Bonjour, bonjour ! Chapitre posté tardivement, certes, mais j'espère que vous aimerez ! :D Bonne lecture !
Chapitre trois :
Avec une veste en cuir en lambeau, un jean dans le même état, des cheveux en bataille, et une moto magnifique, mais criblée de balle, il est facile de passer inaperçu à New-York. Mais pas dans le trou perdu dans lequel Jez venait d'arriver. Baillant à s'en décrocher la mâchoire, elle se gara devant une taverne, dans laquelle elle entra. S'installant au bar et commandant le café le plus fort qu'on puisse lui servir, elle soupira.
-Et bien, ma petite dame, vous me semblez bien fatiguée !
Elle fut presque touchée que le barman s'inquiète pour elle. Presque.
-Je suis crevée, ouais.
-Vous… semblez amochée. Et vous saignée de la joue, vous êtes sure que ça va ?
-Ce n'est rien.
-Vous m'en direz tant. Vous cherchez un hôtel ?
-Non, je suis de passage.
-Vous êtes une criminelle en cavale ?
Elle dut lui jeter un drôle de regard vu qu'il éclata de rire.
-Excusez-moi, mais j'en vois tant ! Et, sauf votre respect, vous m'en avez tout l'air.
L'ombre d'un sourire se dessina sur les lèvres de la fugitive.
-Disons… que dernièrement je n'ai pas trainé avec les bonnes personnes.
L'homme lui sourit franchement en lui donnant une grande tasse de café. Elle le remercia d'un signe de tête, et le but cul sec, sous le regard étonné du barman.
-Euh… vous en voulez un autre ?
-Je ne suis pas prête de dormir, alors oui, s'il vous plait.
-Juste par curiosité depuis quand vous ne dormez pas ?
-Deux, trois jours. Pourquoi ?
-… ce n'est rien.
Trois cafés plus tard, et la notes payée, elle repartit.
Premier arrêt : la boutique de fringues au coin de la rue.
Flânant entre les rayons, la pensée fugace d'être une fille normale la traversa. Un regard sur ses habits déchirés sous l'impact des balles qui l'avaient frôlée suffit à la ramener à la réalité. Secouant la tête, Jez attrapa un jean noir, un débardeur blanc, et un sweet de la même couleur, et partit se changer dans la cabine d'essayage. Découpant les étiquettes à l'aide du couteau qu'elle avait toujours dans la bottine, elle rabattit la capuche, et sortit par l'arrière-boutique. Marchant jusqu'à une cabine téléphonique, elle s'arrêta devant celle-ci. Elle avait envie d'appeler Near, mais ça serait loin d'être judicieux : il serait trop facile de tracer l'appel, malgré le nombre abominable de serveurs utilisés par l'albinos afin qu'on ne puisse le repérer. Téléphoner à son frère ? Bof. Il la tuerait. Et puis lui dire : 'hey, salut frérot, désolée pour tout à l'heure, t'a dut être un peu choqué, mais en fait, c'était pas ma faute, fallait que je sauve ma couverture, tu vois ? Et puis, je pouvais pas te dire que j'étais agent secrète, un peu comme James Bond, tu vois ?' ça craignait quand même un peu. Par contre, demander à Mello de dire à ses chiens de gardes qu'étaient ses sous-fifres de lui foutre la paix, là, ça serait cool. Et puis, ça serait une provocation gratuite. Mais elle encourait le risque de se faire repérer, et de les voir rappliquer. Jez se mordit la lèvre inferieur, signe qu'elle réfléchissait. Soupirant, elle décida de tenter le tout pour le tout, et s'engouffra dans la cabine. Elle inséra une pièce, composa le numéro, et posa le combiné sur son oreille. Quelques 'bip' plus tard, une voix se fit entendre.
-Ouais ?
-Matt ?
-A qui ai-je l'honneur ?
-… à la cinglée qui a fait une sortie de ouf.
-Jez ? A ce propos… tu as intérêt à t'expliquer.
Aille… vu le ton de son frère… et merde.
-Euh… D'ailleurs ! Qu'est-ce-que tu foutais dans la planque de Mello !?
-… explique-toi avant.
-Je peux te dire la même chose !
-Jez !
-Matt !
-Où est ma moto ?
-Mat… quoi ?
-J'espère pour toi qu'elle est en bon état.
Un coup d'œil à la dite 'moto' –qui ressemblait d'ailleurs plus un tas de ferraille criblé de balles- lui suffit pour comprendre que le chouchou de son frère, après ses consoles, étaient dans un état qui lui couterait la vie.
-Euh… oui ?
-Jeeeez ?
-J'dois raccrocher, passe le bonjour à Mello !
Elle reposa brusquement le téléphone, prise d'un fou rire. Ouais, elle allait se faire tuer ! D'ailleurs, y'avait des motards peu engeant qui arrivaient vers elle.
