Tom rougis. Confondu, il te regarda.
"Si tu le dis."
"Oui je le dis. Tu es pire que dégueulasse. Tu me dégoûte. J'arrive pas à croire que tu puisse vivre avec des sentiments pareils. Rien que te voir me donne envie de gerber. Tu t'en rends compte que tu m'écœure? Hein? Tu t'en rends compte? Non, je crois pas. Tu te voile la face, & tu me crache à la gueule chaque soir. Mais tes petits mots de merde n'ont aucun effet sur moi Tom, aucun. C'est comme de l'eau balancée à la mer. Tes petits messages de désespoir ne font rien. Je ne changerais pour rien au monde Tom, parce que tu es la, à m'aimer. & ce sentiment exécrable que tu ressent pour moi me repousse encore plus que toi. Tu es faible Tom. Moi, je suis fort. Tes émotions, je leur crache à la gueule pour te montrer à quel point elles me dégoûtent. & toi, je te crache à la gueule pour ce que tu es, ce que tu ressent, & te montrer à quel point tu es idiot. Idiot de croire qu'un jour je puisse t'appartenir. Tom, ta faiblesse te perdras. Tu me parle tout le temps de mal aimé. Que tout le monde me tourne le dos. Mais ne voit tu pas que tu m'incite à continuer en me disant que toi tu seras toujours là? Car même si tu me dégoûte, je sais que je peux compter sur toi. En fait Tom, tu ne me sers que de bouche trou. Je sais que tu as besoin de moi, & j'en profite. Vois tu Tom, moi, que tu vive ou pas, j'en ai rien à foutre. Ton existence est comme celle de l'une de ces fans qui me cours après. Inutile. Tu crois que tes mots me touchent. Ils me font rire. Tu crois que je vais changer. Le changement me rebute. Tu crois que je redeviendrais comme j'étais avant. Mais vois tu, ma puérilité & mon innocence passée m'ont tellement blessées que je ne peux que devenir différent. & avant. Avant sonne comme toi. Comme lorsque je te ressemblais. Rien que pour cette raison je désire changer. Tom, tu ne mérite pas d'être mon double. Tes yeux me dégoûtent. Quand je les vois, j'ai l'impression de me revoir lorsque j'étais faible, Tom. Tom, je te hais, & tu n'y peux rien. Chaque phrase que tu prononce pour me faire changer d'avis me pousse encore plus à te haïr puisque je sais quel est le but qui te pousse à me soutenir. Tom, je te hais. Mais plus encore que je ne te hais, je t'ignore. Ton existence n'est rien comparée à la mienne, & ta vie n'est pas plus importante que celle d'une fourmi. Chacun de tes souffle m'insulte, & pourtant, je n'en ai rien à faire. Tom, tu peux bien prononcer, dire, avouer, crier ce que tu veux, tes mots n'ont aucun effet sur moi puisque tu n'existe plus à mes yeux. Tom. Te rends tu compte à quel point je t'abhorres? A quel point je t'exècres? A quel point tu me dégoûte? & à quel point je désirerais te voir souffrir mille tortures, & crever en cris et larmes, à petit feu, de cette torture? Tom, crève, je n'en serais que plus tranquille, c'est ton seul moyen de m'aider."
"Bill, si tu savais à quel point moi aussi je souhaiterais te voir crever de mes mains.."
& il se retourne sur ces mots. Toi, tu te lève, du moins tu essaye. Le froid de la chambre t'engourdi, & les restes de la drogue que tu as fumé hier soir te clouent au lit. Tom se retourne à nouveau. & te regarde. Tellement de pitié dans ses yeux vides. Depuis quelques temps, ses yeux se ternissent à ta vue. Tu l'a bien remarqué mais aucune remarque, aucune réflexion n'est sorti de ta bouche. Il te regarde, & te fixe. Tellement de désir, & pourtant, il te crache la vérité à la gueule.
"Arrête de te droguer. Cette merde te bousille. Tu te suicide à petit feu en la fumant chaque soir. Arrête ce comportement de gamin. Tu es adulte. Assume tes actes. Tu fous les boules à tout le monde. Tes regards assassins ne trompent personne. Surtout pas nous. & pourtant, tu continue ton manège. Arrête de te voiler la face. Si tu veux mourir, fait le. Personne ne te retiendras crois moi, sauf moi. Car je suis le seul à encore vouloir de toi. Te rends –tu compte que ton comportement détourne tout le monde de toi? Te rends tu compte que tes amis t'ont tourné le dos quand ils ont compris que tu les méprisait? Te rends tu compte que tu es en passe de finir tes jours seul? Te rends tu compte que tu te bousille tout seul? & que tu crève de te bourrer d'illusions? La drogue va t'immobiliser petit à petit. Tu deviens dépendant, & crois moi, c'est pas bon. Tu tourne le dos à tout le monde, & tout le monde te déteste pour ce que tu leur fait. Je sais très bien que la peur te bouffe le ventre, & que l'envie de vivre serre tes entrailles, mais ta conduite actuelle te détourne d'elle. Seule la mort t'attends sur le chemin que tu emprunte. Le frère que j'avais auparavant à disparu depuis quelques mois désormais. Le Bill que je connaissais est partit avec. Tu n'est plus que l'ombre de toi même. Les reste de ta vie d'avant te clouent au sol, & pourtant, je suis sur que tes souvenirs te sont inaccessibles. Tu auras beau essayer, la vie ne te sourira plus, & ton passé se ferme à toi. Moi, tous nos souvenirs sont intacts, & les revoir me fout les boules quand je sais que tu n'as plus le pouvoir de les revivre. Tourne définitivement le dos à ton passé, & c'est la mort qui t'attends. Je peux bien crever, mais je sais bien que tu ne le désire pas. Si je crève, qui te maintiendras en vie? Qui te sortiras la vérité? Bill, tu désire que je meurs. Je mourrais, puisque je meurs à petit feu en ce moment, je mourrais. Mais avant, tu revivras. Maintenant, vas donc prendre une douche, & descends manger. Il le faut si tu veux nous faire encore plus de mal."
