Album Photo – Chapitre 2
Note : rien ne m'appartient sauf mes idées loufoques. Le reste, c'est du J.K. Rowling!
POV : Hermione G.
Mon ventre papillonnait, mes joues se réchauffaient singulièrement, prenant une couleur que je supposais empourprée. J'ai toujours été époustouflée par les sensations que Pansy parvenait à me faire éprouver rien que par un baiser. Des lèvres se rencontrant simplement, mais échangeant bien plus qu'un contact intime. De l'amour, de l'affection, un profond attachement, voilà ce que me murmuraient à l'oreille les lèvres de Pansy quand elles embrassaient les miennes. J'aurais voulu que l'instant s'éternise. Que jamais le soleil ne se couche sur cette après midi, pourtant, alors que mes mains devinrent plus aventureuses, ma brune Serpentard brisa notre contact, un sourire en coin planté sur sa bouche. Mon air surpris - frustré? effaré? - dut parler pour moi puisqu'elle me murmura sensuellement.
« Pas que nos activités me déplaisent... » pour appuyer ses dires, elle passa langoureusement sa langue sur le lobe de mon oreille, avant de le suçoter lascivement, et de poursuivre « Mais au vu de ma curiosité de Serpentard, j'ai l'impression qu'un gros livre nous attend sur la table basse. »
Je crois que je n'ai jamais eu une aussi forte bouffée de chaleur de toute ma vie. Je fus un instant dans l'incapacité de faire tout mouvement. « Allez Hermione, retrouve donc ton clame olympien! ». Je comptai mentalement jusqu'à cinq, puis me dégageai du corps de Pansy.
« Tu as raison! m'exclamai-je, regardons tous ces souvenirs immortalisés! »
Je me saisis avec un peu de peine de l'épais album photographique et me rassis sur le canapé, me collant à la Serpentard.
La première photographie nous représentait, Pansy et moi, assises à la bibliothèque. Je souris, amusée de constater que nous nous lancions chacune des regards discrets derrière nos plumes.
« Tu te souviens? lui demandais-je
- Comment oublier? » Fut sa seule réponse.
D'un coup, je replongeai quinze ans auparavant...
C'était notre sixième année à Poudlard. J'étais assise depuis plus d'une heure à une table au milieu de la bibliothèque, avec pour seule compagnie, une montagne de livres plus poussiéreux les uns que les autres. Un sourire illuminait mon visage alors que je relisais le début de mon devoir sur les sortilèges informulés. Je l'avoue, j'étais fière, satisfaite, orgueilleusement contente de ma production. D'un coup, tu m'as interrompue dans mon narcissisme scolaire.
« Hum... Granger... Désolée de te déranger, je peux m'assoir, il n'y a plus de place... »
Je ne sais pas ce qui m'a le plus surpris entre le manque cruel d'assurance – que je ne t'aurais jamais soupçonné! –, ou la... gentillesse? avec laquelle tu t'étais adressée à moi.
Je fus incapable de te répondre sur le champ, noyée dans mes interrogations, et dans le vert de tes yeux. Mais une fois mes capacités vocales récupérées, je te souris et m'exclamai « Bien sur! » . Tu m'adressas un sourire reconnaissant qui me troubla profondément. Tu commenças alors à sortir tes affaires de ton sac, avec cette grâce, que je supposais innée chez les Sang Pur. Je n'ai jamais su si tu avais senti mon regard, décortiquant chacun de tes gestes, mais sur l'instant, j'en avais la conviction. Avec ton sourire discret et ta façon de dégager les cheveux de ton visage, il me semblait que tu essayais de me... Je ne sais pas trop, les seuls mots qui me vinrent en tête furent « séduire » et « charmer ».
Je secouais légèrement la tête, espérant que ça me remettrait en mode « miss je-sais-tout ». Après tout, je n'avais pas fini ce fichu devoir pour le professeur Rogue! Un soupir de frustration s'échappa de mes lèvres alors que toute envie de travailler s'était évaporée. Plus moyen de me concentrer sachant qu'une jolie Serpentard – que son air concentré rendait absolument craquante –, était assise à un peu plus d'un mètre de moi. Nouveau soupir, puis une idée me vint : si je ne parvenais plus à étudier l'aspect théorique du sortilège, pourquoi ne pas travailler la pratique? Je me saisis discrètement de ma baguette, fixai un livre à l'autre bout de la table, et me concentrait fermement sur la formule « Carpe Tractum ». Rien ne se passait, et j'en fus frustrée au plus haut point. Puis l'évidence me frappa de plein fouet! Mais quelle idiote, pour qu'un sortilège fonctionne, encore faudrait-il le formuler correctement... Je retentais l'expérience, me focalisant cette fois sur le « Carpe Retractum ». D'un mouvement de baguette, le livre glissa sur la table, pour finir devant moi. J'affichai un sourire satisfait, alors que tu me regardais avec considération. Je devais être fortement remontée dans ton estime!
Quoique, le dédain, que je pensais que tu me portais, me paraissait de plus en plus invraisemblable.
Une nouvelle fois, je plongeai mes yeux dans le vert sans fond de ton regard.
Je pensai que jamais je n'arriverai à briser cette intimité visuelle qui nous unissait. En fait, un Poufsoufle s'en chargea pour moi. C'était un de ces première année un peu fruste qui, en passant à côté de nous, avait fait tomber ma pille de livre au sol. Je le foudroyai du regard alors qu'il s'apprêtait à sortir de la bibliothèque sans même songer à s'excuser. Ma bouche s'ouvrit, désireuse de réprimander l'élève, mais avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, je le vis faire un magnifique vol plané jusqu'à la porte de sortie. Pansy! Baguette en main, tu venais de lui jeter un « Expulso » informulé. Je ne pus m'empêcher t'adresser un regard complice, et de rire face à la déconfiture du Poufsoufle.
Pour toute réponse, tu me lanças un clin d'œil avant de te baisser pour m'aider à ramasser mes livres. C'est là que nous avons eu notre premier contact physique. Ta main frôlant la mienne en une caresse involontaire. J'en restai interdite un petit moment. Je n'aurais jamais pensé qu'un geste aussi anodin pourrait me faire un tel effet, surtout venant de toi! Un frisson parcourut mon échine avec une lenteur presque langoureuse. Je crois que tu as compris ce que j'avais ressenti, parce qu'en me donnant mon dernier livre, ton index a effleuré le dos de ma main. Tu arborais presque avec fierté un de tes sourires pleins d'assurance. Chair de poule sur tout mon corps. Confuse comme jamais, je t'ai lancé un « Merci » pour finir par sortir en trombe de la bibliothèque avec mes affaires sous le bras.
