletcher, suppliant.
Mais en dépit du fait qu'il ait une bouille adorable, le quatuor emprunta le chemin menant à l'entrepôt. Ils étaient évidemment sur leurs gardes, jetant des regards circulaires. D'en haut les frères surveillaient leur progression avec appréhension.
On entendait absolument rien, même pas un oiseau. Roy avait enfilé ses gants, et franchit avec précaution la porte défoncée. Vu l'épaisseur, la bête devait être massive. Un désordre indescriptible régnait : vitre brisée, matériel en morceau et j'en passe.
Tout en faisant attention où ils mettaient les pieds, les militaires inspectèrent l'endroit.
« Ces animaux savaient ce qu'ils faisaient. En dépit du désordre ils sont allés chercher ce qu'ils voulaient. » dit Roy.
« La pagaille est surtout due au fait que rien ne les a arrêtés. Ces chimères ont tout balayé pour atteindre leur objectif. » compléta le FullMetal.
« Oui. Elles abattent tout ce qui se dresse sur leur chemin. De vrais dangers ambulants. » ajouta Sacha.
« Ce qui rends leur maître tout aussi dangereux, déjà parce qu'il a créé ces horreurs, ensuite parce qu'il n'hésite pas à les lâcher dans des villes. » renchérit Alphonse.
Les empreintes sur le sol ressemblaient à celles trouvées à RoseTown. Pensant qu'il n'y avait plus rien à voir ici, les soldats sortirent. C'est alors qu'ils perçurent des grondements. Des yeux lumineux apparurent. Puis ce fut au tour des propriétaires de ces yeux de se montrer. Les chimères ... toutes très grandes, dotées d'une puissante musculature, de longues griffes acérées qui se plantaient dans le sol. Sans parler des mâchoires hérissées de crocs pointus.
Les humains se rapprochèrent dos à dos. Depuis le haut du sentier les frères observèrent la scène avec terreur. Leur niveau en alchimie n'était pas bien élevé comparé à celui des alchimistes d'Etat. Cependant, ils n'allaient pas laisser leurs amis se faire massacrer sous leurs yeux sans réagir.
« Bien ... on dirait que l'on a rencontré notre premier obstacle. » fit Roy.
« Et de taille celui-là. » ajouta le FullMetal, qui avait déjà sorti sa célèbre lame.
Les chimères grondèrent encore. L'assaut était imminent.