& il disparu de ton champs de vision. Ses mots résonnent encore à tes oreilles. & à chaque fois que tu le revois les prononcer, c'est comme une lame qui s'enfonce dans ton âme. & quand tu repense à ce que tu lui as dit, ton cœur se met à saigner, & tu pleure. Tu pleure comme si tes larmes allaient pouvoir effacer le mal que tu lui avait fait. & puis, tu te reprends. De toute façon, ce souvenir aura disparu de ta mémoire demain, comme tous les autres, & comme tous les autres, tu ne pourras plus le revoir. Alors tu te félicite d'avoir réagi comme cela, tu bénis la drogue pour ce qu'elle t'apporte, & tu vas te laver.
L'eau te coule dessus & une impression de propreté se dégage de toi. Cette impression prends possession de ton âme, & l'eau devient ta meilleure amie. Le soir, quand tu as trop bu, tu vas sous la douche. & elle te lave de l'alcool. Le matin, quand tu as trop fumé, tu vas sous la douche. & elle te vide des restes de la drogue que tu t'es enfilé dans la soirée. L'après-midi, quand tu as trop dis de conneries, tu vas sous la douche. & elle te rince de toutes les saletés que tu as pu prononcé. Foutaises que tout cela, tu le sais. Cette impression te procure l'idée que tu gère tout ce qui arrive. Foutaises. Tu le sais bien. & tu ne peux t'empêcher de continuer. Tu es tombé bien trop bas pour faire demi-tour, le vide t'attends. Tu l'embarquera avec toi. Lui aussi le mérite. & tu sors de la douche. Vidé de tout. La peur t'attends. Eux aussi. Tu es prêt à partir, mais la peur qui te tenaille le ventre t'empêche de bien finir tes bagages. & les larmes coulent encore toutes seules. Tu te surprends à repenser à avant. Avant, quand tu te souvenais des jours passés. Avant, quand tu leur parlait encore d'égal à égal. Mais tout cela pourrait-il revenir? Tu comprends que non. Le mensonge est allé trop loin pour que tu puisse revenir en arrière. La mort t'attends. Tom à raison. & tu essaye de repenser plus en détails aux paroles prononcées par l'être tant aimé. Mais l'oubli les a avalées. & plus aucun son ne te reviens en mémoire. A part ce meurtrier "Bill, si tu savais à quel point moi aussi je souhaiterais te voir crever de mes mains..".
Sur ton balcon, tu admire le soleil se coucher, & la mer se retirer. Cela fait deux heures que ton frère est passé, & tu as déjà oublié ce qu'il t'avait dit. Alors, tu souffle. La drogue te plait tellement. C'est grâce à elle que tu oublie tout. C'est grâce à elle que tu t'es transformé en cet être que tu idéalise tellement. Si la vie ne te parle plus désormais, c'est grâce à elle. & l'envie de changer reste la même. Tu désire devenir moins sensible. Tu le deviendras. Quitte à tout bousiller sur ton passage, & la vie te sourira pour les changements que tu aura opéré. De ton balcon, tu scrute le noir du paysage. Les immeubles de la ville se dessinent, se découpent du ciel, et les lumières s'allument. Petites étincelles de vie dans la ville. Déçu, tu éteins celles de ta chambre. & tu as l'impression qu'ainsi, tu reste toi même. La mort t'entoure. Ta chambre est morte. & la vie qui occupe ces chambres allumées ne méritent pas de respirer dans la tienne. & tu souffle. La fumée de ta clope se dissout dans l'air saturé qui t'entoure. Tu lâche ta cigarette, pour l'écraser avec le pieds. Elle ne te suffit plus désormais. tu t'avance dans l'obscurité de ta chambre & fouille dans tes sacs. En tire un tube. Que tu ouvre précautionneusement. De ce tube, tu sors deux cachets. Blancs. Que tu avale d'un coup. Puis, tu retourne sur ton balcon. Obnubilé par le temps qui passe, tu décide de profiter à fond des moments qu'il te reste à vivre seul. Tu retourne dans les noirceurs de la pièce derrière toi, empoche ton paquet de clopes, & tu te mets à en allumer une. Que tu finis rapidement. Déçu par la rapidité de la fin de celle ci, tu en sors une deuxième. Puis une troisième, une quatrième. Tu termine rapidement le paquet. Enervé, tu le lance par dessus le balcon. & tu t'assieds par terre, comme épuisé par trop d'évènements. & tu attends. Tu attends 22 heures avec impatience. Qu'il vienne te voir. & que tu le brise. Plus que tu ne l'a jamais fait.
