Titre : Moment Clés

Disclamer :

L'univers de Sherlock BBC ne m'appartient pas et ne m'appartiendra jamais. Mais je bénis autant que je maudis Steven Moffat et Mark Gatiss pour leur travail.


Joyeuses déductions nocturnes

21 janvier 2013. John n'était pas rentré de la soirée et Sherlock commençait à s'impatienter. Il avait pourtant insisté pour que son ami blond soit de retour rapidement. Pour preuve, il avait lui avait envoyé une vingtaine de messages en moins d'une heure. Était-il avec une de ces guenons écervelée ? Il avait fouillé son ordinateur et n'avait rien trouvé. Cette hypothèse semblait néanmoins être la plus logique sachant que John avait sorti ses "plus beaux habits", ce qui pouvait se résumer à une paire de chaussures neuves, une chemise à carreaux moins froissée que les autres et un jean brut à coupe droite. Son parfum embaumait encore la salle de bain, ce qui prouvait qu'il s'en était allègrement aspergé. Finalement, il était bien sorti ce soir, préférant la compagnie d'une jolie demoiselle à la sienne. Il était sur une affaire bon sang ! Comment John osait-il l'abandonner ? À qui allait-il faire part de ses idées ? Qui serait son faire-valoir ? Seul le silence répondit aux questions du détective. Il entreprit alors de maltraiter son violon, pour s'aérer l'esprit jusqu'au retour de John. Mais non, sa colère ne passerait pas. Il jeta donc rageusement l'archet dans un coin de la pièce et fit les cent pas dans leur salon, comme un lion en cage. Et lorsque John rentrerait, il en prendrait pour son grade.

Peu avant minuit, le cliquetis d'une serrure que l'on crochète se fit entendre. Il était de retour. Usant de toute sa concentration pour ne pas sembler impatient, Sherlock s'assit de manière à paraître nonchalant et indifférent. Dès que John eut franchi le seuil du living-room, celui-ci fut confronter au regard glacé de son ami. Analyse complète obligatoire. Le blond se sentit mal à l'aise, il n'aimait pas ces coups d'oeil intrusifs. Et en effet, Sherlock usait de ses années d'expérience pour savoir où était son colocataire. Et quelques secondes plus tard, le brun se retrouva en face de son ami, le toisant du haut de son mètre quatre-vingt trois. Il le dévisagea quelques instants avant d'entreprendre un de ces habituels monologues.

- Ta chemise est déboutonnée et présente une auréole blanchâtre, diffuse, pigmentée mais peu incrustée. Tes lèvres sont sèches, bien plus rouges que d'habitude et il y a de la panure près des commissures. Tes cuticules sont rougies par l'acidité et ton haleine dégage une imperceptible odeur de bière brune. Il a une trace de rouge à lèvres sur ton col et elle est très nette. Mais je sens surtout une odeur florale et fruitée, un mélange de muguet et de pêche blanche. Odeur qui se mêle affreusement aux hespéridés à l'eau de Cologne que tu as ajoutée pour couvrir ces effluves féminins. Tu es donc allé manger un fish and chips sur North Gower Street, seul endroit où l'on trouve une panure à la bière. C'est également le seul endroit de Londres où les rinces-doigts sont artisanaux et fabriqués à partir de jus de citron frais, ce qui explique les rougeurs autour des tes ongles. Mais tu n'étais pas seul, non…

- Sherlock, arrête

- Une jeune femme, à peine la trentaine. Son parfum est beaucoup trop sucré pour qu'elle soit plus vieille. À un moment, tu as tenté de rentrer, prétextant que ton colocataire t'attendait, et elle visiblement jalouse, t'as laissé une trace d'appartenance, un vulgaire baiser sur le col. Peu originale, elle doit donc être adepte des vieilles comédies mièvres. Mais son parfum est bien trop marqué et ce bouton ouvert… Tu es certes négligé mais tu n'oublies jamais de fermer ton premier as donc échangé plus qu'un baiser avec elle. Et dans la précipitation, tu as oublié de te rhabiller correctement. Alors pour toi, une femme compte plus que notre travail ?