Shit.
Prenant littéralement ses jambes à son coup, elle entra dans la première boutique qu'elle vu. De la lingerie fine. Si Dieu existe, faite que Mello ne fasse pas partit des motards, sinon, elle allait se suicider. C'était vraiment trop humiliant que d'être trouvée dans un magasin de lingerie alors qu'on était censé être chef de la mafia. Non, sans rire. En plus, c'était quoi cet ensemble rose fluo qu'elle venait de se prendre dans la gueule en se cachant ?
~X~
Les dés tombaient de la table. Le château s'effondrait. Sur la chaise, Near les regardaient tombés, les points serrés et la mâchoire contractée. Des quintes de toux, des coups de feu, des hurlements. Il n'avait pas besoin de se retourner. Il savait déjà que tous ses agents se suicidaient. Derrière lui, les agents Lester, Lidner et Gevanni essayer de résonner leurs collègues. En vain. Mello avait deux coups d'avance. Il avait la death note. Et le moyen de connaitre le nom de ses agents.
Il se demanda si Jez était encore en vie.
Il y avait environ 42% de chances qu'elle le soit.
Il se leva, s'assit à terre, et recommença son château de dés, non pas sur la table, mais sur le sol. A côté d'un cadavre au visage crispé par la peur. Il le voyait sans le voir. Dans la pièce, régnait un silence macabre. Tous étaient silencieux, et pâles. Le SPK ne comptait plus que quatre agents. Peut-être cinq, si Jez avait survécut.
-N-Near ? Que faisons-nous ?
-Nous attendons des nouvelles de Jez. Elle va venir. Probablement. Il faut qu'elle nous fasse un compte rendu des troupes de Mello.
-Mais, êtes-vous sûr qu'il s'agit de Mello ?
-Il n'y a même plus de marge d'erreur possible : j'en suis persuadé, à 100%.
L'albinos continuait à empiler les petits carrés blancs.
-Agent Lester, agent Gevanni, s'il-vous-plaît… occupez-vous des corps.
Les deux hommes acquiescèrent. Bientôt, Near et Hal se retrouvèrent seuls dans la pièce.
-L'agent spéciale Shini… vous croyez vraiment en elle, n'est-ce-pas ?
-Elle est intelligente. Quelque chose de vraiment inattendu à dut se passer pour qu'elle se fasse repérer.
-Pourquoi l'avez-vous envoyé lors de cette mission ?
-Sa relation avec Mello, sans aucuns doutes. Mais c'est aussi une tête brûlée, malgré qu'elle soit calme. Elle avait compris l'implication de Mello dans cette affaire, et elle aurait, tôt ou tard fait quelque chose d'impulsif et d'imprévu pour se rapprocher de lui, et essayer de l'arrêter. En l'envoyant, j'espère que ça lui suffira, et qu'elle n'interviendra plus impulsivement, afin de ne pas faire un imprévu dans mes plans.
La blonde ne dit rien après le monologue du jeune homme, qui continuait inlassablement de construire son édifice en dés.
Mello… il n'en faisait qu'à sa tête. Et ça n'arrangeait vraiment pas l'albinos.
~X~
Ils ne l'avaient peut-être pas rattrapée. Au moins, pas la première fois. Matt ne savait pas s'il devait en être heureux ou énervé. Dans un sens, il se doutait que Mello ne serait pas tendre avec elle s'ils venaient à se revoir. Mais d'un autre, il voulait la voir, pour comprendre.
Mail Jeevas soupira. Ce n'était pas son genre d'être comme ça. Mais lorsqu'il s'agissait de Jez, tout était toujours plus compliqué. Un second soupir s'échappa de ses lèvres, alors qu'il sentit l'aura meurtrière de son meilleur ami –visiblement très légèrement en colère (saisissez le sarcasme)- qui s'approchait dangereusement de lui. Bon, au moins il avait la certitude que Jez leur avait filé des doigts en pleine ville. Mello ne devait pas s'en remettre.
-Où est-elle !?
-Comment veux-tu que je le sache ?
Autant l'un été énervé, autant l'autre était blasé.
-Te fous pas de moi, tu dois bien avoir un moyen de la tracer !
-Elle n'est pas con, et je lui ai appris pas mal de trucs pour se camoufler. 'Puis, Mello, chuis pas con non plus, je ne vais pas t'aider à descendre ma sœur en t'indiquant où elle est.
Mello le fusilla du regard. En réalité, Matt était le seul immunisé à ce regard. Et encore : son meilleur ami était dans une colère aussi noire qu'indescriptible. En réalité, il remerciait intérieurement Jez de ne pas avoir téléphoné à Mello pour lui chercher des noises.