- Sherlock, s'il te plaît… Dit John, avec un léger sourire

Et le premier coup de minuit retentit. Sherlock déambulait à présent dans le salon, ponctuant ses déductions par de grands gestes théâtraux.

- Évidemment tu es un abrutit qui se laisse charmer par une belle paire de jambes. Tes lèvres en témoignent John, rouges et gercés par les baisers échangés… Mais ce sourire que tu arbores… Tu es satisfait. Le John que je connais ne serait jamais fière d'avoir été pris en flagrant délit de batifolage, tu es bien trop réservé pour ça...

Troisième coup.

- Sherlock, si tu pouvais réellement arrêter, ça serait gentil.

- NON ! C'est trop simple, non, non, NON ! Vociféra Sherlock, presque hystérique. Si tu étais vraiment avec une femme, tu te serais efforcé de cacher ce qui pourrait sembler évident, pour préserver ce brin d'excitation…

Cinquième coup. Le détective s'arrêta net, visiblement satisfait. Il avait enfin compris.

- La marque de rouge à lèvres. C'est toi qui l'as faite.

- Je savais que tu était cinglé Sherlock, mais pas à ce point… rétorqua le médecin.

- Non je ne suis pas cinglé, comme tu dis. Juste plus intelligent que tout les idiots qui m'entourent. Tes lèvres, elles sont rougies parce que tu as appliqué du rouge à lèvres sur ta bouche. Tu as ensuite mordu ton col. L'arc de Cupidon n'est pas assez marqué pour être féminin, et la trace est bien trop nette pour être issue d'une bouche qui a avalé un plat aussi copieux que le fish and chips… Tu as ensuite essuyé tes lèvres avec un vulgaire mouchoir, ce qui les a irritées.

Septième coup.

- Et ce parfum qui se mêlait si mal à au tient… Ajouta le détective. L'odeur est trop entêtante, trop neuve. Une femme avec qui tu aurais couché aurait transpiré, le parfum se serait oxydé au contact de la peau et les notes de cœur ou de fond se seraient développées. Dans ce cas précis, les notes sucrées seraient bien plus ambrées.

Neuvième coup. Il arrivait à la conclusion.

- Tu as monté un petit scénario pour me mener en bateau, me tenir en haleine pendant quelques minutes. Mais pourquoi…

En réponse, John sorti de sa poche arrière de jean un petit paquet vert, maladroitement emballé. Profitant de l'effet de surprise, il le tendit à Sherlock, qui le prit et le déballa aussitôt. John Watson lui avait offert un tout nouveau téléphone. Mais en quel honneur ? Fier de son petit effet, John se dirigea vers sa chambre. Avant de claquer la porte, il lança d'une voix forte mais légèrement tremblante.

- Lis la gravure qui est derrière, abrutit.

Douzième coup.

"A mon ami Sherlock Holmes,

Joyeux anniversaire."


Et c'est finiiiiiii ! Aujourd'hui, j'ai publié un truc plus long... J'étais vachement inspirée.

Pour celle et ceux qui l'auront remarqué, North Gower Street est la rue où est tourné Sherlock (donc Baker Street dans la série) et la panure à la bière est une référence au premier film de Guy Ritchie

L'anniversaire de Sherlock est donc (dans cette fic') le 22 janvier. J'ai choisi cette date pour deux raisons. Premièrement, dans l'œuvre originale de Doyle, Sherlock Holmes est bien né en janvier. Mais nous n'avons pas la date exacte. Ensuite... Jouons au téléphone arabe ! 22/01/13... 22/1/13... 221 B... Et oui ! Le 1 et le 3 forment un B et la date forme le 221, c'est le 221 B Day !

Voili, voilou, si ça vous a plût, que vous avez des suggestions, des conseils ou des critiques à emettre, n'hésitez pas à laisser une review !