D'ailleurs, son téléphone sonnait. Il s'en saisit et décrocha.
Il reconnut de suite la voix, mais ne voulant pas croire qu'elle était aussi stupide, il demanda quand même, juste histoire d'en avoir la certitude.
Merde, il avait prononcé son nom : Mello bouillonnait.
Il raccrocha, un fin sourire aux lèvres. Se tournant vers le blondinet qui croquait furieusement dans sa tablette de chocolat, il s'empêcha d'éclater de rire.
-Elle te passe le bonjour.
S'en suivit d'une course dans toute la planque, l'un essayant de ne pas se faire étriper par l'autre.
~X~
Bon. Ca faisait plus de deux heures qu'elle était planquée dans une pile de sous-vêtement, et à en croire sa montre, il était 13h49. Et à croire son horloge interne, il était plus que temps de se nourrir. Sortant timidement la tête de la pile et grimaçant à la culotte jaune fluo accrochée dans ses cheveux, elle se redressa en se massant son dos douloureux. Sortant de la réserve, elle s'approcha de la vendeuse qui lui lança un regard compatissant.
-Je suppose que les gars de tout à l'heure étaient pour vous.
-Ca se voir tant que ça ?
Elle rit et lui lança un clin d'œil.
-Vous devriez éviter le coin des usines désaffectées à l'ouest.
-Vous les y avez envoyés ?
-Ils ne laissaient rien présager de bon, alors…
-Euh… merci ?
C'était la seconde à la protéger. Les gens de cette ville étaient des anges gardiens !
-Excusez-moi, il n'y aurait pas un endroit où louer des véhicules ?
-Il y'a un aéroport à deux heures en taxi, si vous voulez !
-Merci beaucoup.
Elles échangèrent un sourire, et la brune sortit. Elle n'était pas stupide, ça sentait le coup foireux. Empruntant divers ruelles, elle entra dans un autre magasin de vêtements, pour s'acheter un jean clair, et un pull à grosses mailles noir, où elle cacha ses pistolets et ses deux grenades. Achetant une ceinture en tissu, à l'aide de laquelle elle noua son couteau sur son bras, afin de le faire glisser, si besoin était, elle prit une paire de converse, une paire de grosses lunettes, et un bonnet. Après avoir payé, elle alla s'acheter un sandwich et une bouteille d'eau. S'accoudant au mur d'une ruelle pour faire le point, elle soupira longuement. Après avoir mangé rapidement, elle investit le peu d'argent restant dans un vieux portable et dans une carte prépayée. Le genre de truc chiant à tracer. Flânant dans les rues, l'air de rien, parlant dans le combiné de son téléphone à une amie imaginaire qui venait de lui faire une super blague, elle avisa la station de taxi, s'apercevant sans surprise que tous les chauffeurs étaient des hommes qu'elle avait aperçu dans la planque de Mello. Pauvre vendeuse corrompue qui pensait qu'elle se jetterait dans la gueule du loup si facilement…
En revanche, elle avait parlé d'usines désaffectées. Et on y trouvait pleins de choses sympas, là-bas !
~X~
Jez avait toujours eu le don de le gonfler. Parfois même plus que ce stupide Near. Mais là, elle battait tous les records. Remarque, ce n'était pas comme si Mello lui avait fait confiance, mais elle avait tué son homme. Jack, celui qui possédait les yeux de shinigamis. Pire encore, elle l'avait fait passer pour un incapable. Et ça, il ne le supportait pas. En plus, Matt ne se montrait franchement pas coopérant. Il allait devoir faire des recherches sur elle, savoir si elle était vraiment ce qu'elle prétendait être, à savoir une mafieuse. Chose dont il doutait fortement. En plus, ce n'était pas du tout son genre. Bon par où commencer ? Il n'était pas Matt, qui savait entrer dans n'importe quelle base de données. Il se démerdait pas mal, mais son meilleur ami était un pro.
-Je ne sais même pas pourquoi je vais te dire ça, mais…
Mail soupira.
-Jez n'est pas mafieuse.
-Ca, je m'en doutais, rumina Mello.
-Elle est espionne, et bosse pour la France.
Ça, par contre, choco-man ne s'en doutait pas.
-Ce qui impliquerait qu'elle est de mèche avec Near, raisonna-t-il.
Le rouquin ne savait pas s'il avait eu raison d'en informer le blond, mais ça n'aurait pas été astucieux de ne pas le prévenir, compte tenu du fait qu'à un moment ou un autre, il l'aurait su. Néanmoins, il était curieux de savoir quelle précaution il prendrait vis-à-vis de ça. Pas qu'il veuille la mort de sa sœur, après tout, elle lui avait prouvé qu'elle pouvait s'occuper seule d'elle, juste que… ça l'amusait, cet esprit de concurrence entre elle et lui. Il sourit, alluma une cigarette, et continua une partie sur sa PSP. Mello, lui, mangeait son chocolat, plongé dans ses réflexions. Ayant momentanément oublié qu'il était dans une rage noire à cause d'une certaine peste, il réfléchissait. Si Near et Jez bossaient ensemble, ça n'allait pas l'arranger. Pas du tout, même. Car elle avait beau être insupportable, elle venait de prouver qu'elle était dangereuse. Quelle plaie…
~X~
Bon, elle ne s'attendait pas à ce que des usines désaffectées soient aussi flippantes. Et ce foutu soleil qui s'était caché derrière ces énormes nuages ! Jez ferma les yeux un instant, et s'attacha les cheveux en une queue haute. Bon… se mâchouillant la lèvre inferieur, elle se mit à réfléchir.
Tous les génies avaient des tiques :
L : sa façon de s'assoir et le sucre qu'il ingurgitait à longueur de journée.
Near : sa façon de s'assoir et ses jouets.
Matt : ses jeux vidéo et ses chères clopes.
Mello : Son chocolat.
Jez, quant à elle, n'arrivait pas à vraiment se concentrer sans s'attacher les cheveux et mordiller sa lèvre. C'est con, mais ça aide, d'après la jeune femme.
Observant les tas de ferrailles qui l'entouraient, son cerveau analysa chaque pièce. Bon, la vieille moto, là-bas avait l'air en mauvais état. Elle s'en approcha, testa le moteur qui crachota. Dégotant un peu d'huile afin d'en enduire les mécanismes, elle partit chercher de la peinture. Entre trois usines, elle devrait bien trouver quelque chose lui permettant de se faire un moyen de transport passant inaperçu, non ? Après une bonne demi-heure de recherche, elle réussit à dégoter une plaque d'immatriculation. Ok, ça n'allait pas l'aider à retaper sa moto, mais en revanche, en voler une et remplacer la plaque…
Bref, elle allait encore devoir marcher, et elle détestait ça. Etre espion ne signifiait pas qu'on était toujours hyper motivé. Et Jez était une flemmarde de première. Ce qui ne l'empêcha pas, après un ultime soupire, de cacher la plaque sous son pull, et de se mettre à courir. Dix minutes plus tard, elle arriva devant un bar miteux. Elle y entra, histoire de se désaltérer. Marchant vers le fond du comptoir, un imprudent –aussi dit suicidaire- lui mit la main au cul. Et se retrouva encastrer dans le billard à cinq mètre derrière lui, en moins de temps qu'il n'en lui aurait fallu pour dire : ''ouf''. S'accoudant au comptoir, enfonçant un peu plus son bonnet sur sa tête, Jez se maudit intérieurement. Faire sa maligne comme ça… une gifle aurait suffi. Surtout qu'il s'avançait dangereusement vers elle et qu'il avait l'air furax. Attendez… le mec qu'elle venait d'envoyer dans la machine et qui venait vers elle… ce s'rait pas un des mecs de Mello… ah, si. Et lui là-bas ? Aussi. Et lui ? Ouais. Et l'autre ? Ouais. Et merde.
-M'sieur le barman ? Y'aurais pas une sortit de secours s'il vous plait ?
-Ils vous en veulent tous !?
-… Non ?
Un téléphone sonna, et le colosse le plus proche d'elle répondit. Il était à deux mètres, et elle pouvait tout entendre. Remarque, l'autre idiot avait mis le hautparleur sans faire exprès. Heureusement qu'il était costaud, par-ce-que, niveau intelligence… il brillait pas.
-Stark, vous l'avez trouvée ?
-Elle est juste devant moi, patron.
Mello…
Pour sortir d'un bar, optez par la porte, par-ce-que atterrir dans des bouts de verre après avoir explosé la fenêtre, ça fait franchement mal.
~X~
-Rentrez. Laissez la filer, et bougez-vous. Vole 65 239A, direction New-York.
La voix de Mello était sèche. Le 'boss' n'était pas de bonne humeur.
Il se laissa tomber sur le canapé, et attrapa une tablette de chocolat.
-Et après ?
-On s'en va. Je vais aller rejoindre le cahier, dans une autre base. Je compte sur toi pour espionner l'équipe de 'L'.
Matt acquiesça d'un signe de tête, attrapa un sac à dos, et se dirigea vers la sortie.
-Matt ! Y'a une moto, derrière. Vu que Jez à 'emprunté' la tienne…
-Merci, mec.
Le rouquin eu tôt fait d'arriver près du véhicule. Il grimpa sur la moto, et démarra. De grandes gerbes de sables étaient soulevées, à cause de la vitesse. Ses lunettes placées devant les yeux, il filait en plein désert. Direction la citée des Anges. Destination finale : N-Y.
Avis ?Review ?
